Comment apprend-on à sauter d’un avion quand on ne parlait pas un mot de français deux ans plus tôt ? Défense Zone s’est rendu à Calvi, en Corse, au 2e régiment étranger de parachutistes, pour rencontrer le sergent Temuulen, moniteur parachutiste. Venu de Mongolie, engagé à la Légion étrangère le 28 mai 2015 à dix-sept ans et demi, il sert dans la 3e compagnie du régiment, celle qui porte la spécialité amphibie, et forme les légionnaires de son unité au brevet parachutiste. Son métier tient en une phrase : amener des hommes qui ne maîtrisent pas toujours la langue des consignes à franchir seuls la porte d’un avion, de jour comme de nuit, au-dessus de la terre ferme comme au-dessus de la mer, et à le faire sans accident. L’entretien décrit ce que recouvre concrètement ce titre d’instructeur : une pédagogie fondée sur la répétition, la gestion de la peur, la responsabilité du moniteur au moment de l’embarquement, et le chemin qui mène du rang au galon de sous-officier.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Engagé le 28 mai 2015 à dix-sept ans et demi, sans parler français et sans compatriote dans son unité, il est aujourd’hui sous-officier et moniteur parachutiste au 2e REP, à Calvi.
- Il a formé environ 150 légionnaires parachutistes de 80 nationalités différentes. C’est la statistique dont il se dit le plus fier.
- Le régiment forme lui-même ses parachutistes, par délégation de l’ETAP, l’école des troupes aéroportées de Pau. Sa méthode tient en un mot : « répéter, répéter, répéter », y compris jusqu’à 23 heures et une à deux heures par stagiaire.
- Pour devenir moniteur, il a dû apprendre un mémento d’environ cent vingt pages, identique pour toutes les unités parachutistes françaises, unités spécialisées comprises.
- Sa compagnie pratique le saut en mer : largage en tenue et équipement, abandon de la voilure dans l’eau, nage palmée de plusieurs kilomètres, de jour ou de nuit, sous la surveillance de plongeurs.
- Son conseil aux candidats tient en deux critères, et le niveau sportif n’est pas le premier : « bien discipliné et bien respectueux ».
Venu de Mongolie
Rien ne prédisposait ce jeune Mongol à la Corse. Il grandit dans une famille militaire et se destine à la lutte, qu’il pratique à haut niveau. Une fracture du pied referme cette voie : trop petit, dit-il, pour espérer une carrière professionnelle dans un autre sport de combat, il se retrouve sans projet. C’est sa mère qui lui parle d’une possibilité dont il ignorait tout, une troupe française ouverte aux étrangers et qui recrute en permanence. La conversation dure peu. Il accepte, part pour la France et se présente à Paris pour commencer le processus de sélection.
Le récit de ses premiers jours est d’une franchise inhabituelle. Il n’a pas encore dix-huit ans, ne comprend pas ce qui se passe autour de lui, n’a personne pour l’épauler et doute d’avoir fait le bon choix. Ce qui le retient, dit-il, c’est une vidéo d’unité aperçue avant son départ : l’image d’un régiment parachutiste, celui qu’il veut rejoindre. Il tient, franchit les étapes de l’incorporation, effectue sa formation initiale, puis obtient l’affectation qu’il visait. Le parachutisme militaire était son objectif depuis le début, et il n’en a pas changé.
Ce qui le séduit dans ce régiment dépasse le saut. Il décrit une unité qui détient en interne l’essentiel de ses spécialités, avec ses propres instructeurs, ses commandos parachutistes, ses chuteurs opérationnels, ses plongeurs. Autrement dit une formation autonome, capable de partir sans dépendre d’un renfort extérieur. Au fil de l’entretien, cette autonomie revient comme une fierté collective autant que comme une contrainte de travail : quand on forme soi-même, on assume soi-même ce que l’on a formé.
Apprendre le français
À son arrivée, il parle quelques mots d’anglais, juste assez pour se présenter, et pas un mot de français. Sa situation présente une particularité que la Légion étrangère connaît bien : il n’y a alors aucun autre Mongol dans son environnement immédiat. Personne, donc, pour lui traduire quoi que ce soit, ni pour lui offrir le refuge d’une langue commune. Il en fait un levier plutôt qu’un handicap. Faute d’alternative, il travaille le français en continu.
La méthode est artisanale et systématique : vocabulaire, lecture, livres empruntés, documentaires d’histoire, films et séries. Il ajoute un ingrédient que les manuels ne donnent pas, l’appétit de la conversation. Il aime parler, beaucoup, et cherche la compagnie de ceux qui parlent aussi. Il évoque également le rôle des exemples autour de lui, des anciens qui maîtrisaient la langue et dont il a décidé de suivre le modèle. Dix ans plus tard, il considère toujours que le travail n’est pas terminé et qu’il lui reste à progresser.
Cette expérience personnelle irrigue directement sa pédagogie. Il sait exactement ce que ressent un stagiaire qui hoche la tête sans avoir compris, parce qu’il l’a été. C’est pour cette raison qu’il refuse de laisser partir un homme vers l’avion sans être certain que les consignes ont été assimilées de bout en bout. Sur ce point, il ne transige pas : l’incompréhension n’est pas une gêne administrative, c’est un risque physique.
Former au régiment
Le point le plus instructif de l’entretien concerne l’organisation de la formation. Le brevet parachutiste se prépare habituellement à l’école des troupes aéroportées, à Pau. Le 2e REP, lui, forme ses propres parachutistes sur place, par délégation de cette école. La raison qu’en donne le moniteur est simple : le régiment peut ainsi former ses légionnaires à sa manière, en tenant compte de ce qui fait sa singularité.
Cette singularité, c’est la diversité d’origines des stagiaires. Une promotion réunit des hommes venus d’armées et de systèmes militaires très différents, à qui l’on doit transmettre en français une matière technique où l’à-peu-près se paie. D’où une méthode assumée : reprendre, redire, recommencer. Le moniteur décrit des journées qui se prolongent jusqu’à 23 heures, et une à deux heures consacrées individuellement à chaque stagiaire pour consolider à la fois la langue et la compréhension du système parachutiste. Ailleurs, dit-il, les horaires d’instruction sont bornés ; ici, ils s’étirent autant que nécessaire.
Il insiste sur un point pour éviter tout malentendu : la différence porte sur l’apprentissage, jamais sur la matière. La technique enseignée, l’emploi du parachute, les procédures, tout cela est rigoureusement identique à ce qui s’enseigne à l’ETAP. Il n’existe pas de manière « légion » de sauter, seulement une manière particulière d’amener des étrangers au niveau exigé. Le résultat visé est le même brevet, délivré selon les mêmes critères.
Le mémento du moniteur
Former exige d’abord d’être formé. Le passage au titre de moniteur parachutiste se joue à Pau, pour tout le monde, sans dérogation ni filière parallèle. Il balaie d’ailleurs l’hypothèse d’un traitement particulier pour les légionnaires : l’armée est la même, les moniteurs sont les mêmes, et la barrière de la langue ne vaut pas circonstance atténuante. Sa formule est nette : soit on travaille, soit on ne travaille pas.
Le cœur de ce stage, c’est un document qu’il appelle le mémento, d’environ cent vingt pages, qu’il faut connaître mot à mot. Ce référentiel est commun à l’ensemble des unités parachutistes françaises, y compris celles dont le recrutement est le plus exigeant. Il souligne d’ailleurs la composition des promotions, où se croisent des militaires venus d’unités spécialisées. L’investissement demandé est considérable, et l’effort linguistique s’y ajoute pour ceux dont ce n’est pas la langue maternelle.
Le résultat se mesure en volume : environ 150 légionnaires parachutistes formés, issus de 80 nationalités. Il évoque ce chiffre avec une fierté non dissimulée, et une satisfaction qui tient moins au nombre qu’à la relation qui en découle. Les anciens stagiaires continuent de venir le voir et de lui poser des questions, avant un saut, dans l’avion, ou à trois heures du matin. Il répond, et considère cette disponibilité comme une composante du métier plutôt que comme une contrainte.
La peur du vide
Interrogé sur la peur, il ne se réfugie pas derrière une posture. Oui, il a eu peur, au moment de passer son brevet. Il ne l’avait dit à personne. Le premier saut se déroule bien, presque sans le temps d’y penser ; ce sont les suivants qui interrogent, quand la mécanique se répète et que l’esprit reprend la main. Il décrit très précisément cette sensation d’incongruité : avancer dans un avion en vol pour en sortir volontairement, alors que tout le monde à bord aurait des raisons de rester. Puis la peur s’estompe.
Sa réponse pédagogique consiste à séparer deux rôles. Au régiment, il est un sous-officier réputé exigeant, parfois rugueux. En combinaison, face à une promotion, il devient autre chose : un moniteur qui explique, qui plaisante à dose mesurée, qui capte l’attention et vérifie la compréhension de A jusqu’à Z. Il écarte explicitement la pédagogie par la brimade et le tour de force physique. Non par mansuétude, mais parce que cela ne produit pas le résultat recherché sur une matière dangereuse.
Derrière cette exigence, il y a une responsabilité qu’il formule sans détour : il ne peut pas laisser embarquer un homme qui n’a rien compris. La sanction éventuelle n’est pas une mauvaise note, c’est un incident en vol ou à l’arrivée au sol. Il ajoute avoir été très tendu lors de sa première promotion, puis avoir trouvé son équilibre dès la deuxième. Ce métier, dit-il, est ce qui l’a fait le plus progresser depuis son engagement.
Sauter en mer
Sa compagnie, la 3e, détient la spécialité amphibie du régiment. La conséquence pratique est une campagne d’entraînement consacrée au milieu nautique, avec des largages au-dessus de l’eau. Le principe diffère sensiblement du saut classique : le parachutiste saute avec l’équipement qu’il devra emporter, se sépare de sa voilure une fois dans l’eau, se déséquipe et abandonne le matériel qui ne sert plus. Commence alors une nage palmée pouvant courir sur plusieurs kilomètres, de jour ou de nuit selon le scénario retenu.
La sécurité repose sur un dispositif dédié. Des plongeurs accompagnent la manœuvre et interviennent auprès de ceux qui arrivent à l’eau, l’équipement de plongée permettant de les rejoindre et de les assister sans délai. Le moniteur insiste sur le caractère organisé de l’ensemble : l’impact sur l’eau reste un impact, le matériel est protégé et conditionné en conséquence, et rien n’est laissé à l’improvisation. Les parachutes abandonnés sont récupérés ensuite, dans une phase distincte.
Le dernier temps de la manœuvre relève de la mise en œuvre d’embarcations. Le matériel est largué, puis gonflé et motorisé sur l’eau, avant que le groupe ne rejoigne son objectif avec son armement individuel. L’enchaînement complet, du largage à la progression nautique, illustre ce que recouvre la notion de spécialité au sein d’un régiment parachutiste : une capacité entretenue toute l’année, qui suppose des séquences d’entraînement lourdes et un encadrement technique permanent.
Caporal, puis sergent
Son parcours hiérarchique suit la voie classique de la Légion étrangère, qui passe par le 4e régiment étranger, à Castelnaudary. Après ses trois premières années au régiment, consacrées notamment à consolider le français et la condition physique, il effectue le stage de caporal. Il le décrit comme deux mois sans temps libre, du lever vers 4 h 30 ou 5 heures jusqu’au soir, avec le chant, l’instruction, la marche de nuit et de jour, et une pression continue.
Le contenu est celui d’un chef d’équipe : commander quelques hommes, conduire une mission, naviguer seul de jour comme de nuit avec la topographie, la carte et la boussole, utiliser la radio et respecter la procédure, positionner ses combattants, organiser son équipement et celui de son équipe. Il insiste sur la part de rusticité et sur le manque chronique de sommeil, qu’il présente comme des éléments constitutifs du stage plutôt que comme des épreuves ajoutées.
Le passage au grade suivant n’est pas automatique. Après le stage, le caporal retourne en unité et exerce comme chef d’équipe, sous le regard de sa hiérarchie, qui juge son potentiel. Il sert deux ans à ce grade avant d’être proposé pour le stage de sous-officier, d’une durée de quatre mois. Ce dernier est plus théorique, plus technique et, à ses yeux, plus dur encore. On y apprend la pédagogie et la conduite d’un cours, la navigation de nuit, le commandement d’un groupe en mission, les transmissions et la relation avec le chef de section.
Il pointe la différence décisive entre les deux stages. Au stage de caporal, un sergent encadre en permanence. Au stage de sous-officier, le stagiaire agit seul, sans contrôle continu, avec le droit de se tromper. C’est là, dit-il, que se forge l’autonomie : recevoir une mission au niveau de la section, la transposer à son groupe et l’exécuter immédiatement avec les moyens disponibles.
Comportement et discipline
Quand on lui demande ce qui lui plaît le plus dans la Légion étrangère, il ne cite ni le matériel ni les missions. Il répond : le comportement. Il décrit une institution où le respect des chefs et la discipline structurent le quotidien, où l’écoute précède la discussion, et où les différences d’origine s’effacent derrière une règle commune. Cette homogénéité de conduite lui paraît distinguer la Légion des autres unités qu’il a pu côtoyer.
S’y ajoute la camaraderie, qu’il présente comme une donnée stable de la maison : elle était ainsi avant lui, elle l’est aujourd’hui, elle le restera. Il peine d’ailleurs à la traduire en mots, et finit par y renoncer. Cette difficulté à expliquer l’esprit de corps revient souvent dans les témoignages de légionnaires ; elle tient sans doute à ce qu’il se constate par l’expérience plutôt qu’il ne se décrit.
Interrogé sur son plus grand enseignement, il ne parle pas de technique militaire. Il dit avoir appris la disponibilité et le respect, et avoir changé sur ce point. Savoir accorder du respect, considère-t-il, compte davantage dans la vie que n’importe quelle compétence, et c’est ce qu’il retient de son engagement. La formule est simple, mais elle correspond exactement à sa manière de conduire une promotion.
Missions et opérations
Sur le plan opérationnel, il évoque un déploiement en Côte d’Ivoire en 2015, au titre d’une alerte Guépard, alors qu’il venait d’arriver au régiment. Ce dispositif d’alerte permet de projeter rapidement des unités, et il constitue pour beaucoup de jeunes engagés le premier contact avec la réalité du métier. Il y est parti, dit-il, sans mesurer encore tout ce que cela impliquait.
Son parcours comprend depuis plusieurs missions de courte durée, outre-mer et en Europe, ainsi que des missions intérieures sur le territoire national. Il relativise la hiérarchie implicite entre ces engagements : la mission intérieure, souvent jugée moins prestigieuse, occupe une part importante de l’activité d’un régiment et se prépare comme le reste. Interrogé sur la place de l’opération extérieure dans son métier, il répond sans hésiter qu’elle en est la finalité et qu’il accepterait tout départ.
Le saut, lui, ne s’arrête pas à l’uniforme. Il pratique également le parachutisme civil pendant ses permissions, avec des camarades du régiment et des amis extérieurs. Il évoque la vue depuis la voilure au-dessus de la Corse, la montagne d’un côté, la Méditerranée de l’autre, et le sentiment d’être chez lui. À plus long terme, il envisage de développer une activité de parachutisme dans son pays d’origine, où la discipline reste peu implantée.
Conseils aux engagés
Son conseil aux candidats hésitant sur le choix d’un régiment est direct : venir au 2e REP. L’argument qu’il avance n’est pas l’image ni le prestige, mais l’effet du parachutisme sur celui qui le pratique. On y découvre son potentiel, on affronte sa peur, on apprend à se connaître. Il y ajoute l’exigence du terrain corse, la marche en montagne, la nage en mer, la palme, la répétition nocturne, la fatigue et le stress, puis ce moment qui revient toujours dans les récits de parachutistes : l’ouverture de la porte en vol, et ce qu’elle provoque.
Sur les prérequis, il est plus nuancé qu’on ne l’attendrait. Il faut un minimum de condition physique, mais il insiste surtout sur deux qualités : être discipliné et être respectueux. Un niveau sportif exceptionnel n’est pas exigé, parce que la préparation physique s’acquiert sur place. Le comportement, lui, ne s’improvise pas. Son critère tient en une phrase : un comportement irréprochable et une exécution parfaite.
Cette hiérarchie des critères rejoint ce que décrivent les cadres chargés du recrutement : la sélection élimine rarement sur la performance brute, souvent sur l’attitude. Pour un régiment qui forme lui-même ses parachutistes et qui saute au-dessus de l’eau, la capacité à appliquer une consigne à la lettre vaut mieux qu’un chronomètre flatteur. Le moniteur ne dit pas autre chose lorsqu’il refuse d’embarquer un stagiaire qui n’a pas tout compris.
Questions fréquentes
Comment devient-on moniteur parachutiste dans l’armée française ?
La formation de moniteur parachutiste se déroule à l’ETAP, l’école des troupes aéroportées de Pau, quelle que soit l’unité d’origine du candidat. Elle est ouverte aux militaires déjà brevetés parachutistes et réunit des stagiaires venus de l’ensemble des unités aéroportées, y compris d’unités spécialisées. Le stage repose sur l’apprentissage d’un mémento d’environ cent vingt pages, à maîtriser mot à mot, complété par la mise en situation pédagogique. Le sergent interrogé dans cet épisode souligne qu’aucun aménagement n’est prévu pour les légionnaires dont le français n’est pas la langue maternelle : les critères d’évaluation sont identiques pour tous.
Le 2e REP forme-t-il lui-même ses parachutistes ?
Oui. Le 2e régiment étranger de parachutistes, stationné à Calvi, conduit lui-même la formation au brevet parachutiste de ses légionnaires, par délégation de l’école des troupes aéroportées. Le contenu technique reste rigoureusement celui de l’école : emploi du parachute, procédures d’embarquement, sortie, arrivée au sol. C’est l’accompagnement qui diffère, avec des journées d’instruction prolongées et un suivi individuel destiné à compenser la diversité linguistique et culturelle des stagiaires. Le brevet obtenu est le brevet parachutiste militaire français, sans mention particulière.
Que recouvre la spécialité amphibie du 2e REP ?
Chaque compagnie de combat du 2e REP entretient une spécialité propre. La 3e compagnie détient le milieu nautique, ce qui se traduit par des campagnes d’entraînement consacrées au saut en mer et à la progression dans l’eau. Le parachutiste est largué en tenue et avec son équipement, abandonne sa voilure après l’impact, se déséquipe puis rejoint son objectif à la palme, sur une distance pouvant atteindre plusieurs kilomètres, de jour comme de nuit. Des plongeurs assurent la sécurité du largage, et des embarcations sont mises en œuvre depuis l’eau pour la suite de la manœuvre.
Faut-il parler français pour s’engager à la Légion étrangère ?
Non, la maîtrise du français n’est pas une condition d’engagement : elle s’acquiert après l’incorporation, l’apprentissage de la langue faisant partie intégrante de la formation initiale. Le témoignage recueilli dans cet épisode illustre cependant ce que représente cet effort dans la durée. Arrivé sans parler français et sans compatriote autour de lui, le sergent a travaillé la langue par la lecture, les films et surtout la conversation quotidienne, pendant plusieurs années, avant de pouvoir prétendre aux stages de cadre. La progression hiérarchique à la Légion étrangère reste conditionnée au niveau de français atteint.
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Pour aller plus loin sur Défense Zone
- Sergent Temuulen, moniteur parachutiste au 2e REP
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