Un officier formé à Saint-Cyr peut-il tout reprendre à zéro, sans grade, au milieu de recrues qui ignorent tout de son passé ? Abderaman Rahma l’a fait. Envoyé par le Tchad à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il appartient à la promotion Chef de bataillon de Cointet (1991-1994) et suit ensuite l’école d’application de l’infanterie. Au terme de cette formation, il renonce à la carrière d’officier pour laquelle il avait été préparé, devient français, puis s’engage à la Légion étrangère comme engagé volontaire, sans galon et sous une identité déclarée. Il sert cinq ans au 2e régiment étranger d’infanterie, à Nîmes, avant de poursuivre sa carrière dans la fonction publique comme attaché d’administration de l’État. Son témoignage éclaire par l’autre bout une question que se posent beaucoup de candidats à l’engagement : ce que vaut réellement le passage du rang à l’épaulette, et ce qu’un chef apprend en servant, pendant cinq ans, sous les ordres d’un autre.
Les appréciations personnelles exprimées dans cet épisode sont celles d’Abderaman Rahma et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré à l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, en marge du Festival international du livre militaire, à l’occasion de la sortie du livre « Le choix de l’engagement ».
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Abderaman Rahma a intégré l’École spéciale militaire de Saint-Cyr au titre d’un pays étranger, après un concours ouvert à deux places seulement pour le Tchad cette année-là. Il insiste sur ce point : « j’ai passé un vrai concours ».
- Les élèves officiers étrangers de sa promotion ont commencé leur scolarité en février, décalés de leurs camarades français alors en stage de corps de troupe, avant de rejoindre le même bataillon.
- Après l’école d’application de l’infanterie, il renonce à la carrière d’officier et s’engage à la Légion étrangère comme simple légionnaire, à 31 ans, sous une identité déclarée que personne dans son régiment n’a percée.
- Sa formation initiale s’est déroulée à Castelnaudary, siège du régiment de formation de la Légion étrangère, avant un choix de régiment fait au classement : il opte pour le 2e régiment étranger d’infanterie de Nîmes plutôt que pour le 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi.
- On lui propose rapidement de passer caporal puis de rejoindre le corps des sous-officiers : il refuse ces offres de promotion interne, son objectif étant de « tirer un baroud d’honneur » et non de refaire carrière.
- Sa leçon de commandement tient en une phrase : avoir lavé les gamelles d’un autre change la façon dont on commande. « Je sais reconnaître, je sais gratifier, je sais remercier », dit-il de son management d’aujourd’hui.
Saint-Cyr, une école ouverte aux élèves officiers étrangers
L’École spéciale militaire de Saint-Cyr, installée à Coëtquidan en Bretagne, est l’école de formation initiale des officiers de l’armée de terre française. Elle accueille aussi, chaque année, des élèves officiers étrangers envoyés par leur pays au titre de la coopération militaire. Abderaman Rahma fait partie de ceux-là : il se présente au concours au titre du Tchad, alors qu’il vient d’obtenir son baccalauréat et qu’il a rejoint l’armée de son pays comme jeune élève officier. Deux places seulement étaient ouvertes pour le Tchad. Il prépare l’épreuve en histoire, en géographie et en droit, et il obtient l’une des deux.
Ce détail compte, parce qu’il est souvent mal compris. Interrogé sur la façon dont il a été reçu, Abderaman Rahma explique que beaucoup supposent, en voyant un élève officier étranger, qu’il doit sa place à sa famille. Sa réponse est nette : il a passé le même concours que les autres, il a travaillé pour l’obtenir, et il en tire une fierté intacte trente ans après. Sa promotion comptait deux Tchadiens, ainsi que des Sénégalais, des Nigériens et des Saoudiens.
Il décrit une arrivée brutale : première nuit à Paris, train jusqu’à Rennes, puis la route vers Coëtquidan en plein hiver, sans avoir jamais mis les pieds en France auparavant. La formule qu’il cite pour résumer l’école est celle que reprennent les saint-cyriens de sa génération : Saint-Cyr est « l’école par excellence de la jeunesse », où « on entre sans calcul d’intérêt ni d’ambition », avec « le goût de l’action et une âme prête à se dévouer à la grandeur de la patrie ». Il y revient à plusieurs reprises dans l’entretien : cette définition lui a servi de boussole bien au delà de sa scolarité.
Trois ans de scolarité, puis l’école d’application de l’infanterie
La scolarité de Saint-Cyr dure trois ans et se déroule par bataillons successifs. Abderaman Rahma explique que les élèves officiers étrangers de sa promotion sont arrivés en février, en décalé : leurs camarades français avaient déjà effectué leurs classes puis étaient partis en stage de corps de troupe. Les étrangers ont donc suivi leur première période au sein du 3e bataillon, mélangés à des élèves officiers de réserve, à des polytechniciens et à des camarades de l’école militaire du corps technique et administratif, avant de retrouver la promotion au complet.
Il présente cet intermède comme la seule vraie difficulté de son entrée à l’école, et elle n’est pas physique : elle tient à la cohésion. Les élèves français avaient eu quatre mois pour se connaître avant de se séparer, et il fallait faire corps avec un groupe déjà constitué.
À l’issue des trois ans vient l’école d’application, qui spécialise le jeune officier dans son arme. Abderaman Rahma choisit l’infanterie et rejoint l’école d’application de Montpellier. C’est pendant cette année de spécialisation que se noue la décision qui va tout réorienter. Il avait rejoint Saint-Cyr avec un projet précis, celui de contribuer à la réorganisation de l’armée de son pays sur des bases professionnelles ; l’année d’application le convainc que ce projet n’aboutira pas.
Renoncer à l’épaulette au sortir de l’école
La décision d’Abderaman Rahma est prise à 22 ou 23 ans, et il la présente comme une question existentielle plus que comme un calcul de carrière. Un officier, rappelle-t-il, commande des hommes qui risquent leur vie sur ses ordres ; il ne se voyait pas les engager pour des objectifs qui ne correspondaient pas à ceux de son engagement initial. Il demande donc à ne pas servir en activité et sollicite un reversement dans la réserve, en expliquant qu’il souhaite continuer à servir son pays autrement que par les armes.
Il souligne un point important pour comprendre la suite : cette position n’était pas une demande d’asile ni un engagement politique. L’administration française lui a proposé le statut de réfugié politique, qu’il a refusé, ne se reconnaissant pas dans cette qualification. Il choisit de rester étudiant, passe une licence d’histoire dans le cadre d’une convention universitaire ouverte aux élèves de Coëtquidan, et attend plusieurs années une évolution qui ne vient pas.
Pour clore définitivement ce chapitre, il demande et obtient la nationalité française. Il le dit sans détour : cette naturalisation signait la fin de sa vocation d’officier telle qu’il l’avait conçue à 20 ans. Sauf qu’elle ne suffit pas. « Je n’ai pas pu faire le deuil », résume-t-il. C’est ce deuil inachevé qui l’amène à frapper, quelques années plus tard, à la porte du recrutement militaire français.
S’engager à la Légion étrangère comme engagé volontaire
Un engagé volontaire est un candidat qui signe un contrat de militaire du rang, c’est à dire au premier échelon de la hiérarchie, sans grade et sans équivalence accordée au titre de ses diplômes. C’est la seule porte d’entrée à la Légion étrangère : on ne s’y engage pas comme officier ni comme sous-officier, quel que soit le parcours antérieur. Abderaman Rahma a d’abord sollicité la direction des ressources humaines de l’armée de terre pour une réintégration dans le corps des officiers ; la réponse fut négative, son âge, 31 ans, dépassant les limites statutaires. Il lui restait la Légion.
Le parcours d’engagement qu’il décrit est celui que suivent tous les candidats : présentation dans un poste de recrutement, passage par un centre de présélection, puis sélection avant l’incorporation. La formation initiale se déroule ensuite au régiment de formation de la Légion étrangère, à Castelnaudary, dans l’Aude. C’est là, sur les fermes d’instruction, que se joue la phase que tous les légionnaires racontent, et qu’il vit lui aussi : le même traitement que les autres, sans aucune reconnaissance du bagage antérieur.
À la fin de la formation initiale, l’affectation en régiment se fait au classement. Abderaman Rahma s’était bien classé et pouvait rejoindre le 2e régiment étranger de parachutistes, stationné à Calvi. Il a choisi le 2e régiment étranger d’infanterie de Nîmes, pour deux raisons qu’il assume : il avait été formé comme fantassin à Montpellier et voulait rester dans l’infanterie, et la Corse imposait des liaisons maritimes peu compatibles avec des retours en Bretagne. Le 2e REI, installé à Nîmes, est le régiment d’infanterie blindée de la Légion étrangère.
L’identité déclarée, ou le droit de ne pas raconter son passé
L’identité déclarée est le nom sous lequel un candidat peut être incorporé à la Légion étrangère : un nom, une nationalité et un état civil de service, distincts de son identité réelle, que le commandement et les services de sécurité de la Légion connaissent mais que la troupe ignore. Abderaman Rahma s’est engagé sous une identité déclarée et sous une nationalité qui n’était pas la sienne. Dans son régiment, personne n’a su qu’il était saint-cyrien.
Il explique pourquoi cette règle protège tout le monde et pas seulement l’intéressé. Un chef de section qui saurait avoir sous ses ordres un officier breveté serait mis en porte à faux, et le légionnaire concerné s’exposerait à des rapports faussés. La discrétion, dit-il, est ce qui permet au travail de se faire sereinement : « personne ne viendra fouiller ». Chacun sait que les autres ont une histoire, et personne ne va la chercher.
Cette règle, il continue de l’appliquer. Les militaires avec lesquels il a servi en opération ne savent toujours pas qui il était, et il n’a pas l’intention de le leur dire : revenir sur cette identité, estime-t-il, reviendrait à leur donner le sentiment d’avoir été trompés. Il précise que ce silence n’est motivé par aucune crainte. C’est pour la même raison, dit-il, qu’il n’est pas présent sur les réseaux sociaux.
Du rang à l’épaulette : la promotion interne à la Légion étrangère
À la Légion étrangère, tout le monde entre par le rang, et c’est de ce vivier que sortent ensuite les cadres. La progression classique conduit du légionnaire au caporal, puis au corps des sous-officiers, et une voie de recrutement interne permet aux meilleurs d’accéder à l’épaulette d’officier. Le passage du rang à l’épaulette n’est donc pas une exception dans cette subdivision d’arme : c’est un parcours balisé, que l’institution propose activement à ceux qu’elle repère.
Abderaman Rahma en fait l’expérience très vite. Il décrit un commandement qui identifie les compétences sans poser de questions sur leur origine : on ne lui demande pas d’où viennent ses aptitudes, on les emploie. On lui propose de passer caporal, puis de rejoindre le corps des sous-officiers. Il refuse les unes après les autres.
Sa raison est explicite et vaut d’être citée, parce qu’elle contredit la lecture habituelle de ce type de parcours. Il n’est pas venu à la Légion pour refaire une carrière d’officier, mais pour « tirer un baroud d’honneur », c’est à dire pour achever ce qu’il avait commencé à Coëtquidan et pouvoir tourner la page. Il ajoute un argument d’âge, lucide : commencer une carrière d’officier après 30 ans, et la poursuivre au delà de 38 ans, laissait peu de marge pour la dérouler entièrement. Il quitte la Légion à l’issue de son contrat sans rien signer de plus, et sans que ses camarades sachent pourquoi.
Cinq ans au 2e REI : missions, langues et emploi des compétences
Abderaman Rahma a servi cinq ans au 2e régiment étranger d’infanterie, la durée d’un contrat initial de légionnaire. Il résume ces cinq années comme intenses et parle d’un régiment au sein duquel il s’est « vraiment épanoui ». Il y effectue plusieurs missions sur différents théâtres d’opération.
Le point le plus instructif de cette période concerne la gestion des ressources humaines de la Légion étrangère. À l’incorporation, chaque engagé déclare ses compétences, notamment linguistiques. Les siennes ont été repérées et employées : il a rempli des missions d’interprétariat et de liaison, et il a été envoyé en formation d’auxiliaire sanitaire en complément de sa spécialité de fantassin. Il formule la règle qu’il en a retenue en une phrase : la Légion met « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », sans jamais chercher à savoir pourquoi cet homme sait ce qu’il sait.
Il en tire une observation qui dépasse le cadre militaire. Dans un groupe de légionnaires venus d’une vingtaine de pays, celui qui parle mal le français en caserne peut être le plus utile en stage de survie en forêt équatoriale, parce qu’il a grandi dans un environnement comparable. La modestie, dit-il, « on la prend au contact des autres ». C’est la traduction concrète de la devise de la maison, Legio patria nostra : à la Légion, on sert le collectif et non soi-même.
Ce que servir dans le rang apprend du commandement
La question que pose Fred dans cet épisode est celle que se pose tout auditeur : comment tenir, quand on a été formé à commander dans l’une des meilleures écoles d’officiers, et qu’on se retrouve exécutant parmi des exécutants ? Abderaman Rahma ne nie pas la difficulté. Il reconnaît avoir pensé, par moments, à l’injustice de la situation. Sa réponse tient en un mot : le choix. Personne ne l’a contraint, il pouvait à tout moment revenir en arrière, et c’est cette liberté qui rend la situation tenable.
Le second ressort est celui de l’utilité. Il explique qu’à la Légion étrangère, on ne reste jamais longtemps inutile : le commandement trouve toujours le moyen de faire contribuer chacun, de lui confier une formation ou une mission qui lui rende sa valeur aux yeux du groupe. Le sentiment de déclassement, dit-il, se dissout dans l’usage qu’on fait de vous. Il cite la formule que répètent les cadres de la Légion, « tout se passe dans la tête », et attribue sa résistance mentale à sa formation initiale à Coëtquidan autant qu’à son instruction de légionnaire.
Le bénéfice, il le mesure dans ses fonctions actuelles. Avoir occupé le bas de l’échelle change la manière de diriger : on n’ignore plus la pénibilité réelle des tâches qu’on confie. « Je sais reconnaître, je sais gratifier, je sais remercier », dit-il de son style de management. C’est, selon lui, ce que la descente volontaire dans le rang lui a apporté de plus durable, et ce que le trajet inverse, celui qui mène directement à l’épaulette, ne donne pas.
Après l’uniforme : attaché d’administration de l’État
Abderaman Rahma est aujourd’hui attaché d’administration de l’État. Ce corps de la fonction publique d’État est interministériel : ses membres participent à l’élaboration et à la mise en oeuvre des politiques publiques, et peuvent changer de ministère au fil de leur carrière. Il l’a rejoint par le canal du ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, après plusieurs années comme agent contractuel.
Son parcours civil s’est construit par étapes successives, toutes tournées vers la jeunesse. Il a d’abord enseigné et accompagné des jeunes sous obligation scolaire dans le cadre de dispositifs de l’éducation nationale, puis a servi dans des établissements pour l’insertion dans l’emploi, les EPIDE, à Compiègne pendant deux ans et demi, puis à Marseille comme chef de service pendant trois ans. Les EPIDE accueillent en internat des jeunes volontaires sans qualification ni emploi, dans un cadre inspiré du modèle militaire. Il est ensuite devenu gestionnaire d’établissement, puis a rejoint l’administration centrale où il a travaillé sur les textes encadrant les formations paramédicales, notamment celles de sage-femme et de masseur-kinésithérapeute.
Au moment de l’entretien, il est chef de projet du service national universel pour le département de l’Essonne, l’un des postes créés pour déployer le dispositif dans les départements. Il en décrit les trois phases : un séjour de cohésion de deux semaines en centre, une mission d’intérêt général de 84 heures, puis un engagement facultatif d’au moins trois mois dans une association, une réserve militaire ou citoyenne, ou un corps en uniforme. Précision utile pour le lecteur de 2026 : d’après le site officiel snu.gouv.fr consulté en septembre 2026, les séjours de cohésion ne sont plus reconduits depuis les promotions 2025, tandis que les missions d’intérêt général se poursuivent pour les volontaires déjà engagés.
Le choix de l’engagement, le livre d’une promotion de Saint-Cyr
Le choix de l’engagement est un recueil publié par Défense Zone qui réunit 55 témoignages d’officiers issus d’une même promotion de Saint-Cyr, celle du Chef de bataillon de Cointet. Abderaman Rahma en est l’un des coauteurs, et c’est à l’occasion de sa présentation que cet entretien a été enregistré. Le livre existe en format poche.
Interrogé sur ce qu’il en dirait à un lecteur jeune, il défend une idée simple : un engagement doit être réfléchi et nourri, faute de quoi il ne dure pas. Ce que montre le recueil, selon lui, c’est la variété des trajectoires possibles à partir d’une même formation initiale, et le fait qu’aucun contributeur n’y donne de leçon de vie. Les récits valent comme exemples de résilience, pas comme modèles à suivre.
Son dernier message s’adresse à ceux qui doutent de leur avenir. Il conclut sur l’image du colibri : une contribution modeste, répétée, produit un effet qu’on ne mesure pas sur le moment. C’est, dit-il, ce qu’il a cherché à faire à Saint-Cyr, à la Légion étrangère puis dans l’administration, en poursuivant un fil unique, celui du service public.
Questions fréquentes
Peut-on devenir officier à la Légion étrangère en partant du rang ?
Oui. À la Légion étrangère, tous les candidats s’engagent comme militaires du rang, et l’encadrement se recrute ensuite en interne. Un légionnaire peut être proposé au grade de caporal, puis rejoindre le corps des sous-officiers, et les meilleurs peuvent accéder à l’épaulette d’officier par la voie du recrutement interne. Abderaman Rahma en témoigne dans cet épisode : les propositions lui ont été faites dès ses premiers mois au 2e régiment étranger d’infanterie, alors même que personne ne connaissait son passé à Saint-Cyr. Il les a déclinées pour des raisons qui lui sont propres, et non parce que la voie était fermée.
Un ancien saint-cyrien peut-il s’engager comme simple légionnaire ?
Oui, à condition d’accepter les règles communes. La Légion étrangère n’accorde aucune équivalence de grade au titre d’une formation antérieure : l’engagé volontaire signe un contrat de militaire du rang, suit la formation initiale à Castelnaudary comme tout le monde, et ne bénéficie d’aucun traitement particulier. Abderaman Rahma s’est engagé à 31 ans après avoir été formé à Saint-Cyr et à l’école d’application de l’infanterie, et il précise que son commandement était informé de son parcours alors que la troupe l’ignorait totalement.
Qu’est-ce que l’identité déclarée à la Légion étrangère ?
L’identité déclarée est l’état civil de service sous lequel un légionnaire peut être incorporé, distinct de son identité réelle. Le commandement et les services de sécurité de la Légion étrangère connaissent l’identité véritable du militaire ; ses camarades, non. Dans cet épisode, Abderaman Rahma explique que cette règle sert autant à protéger le commandement qu’à préserver le légionnaire : un chef qui saurait avoir un officier breveté sous ses ordres serait mis en difficulté, et l’intéressé s’exposerait à des rapports faussés. Il ajoute qu’il continue de respecter cette règle aujourd’hui vis à vis de ceux avec qui il a servi.
Que faire après un engagement à la Légion étrangère ?
La reconversion dépend du contrat, de la durée de service et des qualifications acquises. Le parcours d’Abderaman Rahma illustre une voie encore peu documentée, celle de la fonction publique civile : après cinq ans au 2e régiment étranger d’infanterie, il a servi comme contractuel de l’éducation nationale et des établissements pour l’insertion dans l’emploi, avant d’intégrer le corps des attachés d’administration de l’État. Ce corps interministériel offre une mobilité fonctionnelle et géographique qu’il présente, dans cet épisode, comme le prolongement civil de ce qui l’avait attiré vers le métier des armes.
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- Sous-officier ou officier, quelle voie choisir
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- Le choix de l’engagement, témoignages d’officiers de Saint-Cyr
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