#54 – La section technique TAP de l’armée de Terre

Avant d’arriver dans un régiment, un parachute militaire passe par des calculs, des mannequins largués et des sauts d’expérimentation dont ses utilisateurs ne voient presque rien. Dans cet épisode, Défense Zone reçoit le colonel Eric, chef du groupement troupes aéroportées de la section technique de l’armée de Terre, sur la base de Francazal, près de Toulouse. Officier passé par Saint-Cyr puis par l’École de guerre, il a servi au 35e régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes, qu’il a commandé de 2013 à 2015, avant une seconde carrière dans le domaine capacitaire, celui des opérations d’armement. Son groupement évalue, expérimente et fait autoriser tout ce qui vole sous voile dans les armées françaises : parachutes de saut de masse, systèmes des chuteurs opérationnels, plateformes de largage de matériel. L’entretien explique pourquoi un parachutiste ne saute jamais avec ce qu’il veut, mais avec ce qu’une autorisation d’emploi lui permet.

Entretien enregistré alors que le système de mise à terre des chuteurs opérationnels était encore en expérimentation : la Direction générale de l’armement en a prononcé la qualification le 26 juillet 2022. Les données techniques citées ici proviennent des publications officielles du ministère des Armées.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • La section technique de l’armée de Terre emploie environ 600 personnes et l’essentiel de ses moyens est implanté à Versailles-Satory. Son groupement troupes aéroportées tient avec une trentaine de personnes à Francazal, à 600 kilomètres de sa hiérarchie.
  • Quatre acteurs interviennent dans une opération d’armement : les forces, qui expriment le besoin ; la Direction générale de l’armement, qui le traduit en spécifications et passe le contrat ; l’industriel ; la section technique de l’armée de Terre, qui vérifie que le besoin militaire est réellement satisfait.
  • L’ensemble de parachutage du combattant, l’EPC, autorise une masse totale équipée de 165 kilogrammes, contre 130 pour l’équipement qu’il a remplacé. Le colonel Eric le juge bon pour « encore une quinzaine d’années ».
  • Le SMTCOPS, système de mise à terre des chuteurs opérationnels, n’est pas un parachute mais un système complet : voile, oxygène, protection thermique, navigation, sécurités. Qualifié le 26 juillet 2022, il permet des largages au-delà de 9 000 mètres et environ 50 kilomètres de vol sous voile.
  • Aucune autorisation d’emploi n’est délivrée par un seul organisme : le Centre d’expertise aérienne militaire de Mont-de-Marsan répond de l’intégrité de l’avion, le groupement troupes aéroportées de celle du parachutiste ou de la charge.
  • Le risque pris par les expérimentateurs est filtré en amont par les calculs des ingénieurs, les largages de mannequins, puis les parachutistes d’essai de la DGA. Le chef du groupement résume son rôle ainsi : « on est un peu les bêta-testeurs de l’armée de Terre ».

La section technique de l’armée de Terre, ce qu’elle fait

La section technique de l’armée de Terre est l’organisme militaire qui conduit et suit les opérations d’armement de l’armée de Terre, c’est-à-dire tout le cycle qui va de l’expression d’un besoin par les forces jusqu’à la livraison de l’équipement. Le colonel Eric la décrit comme une entité d’environ 600 personnes, commandée par un général de brigade et implantée pour l’essentiel à Versailles-Satory. Sa mission est de vérifier la satisfaction du besoin militaire, par des évaluations technico-opérationnelles et des expérimentations menées avec les matériels réels.

La section technique de l’armée de Terre est découpée en groupements spécialisés par domaine, chacun traitant les équipements de son périmètre. Une mission secondaire lui revient également : approuver la documentation technique de chaque matériel, sans laquelle un équipement ne peut être ni employé ni entretenu. La finalité reste la même, insiste le colonel Eric : livrer aux opérationnels les équipements les plus performants, et au bon moment.

Le groupement troupes aéroportées de Francazal

Le groupement troupes aéroportées de la section technique de l’armée de Terre est implanté à Francazal, aux portes de Toulouse, sur le site qui abrite aussi le 1er régiment du train parachutiste, spécialiste de la livraison par air. Il compte une trentaine de personnes et travaille à 600 kilomètres de sa hiérarchie. Le colonel Eric assume cette distance comme une force : elle donne au groupement une autonomie que les entités installées auprès de la direction ont moins.

La particularité du groupement troupes aéroportées tient à son périmètre transverse. Les équipements aéroportés n’appartiennent pas à la seule armée de Terre : les mêmes parachutes servent aux forces spéciales, aux autres armées et à la gendarmerie. Un matériel qualifié par le groupement peut être employé aussi bien par un nageur de combat du commando Hubert que par un chuteur opérationnel du 1er RPIMa. Le groupement travaille donc en cadre interarmées, et même interministériel, ce qui suppose de mettre en commun les expressions de besoin plutôt que de laisser chaque force développer son propre équipement.

Ce périmètre ne se limite pas aux parachutes : il englobe les matériels de mise à terre depuis hélicoptère, réunis dans le système d’aérocordage polyvalent, qui couvre la grappe, la corde lisse et la descente en rappel. Ce système équipe les forces spéciales, les commandos parachutistes de la 11e brigade parachutiste et les commandos de montagne.

Qui fait quoi dans une opération d’armement

Une opération d’armement est le processus par lequel les armées acquièrent un équipement, de l’expression du besoin à sa mise en service. Le colonel Eric en compte quatre acteurs : les forces, qui expriment le besoin sous la forme d’une fiche d’expression de besoin militaire ; la Direction générale de l’armement, qui le traduit en spécifications techniques, passe le marché et réceptionne le matériel ; l’industriel, qui développe et fabrique ; la section technique de l’armée de Terre, qui évalue et expérimente.

Le passage du besoin à la spécification est le moment le plus instructif de cette chaîne. Le colonel Eric prend l’exemple d’une demande des forces spéciales : être largué très haut, puis s’infiltrer sous voile sur une longue distance. La Direction générale de l’armement ne reprend pas cette distance telle quelle. Elle la convertit en une caractéristique mesurable du parachute, la finesse, c’est-à-dire le rapport entre la distance parcourue horizontalement et la hauteur perdue : une finesse de 5 signifie cinq kilomètres parcourus pour un kilomètre de descente. C’est cette grandeur qui figure au cahier des charges de l’industriel.

Le colonel Eric formule au passage une critique du dispositif : la section technique de l’armée de Terre intervient souvent trop tard. Le développement se déroule entre la Direction générale de l’armement et l’industriel, et le matériel n’arrive à l’expérimentation qu’une fois figé ; quand les performances ne sont pas au rendez-vous, le temps perdu se paie en fin de programme. Sa réponse consiste à inviter les industriels sur les séances de saut du groupement, pour qu’ils voient ce que signifie manipuler une poignée de nuit, à très haute altitude, sous jumelles de vision nocturne, avec une gaine lourde entre les jambes.

La simplification demandée aux armées touche aussi ce domaine. Le directeur de la section technique de l’armée de Terre l’a déclinée sur les procédures de délivrance des autorisations d’emploi, qui passent par l’autorité technique, la Direction générale de l’armement et plusieurs bureaux d’état-major : il ne s’agit pas de rogner sur la sécurité, mais de supprimer les intermédiaires inutiles. Le colonel Eric rappelle en outre qu’en dernier ressort, l’autorité d’emploi décide : un chef qui doit larguer ses parachutistes dans une configuration hors des règles écrites peut le faire, et il engage alors sa responsabilité.

L’EPC, le parachute du saut de masse

Le parachutisme militaire se partage en deux familles, rappelle le colonel Eric. L’ouverture automatique, ou saut de masse, consiste à larguer le maximum de combattants équipés sur une zone définie, sous une voile hémisphérique dont l’ouverture est commandée par la sangle d’ouverture automatique. L’ouverture retardée, plus haut et sous voile de type aile, sert à l’infiltration discrète d’équipes commandos.

Pour le saut de masse, l’équipement de référence est l’ensemble de parachutage du combattant, l’EPC. La Direction générale de l’armement le décrit comme un système modulaire de parachutage individuel destiné au largage massif de fantassins parachutistes équipés avec charge, composé d’un parachute principal dorsal, d’un parachute de secours ventral et d’une gaine d’arme, acquis par un contrat unique pour les trois armées. L’EPC autorise une masse totale équipée de 165 kilogrammes, celle du parachutiste avec son parachute et sa gaine, contre 130 kilogrammes pour l’équipement de parachutage individuel des années 1980 qu’il remplace. La livraison des derniers exemplaires, sur une cible de 15 000 ensembles, a été annoncée en juillet 2021.

Ce gain de charge n’est pas un détail de spécification : il détermine ce qu’un parachutiste emporte, donc sa capacité à tenir sur le terrain après le largage. Le colonel Eric tient l’EPC pour le meilleur parachute de sa catégorie et n’attend pas de remplacement avant une quinzaine d’années.

Le SMTCOPS, un système plus qu’une voile

Le SMTCOPS, système de mise à terre des chuteurs opérationnels, est l’opération d’armement qui occupait le groupement au moment de l’entretien. Le colonel Eric insiste sur un point de vocabulaire qui est aussi un point de méthode : il ne s’agit pas d’un parachute, mais d’un système d’armes. L’ensemble intègre la voile, la navigation, l’oxygène, la protection thermique et les sécurités. Un chuteur opérationnel largué à très haute altitude affronte le froid, la raréfaction de l’air et une navigation de plusieurs dizaines de kilomètres : chaque contrainte appelle un équipement, et tous doivent fonctionner ensemble.

La Direction générale de l’armement a qualifié le SMTCOPS le 26 juillet 2022, après cet entretien. Le marché, notifié en 2016 pour un montant maximal de 80 millions d’euros, couvre le développement, l’acquisition de 755 systèmes et leur soutien. Le système autorise des largages au-delà de 9 000 mètres, une charge emportée pouvant atteindre 200 kilogrammes contre 160 kilogrammes auparavant, et de l’ordre de 50 kilomètres de vol sous voile. Il met en oeuvre une voile Phantom 400, réalisée par Zodiac Aerosafety Systems, entité du groupe Safran, que le colonel Eric connaissait pour avoir passé deux ans en disponibilité chez cet industriel.

La pression des utilisateurs est constante sur ce programme. Le commandement des forces spéciales terre est implanté à Pau, à une centaine de kilomètres de Francazal, et les contacts sont fréquents. Le colonel Eric résume leur attente sans détour : emporter plus de poids, aller plus loin, et si possible plus discrètement.

Larguer des hommes et du matériel par A400M

L’A400M Atlas a rebattu les cartes du largage, et pas seulement en bien. Le colonel Eric rappelle que l’avion a été conçu pour de multiples missions et que l’emploi parachutiste y a d’abord été insuffisamment pris en compte, ce qui a coûté des années avant d’obtenir des capacités complètes. Le souffle de l’appareil est puissant, et l’ouverture correcte d’une voile derrière lui a demandé de longues études.

Ces contraintes sont documentées. Le largage par une seule porte latérale de l’A400M était limité à 30 parachutistes. La certification du largage simultané par les deux portes, prononcée le 14 mai 2020 par le comité réunissant les nations partenaires du programme, a porté la capacité à 116 parachutistes en un passage, soit 58 par porte, après des essais menés en octobre 2019 avec 80 parachutistes équipés. Le nombre réellement autorisé reste inférieur au maximum théorique : cet écart est le produit d’une étude de sécurité, pas d’une frilosité administrative.

Le largage de matériel suit la même logique. La technique employée est celle de l’éjection : un parachute extracteur tire la charge hors de la rampe arrière, puis les voiles de charge prennent le relais. Le colonel Eric décrit un domaine resté longtemps stable, où le savoir-faire français tient autant à l’ingéniosité qu’à la technologie. La nouveauté vient de l’A400M, qui doit permettre de larguer des véhicules plus lourds, cohérents avec ceux du programme Scorpion. Les travaux conduits par la Direction générale de l’armement avec la section technique de l’armée de Terre et le 1er régiment du train parachutiste visent une gamme allant de 700 kilogrammes par gravité à 16 tonnes par éjection.

Aucun de ces largages n’est autorisé par un seul organisme. Pour l’avion, l’autorité est le Centre d’expertise aérienne militaire, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, qui vérifie que le largage ne met pas en cause l’intégrité de l’appareil. Pour le parachutiste et pour la charge, l’autorité est le groupement troupes aéroportées. Le colonel Eric appelle cette procédure croisée une ouverture de domaine : les deux autorisations d’emploi se combinent, et c’est leur conjonction qui permet de sauter d’un avion donné avec un parachute donné.

Expérimenter sans se tuer : la chaîne de filtres

Les sous-officiers expérimentateurs du groupement troupes aéroportées sautent avec des équipements qui ne sont pas encore autorisés d’emploi. Un manuel propre au groupement, signé par le directeur de la section technique de l’armée de Terre, les autorise à déroger aux règles applicables aux parachutistes des forces : matériel non qualifié, caméras embarquées pour l’évaluation, gaines volontairement hors des masses habituelles.

Cette dérogation ne vaut que parce que le risque a déjà été filtré. Les ingénieurs calculent d’abord le comportement de la voile sous contrainte, en fonction de la vitesse de l’avion et de la densité de l’air à l’altitude visée. Des mannequins équipés sont ensuite largués et filmés sous tous les angles. Les parachutistes d’essai de la Direction générale de l’armement prennent le relais, avec un troisième parachute de sécurité, et ce sont eux qui affrontent le risque réel. Les expérimentateurs de la section technique de l’armée de Terre n’interviennent qu’ensuite, sur un matériel dégrossi, pour juger la performance en emploi.

L’incident que raconte le colonel Eric illustre la raison d’être de ces campagnes. Un sous-officier expérimentateur testait la gaine emportée par les chuteurs opérationnels, une soixantaine de kilogrammes suspendus entre les jambes. Deux commandes existent : l’une permet de délester la gaine pour qu’elle pende en retrait et ne gêne pas l’atterrissage, l’autre la largue définitivement. Au-dessus d’une zone sécurisée, à environ 1 000 mètres, l’expérimentateur a actionné le délestage, mais un réglage insuffisant côté industriel a provoqué le largage complet. Personne n’a été blessé, et l’écart entre les deux fonctions a été corrigé avant la mise en service.

Des normes civiles appliquées au saut militaire

Le SMTCOPS est, selon le colonel Eric, le premier parachute français dont le cahier des charges a imposé des normes civiles américaines. Ces normes, les Technical Standard Orders de l’administration fédérale de l’aviation américaine, comportent un chapitre consacré aux ensembles de parachutes de personnel. Elles sont exigeantes, mais elles décrivent un usage civil : un parachutiste civil ne saute ni à très haute altitude, ni à grande vitesse avion, ni sous jumelles de vision nocturne avec une gaine lourde.

Le même décalage se retrouve sur le système d’aérocordage polyvalent, dont les harnais ont été spécifiés selon des normes de travail en hauteur issues du bâtiment. Le colonel Eric souligne l’inversion de logique : dans le bâtiment, le harnais doit retenir l’ouvrier ; pour un commando qui descend d’un hélicoptère, il doit le laisser atteindre le sol le plus vite possible. Ces normes sont respectées parce qu’elles figurent au contrat, et le travail du groupement consiste à obtenir malgré elles un matériel adapté à l’emploi.

Veille technologique, innovation et forces spéciales

Le colonel Eric distingue nettement deux activités souvent confondues. La veille technologique consiste à savoir ce qui se fait dans le monde du parachutisme, en France comme à l’étranger : suivre les armées alliées, fréquenter les salons, repérer les petites entreprises qui travaillent sur des voiles. L’innovation, elle, remonte des unités et relève d’un circuit dédié, celui de l’Agence de l’innovation de défense. Le groupement troupes aéroportées ne conduit pas ce circuit, mais il l’alimente.

Cette veille a une finalité simple : le colonel Eric ne veut pas qu’un opérateur qui appelle son groupement à propos d’un matériel nouveau s’entende répondre que personne n’en a jamais entendu parler. Elle se traduit par des achats de voiles civiles et par des stages, notamment en parapente. Il cite une piste pour l’après SMTCOPS, venue d’un petit fabricant de parapentes : des voiles très planantes, qui permettraient d’ouvrir plus bas tout en couvrant la même distance, au lieu de monter toujours plus haut.

La relation avec les forces spéciales est un cas particulier. Le colonel Eric relève qu’elles avancent plus vite que la chaîne d’armement classique sur les petits sujets, parce qu’elles disposent de fonds propres et de cellules dédiées, comme celle du 13e régiment de dragons parachutistes. Sa réserve est celle d’un responsable de programme : il ne peut pas suivre tous leurs sujets, et son rôle est d’être présent au moment du passage à l’échelle. Dès qu’un prototype doit être acheté en quantité et employé plus largement, il faut une opération d’armement, donc une autorisation d’emploi et des crédits.

Servir à la STAT : profils et recrutement

Le groupement troupes aéroportées ne recrute pas dans le civil : il recrute dans les forces, par le plan annuel de mutations, avec l’appui de la direction des ressources humaines de l’armée de Terre. Il cherche des chuteurs opérationnels détenant toutes les qualifications, issus des régiments parachutistes et des unités spécialisées. Le colonel Eric reconnaît que l’appétence n’est pas spontanée : vu du régiment, la section technique de l’armée de Terre passe pour une maison d’intellectuels qui sortent peu en opération. Les échanges réguliers avec les unités servent à défaire cette image.

Le groupement emploie aussi quelques civils, souvent d’anciens militaires, dont le rôle est explicitement celui de la mémoire : un sous-officier reste de six à huit ans au groupement, un officier de deux à cinq ans, et sans personnel installé dans la durée l’expertise se perdrait à chaque relève.

Trois qualités sont attendues, et le colonel Eric les met sur le même plan. L’enthousiasme d’abord, parce qu’une structure technique qui ne sait pas défendre son travail devient un frein aux yeux des forces. La compétence technique ensuite, celle d’un opérateur que les meilleurs des forces reconnaissent comme légitime. La capacité d’analyse et de rédaction enfin, car évaluer un équipement suppose de formaliser un besoin et de rédiger un jugement argumenté. Réunir les trois est rare. Quant à l’idée d’une affectation de fin de carrière, il la conteste : le passage par le domaine capacitaire complète un parcours, et l’on repart ensuite en régiment.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la section technique de l’armée de Terre (STAT) ?

La section technique de l’armée de Terre est l’organisme chargé de conduire et de suivre les opérations d’armement de l’armée de Terre. Elle vérifie que les équipements livrés satisfont réellement le besoin exprimé par les forces, par des évaluations technico-opérationnelles et des expérimentations conduites avec les matériels réels, et elle approuve leur documentation technique. Selon le chef de son groupement troupes aéroportées, elle emploie environ 600 personnes et a l’essentiel de ses moyens à Versailles-Satory, avec des entités détachées, dont celle de Francazal consacrée aux matériels aéroportés.

Qui autorise l’emploi d’un parachute militaire en France ?

L’emploi d’un parachute militaire repose sur une autorisation d’emploi délivrée à l’issue du processus d’armement, et elle est double dès qu’un aéronef est concerné. Le Centre d’expertise aérienne militaire, à Mont-de-Marsan, répond de l’intégrité de l’avion pendant le largage. Le groupement troupes aéroportées de la section technique de l’armée de Terre répond de la sécurité du parachutiste ou de la charge jusqu’au sol. La combinaison des deux autorisations, appelée ouverture de domaine, est ce qui permet concrètement de sauter d’un type d’avion donné avec un parachute donné.

Quel parachute utilisent les parachutistes français ?

Pour le saut de masse en ouverture automatique, les parachutistes français utilisent l’ensemble de parachutage du combattant, ou EPC, composé d’un parachute principal dorsal, d’un parachute de secours ventral et d’une gaine d’arme, pour une masse totale équipée de 165 kilogrammes. Pour l’infiltration en ouverture retardée, les chuteurs opérationnels disposent du système de mise à terre des chuteurs opérationnels, le SMTCOPS, qualifié par la Direction générale de l’armement le 26 juillet 2022, qui autorise des largages au-delà de 9 000 mètres et de l’ordre de 50 kilomètres de vol sous voile.

Comment servir au groupement troupes aéroportées de la STAT ?

Le groupement troupes aéroportées recrute des militaires déjà formés, par la voie du plan annuel de mutations de l’armée de Terre, et non par un recrutement direct. Il vise des chuteurs opérationnels expérimentés, détenteurs de l’ensemble des qualifications de parachutisme. Trois qualités sont demandées : l’enthousiasme, la compétence technique reconnue par les forces, et une réelle aptitude à l’analyse et à la rédaction, puisque l’évaluation d’un équipement se conclut par un document argumenté.

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