#121 – Navigateur sur Rafale dans l’armée de l’air et de l’espace

Comment devenir navigateur sur Rafale, et que fait exactement l’officier assis derrière le pilote d’un avion de chasse biplace ? Dans ce 121e épisode du podcast Défense Zone, enregistré sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier, le commandant Mathieu répond sans détour. Navigateur officier système d’armes, breveté en 2014 et affecté sur Rafale en 2015, il commande une escadrille au sein de l’escadron de chasse 2/4 « La Fayette », l’une des deux unités de chasse de la base. L’entretien prolonge la visite commencée avec un pilote de Rafale de la même base aérienne, et il éclaire un métier que le grand public confond encore avec celui de copilote : la sélection, la formation, les qualifications, la façon dont se composent les équipages et ce que la mission de dissuasion change dans le quotidien d’un officier navigant.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le navigateur officier système d’armes, ou NOSA, est l’officier navigant qui prend en charge la conduite de la mission à moyen et à long terme, pendant que le pilote gère l’avion et l’instant présent.
  • Le parcours du commandant Mathieu : baccalauréat scientifique, formation préparatoire, concours de l’École de l’air, trois années de scolarité, réorientation du pilotage vers la filière navigateur, brevet de navigateur de chasse en 2014 et affectation sur Rafale en 2015.
  • Il a fallu quatre ans de plus, de 2015 à 2019, pour obtenir la dernière qualification, celle de chef navigateur. « On continue tout le temps à être repoussé dans nos retranchements », résume-t-il.
  • Selon le site officiel de recrutement de l’armée de l’Air et de l’Espace, devenir navigateur suppose la nationalité française, le baccalauréat et moins de 27 ans à la signature du contrat, pour douze semaines de formation militaire initiale à Salon-de-Provence puis environ trois ans de formation professionnelle.
  • L’escadron de chasse 2/4 « La Fayette » appartient aux forces aériennes stratégiques et met en oeuvre la composante aéroportée de la dissuasion, avec l’exercice Poker que le ministère des Armées décrit comme un raid aérien nucléaire simulé organisé quatre fois par an.
  • Les deux qualités que le commandant place en tête pour ce métier : la persévérance, parce que la formation est longue et les qualifications nombreuses, et le calme, parce qu’il faut qu’un des deux membres de l’équipage garde « la tête un peu plus froide » pour penser à la suite.

Le navigateur officier système d’armes, définition du métier

Le navigateur officier système d’armes, ou NOSA, est l’officier navigant qui occupe la place arrière d’un avion de chasse biplace et qui prend à sa charge la conduite de la mission à moyen et à long terme. La définition est donnée par le commandant Mathieu lui-même dans cet épisode : « Le navigateur a à sa charge la gestion de la mission à moyen et long terme. Son but est de faciliter la conduite de patrouille en anticipant la gestion tactique, la gestion de l’avion, la gestion de la patrouille. » Anticiper, ici, veut dire se projeter au-delà de la minute en cours : le carburant disponible, les ravitaillements à prévoir, les menaces susceptibles d’apparaître, l’enchaînement des phases de vol.

La fiche métier publiée par l’armée de l’Air et de l’Espace sur son site de recrutement décrit le navigateur dans les mêmes termes fonctionnels : un « officier navigant, membre clé de l’équipage militaire », qui « planifie, guide et sécurise les vols en analysant la navigation, la météo, les menaces et les objectifs ».

Navigateur ou pilote : la répartition des rôles dans un Rafale biplace

La question revient dans presque toutes les conversations sur le Rafale biplace : si le navigateur ne pilote pas, à quoi sert-il ? Le commandant Mathieu répond par la complémentarité des horizons de temps. « Le pilote aura à sa charge la gestion de l’avion en lui-même. C’est lui qui va faire décoller l’avion, c’est lui qui va gérer la mission à court et moyen terme. » Le pilote réagit à l’instant présent, qu’il s’agisse de manoeuvrer, de tenir sa place dans la patrouille ou de gérer son équipier. Le navigateur, lui, tient le fil long de la mission.

Sur le site consacré au Rafale par Dassault Aviation, un navigateur officier systèmes d’armes décrit son rôle dans des termes convergents : « J’assiste le pilote tactiquement, j’anticipe les actions à venir et je gère l’armement et la navigation. » La même source précise deux points utiles à qui s’interroge sur la place arrière. D’abord, les deux membres d’équipage disposent des mêmes moyens de travail : « Nous avons accès aux mêmes écrans, mêmes boutons, mêmes fonctions multiples. » Ensuite, la répartition des responsabilités reste nette sur l’armement : « Le navigateur prépare cet armement qui sera ensuite délivré par le pilote car il est le seul à y être autorisé. »

Cette complémentarité ne repose pas sur l’affinité entre deux personnes, mais sur des standards. Le commandant Mathieu y insiste : « La formation veut qu’on ait des standards qui sont prédéfinis. Le pilote, c’est ce qu’il doit attendre du navigateur, et vice versa, à des instants clés. » Autrement dit, chaque membre de l’équipage sait à l’avance ce que l’autre fera et ce qu’il attend de lui à chaque étape du vol. Les affinités, ajoute-t-il, « aident à ce que ça se passe mieux », mais les méthodes de travail sont assez standardisées « pour permettre de mettre en équipage n’importe quel navigateur avec n’importe quel pilote ».

Devenir navigateur sur Rafale : conditions d’accès et recrutement

Pour devenir navigateur sur Rafale, il faut d’abord être recruté comme navigateur dans l’armée de l’Air et de l’Espace, l’affectation sur un type d’appareil n’intervenant qu’à la fin du parcours de formation. Les conditions publiées sur le site officiel de recrutement de l’armée de l’Air et de l’Espace sont au nombre de quatre : la nationalité française, le baccalauréat, un âge inférieur à 27 ans à la signature du contrat, et la réussite aux tests de sélection ainsi qu’aux tests médicaux militaires.

La même source officielle précise le cadre statutaire. Le navigateur obtient le statut d’officier et perçoit une solde dès l’entrée en formation initiale. Le contrat initial court sur dix ans à compter de l’affectation en base aérienne, les bases citées étant Saint-Dizier, Orléans, Nancy et Mont-de-Marsan. Cet engagement long n’a rien d’accessoire : il est la contrepartie d’une formation coûteuse et il conditionne la façon dont un jeune candidat doit envisager son projet, non comme un emploi mais comme une décennie de vie professionnelle.

Le commandant Mathieu, lui, est passé par la voie de l’officier de carrière. Il se décrit comme « officier de carrière depuis tout jeune » et raconte avoir voulu devenir navigateur très tôt. Après un baccalauréat scientifique, il suit une formation préparatoire à l’issue de laquelle il présente le concours de l’École de l’air, puis intègre l’école des officiers de l’armée de l’Air. Les deux chemins, le recrutement direct de personnel navigant et le concours après classe préparatoire, mènent au même cockpit, mais pas au même statut ni au même déroulement de carrière.

La formation du navigateur de chasse, de l’école au premier escadron

La formation du navigateur comporte deux temps, selon le site de recrutement de l’armée de l’Air et de l’Espace : douze semaines de formation militaire initiale à l’École de l’air et de l’espace, à Salon-de-Provence, puis environ trois ans de formation professionnelle.

Le parcours du commandant Mathieu suit un cursus d’officier de carrière, plus long. Il décrit « un cursus classique de trois années à l’école de l’air pour une formation générique » et un cursus d’ingénieur en aéronautique. Vient ensuite la formation en vol, qu’il commence dans la filière pilotage avant de se réorienter, « assez rapidement », vers la filière navigateur. Il progresse alors dans la formation de base du cursus navigateur de chasse, obtient son brevet en 2014, et rejoint le Rafale en 2015. Ce détail de la réorientation en cours de formation en vol est utile à connaître : la filière navigateur n’est pas qu’une voie de secours pour les recalés du pilotage, c’est une spécialité que l’on choisit, et qu’il avait choisie dès l’origine.

Le site consacré au Rafale par Dassault Aviation détaille le même enchaînement pour un autre navigateur officier systèmes d’armes : formation militaire initiale à Salon-de-Provence, deux ans de formation en vol sur Cirrus SR22, passage à Tours sur Alpha Jet, puis mutation à Saint-Dizier pour la transformation sur Rafale.

Quatre ans de qualifications avant d’être chef navigateur

Arriver en escadron ne marque pas la fin de la formation du navigateur de chasse, mais le début d’une nouvelle série de qualifications. Le commandant Mathieu donne son propre calendrier comme exemple : « Entre le moment où je suis arrivé sur Rafale en 2015 et le moment où j’ai obtenu la dernière qualification de chef navigateur, c’était en 2019. Donc il a fallu quatre ans. » Quatre ans pendant lesquels, dit-il, « on continue tout le temps à s’entraîner, on continue tout le temps à être repoussé dans nos retranchements, dans nos limites », avec des instructeurs dont le métier consiste précisément à désigner les lacunes.

Le site du Rafale de Dassault Aviation nomme les trois étapes de cette progression en escadron : navigateur opérationnel, puis sous-chef navigateur, puis chef navigateur. Le principe est le même que pour les pilotes, qui passent de la place d’équipier à celle de chef de patrouille. La qualification ne récompense pas l’ancienneté seule, elle sanctionne la capacité à conduire une mission et à en répondre.

Qui vole avec qui : la composition des équipages

Le duo inséparable de fiction, un pilote et son navigateur attitré pour toute une carrière, n’existe pas dans un escadron de chasse français. La composition des équipages relève du chef des opérations, dont le commandant Mathieu décrit ainsi la fonction : il est « dédié à la planification de l’activité aérienne de l’escadron » sur le moyen et le long terme, c’est-à-dire à l’échelle de l’année. C’est lui qui construit le calendrier, désigne le personnel pour les opérations et les exercices, en France comme à l’étranger, et qui constitue les groupes.

Il existe une exception à cette souplesse. « En opération extérieure, le binôme est figé », explique le commandant Mathieu, « justement pour créer cette symbiose et faire que l’équipage soit rodé à travailler ensemble ». Le couple pilote et navigateur n’est donc figé que lorsque l’unité est projetée, et pour la durée du déploiement. Le reste du temps, la standardisation des méthodes permet de recomposer les équipages au gré des besoins.

Le quotidien d’un commandant d’escadrille sur la base aérienne 113

Au moment de l’entretien, le commandant Mathieu occupe le poste de commandant d’escadrille, un niveau de responsabilité intermédiaire au sein de l’escadron de chasse. Son quotidien tient en un mot : l’entraînement. « Mon quotidien, c’est de gérer l’entraînement au quotidien de l’ensemble des équipages qui sont sous ma responsabilité », explique-t-il, « c’est de planifier en fonction de leurs objectifs ».

Il donne trois exemples de ces objectifs, qui dessinent assez bien la vie d’une unité de combat. Amener un jeune pilote opérationnel jusqu’à sa qualification de chef de patrouille, en organisant ses vols pour qu’il l’obtienne dans le délai fixé. Accueillir et former les pilotes qui arrivent de l’escadron de transformation Rafale, c’est-à-dire ceux qui viennent d’apprendre l’avion mais pas encore le combat en unité. Et maintenir les compétences de ceux qui détiennent déjà les qualifications les plus élevées, chef de patrouille et chef navigateur. « Mon rôle est de maintenir les compétences, d’instruire et de former les plus jeunes », résume-t-il.

Dissuasion nucléaire : ce que la mission change pour un équipage

L’escadron de chasse 2/4 « La Fayette » s’inscrit au sein des forces aériennes stratégiques, où il met en oeuvre la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, aux côtés de l’escadron de chasse 1/4 « Gascogne » : c’est la présentation qu’en donne le ministère des Armées. Le commandant Mathieu décrit le rôle de l’équipage dans des termes volontairement sobres : participer à une composante « visible », maîtriser la montée en puissance et la réalisation des vols qu’elle suppose.

L’entraînement à cette mission porte un nom que l’armée de l’Air et de l’Espace communique publiquement : l’exercice Poker. Le ministère des Armées le présente comme la simulation d’un raid aérien nucléaire destinée à « renforcer la crédibilité de la France », organisé quatre fois par an et mobilisant près de quarante aéronefs, dont des Rafale biplace de la 4e escadre de chasse de Saint-Dizier, des A330 MRTT Phénix et un E-3F Awacs. Le commandant Mathieu confirme ce rythme de quatre exercices annuels et précise la règle qui s’applique aux équipages : il faut en réaliser au minimum un par an pour être considéré comme entraîné à cette mission. Certains en font quatre, d’autres un seul, au gré des opérations extérieures et des autres sollicitations.

L’opération Chammal, du soutien aux troupes au partenariat

L’autre mission de l’escadron est conventionnelle : l’opération Chammal, volet français de la coalition internationale contre Daech au Levant. Lancée en 2014, elle s’inscrit dans l’opération Inherent Resolve, qui rassemble selon le ministère des Armées plus de 90 nations et organisations internationales. Le commandant Mathieu en décrit l’évolution telle qu’il l’a vécue : « À partir de 2014, l’opération Chammal a été très cinétique, ça veut dire qu’il y a eu beaucoup de support aux troupes au sol. Actuellement, c’est un peu plus assoupli », le territoire étant considéré comme reconquis en Irak.

Cette trajectoire est confirmée par la présentation officielle de l’opération. Depuis le 1er janvier 2022, les forces françaises ne conduisent plus d’opérations militaires au sol et l’action se structure autour de l’accompagnement des forces de sécurité irakiennes. Le commandant Mathieu emploie le mot qui convient : « C’est vraiment de l’assistance, et plutôt du partenariat avec le gouvernement irakien pour les aider à reprendre le contrôle de leur territoire. » Il évoque des missions d’entraînement régulières conduites avec les pilotes irakiens, et des interactions fréquentes avec les aviateurs américains.

Pour l’équipage, cette mission se traduit en semaines d’absence. Le commandant Mathieu explique que l’escadron partage les mandats de l’opération Chammal avec la base aérienne de Mont-de-Marsan, par périodes de quatre mois alternées, et que chaque équipage passe en moyenne deux mois sur place à l’intérieur d’un mandat.

Les qualités attendues : persévérance et sang-froid

Interrogé sur les qualités requises pour être un bon navigateur, le commandant Mathieu en cite deux. La première vaut pour tout équipage de chasse, pilote comme navigateur : la persévérance, « parce que la formation est longue, exigeante, et qu’il y a beaucoup de qualifications à passer », y compris après l’arrivée sur l’avion de combat. La seconde est propre à la place arrière : le calme. « Comme nous sommes dédiés à la gestion à moyen et long terme, il faut peu que nous soyons impactés par le moindre imprévu qui nous arrive en l’air. Il faut qu’il y ait un des deux du binôme qui ait la tête un peu plus froide pour penser à la suite. »

Ce calme n’est pas présenté comme un don. « C’est un entraînement sur le long terme », répond le commandant, qui décrit une formation conçue pour pousser les élèves dans leurs retranchements assez tôt, afin qu’ils apprennent à se connaître et à gérer leurs propres défauts. Chacun trouve ensuite sa méthode. Certains ont besoin de sport intensif, d’autres recourent aux techniques d’optimisation du potentiel, un ensemble de méthodes qu’il décrit comme « un mix entre de la sophrologie, de la méditation, de la visualisation », développé à l’origine pour les pilotes. Lui-même dit ne pas y être sensible et passer par la dépense physique.

Sur la peur, enfin, et singulièrement sur celle qu’appelle une mission de dissuasion, le commandant Mathieu répond d’un mot : le dialogue. Discuter avec ses pairs et avec des équipages plus expérimentés permet, dit-il, « d’évacuer ses peurs, de les partager, et de se rendre compte que soit elles sont vraiment fondées, soit on est capable de passer au-delà ». Il décrit un escadron de chasse comme un milieu très soudé, où la facilité à parler entre soi tient lieu de dispositif de soutien, et où le commandant d’unité reste proche de ses équipages à chaque échelon du commandement.

Décider vite, puis ne plus ruminer

Le meilleur conseil qu’on lui ait donné, le commandant Mathieu l’a gardé pour la fin de l’entretien, et l’épisode s’ouvre d’ailleurs dessus. « Même dans la situation la plus critique possible, toujours essayer de prendre deux secondes pour réfléchir et de se détacher de la situation, même si c’est très compliqué, pour savoir si ce qu’on va décider est la bonne décision. »

Le second conseil est le corollaire du premier : « Une fois qu’une décision est prise, il faut aller de l’avant, l’améliorer si possible, mais ne pas la ruminer. » Le commandant Mathieu précise qu’il applique cette règle bien au-delà du vol, dans les décisions d’organisation qu’il prend chaque jour pour son escadrille, désignation d’un équipage, choix d’un objectif d’entraînement, répartition d’une sollicitation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un pilote et un navigateur sur Rafale ?

Le pilote et le navigateur officier système d’armes d’un Rafale biplace se partagent la mission selon l’horizon de temps. Le pilote met en oeuvre l’avion et gère l’instant présent et le court terme : le décollage, la manoeuvre, la conduite de sa patrouille. Le navigateur prend en charge la mission à moyen et à long terme, c’est-à-dire l’anticipation de la situation tactique, du carburant, des ravitaillements et des menaces. Selon le site consacré au Rafale par Dassault Aviation, les deux membres d’équipage disposent des mêmes écrans et des mêmes commandes, et le navigateur prépare l’armement, que seul le pilote est autorisé à délivrer. Le navigateur n’est donc pas un copilote : il ne pilote pas et n’a pas vocation à le faire.

Comment devient-on navigateur officier système d’armes (NOSA) ?

Le recrutement des navigateurs est assuré par l’armée de l’Air et de l’Espace. Selon son site officiel de recrutement, il faut être de nationalité française, être titulaire du baccalauréat, avoir moins de 27 ans à la signature du contrat et réussir les tests de sélection ainsi que les tests médicaux militaires, ces derniers conditionnant l’aptitude au vol. La formation se déroule en deux temps : douze semaines de formation militaire initiale à l’École de l’air et de l’espace, à Salon-de-Provence, puis environ trois ans de formation professionnelle. Le navigateur a le statut d’officier et perçoit une solde dès la formation initiale, pour un contrat initial de dix ans après l’affectation en base aérienne. Une seconde voie existe, celle du concours de l’École de l’air après une formation préparatoire, empruntée par le commandant Mathieu.

Combien de temps faut-il pour devenir chef navigateur ?

La qualification de chef navigateur est la plus élevée de la spécialité en escadron de chasse, et elle s’obtient plusieurs années après l’arrivée sur l’avion de combat. Le commandant Mathieu, navigateur sur Rafale, indique avoir été affecté sur Rafale en 2015 et avoir obtenu sa qualification de chef navigateur en 2019, soit quatre ans de qualifications successives. Le site consacré au Rafale par Dassault Aviation décrit trois échelons dans cette progression : navigateur opérationnel, sous-chef navigateur, puis chef navigateur.

Sur quelle base aérienne sont affectés les navigateurs de Rafale ?

Le site de recrutement de l’armée de l’Air et de l’Espace cite quatre bases d’affectation possibles pour les navigateurs : Saint-Dizier, Orléans, Nancy et Mont-de-Marsan. La base aérienne 113 de Saint-Dizier, où a été enregistré cet épisode, met en oeuvre le Rafale avec l’escadron de chasse 2/4 « La Fayette » et l’escadron de chasse 1/4 « Gascogne », tous deux rattachés aux forces aériennes stratégiques selon le ministère des Armées. Le Rafale biplace y assure la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, ce qui en fait l’une des affectations où la place de navigateur est structurellement nécessaire.

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