Le 2e REI, c’est-à-dire le 2e régiment étranger d’infanterie, est le régiment d’infanterie de la Légion étrangère. Il est stationné à Nîmes, dans le Gard, et appartient à la 6e brigade légère blindée. Dans cet épisode enregistré au quartier du régiment, Défense Zone reçoit son chef de corps, officier d’infanterie issu de Saint-Cyr, qui commande le 2e REI depuis août 2020. L’entretien ne porte pas sur une carrière mais sur une unité : ce que fait un régiment d’infanterie de la Légion étrangère au quotidien, comment il s’entraîne, ce qu’il emporte en opération, et ce qui change lorsque la troupe commandée est composée d’étrangers engagés au service de la France. Il y est question d’hypothèse d’engagement majeur et de combat amphibie, de l’opération Sentinelle et du camp des Garrigues, du passage de Castelnaudary à Nîmes pour le jeune légionnaire, du statut à titre étranger et de l’accès à la nationalité française.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Le 2e REI comptait environ 1 250 militaires au moment de l’entretien, selon son chef de corps, dont près de 200 légionnaires ayant obtenu la nationalité française.
- Le 2e régiment étranger d’infanterie est, avec le 1er régiment étranger d’Aubagne, l’un des deux seuls régiments de la Légion étrangère implantés en coeur de ville, ce qui pèse dans le choix des jeunes légionnaires à leur sortie de formation.
- L’entraînement du régiment est calibré sur l’hypothèse d’engagement majeur, mais un mandat de deux mois de l’opération Sentinelle par an et par compagnie, au minimum, contraint la programmation.
- Appartenant à une brigade à vocation amphibie, le 2e REI a engagé en 2021 une partie de ses moyens dans le golfe de Guinée au titre de l’opération Corymbe, et une compagnie débarquée à Djibouti pendant une quarantaine de jours dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc.
- Un étranger engagé à la Légion étrangère peut se trouver à Castelnaudary quinze jours après son passage dans un point d’information et de recrutement, là où l’engagement d’un Français dans l’armée de Terre demande de quatre à six mois.
- La formule du chef de corps résume sa vision du métier : « l’infanterie demeure la reine de la bataille », parce que c’est elle qui tient le terrain et l’occupe dans la durée.
Le 2e REI, régiment d’infanterie de la Légion étrangère
Le 2e régiment étranger d’infanterie est l’unité d’infanterie de la Légion étrangère, c’est-à-dire le régiment où servent les légionnaires fantassins. Il est implanté à Nîmes et relève de la 6e brigade légère blindée, dont l’état-major est installé dans la même ville. Son chef de corps le décrit comme un régiment nombreux : environ 1 250 militaires, cadres et légionnaires confondus, au moment de l’entretien. Cet effectif explique qu’il accueille chaque année d’importants contingents de jeunes légionnaires sortis de formation initiale.
Une particularité du 2e REI tient à sa garnison. Le régiment est, avec le 1er régiment étranger d’Aubagne, l’un des deux seuls régiments de la Légion étrangère installés en coeur de ville, les autres étant stationnés dans des camps. Le quartier se trouve à cinq minutes de la gare de Nîmes, d’où le TGV met le légionnaire à environ trois heures de Paris, une heure et demie de Lyon et une heure de Marseille. Le chef de corps y voit un facteur d’attractivité réel.
Le chef de corps du 2e REI est un officier d’infanterie de recrutement Saint-Cyr, entré à l’École spéciale militaire en 1997 puis passé par la division d’application de l’École de l’infanterie, alors installée à Montpellier. Il a effectué son premier temps de commandement dans ce même régiment, comme chef de section de combat, officier adjoint de compagnie puis commandant d’unité. Ont suivi un temps en administration centrale sur les programmes d’armement, l’École de guerre, deux ans à Castelnaudary comme chef du bureau instruction et emploi du 4e régiment étranger, enfin l’état-major de l’armée de Terre sur le combat débarqué et l’état-major des armées sur le volet financier de la programmation militaire.
Ce parcours à dominante capacitaire pèse sur la conduite du régiment. Selon le chef de corps du 2e REI, avoir servi en administration centrale apporte une connaissance transverse du fonctionnement du ministère, où les sujets financiers touchent aussi bien l’armement que les ressources humaines, l’infrastructure, le soutien et l’entraînement, et un réseau qui permet de faire avancer des dossiers.
Les missions du 2e REI en opération
Le 2e REI est un régiment qui part souvent, et c’est l’un des motifs pour lesquels les jeunes légionnaires le demandent. Son chef de corps cite une contribution à l’opération Corymbe dans le golfe de Guinée, embarquée sur un porte-hélicoptères amphibie, et un déploiement en Côte d’Ivoire présenté comme un entraînement, mais qui plaçait aussi le régiment en position pré-positionnée pendant une échéance électorale. Il rappelle que la Légion étrangère a beaucoup été employée en maintien de la paix avant l’Afghanistan et le Sahel, notamment en Centrafrique.
La population fait partie intégrante de la réflexion tactique du régiment. Le chef de corps du 2e REI explique que l’armée française agit au coeur des populations depuis au moins l’époque de la Force d’action rapide, dans les années 1980, et que la question contemporaine n’est pas la présence des civils mais leur instrumentalisation par l’adversaire. La préparation à cette imbrication passe par l’élaboration de la décision opérationnelle, le processus de raisonnement tactique par lequel un chef conçoit et conduit sa manoeuvre.
L’opération Sentinelle occupe une place particulière dans le calendrier du régiment. Le chef de corps du 2e REI la présente comme l’essence du métier de soldat au service de la France, puisqu’il s’agit de protéger la population française, puis comme une très bonne école du renseignement : le chef de groupe produit des comptes rendus et va au contact de la population et des autorités, et il en va de même à chaque échelon jusqu’au chef de corps. Le régiment y a engagé son état-major et des compagnies à Paris.
Le chef de corps refuse pour autant de traiter Sentinelle comme une mission à part : le soldat qui patrouille en France est le même que celui qui part en opération extérieure et il est équipé de la même manière. Le régiment y développe surtout du renseignement et de la maîtrise du feu, beaucoup moins le combat blindé, qui reste travaillé en garnison et dans les camps.
S’entraîner à l’hypothèse d’engagement majeur
L’hypothèse d’engagement majeur est le contrat opérationnel qui demande à l’armée de Terre de s’engager sous faible préavis contre un adversaire symétrique, le plus souvent en coalition. Le chef de corps du 2e REI préfère cette expression à celle de haute intensité, qui dépend selon lui du niveau de responsabilité : pour un chef de groupe de combat, ce peut être un bombardement indirect subi au Sahel ; pour un chef de corps, c’est l’engagement massif de son régiment dans un combat blindé face à un ennemi à parité.
Concrètement, préparer le 2e REI à cette hypothèse consiste à durcir la préparation opérationnelle autour des fondamentaux du métier de fantassin : ce que le régiment appelle la capacité à encaisser, c’est-à-dire l’endurance physique et morale, le tir, et la manoeuvre embarquée comme débarquée. Le chef de corps définit l’essence du combat d’infanterie comme la dualité entre une troupe aguerrie et la capacité à enchaîner sans discontinuité combat embarqué et combat débarqué, tout en employant ses appuis.
Cette montée en gamme se heurte à une contrainte de programmation que le chef de corps du 2e REI énonce sans détour : depuis 2015, les engagements sur le territoire national rigidifient le calendrier, et un mandat Sentinelle de deux mois par an et par compagnie représente autant d’entraînement à l’engagement majeur non réalisé. Le régiment compense avec son environnement immédiat, le camp des Garrigues et les gorges du Gardon, terrain d’aguerrissement qu’il qualifie de privilégié.
Le combat amphibie, un savoir-faire spécifique
Le combat amphibie est le second grand chantier d’entraînement du 2e REI, parce que le régiment appartient à une brigade à vocation amphibie. Il s’agit de la capacité à s’engager en entrée en premier depuis la mer, un savoir-faire que le chef de corps décrit comme tout sauf un sport de masse : il se perd s’il n’est pas entretenu en liaison régulière avec la Marine nationale.
Deux engagements du premier semestre 2021 illustrent cet entretien des savoir-faire amphibies. Le 2e REI a d’abord participé à l’opération Corymbe dans le golfe de Guinée, embarqué sur un porte-hélicoptères amphibie. Le régiment a ensuite armé une compagnie dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc, la campagne d’application des élèves officiers de marine : cette compagnie a débarqué à Djibouti et y a poursuivi son entraînement pendant une quarantaine de jours.
VBCI, FELIN et retour d’expérience Scorpion
Le 2e REI est un régiment d’infanterie mécanisée, équipé du véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) depuis environ cinq ans au moment de l’entretien. Le régiment alimente le retour d’expérience de l’armée de Terre par deux voies : l’une formalisée, l’École de l’infanterie le mandatant régulièrement pour rendre compte de la mise en oeuvre de ses équipements ; l’autre informelle, fondée sur les relations directes entre le corps et les officiers d’état-major, souvent d’anciens du régiment.
Ce retour d’expérience a porté sur le VBCI, sur le système FELIN, l’équipement individuel du fantassin, et plus récemment sur le système d’information du combat Scorpion, avec une évaluation opérationnelle du poste de commandement régimentaire qui venait de s’achever. Le chef de corps annonce une transformation à venir du régiment sur Griffon.
Interrogé sur l’armement non létal, le chef de corps du 2e REI situe le sujet à sa juste place : la réflexion existe depuis plus de vingt ans, mais elle ne touche pas le coeur du métier, qui reste de porter les armes de la France. Elle vise la gradation des effets. Une compagnie du régiment récemment passée au centre d’entraînement en zone urbaine de Sissonne s’y est entraînée au contrôle de foule et au maniement d’armes non létales, l’enjeu étant de tenir une attitude équilibrée face à une manifestation tout en conservant la réversibilité vers l’affrontement armé.
De Castelnaudary à Nîmes : former le légionnaire
La formation générale initiale du légionnaire dure quatre mois et se déroule à Castelnaudary, au 4e régiment étranger, le régiment de formation de la Légion étrangère. Ancien chef du bureau instruction et emploi de ce régiment, le chef de corps du 2e REI en rappelle les priorités dans l’ordre : le français, première chose dont a besoin l’étranger qui s’engage ; la condition physique, car tous n’arrivent pas au niveau attendu ; puis les fondamentaux du métier de soldat, tir, manoeuvre, tenue, comportement et règles de la vie en collectivité.
La formation technique de spécialité prend le relais à l’arrivée en régiment. Au 2e REI, elle poursuit trois objectifs : éviter au jeune légionnaire une seconde douche froide en lui ménageant un temps d’adaptation à la vie régimentaire ; lui donner les clés du métier de fantassin, en particulier les équipements qu’il n’a pas vus à Castelnaudary, comme le système FELIN et l’armement collectif ; alléger enfin la charge de formation des compagnies de combat, qui ne feraient rien d’autre si elles devaient assurer seules tout le complément infanterie.
Cette période a aussi une fonction d’acculturation. Le légionnaire passe ses quatre mois de Castelnaudary sans permission, avec quelques quartiers libres encadrés. À Nîmes, la sortie en ville vient progressivement, d’abord avec les camarades, et le régiment accompagne la découverte de la garnison et de la vie française. Le chef de corps du 2e REI rappelle que la qualité de cette entrée dans le métier dépend d’abord des cadres envoyés à Castelnaudary.
Identité, nationalité et statut à titre étranger
L’engagement à la Légion étrangère est beaucoup plus rapide que dans le reste de l’armée de Terre. Le chef de corps du 2e REI chiffre l’écart : un Français suit un processus de recrutement de quatre à six mois, entre prise de contact, rendez-vous successifs et détermination du régiment d’affectation ; un étranger qui se présente dans un point d’information et de recrutement de la Légion étrangère peut être à Castelnaudary quinze jours plus tard. La contrepartie tient aux vérifications conduites pendant les premiers mois de service, la Légion n’engageant pas de candidat posant un réel problème de sécurité.
Le légionnaire s’engage sous une identité déclarée, et la rectification de situation militaire est la procédure par laquelle il reprend ensuite son identité réelle. Selon le chef de corps du 2e REI, environ 90 pour cent des légionnaires retrouvent leur identité réelle. Le commandement y a intérêt, ne serait-ce que pour la délivrance des passeports nécessaires aux missions à l’étranger. Certains conservent plus longtemps leur identité déclarée pour des raisons personnelles : le légionnaire engagé alors qu’il était marié doit attendre cinq ans de service, le statut du militaire à titre étranger n’autorisant pas le mariage avant ce terme ; d’autres ne souhaitent pas que leur famille ou leur pays sachent où ils servent.
L’accès à la nationalité française n’a rien d’automatique. Le chef de corps du 2e REI corrige ici une idée reçue tenace : la naturalisation au bout de cinq ans de service est d’abord une démarche volontaire, et certains légionnaires ne la demandent pas, parce qu’ils comptent rentrer dans leur pays ou parce que leur famille reste de nationalité étrangère. Le commandement rend ensuite un avis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui traite l’ensemble des naturalisations de la Légion étrangère, au regard de la manière de servir de l’intéressé. Les refus restent rares : près de 200 des quelque 1 250 militaires du 2e REI sont des légionnaires naturalisés français.
Une voie particulière existe : « Français par le sang versé ». Cette disposition permet au légionnaire blessé au combat au service de la France d’accéder à la nationalité, à condition là encore d’en faire la demande. Pour le reste, le chef de corps du 2e REI compare la situation administrative du légionnaire à celle d’un expatrié, qui construit sa vie professionnelle hors de son pays : le statut à titre étranger n’ouvre pas de titre de séjour avant cinq ans de service, sauf motif particulier le plus souvent familial.
Sentinelle, maîtrise du feu et forces de sécurité intérieure
Sur la place des militaires déployés en France, le chef de corps du 2e REI conteste l’idée d’une aversion pour l’arme du soldat : il observe plutôt une militarisation relative des forces de sécurité intérieure depuis les attentats de 2015 et 2016, visible jusque dans les contrôles routiers. Le sujet n’est pas l’armement, selon lui, mais les règles d’emploi de la force et la clarté des ordres donnés en amont.
Il défend une articulation précise entre armées et forces de sécurité intérieure : les militaires n’interviennent pas en supplétifs des policiers et des gendarmes, mais en appui, comme primo-intervenants lorsqu’ils sont eux-mêmes confrontés à un attentat, ou en renfort pour neutraliser la menace au plus vite. Le chef de corps du 2e REI relève que les réactions des soldats de Sentinelle ont été systématiquement bonnes, sans dommage collatéral.
Les relations locales du régiment sont concrètes. Le camp des Garrigues, voisin de Nîmes, sert aussi aux forces de sécurité intérieure, ce qui crée des partenariats d’entraînement informels, et le général commandant la 6e brigade légère blindée, qui partage le quartier du régiment, est aussi délégué militaire départemental du Gard. Le 2e REI a ainsi formé des gendarmes d’un peloton de surveillance et d’intervention de Nîmes aux actes réflexes du fantassin face à un forcené, et il participe aux exercices de gestion de victimes nombreuses conduits sous pilotage de la préfecture avec le SAMU et les pompiers.
Le soutien médical illustre une singularité de la Légion étrangère. Les auxiliaires sanitaires du 2e REI sont formés à Castelnaudary par le 4e régiment étranger, mais ils ne relèvent pas du service de santé des armées : ils restent affectés au régiment et font partie des compagnies de combat. L’antenne médicale est elle-même intégrée à la vie régimentaire, au point que son médecin-chef se présente comme le médecin-chef du 2e REI, cohérence de vie et d’emploi qui facilite le traitement des sujets les plus douloureux.
Pourquoi l’infanterie reste la reine de la bataille
Interrogé sur la place du fantassin dans des conflits qui se déplacent vers le cyber et les champs immatériels, le chef de corps du 2e REI répond par un raisonnement en trois temps. Premier temps : quels que soient les moyens aériens, navals, électromagnétiques ou cyber engagés, il faudra in fine occuper le terrain et l’occuper dans la durée, et c’est l’infanterie qui assure cette permanence. C’est le sens de sa formule, « l’infanterie demeure la reine de la bataille ».
Deuxième temps : l’infanterie produit aussi des effets dans les champs immatériels, à travers l’image dissuasive que donne une unité constituée, sa communication, la tenue de la troupe et ses équipements. Troisième temps : tout soldat est un capteur. Le chef de corps du 2e REI rappelle que la perception d’un théâtre aéroterrestre reste largement nourrie par ce que l’infanterie observe sur le terrain, même si l’exploitation suppose derrière une capacité d’analyse et de synthèse.
Aux candidats, légionnaires comme officiers, le chef de corps du 2e REI donne trois conseils. Faire le choix du coeur, parce que choisir la Légion étrangère n’est pas un choix rationnel et qu’il exige une disponibilité considérable, compensée par une richesse humaine. Chercher à être le meilleur, seule garantie d’avoir ensuite le choix de sa carrière. Se renseigner enfin sur ce que l’on attend d’un légionnaire, d’un sous-officier ou d’un officier de Légion, y compris du point de vue de la vie de famille.
Questions fréquentes
Où est stationné le 2e REI et à quelle brigade appartient-il ?
Le 2e REI, ou 2e régiment étranger d’infanterie, est stationné à Nîmes, dans le Gard, et appartient à la 6e brigade légère blindée, dont l’état-major est installé dans la même ville. Son chef de corps souligne qu’il s’agit, avec le 1er régiment étranger d’Aubagne, de l’un des deux seuls régiments de la Légion étrangère implantés en coeur de ville, les autres étant stationnés dans des camps. Le quartier se trouve à cinq minutes de la gare, un détail qui compte pour des légionnaires qui rejoignent Paris, Lyon ou Marseille en quelques heures.
Quelles sont les missions du 2e régiment étranger d’infanterie ?
Le 2e REI est un régiment d’infanterie mécanisée dont le coeur de métier est le combat débarqué et embarqué. Ses missions se répartissent entre les opérations extérieures, l’opération Sentinelle sur le territoire national et la préparation opérationnelle à l’hypothèse d’engagement majeur. Son chef de corps cite pour 2021 une contribution à l’opération Corymbe dans le golfe de Guinée et une compagnie engagée dans la mission Jeanne d’Arc, débarquée à Djibouti pour une quarantaine de jours. Le régiment entretient en outre un savoir-faire amphibie lié à sa brigade d’appartenance, qui suppose des entraînements réguliers avec la Marine nationale.
Comment un légionnaire est-il affecté au 2e REI ?
Un légionnaire rejoint le 2e REI après sa formation générale initiale de quatre mois au 4e régiment étranger, à Castelnaudary. Le chef de corps du 2e REI explique que son régiment est historiquement très demandé à la sortie de Castelnaudary, pour trois raisons : il part souvent en opération, il est installé en coeur de ville, et ses effectifs, de l’ordre de 1 250 militaires, lui permettent d’accueillir de gros contingents. À son arrivée à Nîmes, le jeune légionnaire suit une formation technique de spécialité qui lui fait découvrir les équipements du fantassin, dont le système FELIN et l’armement collectif, avant son affectation en compagnie de combat.
Un légionnaire du 2e REI peut-il devenir français ?
Oui, mais la naturalisation n’est pas automatique. Le chef de corps du 2e REI précise qu’elle suppose d’abord une démarche volontaire du légionnaire après cinq ans de service, puis un avis du commandement transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui traite les naturalisations de la Légion étrangère. Certains légionnaires ne la demandent pas, parce qu’ils prévoient de rentrer dans leur pays ou parce que leur famille reste de nationalité étrangère. Une voie distincte existe pour le légionnaire blessé au combat, dite « Français par le sang versé », qui suppose elle aussi une demande de l’intéressé. Au moment de l’entretien, près de 200 des quelque 1 250 militaires du régiment étaient des légionnaires naturalisés français.
À écouter également
- #2 : Commander un régiment d’infanterie de l’Armée de Terre
- #211 : Commander le 2e Régiment étranger de génie (Légion étrangère)
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- #199 : La formation des légionnaires au 4e RE
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Pour aller plus loin sur Défense Zone
- Focus sur le 2e régiment étranger d’infanterie
- La section d’aide à l’engagement débarqué du 2e REI
- Les régiments de la Légion étrangère, guide complet
- L’infanterie de l’armée de Terre et son combattant
- Un exercice amphibie avec la 6e brigade légère blindée
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