Adhérer à l’IPA, l’International Police Association, coûte 30 euros par an et ouvre un réseau de 63 maisons d’accueil réparties dans 21 pays. Encore faut-il savoir ce qu’est cette association, que beaucoup confondent avec Interpol. Dans cet épisode enregistré sur le salon Milipol Paris 2023, Défense Zone reçoit Brice Fresko, deuxième vice-président national de l’IPA France, policier depuis 2007, gardien de la paix depuis 2011, en charge de la commission nationale d’action sociale. Il décrit une organisation qui regroupe, sans distinction de grade, la police nationale, la gendarmerie nationale, la police municipale, les douanes et la police des transports, et dont la devise tient en deux mots d’espéranto : Servo per Amikeco, servir par amitié. L’enjeu de l’entretien est moins institutionnel qu’humain : une association vieillissante cherche à convaincre des policiers de trente ans que le réseau international de leurs anciens vaut encore la peine d’être repris.
Les analyses développées dans cet épisode sont celles de Brice Fresko et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré sur le salon Milipol Paris 2023 : les données pratiques citées dans cet article ont été revérifiées le 20 septembre 2026 sur les sites officiels de l’International Police Association et de sa section française.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- L’International Police Association est une association d’amitié entre policiers, fondée en 1950 par le sergent de police britannique Arthur Troop. Elle n’a aucun lien avec Interpol, qui est une organisation intergouvernementale.
- La section française, l’IPA France, a été créée en 1953 par un policier parisien, Max Florentin. La France figure parmi les cinq pays fondateurs de l’association internationale.
- La cotisation annuelle s’élève à 30 euros pour l’année civile, selon le bulletin d’adhésion 2026 publié par IPA France. Le conjoint, pacsé ou concubin d’un adhérent règle une demi-cotisation.
- L’adhésion donne accès à 63 maisons IPA réparties dans 21 pays, à des séjours linguistiques pour les enfants d’adhérents, à des séminaires professionnels et à un réseau de collègues à l’étranger, d’après le site d’IPA France consulté le 20 septembre 2026.
- L’IPA France fonctionne intégralement au bénévolat : aucun de ses responsables nationaux n’est rémunéré. La devise de l’association, Servo per Amikeco, se traduit par « servir par amitié ».
- Le constat de Brice Fresko sur le recrutement est sans détour : les associations sont en souffrance et « beaucoup trop de gens se replient sur eux-mêmes », au point que certaines sections historiques craignent de disparaître.
L’International Police Association n’est pas Interpol
La confusion est si fréquente qu’elle mérite d’être levée d’emblée. L’International Police Association et Interpol sont deux organisations sans rapport l’une avec l’autre : ni lien juridique, ni lien budgétaire, ni lien opérationnel. L’International Police Association est une association de policiers, à adhésion individuelle et volontaire, animée par des bénévoles, dont l’objet est l’amitié professionnelle entre fonctionnaires de police du monde entier. Interpol, de son nom complet Organisation internationale de police criminelle, est une organisation intergouvernementale qui réunit des États et coordonne la coopération policière entre eux.
Les ordres de grandeur suffisent à séparer les deux objets. Interpol compte 196 pays membres et son siège est établi à Lyon, selon le site interpol.int consulté le 20 septembre 2026. L’International Police Association revendique de son côté 380 000 membres dans 100 pays sur six continents, d’après son site international à la même date, et se présente comme la plus grande association de police au monde. Le centre administratif international de l’IPA est installé à Nottingham, au Royaume-Uni, dans un bâtiment qui porte le nom de son fondateur, Arthur Troop House.
Une nuance de décompte mérite d’être signalée, parce qu’elle explique les chiffres contradictoires que l’on trouve en ligne. Le site international de l’IPA annonce 100 pays, quand la page « Nous connaître » d’IPA France annonce plus de 382 000 membres dans 69 pays, toujours au 20 septembre 2026. Brice Fresko, deuxième vice-président national de l’IPA France, apporte la clé : tous les pays où des policiers sont affiliés n’ont pas pour autant une section nationale officiellement reconnue par le bureau international, et les policiers de ces pays se rattachent alors à une section existante.
Qui peut adhérer à l’IPA France
L’IPA France est ouverte à l’ensemble des métiers de la sécurité intérieure, actifs comme retraités, et c’est sa particularité première : l’association ignore les frontières de corps et de grade qui structurent le reste du paysage professionnel. Le bulletin d’adhésion 2026 publié par IPA France vise explicitement les personnels de la police nationale, de la police municipale, de la gendarmerie, de la douane, de la police des transports et de l’administration pénitentiaire. La page « Nous connaître » du même site, consultée le 20 septembre 2026, ajoute les personnels administratifs de ces administrations ainsi que la SUGE et la sûreté de la RATP.
- Policiers nationaux, actifs, administratifs ou retraités, sans distinction de grade du gardien de la paix au commissaire.
- Gendarmes de la gendarmerie nationale.
- Policiers municipaux.
- Douaniers et personnels de la police des transports.
- Personnels de l’administration pénitentiaire, mentionnés sur le bulletin d’adhésion 2026.
- Retraités de ces corps, qui forment une part importante des effectifs de l’association.
- Conjoint, pacsé ou concubin d’un adhérent, à demi-cotisation.
Une première adhésion à l’IPA France suppose de joindre au bulletin la copie d’un justificatif professionnel ou de retraite : attestation d’employeur, fiche de paie ou carte professionnelle. Ce contrôle explique pourquoi l’association reste un milieu fermé aux professionnels et à leurs proches, et pourquoi la carte de membre a une valeur de reconnaissance mutuelle lorsqu’un adhérent se présente chez des collègues étrangers.
Combien coûte la cotisation annuelle
La cotisation annuelle à l’IPA France s’élève à 30 euros, selon le bulletin d’adhésion et de prélèvement automatique 2026 mis en ligne par l’association. Cette cotisation couvre l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre, et non douze mois glissants à compter de l’inscription. Une adhésion prise à partir du 1er juillet obéit à une règle particulière : elle coûte 45 euros, soit 15 euros pour l’année en cours et 30 euros pour l’année suivante, ce qui évite à l’adhérent de payer une année pleine pour un semestre. Le conjoint, pacsé ou concubin d’un adhérent règle une demi-cotisation.
Ce montant doit être lu à la lumière du fonctionnement de l’association. L’IPA France est entièrement bénévole : ses responsables nationaux, y compris ses vice-présidents, ne perçoivent aucune rémunération au titre de leur mandat, comme le rappelle Brice Fresko. Seul le centre administratif international, à Nottingham, emploie du personnel permanent. La cotisation ne finance donc pas une structure salariée mais les activités, les publications et la vie des sections départementales.
Ce que donne la carte de membre
Le premier droit attaché à l’adhésion est l’hébergement. L’IPA France recense 63 maisons IPA réparties dans 21 pays, accessibles aux adhérents à des tarifs présentés comme très inférieurs à ceux du marché, d’après son site consulté le 20 septembre 2026. Ces maisons IPA sont des structures d’accueil tenues par les sections locales, où un adhérent de passage est logé par des collègues du pays.
Le deuxième droit est l’accès au réseau lui-même. L’IPA France liste sur sa page « Nos services » les séjours linguistiques et le rassemblement international des jeunes, les rencontres sportives nationales et internationales, l’accueil par des collègues IPA à l’étranger, les séminaires professionnels dont celui de Gimborn en Allemagne, et des clubs thématiques consacrés à la moto, à la collection et à la photographie. L’association édite par ailleurs un magazine, diffusé deux fois par an selon le vice-président national, qui rend compte de la vie des sections sur l’ensemble du territoire.
Le troisième droit ne figure sur aucune brochure : c’est l’entrée dans une communauté professionnelle. Brice Fresko insiste sur la diversité des tables lors des repas de section, où se croisent des policiers d’active, des retraités, des pompiers, des enseignants et des proches d’adhérents. La valeur de l’adhésion, de son point de vue, se mesure à ces échanges plus qu’au catalogue de prestations.
Une association née en 1950 d’une idée simple
L’International Police Association a été fondée en 1950 par Arthur Troop, sergent de police britannique, qui imagine une organisation où les polices du monde entier échangeraient par amitié plutôt que par voie hiérarchique ou diplomatique. L’idée est d’une simplicité désarmante et elle a tenu : soixante-quinze ans plus tard, c’est toujours l’amitié professionnelle, et non la coopération opérationnelle, qui définit l’objet de l’association. La devise retenue, Servo per Amikeco, est formulée en espéranto, langue construite qui avait l’avantage de n’appartenir à aucune des nations fondatrices.
La section française naît trois ans plus tard. L’IPA France a été créée en 1953 par Max Florentin, officier de police à Paris, et la France compte parmi les cinq pays fondateurs de l’association internationale, selon la page « Nous connaître » d’IPA France consultée le 20 septembre 2026. L’IPA France a fêté ses soixante-dix ans en 2023, l’année de l’enregistrement de cet épisode sur le salon Milipol Paris.
L’affiliation d’une nouvelle section nationale passe par le bureau international. Brice Fresko décrit une procédure où un pays candidat est le plus souvent parrainé par une section établie, la France jouant volontiers ce rôle, et où la stabilité politique du pays candidat pèse dans la décision. Le bureau international se réunit chaque année en conseil, ce qui lui permet de réexaminer périodiquement la situation des sections existantes.
Voyages, échanges professionnels et séjours linguistiques
Les déplacements organisés par les sections départementales se répartissent en trois familles, que l’invité distingue nettement. Le voyage d’agrément conduit un groupe d’adhérents, souvent majoritairement composé de retraités, à visiter un pays en s’appuyant sur l’accueil de la section locale. L’échange professionnel place les adhérents au contact direct du travail policier sur place, jusqu’à la patrouille avec les collègues du pays hôte, ce que le vice-président national illustre par le séjour d’une section francilienne aux États-Unis. Le séjour linguistique, enfin, repose sur la réciprocité entre familles : l’enfant d’un adhérent français est accueilli chez un collègue étranger pendant une quinzaine de jours, et l’enfant du collègue étranger vient l’année suivante en France.
À ces formules s’ajoutent les patrouilles européennes, dispositif qui réunit dans un même pays des policiers de plusieurs sections nationales pour des patrouilles communes. Brice Fresko y voit un double bénéfice : l’échange de pratiques entre polices européennes et, sur le terrain, la visibilité d’une police qui se montre autrement qu’en situation de maintien de l’ordre.
L’action sociale et la solidarité entre collègues
La commission nationale d’action sociale, dont l’invité a la charge au sein du bureau national, constitue le second pilier de l’activité. Son principe est la solidarité directe entre policiers touchés par un sinistre ou un conflit. Le vice-président national cite le déclenchement de cagnottes au profit de collègues sinistrés par des inondations, en France et à l’étranger, ainsi que le soutien apporté aux policiers ukrainiens depuis le début de la guerre. Il rapporte également qu’une section nationale européenne s’est rendue directement en Ukraine pour y acheminer des produits de première nécessité destinés aux enfants.
Le second registre de cette action sociale est celui des causes de santé publique. L’IPA France a repris sa participation à la campagne d’Octobre Rose en éditant un écusson dédié, très demandé par les adhérents, après plusieurs années d’absence. Le mois de novembre et sa campagne de sensibilisation aux cancers masculins font l’objet du même traitement. Le vice-président national relie ces initiatives à la place prise par la course à pied et le sport individuel chez les jeunes policiers, là où l’association s’appuyait traditionnellement sur les sports collectifs.
Ni parti, ni syndicat : le positionnement de l’IPA
L’IPA n’est ni un syndicat ni une organisation politique, et son vice-président national y revient plusieurs fois au cours de l’entretien. L’association ne négocie pas de conditions de travail, ne prend pas position dans les débats de politique intérieure et ne se substitue pas aux organisations représentatives, qu’il dit par ailleurs respecter. Ce positionnement est la condition de son caractère international : une association qui réunit des policiers de dizaines de pays ne peut porter de ligne politique sans se fracturer.
Cette neutralité n’empêche pas une ambition de rapprochement entre la police et la population. Brice Fresko présente les actions publiques de l’IPA, les courses, les campagnes de santé et les patrouilles européennes, comme autant d’occasions de montrer les forces de l’ordre hors du cadre de l’intervention. Il souligne que l’association compte parmi ses soutiens des personnes extérieures aux forces de l’ordre, enseignants, soignants ou salariés du privé, attachées à manifester leur soutien aux policiers. Sur la relation de l’IPA avec le ministère de l’Intérieur, il décrit un soutien acquis mais qu’il aimerait voir plus étroit, et dit avoir sollicité sur le salon Milipol un entretien avec le ministre de l’Intérieur alors en fonction afin que le président de l’IPA France puisse le rencontrer.
Le vieillissement des sections et le pari des jeunes policiers
Le point le plus franc de l’épisode porte sur la démographie de l’association. Brice Fresko reconnaît que l’IPA vieillit, que la crise sanitaire a accéléré le phénomène et que les jeunes policiers se tournent moins volontiers vers l’engagement associatif que leurs aînés. Il évoque des sections historiques, dans d’autres pays, dont la survie n’est plus assurée faute de relève, et des sections d’Europe de l’Est qui conservent à l’inverse des effectifs très nourris.
Sa réponse tient en un mot, qu’il applique aux anciens de l’association : les pionniers. Ce sont, dans son vocabulaire, les adhérents qui portent l’IPA depuis plusieurs décennies et qui attendent des nouveaux venus non pas de la déférence mais des idées. Il affirme les avoir trouvés ouverts aux propositions des plus jeunes, et voit dans le sport, la course à pied en particulier, le vecteur le plus efficace pour faire entrer de nouveaux adhérents. Le projet qu’il annonce en fin d’entretien va dans ce sens : une structure IPA dédiée à la course à pied, lancée à l’occasion du marathon de Paris, avec une joëlette destinée à faire courir des enfants en situation de handicap et la participation de collègues étrangers.
Questions fréquentes
L’International Police Association est-elle la même chose qu’Interpol ?
Non. L’International Police Association et Interpol sont deux organisations distinctes, sans lien juridique ni opérationnel. L’International Police Association est une association d’amitié professionnelle, à adhésion individuelle et volontaire, fondée en 1950 par le sergent de police britannique Arthur Troop et animée par des bénévoles. Interpol est une organisation intergouvernementale qui réunit 196 pays membres et dont le siège est à Lyon, selon le site interpol.int consulté le 20 septembre 2026. La ressemblance des noms est la seule chose que les deux structures ont en commun.
Qui peut adhérer à l’IPA en France ?
L’IPA France est ouverte aux personnels de la police nationale, de la police municipale, de la gendarmerie, de la douane, de la police des transports et de l’administration pénitentiaire, selon le bulletin d’adhésion 2026 de l’association. Les retraités de ces corps y adhèrent au même titre que les actifs, et le conjoint, pacsé ou concubin d’un adhérent peut adhérer à demi-cotisation. La page « Nous connaître » du site d’IPA France, consultée le 20 septembre 2026, mentionne également les personnels administratifs, la SUGE et la sûreté de la RATP. Une première adhésion suppose de joindre un justificatif professionnel ou de retraite, attestation d’employeur, fiche de paie ou carte professionnelle.
Combien coûte l’adhésion à l’IPA France ?
La cotisation annuelle à l’IPA France est de 30 euros, d’après le bulletin d’adhésion 2026 publié par l’association. Elle couvre l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Une adhésion souscrite à partir du 1er juillet coûte 45 euros, décomposés en 15 euros pour le semestre en cours et 30 euros pour l’année suivante. Le conjoint, pacsé ou concubin d’un adhérent bénéficie d’une demi-cotisation. L’association étant intégralement bénévole en France, cette cotisation finance les activités et les publications, non des salaires.
Que sont les maisons IPA ?
Les maisons IPA sont des structures d’hébergement tenues par les sections nationales de l’International Police Association et réservées aux adhérents en déplacement. IPA France en recense 63, réparties dans 21 pays, sur son site consulté le 20 septembre 2026, et les présente comme accessibles à des tarifs très avantageux. Leur intérêt dépasse le prix de la nuitée : un adhérent y est accueilli par des collègues du pays, ce qui transforme un séjour touristique en rencontre professionnelle. C’est le service le plus concret que procure la carte de membre.
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