« Pour moi, la communication, c’est une arme de persuasion massive, à mettre en parallèle avec la dissuasion. » La phrase ouvre ce 56e épisode de Défense Zone, enregistré à Balard avec le colonel Eric de Lapresle, alors chef du SIRPA Terre, le service d’information et de relations publiques de l’armée de Terre. Officier de cavalerie passé par l’École militaire interarmes, il a commandé un escadron avant de bifurquer vers un métier qu’il ne connaissait pas et dont il a fini par prendre la tête. L’entretien porte sur la communication opérationnelle, c’est-à-dire l’emploi délibéré de l’image et de l’information au service de la manoeuvre militaire, par opposition à une communication institutionnelle qui se contenterait d’expliquer ce qu’est une armée. Le colonel de Lapresle y décrit une frontière en train de sauter entre ces deux métiers, des officiers communication formés au raisonnement tactique, des réseaux sociaux devenus terrain d’affrontement, et une conviction : les démocraties ont désappris la guerre de l’information et doivent la réapprendre sans renoncer à leur éthique.
Les analyses développées dans cet épisode sont celles du colonel Eric de Lapresle et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré à la fin de ses deux années à la tête du SIRPA Terre, avant son départ en mission au Liban.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- « La communication, c’est une arme de persuasion massive » : le chef du SIRPA Terre place l’image et l’information au rang des moyens militaires, en parallèle de la dissuasion.
- La digue entre communication institutionnelle et communication opérationnelle est en train de sauter, parce que communiquer, c’est envoyer des messages destinés à être interprétés, donc influencer.
- Un stage venait de s’ouvrir, au moment de l’entretien, pour former les officiers communication de l’armée de Terre à la méthode de raisonnement tactique, afin qu’ils proposent une action de communication à chaque étape de la manoeuvre.
- L’objectif assumé de cette formation : « gagner la guerre avant la guerre », en obtenant par une image l’effet que l’on aurait autrement cherché par le feu.
- L’information militaire est devenue horizontale : « le caporal en sait autant que le capitaine », et le chef a perdu la primeur de l’information comme ressort d’autorité.
- Le SIRPA Terre finance lui-même le déplacement de journalistes vers ses unités et a monté un stage destiné à préparer les journalistes de défense à partir en opération.
« Une arme de persuasion massive » : définir la communication opérationnelle
La communication opérationnelle est l’emploi de l’information et de l’image comme moyens d’action au service d’un objectif militaire, et non comme simple compte rendu de ce que fait une armée. C’est la définition que pose le colonel de Lapresle dès les premières minutes, en la rapprochant du vocabulaire de la dissuasion : « la communication, c’est une arme de persuasion massive ». La comparaison n’est pas un effet de style. Elle signifie que l’image produit sur l’adversaire et sur les opinions un effet qui peut être recherché, planifié et mesuré, et qui relève donc du métier des armes.
Le chef du SIRPA Terre décrit ce métier comme un art : « apprendre toutes les techniques pour faire comprendre à l’autre quelque chose qu’il ne comprenait pas », en lui mettant devant les yeux des images et des textes susceptibles de peser sur ses décisions. Communiquer n’est plus décrire : c’est agir sur une chaîne de décision, celle de l’adversaire comme celle de l’opinion publique.
De ce constat découle une question qu’il pose aux militaires eux-mêmes : si la communication est une arme, savons-nous nous en servir ? L’épisode énumère alors les leviers que l’armée de Terre met en place pour que cette arme fonctionne, de la formation des officiers communication à la relation avec la presse.
Un officier de cavalerie devenu patron de la communication
Le parcours du colonel Eric de Lapresle éclaire la manière dont l’armée de Terre forme ses spécialistes de la communication. Il se présente en début d’entretien comme colonel, 54 ans, près de trente ans de service, avec une première partie de carrière entièrement opérationnelle : cavalier, formé à l’École militaire interarmes, il sert en régiment puis commande un escadron.
Le basculement vient après le concours de l’École de guerre. On lui explique qu’il n’aura pas de commandement de régiment, mais qu’il y a de la place dans la communication. Il accepte à une condition : qu’on lui donne une scolarité et qu’on lui apprenne ce métier, qu’il ne connaît pas. Il se retrouve étudiant à 35 ans, au milieu de plus jeunes, pour une année de formation universitaire en communication.
La suite se joue entre le SIRPA Terre, la communication de recrutement et l’étranger : porte-parole en Afghanistan, puis trois années au Canada, avant la proposition de prendre la tête du SIRPA Terre. La mission tient en deux volets : organiser la communication de l’armée de Terre et conseiller le chef d’état-major de l’armée de Terre. Ce double bagage, opérationnel puis communicant, lui permet de parler aux chefs de corps dans leur langue, et c’est ce qu’il veut généraliser chez ses officiers.
Quand la communication institutionnelle et l’influence se confondent
Interrogé sur les évolutions qu’il a observées, le colonel de Lapresle distingue deux domaines. Sur la communication de recrutement, l’armée de Terre est selon lui très bonne : elle maîtrise ses données et sait renoncer aux efforts qui ne produisent rien sur telle population ou tel territoire, parce que quinze ou vingt ans de retours le démontrent. Sur la communication institutionnelle, il décrit en revanche une rupture en cours.
« La digue est en train de sauter entre la communication institutionnelle et la communication opérationnelle », explique-t-il. La raison est logique plus que technique : communiquer, c’est envoyer des messages qui seront interprétés, donc s’inscrire dans une logique de persuasion. Sortir un magazine, publier sur les réseaux sociaux, chercher davantage de lecteurs, tout cela relève déjà d’une conquête, commerciale dans un cas, informationnelle dans l’autre. Le colonel de Lapresle y voit une même mécanique : « vous faites une action technique qui vise à vous approprier des esprits ».
La conséquence est un changement de posture. Il ne s’agit plus, dit-il, d’être « dans un descriptif naïf de ce qu’on fait », mais de comprendre que la communication est un acte de guerre et de la traiter comme tel. C’est cette bascule, davantage que l’arrivée de nouveaux outils, qui constitue selon lui la vraie révolution de la communication militaire.
L’effet majeur médiatique : une image, une vérité, un périmètre éthique
Pour montrer où passe la ligne, le colonel de Lapresle raconte un cas vécu lorsqu’il était porte-parole en Afghanistan. Il s’agissait d’entamer le moral de l’adversaire à propos d’un axe logistique que les talibans tenaient de façon régulière et que la force ne contrôlait que ponctuellement. L’idée retenue relève de ce qu’il appelle un effet majeur médiatique : obtenir une photographie montrant deux chefs de corps, l’un venu du nord, l’autre du sud, se serrant la main sur cette route.
Cette photographie est vraie à l’instant où elle est prise. « On ne ment pas en disant qu’on tient la route », souligne-t-il, même si tenir cette route a supposé des actions de combat menées pour l’image. Le risque tient au traitement : entre les mains des médias, une vérité datée peut devenir une vérité intemporelle, « les Français tiennent la route ». Tout l’art, dit le chef du SIRPA Terre, consiste à rester dans un périmètre éthiquement acceptable, c’est-à-dire à ne jamais raconter de contrevérité, tout en utilisant l’image à des fins opérationnelles.
La différence qu’il trace n’est donc pas entre communiquer et influencer, mais entre deux manières de livrer l’information. Donner une image à un média démocratique avec son narratif exact, à savoir que l’armée française tient la route à ce moment précis, reste selon lui légitime : la responsabilité éditoriale passe au journaliste. Fournir la même image à un support qui en tirera un récit permanent de contrôle ne l’est pas.
Former les officiers communication au raisonnement tactique
C’est sur la formation que l’évolution est la plus concrète. Au moment de l’entretien, l’armée de Terre venait d’ouvrir un stage destiné à ses officiers communication. Jusque-là, explique le colonel de Lapresle, ces officiers étaient des conseillers de leur chef de corps chargés de faire vivre le journal du régiment. Issus d’écoles de communication, souvent titulaires d’un master, ils ne sont pas mauvais dans ce registre, mais il leur manque un paramètre : la manoeuvre informationnelle.
La méthode de raisonnement tactique est la démarche par laquelle un chef militaire analyse une mission, un terrain et un adversaire pour arrêter sa manoeuvre. Le stage consiste à en enseigner les étapes aux officiers communication, après leur avoir expliqué ce qu’est une section, une compagnie, un régiment, pour qu’à chaque étape du raisonnement ils soient capables de proposer une action.
Le colonel de Lapresle formule le résultat attendu sous forme de dialogue : l’officier communication doit pouvoir dire à son colonel qu’il a une idée « qui va peut-être vous épargner des vies mais qui va vous permettre d’atteindre le même succès opérationnel », parce que telle image, diffusée à tel moment, produira l’effet recherché. La formule qui résume cette ambition revient plusieurs fois : « gagner la guerre avant la guerre ». Il s’agit de faire de ces officiers des spécialistes du raisonnement médiatique, capables de s’insérer dans le raisonnement tactique du militaire.
Réseaux sociaux : une information devenue horizontale
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans l’entretien, à double titre. D’abord comme champ d’affrontement : le colonel de Lapresle invite à regarder les commentaires sous les publications des grandes autorités françaises, où des messages hostiles à la France s’agrègent dès qu’il est question du Mali. Sa position est qu’il n’y a « pas de raison de laisser le champ uniquement aux autres » et que la communication consiste aussi à raisonner celle de l’adversaire pour savoir comment la contrer.
Ensuite comme transformation du commandement. Les réseaux sociaux sont devenus la première source d’information des jeunes militaires, ce qui fait passer l’information d’un mode vertical à un mode horizontal. Lorsqu’il commandait son escadron, se souvient le colonel de Lapresle, c’était le chef qui annonçait à la troupe le départ en opération. Aujourd’hui l’information arrive latéralement, et « le caporal en sait autant que le capitaine » sur ce qui se trame.
Il en tire une conclusion sur l’autorité : le chef n’a plus la primeur de l’information et doit donc « capitaliser sur d’autres valeurs ». Cette évolution impose aussi une pédagogie permanente auprès des militaires qui publient, en tenue ou non, et qui peuvent dévoiler des éléments de sécurité opérationnelle. Le chef du SIRPA Terre décrit un équilibre à tenir : prévenir sans devenir permissif, mais encourager aussi, pour ne pas se priver de cette arme.
La presse : embarquer les journalistes, encaisser les enquêtes
Le colonel de Lapresle juge la relation avec la presse bien meilleure que sa réputation. Il estime que les militaires sont de plus en plus convaincus que les journalistes respectent ce qu’ils font, et rapporte le cas de reporters partis en Afghanistan critiques et revenus en disant qu’ils avaient évolué. Les réserves qu’il formule concernent surtout les unités soumises à l’anonymat, au premier rang desquelles les forces spéciales.
Sa critique porte ailleurs : la France a moins que d’autres la culture de l’embarquement, qui consiste à placer un journaliste au coeur d’une unité. Un obstacle pratique existe. Les journalistes de défense couvrent de plus en plus de sujets à la fois, faute de pouvoir vivre de la seule défense, et n’ont pas toujours les prérequis pour être projetés sur un théâtre d’opérations : poser un garrot, utiliser de la morphine, embarquer de nuit en hélicoptère. Le SIRPA Terre a donc monté un stage pour les y préparer, et prend en charge le déplacement de reporters vers ses unités, « parce que ça nous intéresse que vous alliez voir nos soldats ». La justification rejoint la thèse de l’épisode : « parfois un journaliste bien équipé aura plus d’effet sur la guerre et sur l’opinion que trois fusils dans un véhicule ».
Le colonel de Lapresle assortit cette confiance d’un raisonnement de crise. Le jour où une catastrophe frappera l’armée de Terre et remettra publiquement sa crédibilité en cause, ce ne sont pas les militaires qui pourront l’en sortir, mais des journalistes autonomes, neutres et connaissant bien l’institution, capables d’expliquer sur les plateaux ce qui s’est passé. C’est à ses yeux la raison décisive d’entretenir cette relation en temps calme, et de ne jamais chercher à tromper un journaliste.
Interrogé sur les médias d’investigation qui cherchent la polémique, il répond par une image de boulanger : quand on vend du bon pain, la communication se fait à peu près d’elle-même, et il y aura toujours un concurrent pour souhaiter la fermeture de la boutique. Sa doctrine tient en une séquence : à chaque révélation, on enquête, et s’il y a faute, elle est dénoncée et punie. Certaines révélations sont exactes et rendent service, d’autres le sont moins, et la réponse reste la même. Le vrai sujet n’est pas de se défendre, mais de rester au niveau de confiance élevé dont l’armée de Terre bénéficie auprès des Français.
Recrutement et fidélisation : ce que la communication ne peut pas faire
Pour le colonel de Lapresle, il n’existe pas de frontière entre communication institutionnelle et communication de recrutement : « toute communication, c’est du recrutement ». Le raisonnement est aussi militaire que budgétaire. Parler de modernisation, d’équipement ou d’engagement au Sahel n’a aucun sens si l’armée de Terre ne fait pas entrer chaque année les quelque 15 000 jeunes dont elle a besoin, ordre de grandeur qu’il rappelle à deux reprises. Même une conférence de presse du chef d’état-major sur l’Ukraine ou sur les blessés sert, en dernière analyse, à faire connaître un métier pour attirer ceux qui l’exerceront.
Sur la fidélisation, sa réponse va à rebours de ce qu’on attend d’un directeur de la communication. Il considère que le départ de jeunes engagés au cours des premières années n’a rien de spécifiquement militaire : le même phénomène s’observe dans une grande entreprise ou un club sportif, parce que les jeunes testent, goûtent et jugent par eux-mêmes. Et il tranche : « je ne crois pas que ce soit la communication qui fidélise ». Ce qui retient un jeune, c’est l’exemplarité au quotidien, une communication « gestuelle, d’attitude », pas une campagne.
Il décrit même l’effet inverse d’une communication trop flatteuse. Si l’on promet un goût de vanille et que la réalité a le goût du camembert, les gens n’achètent plus : une campagne qui fait rêver au-delà de ce que le métier offre est contre-productive. La difficulté est de s’approcher d’une vérité qui n’est pas la même selon la garnison ou la spécialité. Le SIRPA Terre s’appuie pour cela sur des agences, sur des relais dans la société civile et l’éducation nationale, et sur l’observation d’une classe d’âge entière lors de la Journée défense et citoyenneté.
L’actualité joue dans les deux sens. Le colonel de Lapresle observe qu’un attentat sur le sol français démultiplie les candidatures, tandis qu’un mort en opération produit un effet à somme nulle : des jeunes y voient ce qu’ils veulent faire, pendant que les parents et les prescripteurs freinent en rappelant le danger du métier.
Pourquoi les démocraties perdent la guerre de l’information
C’est le passage le plus frontal de l’épisode. Invité à réagir sur le caractère mal vu de la propagande, le colonel de Lapresle concède le point et l’explique historiquement : il ne connaît guère d’exemple de pays démocratique ayant gagné la guerre de la communication, et constate que la maîtrise de la propagande a été, dans l’histoire, un savoir-faire de régimes autoritaires. Raisonner la guerre par la communication n’est donc pas, selon lui, un savoir-faire démocratique.
Il refuse pourtant d’en tirer un argument d’abstention. Sa position tient en deux temps : ce qui est condamnable, c’est d’alimenter un récit faux et durable ; ce qui ne l’est pas, c’est de fournir à des médias démocratiques une information exacte, datée, accompagnée de son contexte, et de leur laisser la responsabilité de l’usage qu’ils en font. « L’objectif n’est pas de tromper le journaliste », insiste-t-il ; l’objectif est de lui donner les moyens d’utiliser l’information comme il l’entend.
Le colonel de Lapresle ajoute un argument de lucidité : d’autres armées emploient les médias comme un moyen d’action, et l’ignorer serait naïf. Il ne plaide pas pour l’imitation, mais pour la fin d’un angle mort. Il relie cet oubli à une longue période de paix, pendant laquelle les armées occidentales ont perdu des réflexes et se retrouvent à « réinventer l’eau chaude ». D’où sa recommandation d’étudier les méthodes soviétiques, allemandes et américaines du XXe siècle.
Devenir officier communication dans l’armée de Terre
Le conseil que le colonel de Lapresle adresse à un jeune tenté par ce métier tient d’abord dans la culture générale, « qui permet d’éviter de refaire des choses qui ont été faites avant ». Il insiste sur le fait que le travail décrit est celui d’une équipe, et que le chef n’est rien dans une maison qui fonctionne à la cohésion.
Sa deuxième condition est plus exigeante. Puisque la communication est une arme, celui qui l’emploie reste d’abord un soldat : « la communication, c’est faire la guerre avec les armes des soldats », le fusil et l’armement, « mais en plus le stylo, la caméra, un appareil photo ». Un jeune qui n’a pas « la tête bien faite et le corps bien fait », capable de résister au stress, n’a selon lui pas sa place au SIRPA Terre.
Sa troisième condition surprend davantage dans la bouche d’un officier : l’équilibre personnel. Il met en garde contre le candidat qui ne vivrait que par l’envie de faire la guerre, et décrit une vie tenue par des piliers familiaux, personnels et amicaux. Dans un métier où l’on manipule en permanence des images de combat et de mort, cette exigence est présentée comme une condition professionnelle, pas comme un supplément d’âme.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le SIRPA Terre ?
Le SIRPA Terre est le service d’information et de relations publiques de l’armée de Terre. Il conçoit et coordonne la communication de l’armée de Terre, depuis les relations avec la presse jusqu’aux campagnes de recrutement, en passant par les réseaux sociaux et l’appui aux officiers communication des régiments. Son chef exerce une double mission, décrite dans cet épisode par le colonel Eric de Lapresle : organiser cette communication et conseiller le chef d’état-major de l’armée de Terre. Des services équivalents existent dans les autres armées et dans la gendarmerie nationale.
Quelle différence entre communication institutionnelle et communication opérationnelle ?
La communication institutionnelle vise à faire connaître une institution : ce qu’elle est, ce qu’elle fait, quels métiers elle propose. La communication opérationnelle emploie l’information et l’image comme moyens d’action au service d’un objectif militaire précis, par exemple pour peser sur le moral d’un adversaire. Le colonel de Lapresle considère que la frontière entre les deux disparaît, parce que tout message diffusé est interprété et produit donc un effet d’influence. La distinction se joue moins sur le contenu que sur l’intention et sur le moment choisi pour diffuser.
Comment devenir officier communication dans l’armée de Terre ?
D’après le parcours décrit dans cet épisode, on ne commence pas sa carrière dans la communication : on y arrive après une première partie de carrière opérationnelle, puis une scolarité dédiée. Le colonel de Lapresle a servi comme officier de cavalerie et commandé un escadron avant de bifurquer, après le concours de l’École de guerre, vers une année de formation universitaire en communication. L’armée de Terre recrute aussi des officiers issus d’écoles de communication, auxquels elle apprend le fonctionnement d’une section, d’une compagnie et d’un régiment, ainsi que la méthode de raisonnement tactique. Les qualités attendues restent celles d’un soldat complet.
Les journalistes peuvent-ils accompagner les militaires français en opération ?
Oui, et le SIRPA Terre cherchait au moment de cet entretien à le faire davantage. Le colonel de Lapresle estime que la France a moins que d’autres pays la culture de l’embarquement d’un journaliste au sein d’une unité. Deux conditions sont posées. La première est la préparation des journalistes de défense, d’où un stage destiné à leur apprendre les gestes de secours d’urgence et l’embarquement en hélicoptère. La seconde est le respect de l’anonymat de certaines unités, au premier rang desquelles les forces spéciales.
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