#76 – Eurosatory, le plus grand salon Défense au monde

Comment fabrique-t-on le plus grand salon Défense au monde, et à quoi sert-il vraiment à la filière ? En juin 2022, Défense Zone a enregistré cet entretien depuis les allées du salon Eurosatory, le rendez-vous mondial de la défense et de la sécurité terrestres et aéroterrestres, avec le général (2S) Charles Beaudouin, qui dirige la société organisatrice. Cavalier de formation, ingénieur, trente-huit ans de carrière dans l’armée de Terre dont une longue part dans le domaine capacitaire, il a été sous-chef d’état-major plans et programmes de l’armée de Terre avant de rejoindre le COGES en octobre 2020, d’abord comme directeur général puis comme président de COGES Events. L’entretien porte sur le salon lui-même : qui l’organise, qui y vient, qui en est écarté, ce que les armées et les États y cherchent, et pourquoi un rendez-vous commercial est devenu un observatoire de l’état de l’industrie de défense.

Entretien enregistré en juin 2022, pendant l’édition 2022 du salon Eurosatory, qui s’est tenue du 13 au 17 juin 2022 au parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Les chiffres cités par l’invité décrivent cette édition. Les chiffres de l’édition la plus récente, celle de juin 2026, sont donnés plus bas d’après le bilan officiel publié par l’organisateur.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le salon Eurosatory est organisé par le COGES, filiale du GICAT, le groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres. Selon Charles Beaudouin en juin 2022, une équipe d’environ trente-quatre personnes produit le salon, quand les concurrents mondiaux en mobilisent davantage.
  • L’édition 2022 était la première depuis 2018 : celle de 2020 avait été annulée deux mois avant l’ouverture pour cause de pandémie. Charles Beaudouin la décrivait en cours de semaine avec de l’ordre de 1 800 exposants et environ 100 000 entrées sur les cinq jours.
  • Eurosatory est un salon strictement professionnel. Son public est d’abord régalien : états-majors, administrations, forces de sécurité intérieure, délégations officielles. Le ministère des Armées indique que plus de soixante pays participaient à l’édition 2022, inaugurée le 13 juin 2022 par le président de la République et le ministre des Armées.
  • Selon l’organisateur, environ 10 % des exposants présentaient des armes létales en 2022, toutes soumises à autorisation, le reste du salon allant des équipements de protection à la sécurité civile et à la gestion de crise.
  • Aucun exposant ni média russe en 2022 : l’organisateur a lui-même demandé aux trois sociétés russes inscrites de renoncer à venir, le salon se plaçant dans la ligne définie par l’État et l’Union européenne. L’Ukraine, cliente de longue date, a maintenu son stand.
  • « Commander, c’est choisir, et choisir, c’est renoncer » : la formule résume le conseil de reconversion donné en fin d’entretien aux militaires tentés par l’entrepreneuriat.

Qu’est-ce que le salon Eurosatory

Eurosatory est un salon professionnel international consacré à la défense et à la sécurité terrestres et aéroterrestres, qui se tient tous les deux ans, les années paires, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Il réunit sur cinq jours des industriels, des états-majors, des délégations officielles et des services de sécurité intérieure autour de l’ensemble des moyens terrestres, depuis l’armement jusqu’aux équipements de secours et de gestion de crise. L’organisateur, COGES Events, fait remonter l’événement à 1967, quand il n’était qu’une démonstration de matériels au camp de Satory. Charles Beaudouin rappelle dans cet entretien que le salon a pris sa dimension internationale et son nom actuel en 1992, ce qui faisait de l’édition 2022 la trentième année de l’Eurosatory international.

Le salon Eurosatory se distingue de la plupart des rendez-vous du secteur par son spectre. Il ne s’agit pas seulement d’un salon d’armement. Charles Beaudouin insiste sur la continuité entre la défense, la sécurité intérieure et la sécurité civile : il s’agit dans les trois cas de moyens de gestion de crise, qu’il s’agisse d’un conflit, d’une catastrophe industrielle ou d’une crise humanitaire. C’est cette logique qui explique la présence, dans les mêmes halls, de véhicules blindés, de systèmes de détection, d’équipements de déminage et de matériels de secours.

Qui organise le salon Eurosatory

Le salon Eurosatory est organisé par le COGES, devenu COGES Events, une société filiale du GICAT. Le GICAT, Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres, est l’organisation professionnelle qui fédère les industriels du secteur terrestre en France. Cette filiation explique la nature de l’événement : le salon est un outil de la filière, conçu pour mettre en relation les industriels et les États, et non une opération purement événementielle.

Le portefeuille décrit par Charles Beaudouin en juin 2022 comprenait trois salons, dont Eurosatory présenté comme le vaisseau amiral, et un salon organisé en Amérique du Sud, Expodefensa, à Bogota, les années impaires. À cela s’ajoutaient des pavillons France montés au profit des industriels français sur des salons étrangers, notamment à Abou Dabi, à Washington, à Bangkok et à Jakarta. Le COGES organise aussi, en dehors des salons, des colloques et des conférences. Charles Beaudouin décrivait alors une équipe d’environ trente-quatre personnes.

Un salon de cette taille ne se prépare pas en quelques mois. Charles Beaudouin décrit un cycle de deux ans, calé sur la périodicité de l’événement : le semestre qui suit une édition est consacré au retour d’expérience et aux axes de progrès, puis vient la commercialisation, qui court sur environ dix-huit mois. Pour l’édition 2022, cette commercialisation a commencé au début de l’année 2021, en pleine incertitude sanitaire, ce qui obligeait à tenir ensemble la prudence budgétaire et le pari de la tenue du salon.

Les chiffres de l’édition 2022

L’édition 2022 du salon Eurosatory s’est tenue du 13 au 17 juin 2022 à Paris Nord Villepinte. Elle succédait à celle de 2018 : l’édition 2020 avait été annulée deux mois avant son ouverture en raison de la pandémie de Covid 19, ce qui a porté à quatre ans l’intervalle entre deux éditions. Interrogé en cours de semaine, Charles Beaudouin donnait un ordre de grandeur de 1 800 exposants et d’environ 100 000 entrées sur la durée du salon, ainsi que 250 délégations officielles venues d’une centaine de pays. Ces chiffres sont ceux d’un organisateur s’exprimant pendant l’événement, avant tout bilan consolidé.

Deux éléments de contexte sont documentés par ailleurs. Le ministère des Armées indique que plus de soixante pays participaient à l’édition 2022 et que le salon a été inauguré le 13 juin 2022 par le président de la République Emmanuel Macron, accompagné du ministre des Armées Sébastien Lecornu. Charles Beaudouin souligne dans l’entretien le sens politique de cette inauguration pour un salon dont il estimait les trois quarts des exposants européens : la démonstration d’une base industrielle et technologique de défense européenne rassemblée au même endroit.

Les chiffres de la dernière édition

Un salon biennal change de dimension à chaque édition, et les chiffres de 2022 ne décrivent plus le salon d’aujourd’hui. L’édition la plus récente du salon Eurosatory s’est tenue du 15 au 19 juin 2026, toujours au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, dans les halls 4, 5a, 5b et 6. Dans son bilan officiel publié en juillet 2026, l’organisateur COGES Events annonce 2 633 exposants venus de 67 pays, 40 pavillons nationaux, 59 972 visiteurs professionnels originaires de 165 pays, 440 délégations officielles représentant 95 pays, 912 journalistes, 400 conférenciers internationaux et 150 sessions et keynotes. Le site officiel du salon annonce pour cette édition une surface d’exposition de plus de 185 000 mètres carrés.

La comparaison entre 2022 et 2026 demande une précaution de lecture. Les 100 000 entrées évoquées par Charles Beaudouin en 2022 comptent les passages, tandis que le bilan de 2026 compte des visiteurs professionnels uniques : pour l’édition 2024, l’organisateur distinguait ainsi plus de 42 000 visiteurs uniques et plus de 76 000 entrées sur cinq jours. La tendance de fond, elle, ne prête pas à discussion : de 2 028 exposants en 2024 à 2 633 en 2026, le salon Eurosatory a suivi la remontée des budgets de défense en Europe.

Un salon professionnel, pas grand public

Le salon Eurosatory n’est pas ouvert au public et Charles Beaudouin y revient longuement. Le visiteur type n’est pas un curieux mais un professionnel, le plus souvent au service d’un État : un salon de défense s’adresse à ce qu’il appelle le régalien, c’est-à-dire au devoir qu’a chaque État de protéger ses citoyens et son environnement. Le salon existe pour donner à ces acteurs une vue d’ensemble de l’état de l’art mondial, à un moment où aucun pays ne dispose seul de tout le spectre capacitaire.

Sur la nature des matériels exposés, Charles Beaudouin donne un ordre de grandeur en juin 2022 : environ 10 % des exposants présentaient des armes létales, soit de l’ordre de 180 sociétés sur les 1 800 présentes, toutes dans un cadre autorisé. Les neuf dixièmes restants exposaient autre chose : protection individuelle, optronique, transmissions, mobilité, détection, franchissement, soutien médical, sécurité civile. La logique revendiquée est celle de la gestion de crise sur tout le spectre, du conflit armé à la catastrophe naturelle.

Ce que les armées viennent chercher

Interrogé sur la présence de militaires français en uniforme dans les allées, Charles Beaudouin distingue trois profils. Les premiers viennent des écoles et des régiments : ils exercent le métier des armes et viennent se renseigner sur l’évolution des armements, sans autre mandat que l’information. Les deuxièmes sont des officiers spécialisés dans la conduite des programmes d’armement : ils arrivent avec un besoin capacitaire en tête et parcourent le salon pour savoir si la réponse existe déjà sur le marché. Les troisièmes appartiennent aux états-majors et raisonnent sur le modèle de forces à dix ou vingt ans.

Cette typologie recoupe une distinction que Charles Beaudouin juge structurante pour toute armée. Une défense se construit de deux manières. Par le haut, ce qu’il appelle la pensée des états-majors, qui définit un modèle de forces sur dix ou vingt ans. Par le bas, par la technique, quand l’avance technologique fait apparaître des matériels dont personne n’avait formalisé le besoin. Un salon comme Eurosatory met les deux démarches en présence au même endroit, et c’est précisément ce qui en fait un outil de travail pour les états-majors.

Cette dualité se retrouve dans les cycles d’équipement. Les grands systèmes structurants, chars, sous-marins, porte-avions, véhicules du programme Scorpion, vivent des décennies, coûtent cher et interdisent l’erreur de conception. Les équipements de cohérence qui les entourent, du fusil d’assaut aux moyens optroniques, ont des cycles de vie bien plus courts et peuvent s’acheter sur étagère. Charles Beaudouin y voit un intérêt bien compris : sur ces équipements, le cycle court permet de donner au soldat le meilleur matériel du moment plutôt qu’un matériel déjà dépassé au moment de sa livraison.

Exposer n’est pas vendre

C’est l’un des points sur lesquels Charles Beaudouin est le plus insistant : on ne signe pas un contrat d’armement dans une allée de salon. Eurosatory présente l’état de l’art et crée les conditions d’une discussion entre les États et les industriels, mais la décision d’équipement relève d’un processus long, qui engage une armée pour trente ou quarante ans. Les négociations qui commencent sur un salon se poursuivent souvent pendant des années, même quand le contexte pousse un État à vouloir acheter vite.

S’y ajoute le contrôle des exportations. Une entreprise française ne peut pas exporter de matériel de guerre sans autorisation de l’État, délivrée après examen par une commission interministérielle qui apprécie pays par pays ce qui peut être vendu, ce qui ne peut pas l’être, et à quelles conditions. Charles Beaudouin rappelle que l’exportation d’armement reste juridiquement une exception, et que certaines technologies sensibles peuvent être retirées d’un matériel autorisé à l’export. La même logique vaut chez la plupart des partenaires de la France.

Interrogé sur le risque que fait peser un basculement géopolitique sur le plan d’affaires d’un industriel, il prend l’exemple des deux bâtiments de projection construits pour la Russie et finalement non livrés après la crise de 2014, puis revendus à un autre État. La reconversion d’un matériel conçu pour un client donné est possible, mais elle n’a rien d’immédiat : il faut retrouver un acheteur, adapter le bâtiment, et le client suivant sait parfaitement qu’il est en position de négocier le prix.

Qui est écarté du salon

Un salon d’armement sous l’égide du ministère des Armées n’accueille pas qui veut. Charles Beaudouin décrit des conditions générales de vente volontairement drastiques : tout matériel interdit par une convention internationale entraîne la fermeture immédiate du stand qui le présente, et une équipe parcourt les allées pendant toute la semaine pour s’en assurer. Les États sous interdiction ne peuvent pas exposer du tout.

Le cas russe occupe une place particulière dans l’entretien. Charles Beaudouin rappelle que la présence russe était devenue marginale après 2014, quelques exposants tout au plus et plus aucune délégation officielle. Pour l’édition 2022, trois sociétés russes étaient encore inscrites : il les a contactées lui-même pour leur indiquer qu’elles n’avaient pas lieu de venir dans le contexte du moment, et elles l’ont accepté. Les médias russes ont également été écartés. Sa formule résume l’édition 2022 : un salon où le monde est présent, sans la Russie et sans la Corée du Nord.

L’Ukraine, à l’inverse, a tenu son stand. Inscrite en 2021, avant l’invasion, elle a confirmé sa venue et l’organisateur l’a aidée à régler les difficultés pratiques. Charles Beaudouin rappelle que l’Ukraine dispose d’une base industrielle de défense héritée de la période soviétique, l’un des deux grands pôles de cette industrie s’étant développé autour de Kharkiv, et qu’elle fabrique et entretient des blindés, des systèmes antichars et des aéronefs. Un stand couvert de photographies de combattants prises quelques jours plus tôt n’était donc pas seulement un geste de communication : pour un État en guerre, tenir son stand dans un salon international est une affirmation de souveraineté.

Le salon comme thermomètre de la filière

L’intérêt d’un rendez-vous biennal est qu’il donne une photographie comparable tous les deux ans. Charles Beaudouin note en 2022 que le salon ressemble extérieurement à celui de 2018, mais qu’il se tient dans un contexte qui n’a plus rien à voir, et il en donne trois marqueurs visibles depuis les allées.

  • Les drones armés. Absents du salon en 2018, ils étaient en 2022 parmi les vedettes des stands, l’emploi en Ukraine ayant fait basculer en quatre ans un sujet de niche vers le cœur du marché.
  • Le déplacement du centre de gravité européen. Charles Beaudouin relève une mobilisation inhabituelle des industriels comme des délégations officielles d’Europe du Nord et d’Europe de l’Est, des pays qui produisent, cherchent à exporter pour tenir une industrie locale, et viennent acquérir en urgence ce qu’ils ne produisent pas.
  • Les tensions industrielles. Les délégations pressées découvraient des délais de livraison longs, l’industrie de défense subissant comme les autres la pénurie de composants électroniques et les tensions sur les matières premières.

Ces observations de 2022 valent d’être datées, car elles décrivent un moment précis. Elles rejoignent les thèmes que Charles Beaudouin voyait alors monter dans la filière : la dépendance des États occidentaux à des approvisionnements qu’ils ne maîtrisent pas, des hydrocarbures aux matériaux critiques du numérique ; la vulnérabilité cyber de systèmes militaires désormais aussi connectés que les systèmes civils ; et la prise en compte du climat dans la conception des matériels, qu’il illustre par sa conviction que les moteurs hybrides répondent aussi au besoin de gestion énergétique des blindés modernes.

Du commandement à l’organisation de salons

La dernière partie de l’entretien porte sur la reconversion, sujet récurrent du podcast. Charles Beaudouin explique n’avoir eu aucun plan B au moment de son entrée à Saint-Cyr, ni aucune intention de travailler après avoir atteint la limite d’âge de son grade. S’il n’a pas voulu rejoindre un industriel de défense en particulier, c’est par cohérence : il avait passé vingt ans comme interlocuteur exigeant de l’ensemble de ces industriels et ne souhaitait pas se mettre au service d’un seul. Diriger la société qui organise les salons du groupement lui a permis de rester, selon ses termes, un homme libre.

Il plaide en revanche pour que des officiers, y compris jeunes et après des carrières courtes, rejoignent l’industrie de défense. Son argument est de culture : la conscription ayant disparu, il n’y a plus de culture militaire spontanée dans le monde civil, et cette culture est ce qui permet à un industriel de viser juste plutôt que d’investir dans un système que les forces n’emploieront pas. Aux militaires tentés par l’entrepreneuriat, son conseil tient en trois idées : chercher l’épanouissement, y compris hors du secteur de la défense ; transposer le commandement, parce que les ressorts du management sont les mêmes des deux côtés ; et ne rien entreprendre qui contredise les valeurs servies sous l’uniforme. Sa définition du commandement, « commander, c’est choisir, et choisir, c’est renoncer », s’accompagne d’une exigence qu’il juge transposable partout : associer l’affection et l’exigence, et assumer ses décisions.

Questions fréquentes

Quand a lieu le salon Eurosatory et où se tient-il ?

Le salon Eurosatory se tient tous les deux ans, les années paires, au mois de juin, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, en Seine-Saint-Denis. L’édition la plus récente s’est déroulée du 15 au 19 juin 2026, dans les halls 4, 5a, 5b et 6, selon les informations pratiques publiées par l’organisateur. L’entretien de cet épisode a été enregistré pendant l’édition précédente du cycle post-Covid, celle du 13 au 17 juin 2022. Le rythme biennal explique que les chiffres d’exposants, de visiteurs et de surface soient toujours à rapporter à une édition précise.

Peut-on visiter Eurosatory sans être professionnel ?

Non. Eurosatory est un salon strictement professionnel, dont l’accès est réservé aux acteurs de la défense et de la sécurité, aux institutions, aux délégations officielles et à la presse accréditée, sur badge demandé à l’avance. Charles Beaudouin le rappelle dans cet épisode : le public du salon est avant tout régalien, c’est-à-dire composé d’États et de services chargés de la protection des populations. Cette règle d’accès distingue Eurosatory des salons ouverts au grand public et explique la nature très technique de ce qui y est présenté.

Qui organise le salon Eurosatory ?

Le salon Eurosatory est organisé par COGES Events, filiale du GICAT, le Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres. Le général (2S) Charles Beaudouin, invité de cet épisode, dirige cette société depuis octobre 2020 : directeur général au moment de l’entretien, il en est aujourd’hui président. Le COGES organise également d’autres événements de la filière, dont le salon Expodefensa à Bogota, ainsi que des pavillons France sur des salons étrangers.

Peut-on acheter des armes sur un salon comme Eurosatory ?

Non, pas au sens d’une transaction conclue sur place. Un salon de défense sert à présenter l’état de l’art et à ouvrir des discussions entre États et industriels ; les décisions d’équipement relèvent ensuite de processus nationaux longs, souvent pluriannuels. En France, aucune exportation de matériel de guerre n’est possible sans une autorisation de l’État, délivrée après examen interministériel pays par pays, et certaines technologies peuvent être retirées d’un matériel pourtant autorisé à l’export. Charles Beaudouin résume son rôle d’organisateur ainsi : créer les conditions de la discussion, pas conclure les affaires.

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