#74 – Le régiment de cavalerie de la Brigade parachutiste

Que fait un régiment blindé au milieu d’une brigade parachutiste ? Défense Zone est retourné à Tarbes, au quartier Larrey, pour interroger le chef de corps du 1er régiment de hussards parachutistes, seul régiment de cavalerie de la 11e brigade parachutiste et unique unité française à conjuguer l’engin blindé et le parachute. Saint-cyrien, formé à la cavalerie à Saumur, il a fait l’essentiel de sa carrière opérationnelle dans ce régiment, du commandement d’un peloton à celui d’un escadron, avant l’École de guerre, le Centre de planification et de conduite des opérations et l’état-major de l’armée de Terre. Il revient ici sur ce qui fait la singularité de l’unité surnommée l’échelon blindé d’urgence : larguer des véhicules et sauter derrière, tenir la réserve du général, et préparer une cavalerie aéroportée pour des conflits que personne ne sait encore décrire.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le régiment se définit d’un mot : « un régiment unique ». Seul régiment blindé de la 11e brigade parachutiste, seul à cultiver simultanément la double qualification blindé et parachutiste.
  • Sa spécialité tient en une séquence : des véhicules blindés largués sur palettes, les équipages sautant derrière, et une demi-heure plus tard un dispositif prêt au combat.
  • Trois siècles d’ancienneté. Le régiment remonte à 1720 et à Ladislas Ignace de Bercheny, officier hongrois exilé passé au service du roi de France, dont il porte toujours l’appellation traditionnelle.
  • Un armement en bascule : le canon de 105 mm de l’AMX 10 RC et le missile Milan cèdent la place au Jaguar et à l’Akeron MP, un missile capable de changer de cible en vol.
  • Sur la prise de risque, sa formule est nette : « si on ne prend pas de risques, on n’a pas de résultats ». Le métier consiste à choisir le risque, non à le subir.
  • Son conseil aux candidats tient en un mot : la motivation. Le reste, niveau scolaire compris, s’apprend au régiment, décrit comme un ascenseur social qui fonctionne encore.

Un régiment sans équivalent

Interrogé sur la manière dont il définirait son unité, le chef de corps ne cherche pas longtemps : un régiment unique. L’expression n’a rien d’un slogan de garnison. Au sein de la 11e brigade parachutiste, qui aligne des régiments d’infanterie, un régiment du génie, un régiment d’artillerie et des unités de commandement et de logistique, le 1er régiment de hussards parachutistes est le seul à disposer d’engins blindés. Il est aussi le seul régiment de l’armée de Terre à faire tenir dans une même unité deux cultures que tout sépare a priori : celle de la cavalerie, qui combat embarquée et sur de grandes élongations, et celle des troupes aéroportées, qui se met à terre par la voie des airs.

Cette rareté s’apprécie aussi à l’échelle européenne. Le chef de corps rappelle que plusieurs armées voisines alignent des régiments de cavalerie rattachés à une brigade parachutiste, mais que la combinaison complète, celle d’une cavalerie intégralement brevetée parachutiste et capable d’engager ses blindés après aérolargage, se compte sur les doigts d’une main. À l’intérieur de l’armée de Terre, la seule comparaison qu’il juge pertinente est celle du 4e régiment de chasseurs, unité de cavalerie de la 27e brigade d’infanterie de montagne.

Le corollaire est une sollicitation permanente. Quand la brigade a besoin de blindés, il n’existe pas de second choix. Le régiment part donc souvent, ce que l’officier présente comme une contrainte autant que comme un privilège. La contrepartie est mesurable : un niveau d’entraînement et une expérience opérationnelle supérieurs à la moyenne des régiments de l’armée de Terre.

Trois siècles de Bercheny

L’histoire du régiment commence en 1720, loin de Tarbes. Ladislas Ignace de Bercheny, officier hongrois, s’était battu pour l’indépendance de sa province contre les Habsbourg. Vaincu et exilé, il trouve refuge en France, dans une situation que le chef de corps compare à celle d’un réfugié politique d’aujourd’hui, et se met au service du roi dans le seul domaine où il excelle, la guerre. Le Régent lui demande de lever un régiment de hussards, spécialité alors typiquement hongroise. Bercheny recrute parmi ses compatriotes exilés et importe en France une manière de combattre inédite.

La nouveauté n’est pas seulement vestimentaire. Le hussard est un cavalier très léger, qui agit de façon décentralisée, par petites équipes, dans un combat tournoyant mené sur les arrières de l’adversaire, à une époque où l’on s’affronte encore en lignes constituées. De ce premier régiment sortiront ensuite les autres régiments de hussards français. Bercheny commandera lui-même l’unité plusieurs années, ses deux fils prendront la suite, et la chaîne des chefs de corps n’a plus été interrompue depuis.

Deux noms se superposent aujourd’hui, et il est facile de les confondre. Le régiment conserve l’appellation traditionnelle de Bercheny, du nom de son fondateur. Le quartier qu’il occupe à Tarbes porte en revanche le nom du baron Larrey, chirurgien en chef de la Grande Armée, natif des Hautes-Pyrénées. Héritage lourd à porter ? Le chef de corps y voit plutôt une ressource. On ne combat plus comme sous l’Ancien Régime, mais il reste de cette période un style revendiqué : le panache, l’audace, la vitesse, et l’autonomie des plus petits échelons.

L’initiative comme méthode

Ce style hussard n’est pas un ornement de cérémonie, il structure le commandement. Le combat de cavalerie étant embarqué, les distances entre éléments sont beaucoup plus grandes que dans une unité qui combat à pied. Le chef n’est pas à portée de voix de ses subordonnés, et il ne le sera pas davantage en opération. L’esprit d’initiative n’est donc pas une qualité souhaitable, c’est une condition de fonctionnement.

D’où une conséquence que l’officier énonce clairement : cette capacité à prendre ses responsabilités se travaille dès le temps de paix. Un régiment qui attendrait la projection pour déléguer découvrirait trop tard que ses équipes sont perdues.

Largage et posé d’assaut

Le cœur de la spécialité tient en deux modes d’action. Le premier est l’aérolargage de véhicules blindés. Des engins de l’ordre de trois tonnes et demie sont conditionnés sur palettes et embarqués en avion, puis largués sous voilure, un système d’amortissement absorbant un choc à l’atterrissage que l’officier décrit comme rude. Les équipages sautent immédiatement derrière, rejoignent leurs véhicules, déconditionnent protections et parachutes. Une demi-heure après le largage, le dispositif est prêt à combattre.

Le second mode d’action est le posé d’assaut. L’avion se pose sur un terrain d’aviation sécurisé, moteurs tournants, ouvre sa rampe, débarque les véhicules blindés avec leurs équipages à bord, et redécolle dans la foulée. L’opération se compte en minutes, voire en secondes lorsqu’elle est bien exécutée. Elle suppose une piste utilisable, mais offre une souplesse de mise à terre que le largage ne permet pas.

Ces deux savoir-faire ne sont pas des démonstrations de salon. Le régiment est intégralement composé de personnels brevetés parachutistes, formés dès leur arrivée, et il les a employés en opération, notamment au Sahel. Le chef de corps précise toutefois que l’unité n’a pas participé à toutes les mises à terre aéroportées de la brigade : la capacité est réelle, son emploi n’est pas systématique.

Du canon au missile

Au moment de l’entretien, l’engin majeur du régiment reste l’AMX 10 RC, blindé à roues doté d’un canon de 105 mm et servi par un équipage de quatre : pilote, chef d’engin, tireur et chargeur. Il est accompagné du véhicule blindé léger, engin de trois tonnes et demie environ, mis en œuvre par un équipage de trois, présent aussi bien dans les escadrons blindés que dans les escadrons de reconnaissance et d’intervention. Selon les versions, la place arrière est occupée par un tireur missile, un tireur de 12,7 mm ou un cavalier porté.

À ce couple s’ajoute la fonction antichar, longtemps assurée par le Milan. Le successeur, le missile moyenne portée développé par MBDA et désigné aujourd’hui Akeron MP, change la donne. Le tireur accroche sa cible, le missile se guide ensuite seul, ce qui autorise le tir et oubli : on peut débrancher le poste et quitter sa position. L’officier insiste sur un autre apport, moins spectaculaire mais décisif, l’ergonomie. Là où le Milan exigeait un entraînement soutenu pour obtenir un tireur pleinement efficace, le nouveau système se manipule, dit-il, presque comme un jeu vidéo.

Le missile peut en outre être rerouté en vol, donc redirigé vers une autre cible ou écarté de celle-ci si la situation change au sol, ce qui constitue une garantie directe contre les dommages collatéraux. Une nuance opérationnelle explique toutefois la coexistence des deux générations : le Milan présentait l’avantage d’être aérolargable, qualification qui devait encore être acquise pour le nouveau missile au moment de l’entretien. Pour une unité dont le métier consiste précisément à arriver par la voie des airs, la qualification d’aérolargage n’est pas un détail administratif.

Vient enfin la question du renouvellement. L’AMX 10 RC doit être remplacé par le Jaguar, engin blindé de reconnaissance et de combat du programme Scorpion, doté d’un canon de 40 mm à munitions télescopées, de missiles Akeron MP et d’un équipage de trois. Les premières livraisons à l’armée de Terre sont intervenues en 2022, avec une vingtaine d’exemplaires de présérie puis un premier lot de série ; le déploiement s’échelonne sur plus d’une décennie, l’ordre de grandeur étant d’environ deux cents engins à l’horizon 2030. Le chef de corps situe le Jaguar dans une catégorie médiane, entre le char Leclerc et le véhicule blindé léger, et observe que la plupart des grandes armées occidentales disposent d’un tel échelon intermédiaire, les unes ayant fait le choix de la chenille, les autres celui de la roue.

Des commandos embarqués

On imagine mal un régiment blindé détenir des commandos parachutistes. C’est pourtant le cas : le régiment arme plusieurs équipes du groupement des commandos parachutistes de la 11e brigade parachutiste, aux côtés des régiments d’infanterie, du génie, de l’artillerie et de l’unité de commandement. Le chef de corps corrige l’idée reçue : il ne s’agit pas seulement d’un métier de fantassin. Ses commandos combattent aussi embarqués, en patrouilles longues, sur de petits véhicules, ce qui correspond exactement à un savoir-faire de cavalier.

La répartition des rôles s’en déduit. Sur le renseignement et le combat embarqué, notamment dans le désert, ces commandos font référence au sein de la brigade. Sur le combat à pied ou en localité, ils ont en revanche à apprendre des autres, dont c’est la spécialité native.

Ces équipes sont particulièrement employées parce qu’elles sont réactives. Petites formations capables d’intervenir sur opportunité, elles peuvent entamer une mission par une mise à terre en aérolargage suivie d’une infiltration sous voile. Le principe consiste à être largué en altitude, à ouvrir rapidement son parachute et à parcourir plusieurs kilomètres sous voilure afin de se poser dans une zone où personne n’attend personne. Une infiltration à pied ou en véhicule serait décelée par un dispositif adverse ou signalée par la population locale ; de nuit, l’arrivée sous voile est jugée pratiquement imparable.

Le renseignement ainsi recueilli n’appartient pas au régiment. Il alimente une chaîne, du capteur vers l’état-major du groupement tactique interarmes, puis vers le niveau opératif et jusqu’à la Direction du renseignement militaire. Le chef de corps insiste sur le fait qu’elle fonctionne dans les deux sens : l’information redescend pour irriguer les troupes au sol. Là encore, l’héritage affleure. Le hussard était historiquement l’homme de l’éclairage, quand le cuirassier combattait en escadrons constitués et par charges frontales.

Du terrain au CPCO

Le parcours de l’officier éclaire la question de l’échelle. Après des années de terrain et des projections presque annuelles, dans les Balkans puis en Afrique, il sert au Centre de planification et de conduite des opérations, à Paris, dans la cellule chargée de la conduite des opérations africaines. Il y arrive au moment de la bascule entre l’opération Serval, déclenchée au Mali pour stopper la progression des colonnes djihadistes, et l’opération Barkhane, qui élargit l’effort à l’ensemble de la bande sahélo-saharienne et installe le poste de commandement opératif à N’Djamena. Il assiste également au déclenchement de l’opération Sangaris en République centrafricaine.

Ce qu’il retient de ce passage, c’est la vue d’en haut : le centre se situe à la jonction entre la décision politique, prise en conseil de défense, et sa mise en œuvre militaire. Il souligne toutefois une lacune dans son propre parcours, celle de l’échelon intermédiaire, le poste de commandement interarmées de théâtre, implanté à N’Djamena pour Barkhane comme il l’avait été à Abidjan pour Licorne.

Quant aux missions du régiment en opération, elles ne se laissent pas résumer par un modèle unique. En Côte d’Ivoire, il s’agissait de s’interposer entre factions pour chercher un compromis. Au Mali, de lutter contre des groupes armés terroristes. Au Liban, où le régiment a servi dans le cadre de l’opération Daman, contribution française à la Force intérimaire des Nations unies, la mission consiste à surveiller la cessation des hostilités. Le régiment a par ailleurs participé autrefois à des opérations humanitaires. Il n’existe donc pas de mission type, seulement une constante : le chef de corps demeure garant de l’efficacité opérationnelle de son unité, dans un commandement à la fois organique et opérationnel.

Le risque, matière première

Comment assumer le risque quand on répond de plusieurs centaines d’hommes et de femmes sur un théâtre dangereux ? Qui choisit le métier des armes a un certain goût du risque ; qui choisit en plus la spécialité parachutiste cultive l’audace, sauter d’un avion n’étant jamais anodin. Mais l’officier distingue aussitôt deux attitudes que l’on confond volontiers.

Prendre des risques ne signifie pas être tête brûlée. Il s’agit d’appréhender la menace, de se connaître assez pour combler les brèches du dispositif, puis d’agir au moment opportun avec un niveau de risque délibérément choisi. Sa formule résume la démarche : ne pas subir le risque, le choisir. Il y voit un écart net avec la société environnante, qui tend selon lui à écarter systématiquement le risque et à combler les vulnérabilités, là où son métier ne produit aucun résultat sans exposition.

Le blindage protège-t-il ou incite-t-il à s’exposer davantage ? La réponse est nuancée et dépend du terrain. Face à la menace des engins explosifs improvisés, il peut être plus dangereux de se déplacer en véhicule qu’à pied, le fantassin pouvant s’affranchir des axes. Une constante s’impose en revanche : la mobilité réduit le risque, là où une troupe statique s’expose. Le mouvement rend l’unité imprévisible, et l’imprévisibilité est en soi une protection.

Retour à l’intensité

Le retour annoncé du conflit de haute intensité a-t-il changé le quotidien du régiment ? La réponse est plus subtile qu’attendu. Au niveau du régiment, l’officier constate peu de changement : la dureté du combat face à un adversaire symétrique n’a jamais été oubliée, et la haute intensité est déjà une réalité concrète pour le soldat qui perd un camarade en opération. Le basculement se lit en revanche à l’échelon supérieur.

L’armée de Terre, dit-il, se met en ordre de bataille pour affronter des situations plus dures. Elle monte des exercices de niveau division, ce qui n’était plus arrivé depuis très longtemps : manœuvres plus poussées, logistique jouée pour de bon. C’est l’environnement même de l’entraînement qui change d’échelle, alors que le combat le plus probable pour le régiment demeure asymétrique.

Reste une question de fond : à quoi sert encore la cavalerie à l’heure des drones et des cyberattaques ? La réponse de l’officier déplace le terrain. La cavalerie possède selon lui une dimension dissuasive, presque intimidante. Voir passer un engin blindé massif constitue un message, et quand un obus part, ceux qui se trouvent alentour se mettent à l’abri. Autrement dit, la cavalerie a toute sa place dans ce que la doctrine appelle les champs immatériels, et particulièrement dans les situations hybrides, en deçà du seuil de l’affrontement ouvert, dans ces phases de compétition et de contestation que décrit aujourd’hui le commandement.

Penser la suite

Un régiment prépare-t-il l’avenir ? L’officier répond avec franchise. Il a servi au bureau chargé des études et de la stratégie à l’état-major de l’armée de Terre, et connaît donc le sujet de l’intérieur. Mais un régiment n’est pas dimensionné pour entretenir des équipes de prospective : l’armée de Terre irrigue les corps de troupe avec ses travaux, ce qui permet de réfléchir sans disposer des moyens de la recherche.

Interrogé sur les démarches les plus atypiques en la matière, comme la Red Team Défense, cellule installée auprès de l’Agence de l’innovation de défense qui fait travailler des auteurs de science-fiction sur les menaces à l’horizon 2030-2060, il reconnaît l’intérêt de l’exercice tout en situant clairement ses propres limites de moyens.

Il existe pourtant un domaine où il s’estime tenu de réfléchir lui-même : l’aérolargage des blindés. Personne d’autre ne le fera à sa place, puisque personne d’autre ne pratique cette spécialité. Il suit donc de près la conception du successeur du véhicule blindé léger, le véhicule blindé d’aide à l’engagement, encore à l’état de projet, avec une question en tête : sera-t-il aérolargable, et à quelles conditions ? Une réponse trop restrictive amputerait le régiment de sa raison d’être.

Le conseil aux candidats

À la question finale, sur ce qu’il dirait à un jeune attiré par la cavalerie aéroportée, le chef de corps répond par un seul critère : la motivation. Le niveau scolaire, la condition physique, les aptitudes sportives, tout cela s’acquiert, parce qu’un régiment est aussi une école de formation. Il affirme être capable de prendre un jeune en difficulté scolaire, n’ayant jamais pratiqué de sport, et d’en faire un hussard parachutiste solide.

Il ajoute un argument rarement formulé aussi directement : le système reste un excellent ascenseur social. Une part substantielle des sous-officiers du régiment est issue du rang, et certains d’entre eux deviennent officiers. Les titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur y trouvent également leur place.

Restent les dispositions de caractère, qui tiennent en trois mots : le goût de l’audace, puisque sauter d’un avion en vol n’est donné à personne d’avance, celui du risque, et celui des grands espaces et de la manœuvre rapide, qui définit le combat de cavalerie. À ces candidats, conclut-il, le régiment promet d’en faire de bons hussards parachutistes.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le 1er régiment de hussards parachutistes ?

C’est le régiment de cavalerie de la 11e brigade parachutiste, stationné à Tarbes, au quartier Larrey, dans les Hautes-Pyrénées. Il est le seul régiment blindé de cette brigade et la seule unité française dont l’ensemble des personnels soient à la fois cavaliers et brevetés parachutistes. Ses traditions remontent à 1720 et au régiment levé par Ladislas Ignace de Bercheny, officier hongrois passé au service du roi de France, dont il conserve l’appellation. Il apporte à la brigade une capacité d’agression, une aptitude au renseignement et une mobilité propres à la cavalerie.

Comment largue-t-on un véhicule blindé ?

Le véhicule, de l’ordre de trois tonnes et demie, est conditionné sur une palette et embarqué à bord d’un avion de transport. Largué sous voilure, il est protégé à l’impact par un dispositif d’amortissement, l’atterrissage restant rude. Les équipages sautent immédiatement derrière leur véhicule, le rejoignent au sol, retirent les protections et les parachutes. Selon le chef de corps du régiment, le dispositif est prêt à combattre environ trente minutes après le largage. La technique complémentaire est le posé d’assaut, où l’avion se pose sur une piste sécurisée, moteurs tournants, débarque les véhicules et redécolle en quelques minutes.

Qu’est-ce qui remplace l’AMX 10 RC ?

L’AMX 10 RC, blindé à roues armé d’un canon de 105 mm et servi par un équipage de quatre, est remplacé par le Jaguar, engin blindé de reconnaissance et de combat développé dans le cadre du programme Scorpion. Le Jaguar met en œuvre un canon de 40 mm à munitions télescopées, des missiles antichars Akeron MP et une arme téléopérée, avec un équipage de trois. Les premières livraisons à l’armée de Terre sont intervenues en 2022 et le renouvellement s’étale sur plus d’une décennie. Le Jaguar occupe un échelon intermédiaire entre le char Leclerc et le véhicule blindé léger.

Comment s’engager dans la cavalerie parachutiste ?

Le premier critère avancé par le chef de corps est la motivation, davantage que le niveau scolaire ou sportif, que le régiment se dit capable de construire chez un candidat parti de loin. Les qualités attendues sont le goût de l’audace, la disposition à assumer le risque et l’attrait pour la manœuvre rapide, qui caractérise le combat embarqué. Le régiment assure la formation parachutiste de tous ses personnels après leur arrivée, et met en avant la progression interne : une part substantielle de ses sous-officiers est issue du rang.

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