#176 – Les coulisses de l’école des officiers de la gendarmerie (avec le général Bitouzet)

Devenir officier de gendarmerie ne passe ni par un concours d’entrée après le baccalauréat, ni par une école d’ingénieurs : la gendarmerie nationale recrute ses officiers à bac+5, par concours de la haute fonction publique, puis les forme à l’École des officiers de la gendarmerie nationale, l’EOGN. Dans cet épisode de Défense Zone, le général Bitouzet, commandant de l’EOGN, décrit les voies d’accès à ce concours, les deux années de scolarité, les quatre dominantes d’emploi qui déterminent la première affectation, et l’exercice Égide, qui clôt la formation. L’entretien a été enregistré à l’école, en marge de cet exercice, alors que le général Bitouzet la commandait depuis trois ans. Il est extrait d’une mini-série d’épisodes exclusifs consacrée à l’EOGN, réservée aux abonnés Premium de defense-zone.com.

Les conditions de recrutement et le détail de la scolarité évoluent d’une session de concours à l’autre. Les éléments relatifs aux concours cités dans cet article ont été vérifiés le 20 septembre 2026 sur le site de la gendarmerie nationale ; les candidats doivent s’y reporter pour la session en cours.

Précision d’appellation : l’école est aujourd’hui identifiée comme l’Académie militaire de la gendarmerie nationale, l’AMGN. Le site de la gendarmerie nationale lui consacrait une rubrique sous ce nom au 20 septembre 2026. L’entretien ayant été enregistré auparavant, il emploie le nom d’École des officiers de la gendarmerie nationale, conservé dans cet article.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • L’EOGN forme tous les officiers de gendarmerie, quel que soit leur statut et quel que soit le moment de leur carrière. Le général Bitouzet la décrit comme « quatre écoles en une » : formation militaire initiale, école d’application, formation continue et enseignement militaire supérieur.
  • Le recrutement se fait à bac+5. Sur le site de la gendarmerie nationale, consulté le 20 septembre 2026, les trois parcours ouverts vers le corps des officiers, officier de gendarmerie, officier du corps technique et administratif et classes préparatoires Talents, exigent tous un diplôme de niveau « bac + 5 et plus ».
  • Selon le général Bitouzet, la gendarmerie recrute ses officiers par cinq concours à master 2 d’origines académiques différentes : universitaire généraliste, universitaire scientifique, sur titre, corps technique et administratif, et officier sous contrat.
  • La scolarité dure deux ans : une première année de formation militaire initiale, une seconde année d’école d’application, c’est-à-dire d’école de métier, à laquelle se joignent les officiers venus de Saint-Cyr, de l’École de l’air, de l’École navale et de Polytechnique.
  • Quatre dominantes d’emploi commandent la première affectation : sécurité publique générale, police judiciaire, sécurité des mobilités et maintien de l’ordre. Une actualité publiée par l’EOGN sur le site de la gendarmerie nationale évoque 125 officiers-élèves appelés à choisir parmi ces quatre dominantes.
  • L’EOGN est, selon son commandant, la seule école militaire du réseau de l’INSP, l’Institut national du service public. Elle accueille chaque année, toujours selon lui, 800 à 1 000 officiers en formation continue.

Devenir officier de gendarmerie : les cinq concours de l’EOGN

Le concours d’officier de gendarmerie est un concours de la haute fonction publique, et non un concours militaire ouvert après le baccalauréat. C’est le premier point que pose le général Bitouzet : la gendarmerie nationale recrute ses officiers au niveau master 2, sur des profils académiques déjà constitués, et se charge ensuite d’en faire des militaires. Cette donnée se vérifie et se date : sur le site de la gendarmerie nationale, consulté le 20 septembre 2026, les parcours ouverts vers le corps des officiers, officier de gendarmerie, officier du corps technique et administratif et classes préparatoires Talents, demandent tous un diplôme de niveau bac+5 et plus. La même source indiquait, à cette date, que les inscriptions aux concours d’officier de gendarmerie et d’officier du corps technique et administratif avaient été ouvertes le 1er septembre 2026.

Ce que les candidats appellent le concours EOGN recouvre en réalité cinq voies d’accès distinctes. Le général Bitouzet les décrit une à une, et insiste sur la raison de cette diversité : l’école tient à ne pas recruter une seule famille académique. Le premier est un concours universitaire généraliste, ouvert aux parcours de droit, de sociologie, d’histoire et plus largement de sciences humaines et sociales. Le deuxième est un concours universitaire scientifique, qui vise les diplômés d’école d’ingénieurs et les masters scientifiques. Le troisième est un concours sur titre : la gendarmerie y cherche une compétence académique précise dont ses unités ont besoin, en criminologie, en chimie, en physique, en balistique, en anthropologie ou en cyber. Le commandant de l’EOGN précise qu’il compte des anthropologues parmi ses élèves.

Le quatrième concours est celui des officiers du corps technique et administratif de la gendarmerie nationale, formés à l’EOGN comme les officiers de gendarmerie mais destinés au soutien de l’institution : logistique, ressources humaines, finances, gestion. Le recrutement se fait sur des masters de management d’entreprise. Le cinquième est le concours d’officier sous contrat, seul à recruter dès la licence. Il n’ouvre pas une carrière à durée indéterminée mais un contrat à durée déterminée de quatre ans, renouvelable. Ces officiers sont maintenus en unité opérationnelle, en dominante maintien de l’ordre : ils commandent sur le terrain et ne rejoignent pas les postes de conception. Le général Bitouzet mentionne enfin la création d’un concours d’officier sous contrat spécialisé, destiné à des profils cyber ou criminalistique, recrutés pour leur compétence et maintenus dans cette spécialité.

À ces cinq voies s’ajoutent deux entrées latérales. Environ 10 % des officiers recrutés sont d’anciens sous-officiers de gendarmerie, qui passent un concours spécifique après quatre à six ans de service. Et chaque année, une demi-douzaine de lieutenants des armées passent le concours qui leur permet de rejoindre la gendarmerie, où ils arrivent comme jeunes capitaines. Le commandant de l’EOGN relève qu’environ un tiers des candidats recrutés par la voie master ont déjà travaillé dans le secteur privé, et que l’école compte plus de candidats que de places.

Deux ans de scolarité : formation militaire puis école d’application

La scolarité à l’EOGN dure deux ans et se lit en deux blocs successifs. La première année est une formation militaire initiale. Le général Bitouzet la compare à ce que font l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’École de l’air et l’École navale, en soulignant une différence de point de départ : ces écoles recrutent à bac+2 et délivrent au terme du cursus un diplôme d’ingénieur ou un master, quand l’EOGN recrute des titulaires de master et en fait des militaires en un an. La formation militaire initiale porte donc moins sur des savoirs académiques que sur un savoir-être : la vie collective, l’obéissance, la robustesse physique, mentale et émotionnelle.

La deuxième année est une année d’école d’application, terme interarmées qui désigne une école de métier. C’est à ce moment que la promotion s’élargit : l’EOGN accueille les officiers issus de Saint-Cyr, de l’École de l’air, de l’École navale et de Polytechnique qui ont choisi la gendarmerie comme arme d’application, soit, selon le commandant de l’école, environ 10 % d’une promotion. Une école d’application est l’école où un officier déjà formé apprend le métier de son arme ; dans le cas de l’EOGN, cela signifie apprendre la sécurité publique, l’enquête judiciaire, le contrôle des flux et le maintien de l’ordre.

Le fil pédagogique de ces deux années tient en trois mots que le général Bitouzet répète : technique, juridique, déontologique. Tout acte opérationnel, qu’il relève de la prévention, de l’enquête, de l’intervention ou de l’interpellation, doit être maîtrisé sous ces trois angles à la fois. Le commandant de l’EOGN parle d’une « méthode d’action militaire » appliquée à des missions civiles : anticiper, planifier, rédiger un cadre d’ordres, savoir qui fait quoi et à quel moment. L’école a largement abandonné le cours magistral au profit de la mise en situation pratique.

Les quatre dominantes d’emploi et la première affectation

Une dominante d’emploi est la spécialité opérationnelle dans laquelle un officier de gendarmerie exerce sa première affectation, pour une durée de trois à quatre ans. L’EOGN en propose quatre, et ce choix est un moment marquant de la scolarité : une actualité publiée par l’école sur le site de la gendarmerie nationale décrit 125 officiers-élèves appelés à choisir parmi ces quatre dominantes d’emploi.

  • La sécurité publique générale : la patrouille quotidienne, la gestion territoriale d’une circonscription, l’accueil du public et le contact permanent avec la population, les élus et les entreprises.
  • La police judiciaire : la conduite des enquêtes judiciaires sous l’autorité des magistrats, à partir des faits constatés par les unités.
  • La sécurité des mobilités : la maîtrise et la compréhension des flux, de personnes, de fret, de capitaux et d’objets de valeur, par voie terrestre, fluviale et aérienne, parce qu’une part importante de la délinquance circule par ces flux.
  • Le maintien de l’ordre : la gestion des manifestations et des grandes opérations d’ordre public, au sein de la gendarmerie mobile, avec une formation technique spécifique dispensée au centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.

Le général Bitouzet insiste sur un point qui intéresse directement les candidats : la dominante n’enferme pas. Elle structure les trois à quatre premières années de commandement, puis l’officier de gendarmerie rejoint des postes de conception et de direction, où il peut poursuivre dans sa dominante ou en changer. Les actualités de l’école confirment que ce choix s’accompagne de stages techniques distincts, du stage moto au stage de maintien de l’ordre à Saint-Astier.

L’exercice Égide, examen de sortie des officiers-élèves

L’exercice Égide est l’exercice de synthèse qui clôt la scolarité des officiers de gendarmerie, à quelques semaines de leur prise de commandement. Le général Bitouzet indique qu’il en était à sa troisième édition au moment de l’entretien. Sa logique est simple et le distingue des exercices menés tout au long des deux années : au lieu de traiter chaque type de mission séparément, Égide les superpose pendant deux jours et deux nuits, de jour comme de nuit, exactement comme une compagnie de gendarmerie les rencontre en réalité.

Trois brigades fictives sont montées sur le terrain. Un officier-élève s’y trouve à l’accueil d’une brigade territoriale quand une personne en détresse vient déposer plainte pour le vol de son téléphone. Quelques minutes plus tard, un habitant signale des individus suspects et un cambriolage, et il faut envoyer des gendarmes sur place, aller au renseignement, intervenir et parfois interpeller en flagrant délit. Dans le même temps, une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est portée disparue et sa recherche doit être organisée. S’y ajoutent une rave party qui s’installe, la découverte d’une cache d’armes ou d’un corps, et des opérations de plus grande ampleur comme l’évacuation d’un rond-point, autant de situations réellement connues ces dernières années.

Égide réunit aussi les capacités opérationnelles que ces jeunes officiers devront savoir employer : hélicoptère, blindé, drones équipés de caméras thermiques, équipes cynophiles, moyens nautiques, garde républicaine à cheval, spécialistes de police judiciaire. Le principe, rappelle le commandant de l’EOGN, est qu’en gendarmerie on ne travaille jamais seul. L’exercice fait enfin venir des écoles de sous-officiers : les élèves gendarmes y sont commandés par les officiers-élèves, ce qui prépare les uns et les autres à la relation de commandement du terrain.

Le contrôle de zone face aux élèves de Saint-Cyr

Le fil conducteur d’Égide est un exercice de contrôle de zone mené conjointement avec l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Un contrôle de zone est une manœuvre par laquelle une force établit des patrouilles sur un territoire et y recherche du renseignement pour localiser une personne ou un groupe. Chaque année, les élèves saint-cyriens conduisent un raid d’évasion : ils parcourent plusieurs dizaines de kilomètres en tenue légère et en mode commando, avec pour consigne de s’infiltrer sans être repérés. L’EOGN a placé ses propres officiers-élèves en face, chargés de les retrouver.

L’intérêt pédagogique dépasse le jeu de piste. Le général Bitouzet souligne que la méthodologie du contrôle de zone est celle que ses officiers appliqueront à la recherche d’un forcené, à la traque d’un évadé ou à la localisation d’individus engagés dans une radicalisation violente. L’exercice donne aux deux écoles une adversité réelle, non scriptée, avec des élèves qui cherchent activement à ne pas être trouvés.

Pourquoi la gendarmerie reste une force militaire

La gendarmerie nationale est une force armée qui exerce des missions civiles de police et qui est rattachée au ministère de l’Intérieur depuis 2009. Cette dualité revient régulièrement dans l’entretien, et le général Bitouzet en défend l’utilité pratique plutôt que symbolique. Le statut militaire impose une méthode de travail, une structuration du commandement et une hiérarchie que certains décrivent comme une pesanteur et que l’institution tient pour une garantie de contrôle. Il nuance d’ailleurs la notion même de hiérarchie : dans la conduite d’une opération, c’est la fonction qui prime sur le grade, l’organisation découlant de l’effet à obtenir sur le terrain.

La différence décisive, selon le commandant de l’EOGN, tient à la disponibilité. D’autres administrations exercent des métiers dangereux ; le militaire est le seul à ne pas pouvoir refuser l’engagement une fois qu’il a signé pour servir en tout temps et en tout lieu. Il résume sa propre carrière par une formule qui vaut pour ses élèves : « on ne s’engage pas pour aller au combat, on s’engage pour être prêt au combat ». Cette exigence explique le poids donné, dès la formation militaire initiale, à la maîtrise de soi : un gendarme intervient sur des conflits familiaux ou de voisinage, parfois face à des personnes armées, et doit savoir apaiser, répartir les rôles et donner des ordres précis.

Quatre écoles en une : la formation continue des officiers

La particularité de l’EOGN, par rapport aux autres écoles militaires comme aux écoles de la fonction publique civile, est qu’elle rassemble l’ensemble des formations des officiers de gendarmerie, tous statuts confondus et à tous les moments de la carrière. Le général Bitouzet la présente pour cette raison comme « quatre écoles en une ». La première est l’école de formation militaire initiale, la deuxième l’école d’application. La troisième est une école de formation continue : l’EOGN reçoit ses officiers à chaque prise de fonction, au centre de formation des dirigeants, quand ils prennent une compagnie, un groupement départemental ou une région. Selon le commandant de l’école, 800 à 1 000 officiers y reviennent chaque année.

La quatrième école est celle de l’enseignement militaire supérieur. Les officiers supérieurs de gendarmerie y suivent les cycles de l’enseignement militaire supérieur, dont celui qui correspond à l’École de guerre, ainsi que des stages de commandement portant sur le raisonnement tactique, le cadre d’ordres et la gestion de crise. L’avantage que le général Bitouzet en tire est la cohérence : toute la chaîne hiérarchique passe par la même structure, ce qui accélère la diffusion des retours d’expérience opérationnels, là où d’autres armées répartissent ces formations entre plusieurs établissements.

Ce positionnement vaut à l’école une place singulière : au titre de son année d’école d’application, l’EOGN est, selon son commandant, la seule école militaire du réseau de l’INSP, l’Institut national du service public, qui a succédé à l’École nationale d’administration. Pour un candidat, le concours d’officier de gendarmerie se situe donc dans le même univers que les autres concours de la haute fonction publique, avec une formation métier en plus.

Élèves étrangers et coopération avec les gendarmeries européennes

L’EOGN accompagne depuis des décennies la formation des officiers de pays partenaires. Le général Bitouzet évoque une cinquantaine d’élèves étrangers, venus principalement de pays francophones d’Afrique, du Maghreb et du Moyen-Orient, mais aussi des Balkans et d’Amérique du Sud, selon les actions de coopération conduites par la France. Ils suivent un an s’ils sortent déjà d’une grande école militaire, deux ans sinon.

La coopération la plus étroite se noue avec les forces européennes de statut comparable, c’est-à-dire les forces militaires chargées de missions de police auprès de la population : les carabiniers en Italie, la Guardia Civil en Espagne, la garde nationale républicaine au Portugal. Leurs académies d’officiers sont invitées à l’exercice Égide, et la réciprocité joue : les élèves français se rendent chez leurs homologues. Cette proximité n’est pas protocolaire : la gendarmerie nationale travaille quotidiennement avec ces forces en police judiciaire, en lutte antiterroriste et sur le contrôle des flux, avec des officiers de liaison et des unités communes. La France et l’Espagne poussent la logique jusqu’à la formation des sous-officiers, une compagnie française étant formée en Espagne une année et une compagnie espagnole en France l’année suivante.

Une génération qui cherche du sens, selon le commandant de l’EOGN

Interrogé sur la génération qu’il forme, le général Bitouzet refuse le diagnostic pessimiste souvent entendu. L’EOGN puise dans les mêmes universités et les mêmes écoles que le reste de la société : ses élèves ne sont pas d’une autre étoffe. Il constate en revanche de vraies différences de références, liées au numérique et à la disparition du service militaire du récit national, qui rendent le fait militaire et régalien moins familier aux candidats. La conséquence pédagogique est assumée : être plus explicatif, revenir sur ce qui paraissait évident, dire à quoi sert chaque exercice.

Ce qui ne change pas, selon lui, c’est la réaction des jeunes à un projet qui a du sens. Les élèves de l’EOGN avaient le choix, souvent sans antécédent familial dans la gendarmerie, et viennent chercher une combinaison précise : un service public au contact direct de la population, une structuration claire, des traditions, et l’acceptation d’un engagement qui peut aller jusqu’au sacrifice suprême. Le commandant de l’école cite aussi ses plus de quarante apprentis, jusqu’en programmation et en conception des simulations numériques utilisées pour les mises en situation.

Questions fréquentes

Comment devenir officier de gendarmerie ?

Devenir officier de gendarmerie suppose de réussir un concours et d’accomplir la scolarité de l’École des officiers de la gendarmerie nationale, l’EOGN. Le général Bitouzet, commandant de l’école, décrit cinq concours à master 2 : un concours universitaire généraliste, un concours universitaire scientifique, un concours sur titre pour des compétences précises comme la criminologie ou le cyber, un concours pour le corps technique et administratif, et un concours d’officier sous contrat ouvert dès la licence. Sur le site de la gendarmerie nationale, consulté le 20 septembre 2026, les parcours vers le corps des officiers demandent un diplôme de niveau bac+5 et plus, et les inscriptions de la session en cours avaient été ouvertes le 1er septembre 2026. Ces conditions changeant d’une session à l’autre, elles se vérifient sur le site officiel avant toute candidature.

Combien de temps dure la formation à l’EOGN ?

La scolarité des officiers recrutés par concours dure deux ans à l’EOGN. La première année est une formation militaire initiale, qui transforme des titulaires de master en militaires et en chefs. La seconde est une année d’école d’application, c’est-à-dire d’école de métier, consacrée aux savoir-faire de la gendarmerie nationale et conclue par l’exercice Égide. Les officiers venus de Saint-Cyr, de l’École de l’air, de l’École navale ou de Polytechnique, qui ont déjà reçu leur formation militaire initiale, ne suivent que cette seconde année. Les élèves étrangers accueillis à l’école suivent un an ou deux ans selon leur parcours antérieur.

Quels sont les débouchés après l’EOGN ?

Un officier sorti de l’EOGN prend un commandement opérationnel pendant trois à quatre ans, dans l’une des quatre dominantes d’emploi : sécurité publique générale, police judiciaire, sécurité des mobilités ou maintien de l’ordre. Ce premier temps de carrière le place au contact direct de la population, des élus et des entreprises. Il rejoint ensuite des postes de conception et de direction, où il peut rester dans sa dominante ou en changer, et il revient régulièrement à l’EOGN en formation continue à chaque prise de fonction, au niveau de la compagnie, du groupement départemental puis de la région. Les officiers du corps technique et administratif, eux, exercent des responsabilités de logistique, de ressources humaines et de finances.

Quelle différence entre l’EOGN et Saint-Cyr ?

L’École spéciale militaire de Saint-Cyr et l’EOGN forment toutes deux des officiers, mais à des moments différents du parcours. Saint-Cyr recrute après deux années de classes préparatoires et délivre au terme du cursus un diplôme de niveau master ou d’ingénieur, comme l’École de l’air et l’École navale. L’EOGN, elle, recrute des candidats déjà titulaires d’un master 2 et les forme en un an au métier militaire, avant une année d’école d’application. Les deux écoles se rencontrent d’ailleurs sur le terrain : des saint-cyriens choisissent la gendarmerie comme arme d’application et rejoignent l’EOGN pour leur seconde année, et l’exercice Égide oppose les officiers-élèves de l’EOGN aux saint-cyriens engagés dans leur raid d’évasion.

À écouter également

Pour aller plus loin sur Défense Zone


Défense Zone est un média indépendant consacré aux questions de défense et de sécurité. Ce podcast est disponible sur toutes les plateformes audio, Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que sur notre chaîne YouTube. Pour soutenir notre travail, retrouvez notre magazine papier trimestriel et notre espace premium sur defense-zone.com.

Laisser un commentaire