Acheter un garrot prend trois minutes sur internet ; savoir le poser sous le feu, la nuit, par moins dix, est un autre métier. C’est le fil de cet épisode de Défense Zone consacré au secourisme en milieu hostile, avec Claude Brunet, ancien infirmier major de la Légion étrangère devenu formateur. Près de vingt et un ans de service : brancardier secouriste, puis infirmier au 2e régiment étranger de parachutistes à Calvi, engagé en Afghanistan et en Afrique comme medic. Il en tire une conviction simple, le matériel ne sauve personne, c’est la formation qui sauve. L’entretien va du retour d’expérience afghan à la naissance du sauvetage au combat français, puis à ce qu’en retiennent policiers municipaux, agents en poste à l’étranger, chasseurs ou parents de famille.
Claude Brunet est formateur en secourisme en milieu hostile et propose une formation en ligne diffusée par Défense Zone ; l’entretien a été enregistré à cette occasion, dans la région toulousaine. Les appréciations portées sur les matériels et les organismes de formation sont les siennes.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Sa formule résume tout le propos : « s’acheter du matériel c’est facile, il suffit d’aller sur internet. Maintenant il faut savoir s’en servir ». Un garrot sans entraînement, dit-il, c’est « une Porsche à quelqu’un qui n’a pas le permis ».
- Claude Brunet a servi en Afghanistan de septembre 2007 au printemps 2008, dans une équipe de mentorat de l’armée afghane relevant les commandos parachutistes de la 11e brigade parachutiste, en vallée de Kapisa.
- Deux garrots de dotation ont cassé sur des blessés qui sont morts, par grand froid et en altitude. Ce constat, remonté au commandement des forces terrestres, a nourri le lancement du sauvetage au combat et le passage à des garrots opérationnels.
- Il insiste sur une limite que les stages oublient : le garrot n’est ni l’alpha ni l’oméga de la prise en charge. Il ne vaut que pour les membres, aux côtés du pansement compressif et du dispositif hémostatique.
- Le cours ne commence pas par les gestes mais par l’analyse du risque : repérer les sorties, savoir où se trouve un défibrillateur, accepter de partir. « Mieux vaut fuir que mourir », dit-il, quand on est avec sa famille et non en mission.
- Son conseil à qui veut devenir medic tient en une phrase : « il ne faut pas se prendre pour Dieu, on ne sauve pas tout le monde ». Rester humble, s’entraîner souvent, accepter d’être appelé chaque fois que la situation se dégrade.
De la Légion étrangère au métier de medic
Claude Brunet ne voulait pas être infirmier. Engagé à la Légion étrangère, il se rêvait tireur d’élite ; ce sont les tests psychotechniques de l’institution qui l’ont orienté vers le soin, au motif qu’il en présentait le profil. Affecté au 2e régiment étranger de parachutistes, à Calvi, il est envoyé en stage de brancardier secouriste et découvre, dit-il, une vocation qu’il n’avait pas cherchée. Il servira près de vingt et un ans sous les drapeaux.
L’avantage de la Légion étrangère, selon lui, tient à ses instructeurs. Là où ses camarades du reste de l’armée française recevaient un enseignement dispensé par le service de santé, sa promotion a été encadrée par d’anciens combattants sud africains rompus aux interventions en milieu isolé et par un instructeur passé par la guerre des Malouines, qui avait géré des afflux massifs de blessés. Cette culture opérationnelle explique, dit il, d’avoir été rapidement employable.
Afghanistan 2007 : le décalage entre la mission et la dotation
De septembre 2007 au printemps 2008, Claude Brunet sert en Afghanistan au sein d’une équipe de mentorat opérationnel, ces détachements occidentaux chargés d’encadrer et d’accompagner au combat des unités de l’armée nationale afghane. Le détachement relève les commandos parachutistes de la 11e brigade parachutiste et encadre un effectif afghan de plusieurs dizaines d’hommes, avec dedans toutes les spécialités : démineur, contrôleur de frappes aériennes, tireur d’élite, medic, officier de liaison, interprète.
Le détail le plus parlant concerne la couleur des sacs. Les medics français avaient été dotés de sacs noirs quand toute la troupe portait le camouflage centre Europe : l’adversaire identifiait donc immédiatement le porteur du sac noir comme le soignant du groupe. Une décision prise loin du terrain se retournait contre celui qu’elle devait servir.
Les garrots qui ont cassé, et ce qui en est sorti
L’épisode le plus grave qu’il rapporte concerne les garrots de première génération alors en dotation. Deux d’entre eux ont cassé à la pose, sur des blessés qui sont morts. Claude Brunet avance plusieurs facteurs : une pièce plastique probablement trop rigide, l’hiver afghan à plus de 2 000 mètres d’altitude, et des garrots portés en permanence à l’extérieur du paquetage, exposés au chaud comme au froid, sans que personne ne connaisse leur durée de stockage antérieure. Le détachement est ensuite passé à un garrot à tourniquet de type SOF Tactical.
Ce retour d’expérience a été porté devant le commandement des forces terrestres, à Lille, lors d’une réunion réunissant les autorités du soutien santé. Claude Brunet y a fait des démonstrations de matériel pour montrer l’écart entre l’équipement hérité des engagements précédents et les besoins d’un théâtre où l’on prend des coups. La question du coût a été tranchée par le général présidant la réunion, ancien légionnaire lui-même, dans une formule qu’il cite encore : équiper tout le monde en garrots, ce n’est « même pas le prix d’un moteur de Leclerc ». Le principe d’un garrot par combattant a été acté dans la foulée.
À l’époque, rappelle Claude Brunet, la trousse individuelle du combattant français n’était pas à la hauteur : un pansement daté, pas de garrot pour tous, une conception héritée de décennies d’opérations d’interposition. Il a ensuite participé à sa refonte comme conseiller technique, et en garde une critique précise : la France a été la seule armée à imposer un kit de perfusion à chaque combattant, ce qui encombrait la trousse sans régler les besoins du quotidien.
Le sauvetage au combat, une doctrine née du terrain
Le sauvetage au combat est la doctrine française de prise en charge des blessés à l’avant. Elle est organisée en trois niveaux par le service de santé des armées. Le SC1 est le niveau de base enseigné à tous les militaires projetés, avec quatre gestes essentiels : la pose du garrot, la mise en position selon la lésion, le pansement d’une plaie thoracique et la gestion de la douleur. Le SC2 s’adresse aux auxiliaires sanitaires et aux brancardiers secouristes, formés plusieurs semaines à l’hémostase avancée, à la gestion des voies aériennes et aux abords vasculaires. Le SC3 est réservé aux médecins et infirmiers, qui dirigent les équipes, réévaluent les blessés et catégorisent les évacuations.
Ce cadre n’existait pas quand Claude Brunet rentre d’Afghanistan : c’est l’absence de doctrine d’emploi qu’il constate. Avec un médecin militaire, il monte en une semaine un premier support pédagogique pour les unités qui partaient, dix huit films tournés en une journée. Il défend depuis un principe simple : chaque combattant doit ressembler à un medic, et chaque medic à un combattant.
L’accélération vient de l’embuscade d’Uzbin, le 18 août 2008, où dix militaires français sont tués. Le sujet remonte alors au plus haut niveau de l’État et le service de santé des armées reprend le dossier, qui sort du cercle des unités spécialisées pour irriguer toute l’armée de terre. Claude Brunet décrit ensuite un mouvement en dents de scie : après 2012, le volume de formation au sauvetage au combat a chuté dans de nombreux régiments, avant de repartir avec les opérations au Sahel. Sa crainte, formulée dans l’entretien, est que le soufflé retombe à chaque fin d’engagement majeur.
À quoi sert un garrot, et ce qu’il ne fait pas
Un garrot tactique est un dispositif de serrage circulaire posé sur un membre pour interrompre une hémorragie que la compression directe ne suffit pas à contrôler. Son intérêt opérationnel est double : il se pose vite, et il se pose sur soi d’une seule main. L’hémorragie externe non maîtrisée d’un membre est la première cause de décès évitable au combat ; les travaux présentés au congrès Urgences en 2011 rappelaient que l’hémorragie est associée à plus de 80 % des décès en ambiance militaire.
Claude Brunet insiste néanmoins sur la limite : le garrot n’est « pas l’alpha et l’oméga de la prise en charge ». Il ne traite que les membres, et son usage doit rester proportionné. Une coupure à la paume de la main relève du pansement compressif, pas du garrot. Il présente l’équipement de base comme une boîte à outils cohérente plutôt que comme un objet unique : un garrot, un pansement compressif, un dispositif hémostatique et de quoi occlure une plaie.
Autre point rarement dit : il n’existe pas de bon garrot universel. Un modèle large convient au combattant débarqué ; un modèle sans partie métallique s’impose là où le métal est proscrit ; un modèle à clipser, très rapide, intéresse les équipages d’hélicoptère qui le posent en attente sur la cuisse ; un modèle plat et discret s’impose à qui travaille en civil ; un néoprène de plongée appelle autre chose qu’un treillis. La question n’est donc pas quel garrot acheter, mais quel garrot pour quel emploi.
Se former au secourisme en milieu hostile plutôt que s’équiper
Le secourisme en milieu hostile désigne la prise en charge d’un blessé dans un environnement qui reste dangereux pendant les soins : sous le feu, après un attentat, sur un site isolé, ou simplement loin de tout secours. Claude Brunet en fait un domaine distinct du secourisme civil classique, parce que la menace ne s’arrête pas quand le soignant commence à travailler, et parce que le matériel disponible se limite à ce que l’on porte sur soi.
Sa règle de travail est celle de la répétition : « on ne fait bien que ce qu’on fait souvent ». Il cite la consigne qu’il donne à des équipes en poste à l’étranger : tous les premiers lundis du mois, chacun sort son garrot et le pose. Le jour où l’on prend une balle n’est pas le moment de chercher où est le matériel. Il rapporte des cas de personnes équipées, mortes pendant que l’on mettait cinq minutes à poser le garrot.
Les publics qu’il forme sont plus larges qu’on ne l’imagine : policiers municipaux, qui n’ont accès qu’à des formations civiles limitées ; agents des administrations détachés à l’étranger, y compris hors des zones de guerre, dans des pays où l’agression de rue et le car jacking sont fréquents ; personnels d’aéroports ; agents de sécurité, dont la filière armée s’est structurée après 2015, depuis l’agent porteur d’une matraque télescopique jusqu’aux équipes qui protègent les sites et transports nucléaires. Il refuse d’appliquer le même contenu à tout le monde : la formation s’adapte au métier, aux moyens et à la mission.
SST, TCCC, TECC : les formations existantes et ce qu’elles valent
Le SST, sauveteur secouriste du travail, est la formation de référence en entreprise : quatorze heures, et un salarié formé qui devient acteur de la prévention autant que secouriste. Le code du travail, dans son article R. 4224-15, impose un secouriste dans chaque atelier où sont réalisés des travaux dangereux ; l’INRS précise qu’il n’existe pas de ratio réglementaire par effectif, le besoin s’évaluant à partir des risques propres à l’entreprise. Claude Brunet salue l’ajout de la pose de garrot au programme, tout en jugeant le niveau inégal selon les formateurs.
Le TCCC, Tactical Combat Casualty Care, est le protocole américain de prise en charge du blessé de guerre dont s’inspirent la plupart des doctrines occidentales, y compris le sauvetage au combat français. Le TECC, Tactical Emergency Casualty Care, en est la déclinaison civile : élaboré par un comité indépendant sur le modèle du comité militaire, il adapte les mêmes principes aux ressources, aux populations et au cadre juridique civils. Le TECC est enseigné en France par des organismes privés et suivi notamment par des personnels de SAMU et de sapeurs pompiers appelés à intervenir en ambiance dégradée.
Claude Brunet observe que le sauvetage au combat français, lui, n’est pas enseigné aux civils. Il note l’effet de marché consécutif aux attentats du 13 novembre 2015 : après des années à prêcher dans le désert auprès de services qui lui répondaient que la France n’était pas en guerre, il a vu les stocks de garrots siphonnés en quinze jours et une multitude d’organismes de formation apparaître, avant que le secteur ne se décante.
Anticiper, la partie du cours que personne n’attend
La formation de Claude Brunet ne commence pas par les gestes. Elle commence par une phase d’analyse du risque et de préparation, ce qui surprend les stagiaires venus apprendre à poser un garrot. Sa justification est explicite : hors mission, personne n’a d’objectif à remplir. « Mieux vaut fuir que mourir », résume-t-il, et quand on est avec sa femme et ses enfants, l’objectif est de partir, pas de jouer les héros.
Concrètement, cette phase consiste à s’approprier son environnement : repérer les sorties de secours en entrant dans un lieu, savoir où se trouvent un défibrillateur et un secouriste, identifier les itinéraires de dégagement. Il prend l’exemple de la fusillade de Las Vegas en octobre 2017, où la réaction du public a été de fuir : ceux qui savaient où était la sortie sont sortis avant la bousculade. Son parallèle est celui de l’assurance automobile, que personne ne souscrit après l’accident.
Le dernier bénéfice de l’entraînement est psychologique. Quelqu’un qui a répété un protocole n’est pas serein le jour venu, mais il déclenche une séquence connue, ce qui le rassure et rassure celui qu’il soigne. Claude Brunet ajoute une limite honnête : la formation ne transforme pas un individu, elle donne un chemin à suivre.
Quatorze blessés, un seul medic
Deux souvenirs structurent la partie opérationnelle de l’entretien. Le premier se déroule en vallée de Kapisa, lors d’une opération conduite avec des forces spéciales américaines et afghanes contre un cadre adverse recherché. Le camarade de Claude Brunet est touché à la tête, la balle traversant le casque. La colonne remonte par la rivière, la route ayant été piégée après son passage. Il décrit alors le dilemme central du medic combattant : sortir pour riposter, ou rester pour soigner. Il fera les deux, en alternance, ce qu’il qualifie lui même de prise en charge dégradée. Le blessé a survécu ; le premier hélicoptère venu le récupérer a été pris à partie et est revenu sur un seul moteur.
Le second est un afflux massif : quatorze blessés à traiter, le medic américain de la 101e division aéroportée étant lui même touché. Les blessés arrivent par vagues, avec des lésions très différentes : brûlures, plaies par balle aux membres, traumatismes crâniens. Le sac individuel d’un medic est dimensionné pour deux ou trois blessés ; passé ce seuil, il faut travailler avec ce que les autres apportent en vrac. Claude Brunet n’était pas encore formé au triage, qu’il a appris sur place au contact des Américains.
Ce qu’il retient de cette confrontation est méthodologique. Les équipes américaines travaillaient avec des protocoles simplifiés et des repères visuels immédiats, comme le marquage adhésif apposé sur le pantalon du blessé pour tracer ce qui avait été fait, et renonçaient aux gestes hérités du secours civil jugés sans bénéfice dans ce contexte. Simplifier, codifier, ne garder que ce qui change l’issue : c’est ce qu’il a rapporté en France.
Soigner l’ennemi blessé
Un passage de l’entretien porte sur la prise en charge des adversaires blessés, pratique régulière et non exceptionnelle. Claude Brunet la rattache directement au code d’honneur du légionnaire, qui prescrit d’agir au combat sans passion ni haine et de respecter l’ennemi vaincu. En pratique, explique-t-il, un blessé abandonné sur un objectif est traité comme n’importe quel autre blessé, puis remis aux autorités compétentes comme prisonnier.
Il en donne un exemple en République centrafricaine. Une unité bivouaquait près de l’aéroport lorsqu’un taxi est passé au ralenti devant le dispositif, à deux heures du matin, et a ouvert le feu à l’arme automatique depuis la banquette arrière. Les sentinelles ont riposté ; les occupants blessés ont ensuite été garrottés, soignés, puis remis comme prisonniers. Claude Brunet le raconte sans emphase : c’est la procédure, et elle ne se discute pas.
Le conseil à qui veut devenir medic
Interrogé sur le conseil qu’il donnerait à un candidat, Claude Brunet répond d’abord par une mise en garde : « il ne faut pas se prendre pour Dieu, on ne sauve pas tout le monde ». Beaucoup imaginent une trajectoire de sauvetages successifs ; la réalité comporte aussi des échecs, et c’est l’humilité qui permet de durer dans ce métier.
Il décrit ensuite trois contraintes propres au poste. Le medic est appelé sur tous les points chauds, donc davantage exposé que le reste de l’unité. Il absorbe, en plus des siennes, les difficultés que les autres viennent lui déposer. Et il porte physiquement plus lourd, son équipement sanitaire s’ajoutant à la dotation commune.
La contrepartie est double. Le medic est protégé et entouré par son unité, qui sait qu’il n’est pas remplaçable au pied levé. Et il reçoit, du côté formation, la seule reconnaissance qui compte à ses yeux : le message d’un ancien stagiaire disant qu’il a sauvé son camarade grâce à ce qu’il a appris. C’est sur cette note que se referme l’entretien.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le secourisme en milieu hostile ?
Le secourisme en milieu hostile est la prise en charge d’un blessé dans un environnement qui demeure dangereux pendant les soins, et où les moyens se limitent à ce que le sauveteur porte sur lui. Il se distingue du secourisme civil sur trois points : la menace persiste et impose de sécuriser avant de soigner, le délai avant une prise en charge médicale peut être long, et le matériel doit pouvoir être posé vite, éventuellement sur soi même et d’une seule main. Il couvre le combat comme l’attentat, l’accident en milieu isolé ou l’agression urbaine. Claude Brunet y inclut une phase préalable d’analyse du risque.
Qu’est-ce que le sauvetage au combat SC1, SC2 et SC3 ?
Le sauvetage au combat est la doctrine française de secours au blessé de guerre, organisée par le service de santé des armées en trois niveaux. Le SC1 est enseigné à tous les militaires projetés et repose sur quatre gestes : pose du garrot, mise en position adaptée à la lésion, pansement d’une plaie thoracique et gestion de la douleur. Le SC2 concerne les auxiliaires sanitaires et brancardiers secouristes, formés plusieurs semaines à l’hémostase avancée, à la gestion des voies aériennes et aux abords vasculaires. Le SC3 est réservé aux médecins et infirmiers militaires, qui encadrent les équipes au poste de secours, réévaluent les blessés et catégorisent les évacuations. Cette doctrine s’est construite à partir du retour d’expérience afghan, dans les années qui ont suivi 2008.
Quand faut-il poser un garrot, et lequel choisir ?
Un garrot tactique se pose sur un membre lorsqu’une hémorragie ne peut pas être contrôlée par une compression directe, l’hémorragie externe des membres étant considérée comme la première cause de décès évitable au combat. Il ne s’applique ni au tronc ni au cou, et une plaie modeste relève du pansement compressif. Claude Brunet rappelle qu’il n’existe pas de modèle universel : le choix dépend de la tenue et du métier, un modèle large convenant au combattant débarqué, un modèle à clipser aux équipages d’hélicoptère, un modèle plat et discret à qui travaille en civil, un modèle sans métal là où celui ci est proscrit. Il recommande surtout de s’entraîner à le poser régulièrement, une pose hésitante coûtant plus cher qu’un mauvais modèle.
Faut-il être militaire pour se former au secourisme en milieu hostile ?
Non. Le sauvetage au combat français reste réservé aux armées, mais les formations civiles de médecine tactique sont accessibles à tous. En entreprise, le SST est la base réglementaire, complétée depuis quelques années par la pose de garrot. Au delà, le TECC, déclinaison civile du protocole militaire américain TCCC, est dispensé en France par des organismes privés. Claude Brunet forme pour sa part des policiers municipaux, des agents d’administrations en poste à l’étranger, des personnels d’aéroports, des agents de sécurité et des particuliers, et adapte le contenu aux moyens et aux contraintes de chaque public plutôt que d’appliquer un protocole unique.
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