Devenir secouriste en montagne dans la gendarmerie nationale est un parcours de plusieurs années, fait de diplômes successifs, de tests éliminatoires et de plus d’une quarantaine de semaines de stage. Défense Zone s’est rendu à Chamonix, au Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG), pour un entretien avec son chef, le colonel Jérôme Grange. Officier au parcours marqué par la montagne, formé à Saint-Cyr puis à l’École des officiers de la gendarmerie nationale, il a servi en gendarmerie mobile, commandé une compagnie de gendarmerie départementale en Corse puis le peloton de gendarmerie de haute montagne de Grenoble. Il commandait le CNISAG depuis un an et demi au moment de l’enregistrement. L’entretien a été réalisé pendant l’hiver 2020-2021, alors que les remontées mécaniques françaises étaient fermées en raison de l’épidémie de Covid 19. Il décrit une filière exigeante, qui sélectionne autant sur la capacité à évaluer le risque que sur le niveau d’alpinisme.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Le CNISAG a été créé en 1988 et forme les gendarmes à la montagne à Chamonix-Mont-Blanc, à la caserne Anselme. Selon la fiche officielle de la gendarmerie nationale, le centre accueille environ 600 stagiaires par an, encadrés par 17 instructeurs permanents, tous guides de haute montagne.
- Le parcours passe par deux diplômes avant toute candidature au secours : le certificat élémentaire montagne (CEM), puis le diplôme de qualification technique montagne (DQTM), soit six semaines d’alpinisme l’été et cinq semaines l’hiver.
- Un gendarme secouriste en montagne cumule plus d’une quarantaine de semaines de stage, auxquelles s’ajoutent des années d’entraînement personnel.
- Les secours réalisés sans hélicoptère, à pied, représentent selon le colonel Jérôme Grange entre 5 et 10 % des interventions, mais ce sont les plus longues et les plus dangereuses pour les sauveteurs.
- La sélection comporte des tests psychologiques conduits par des psychologues spécialisés dans le recrutement. Le rapport à la mort y est abordé explicitement, celle des victimes comme celle des camarades.
- Sa définition du métier tient en une phrase : « il faut cette balance entre la volonté de s’engager et la nécessité de gérer les risques ».
Le CNISAG, école du secours en montagne
Le CNISAG est le centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie. Il a été créé en 1988 et il est implanté à la caserne Anselme, à Chamonix-Mont-Blanc, en Haute-Savoie. Sa fonction est double, et le colonel Jérôme Grange insiste sur cette distinction. Le premier niveau forme l’ensemble des gendarmes à la pratique de la montagne en sécurité, pour les unités territoriales et mobiles amenées à travailler en altitude. Le second niveau forme les gendarmes des pelotons de gendarmerie de montagne et de haute montagne aux missions de secours, du secours simple au secours complexe, jusqu’à la gestion de crise.
L’ensemble des massifs français se trouve en zone de compétence de la gendarmerie nationale, ce qui place les unités de gendarmerie de montagne en première ligne sur toute la chaîne des missions : le secours, mais aussi l’enquête judiciaire, le maintien de l’ordre autour d’un site accidenté, la circulation routière pour ouvrir un axe aux renforts et la relation avec les familles.
Chamonix n’a pas été retenue par hasard. Le colonel Jérôme Grange décrit un terrain de formation idéal, avec des massifs variés, du massif du Mont-Blanc aux aiguilles Rouges, et un accès rapide à la haute montagne par les téléphériques, qui permet d’enchaîner des courses complexes dans la journée. Chamonix concentre aussi l’essentiel des compétences françaises liées à l’alpinisme, ce qui explique que tous les centres de formation du milieu y soient installés. Le CNISAG y côtoie le Groupe militaire de haute montagne, le centre d’entraînement des CRS et la Compagnie des guides, avec lesquels il entretient des échanges réguliers, y compris sur certains diplômes et sur des projets de recherche et développement.
Devenir secouriste en montagne : les étapes du parcours
Devenir secouriste en montagne suppose d’abord d’être gendarme. Les secouristes en montagne sont issus des unités classiques de la gendarmerie : ils commencent leur carrière en brigade ou en escadron, puis se qualifient progressivement. Le premier échelon est le certificat élémentaire montagne, le CEM. Le CEM est la qualification de base qui permet à un gendarme de progresser en montagne en sécurité au sein d’un groupe, en randonnée comme à ski, sans autonomie totale face au risque d’avalanche. Il représente deux semaines l’hiver et deux semaines l’été, et sert massivement aux recherches de personnes disparues, mission dont la gendarmerie a la charge.
L’échelon suivant est le diplôme de qualification technique montagne, le DQTM. Le DQTM est le diplôme d’encadrement montagne de la gendarmerie : ses titulaires encadrent les groupes montagne gendarmerie, unités de circonstance constituées pour une recherche, et leurs équivalents en gendarmerie mobile. Il représente six semaines d’alpinisme l’été et cinq semaines l’hiver, consacrées au ski de randonnée et à la cascade de glace, auxquelles s’ajoutent les unités d’enseignement PSE1 et PSE2, la base du secourisme. Entre les deux, le candidat doit avoir réalisé des courses et des itinéraires techniques en service, encadré par des personnels plus qualifiés.
Ces stages fonctionnent à la place. Le colonel Jérôme Grange décrit un système qu’il revendique comme méritocratique : le premier jour, trente à quarante candidats peuvent se présenter pour vingt-cinq places, et seuls les vingt-cinq meilleurs restent le lendemain. Chacun peut tenter sa chance, quitte à repartir au bout de vingt-quatre heures.
Les tests de sélection et le profil recherché
Un gendarme titulaire du DQTM qui continue à s’entraîner, en service comme hors service, peut ensuite passer les tests d’accès au secours en montagne. Ces tests se déroulent en deux temps. L’hiver, trois jours de ski de randonnée et de technique toute neige tout terrain, avec une forte composante physique. L’été, une semaine complète d’escalade, de progression avec les crampons sur glace, de course d’orientation et de manœuvres de cordes. Les candidats présentent également leur liste de courses, c’est-à-dire l’ensemble de leurs réalisations personnelles en alpinisme, et ils sont interrogés dessus : l’objectif est de vérifier qu’ils les ont réellement faites et, surtout, ce qu’ils en ont retenu.
Ceux qui franchissent cette étape passent une semaine supplémentaire en montagne avec un instructeur du CNISAG, sur des itinéraires complexes, pour montrer comment ils gèrent une sortie. Vient seulement alors la formation au secours en montagne, dont les trois premières semaines restent éliminatoires et portent sur les fondamentaux : se faire poser n’importe où en montagne, manipuler des brancards, remonter et descendre des victimes, réaliser des relais de secours. Le colonel Jérôme Grange explique que c’est là qu’on écarte les candidats qui ne font pas la différence entre l’alpinisme de loisir et le secours en montagne, notamment sur la solidité des relais et la gestion des risques.
Au milieu de ces trois semaines éliminatoires, les candidats passent des tests psychologiques conduits par des psychologues spécialisés dans le recrutement. Le colonel Jérôme Grange énumère ce que le CNISAG cherche : l’engagement, le goût de l’effort, un esprit d’équipe très marqué, la compassion envers les victimes, l’esprit d’initiative, la capacité d’adaptation et la résistance au stress. Il ajoute un critère qui fonctionne en creux : ni tête brûlée, ni candidat que le risque paralyse. La formule qu’il emploie pour décrire l’équilibre recherché est simple, et elle revient deux fois dans l’entretien : « il faut cette balance entre la volonté de s’engager et la nécessité de gérer les risques ».
Sur la motivation, sa réponse est nette : ce sont d’abord des montagnards, qui voient dans le secours l’occasion d’exercer un métier technique dans le milieu qui les passionne. Le centre a connu des périodes où il ne trouvait pas assez de candidats au bon niveau ; il a alors préféré laisser des postes vacants dans les PGHM plutôt que d’abaisser le niveau d’entrée. Au moment de l’entretien, le recrutement se portait mieux : beaucoup de gendarmes tentent leur chance, et les épreuves successives en découragent une large part.
La formation secours en montagne : les quatre domaines
La formation des futurs secouristes au CNISAG s’articule autour de quatre domaines.
- L’alpinisme : la progression en montagne avec toutes ses disciplines, escalade, terrain mixte, glace et canyon.
- Le secourisme : les gestes qui sauvent, avec les PSE1 et PSE2 que passent également les sapeurs-pompiers, complétés par des modules de premiers secours en montagne développés avec les CRS, déclinaisons du secourisme classique avec moins de matériel, moins de personnel et en zone reculée.
- Le secours : la mise en œuvre des moyens, hélitreuillage, manœuvres de cordes, remontée et descente d’une victime, extraction d’un blessé dans un canyon ou depuis un arbre.
- La police judiciaire et administrative : les constatations et les enquêtes consécutives aux accidents de montagne, et le contrôle des activités de montagne, du domaine skiable aux remontées mécaniques, de l’environnement à la vérification des diplômes des professionnels du sport.
Ce dernier domaine est celui qu’on attend le moins et il est loin d’être secondaire. Un gendarme de PGHM n’est pas seulement un technicien de la montagne : il constate les accidents, enquête sur leurs causes, recherche les responsabilités civiles ou pénales éventuelles et contrôle la réglementation des activités, de la chasse et de la pêche jusqu’aux atteintes à la faune et à la flore. Le contrôle des guides relève du même registre : un encadrant non diplômé engage la sécurité de ses clients.
Risque, deuil et charge psychologique du métier
Le secours en montagne tue aussi ses sauveteurs. Le colonel Jérôme Grange rappelle que les PGHM comptent plusieurs dizaines de morts en opérations de secours depuis leur création, sans compter les accidents survenus à l’entraînement. Il ne présente pas cette exposition comme une fatalité mais comme une équation : réduire le risque par la formation, l’entraînement et le choix tactique de l’intervention, puis accepter en connaissance de cause la part résiduelle. « Au bout d’un moment il faut y aller, et ce n’est pas toujours sans risque », résume-t-il.
Interrogé sur ce qu’un chef peut vivre de plus difficile, il répond sans détour : le décès d’un subordonné, avec l’annonce aux familles, l’accompagnement du deuil et la trace que cela laisse dans une unité. Les unités de secours en montagne, portées par une cohésion et une passion partagées, parviennent selon lui à conserver le souvenir de leurs morts tout en continuant d’avancer.
La question du syndrome de stress post-traumatique appelle chez lui une réponse nuancée. Les cas existent mais restent limités, alors même que l’exposition est objectivement forte. Il décrit une particularité du métier : les unités de secours en montagne sont parmi les seules à assurer à la fois la partie post-mortem, c’est-à-dire la manipulation et l’extraction des corps, et la partie ante-mortem, c’est-à-dire le contact avec les familles, l’annonce des décès, l’audition des proches et la restitution des effets personnels. Le milieu montagnard étant restreint, il arrive de plus que les victimes soient des connaissances, un guide ou un camarade. La gendarmerie dispose d’un dispositif d’intervention de psychologues dans le temps du choc, et le commandement agit en prévention, par exemple en modifiant les tours de permanence d’un gendarme déjà éprouvé. Mais ce qui protège le plus, selon lui, reste la sélection en amont, la cohésion des unités et la pratique systématique du débriefing.
De l’appel 112 au déclenchement du secours
Le déclenchement du secours en montagne suit une chaîne stabilisée. L’appel arrive le plus souvent au 112, numéro d’urgence unique, donc chez les sapeurs-pompiers, qui le basculent vers la gendarmerie dès qu’il est identifié comme un secours en montagne, souvent en conférence avec le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours. Le PGHM recueille alors la localisation, la gravité, les circonstances et les dangers encourus par la victime, lui donne des consignes pour attendre en sécurité, et engage les moyens.
Le premier élément engagé est habituellement un équipage d’hélicoptère avec un médecin et plusieurs secouristes, ce qui donne très vite une vision précise de la situation. Quand la météo interdit le vol, l’intervention se fait par caravane terrestre, plus longue et parfois dangereuse. Ces secours à pied représentent entre 5 et 10 % des interventions selon le colonel Jérôme Grange, mais ils mobilisent beaucoup plus de moyens et de temps. C’est pour eux que la formation en alpinisme est aussi exigeante : aller chercher une victime au milieu d’une face, dans de mauvaises conditions, n’a rien à voir avec la même course par beau temps. Certains PGHM, comme celui de Chamonix, réalisent plus de mille secours par an.
La gestion de crise en montagne
La gestion de crise constitue le niveau de formation le plus élevé du CNISAG. Elle est réservée à des secouristes expérimentés, gradés supérieurs ou officiers, comptant souvent quinze à vingt ans de pratique comme équipier puis comme chef de caravane de secours. Le chef de caravane est le gendarme qui commande l’opération dans sa réalisation tactique, avec le commandement opérationnel des moyens engagés, médecin, hélicoptère et secouristes.
Ce que le CNISAG ajoute à ce niveau, c’est la capacité à traiter la crise dans toutes ses dimensions et pas seulement le sauvetage : le judiciaire avec le gel des lieux et l’ouverture de l’enquête, l’ordre public pour préserver les familles et les dépouilles des curieux, le médiatique, parfois le diplomatique ou le politique. Dans ces situations, le commandement des opérations revient généralement à un gendarme, le directeur des opérations étant le préfet.
Les cas cités par le colonel Jérôme Grange donnent la mesure de ce que recouvre le mot crise en montagne : des avalanches complexes, dont celles survenues au mont Blanc du Tacul, le crash du vol Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence en mars 2015, des éboulements sur le GR20 en Corse, des chutes de télécabine, des inondations dans les Alpes-Maritimes. Ce qui distingue une crise d’un secours complexe, explique-t-il, c’est l’emballement : très peu d’éléments au début, une sorte de brouillard, et l’obligation de décider dans l’incertitude. C’est ce raisonnement par hypothèses que le centre entraîne, pour que les premières minutes ne soient pas perdues. Une avalanche devient ainsi une crise selon le nombre de personnes impliquées, la nature du site ou le profil des victimes, avec des polémiques qui naissent parfois avant la fin des opérations.
Guide de haute montagne : le débouché et la seconde carrière
Une fois la formation initiale achevée, le CNISAG oriente ses secouristes vers les diplômes d’État, et en priorité vers le guide de haute montagne. Le guide de haute montagne est le diplôme d’État le plus élevé de l’alpinisme en France, celui qui autorise l’encadrement professionnel en terrain de haute montagne. Le centre le pousse pour trois raisons : la pratique et l’expérience d’encadrement, le gage de qualité en interne, la crédibilité vis-à-vis de l’extérieur. La formation s’appuie sur des équivalences, dans les deux sens : un gendarme secouriste ne repart pas de zéro, et un guide déjà diplômé qui rejoint le secours en montagne suit seulement le secourisme, le secours, le judiciaire puis la gestion de crise. Le CNISAG oriente également vers les diplômes d’État de canyonisme, de spéléologie et de ski alpin.
Ces diplômes complètent un cursus professionnel et ouvrent une seconde partie de carrière. Le colonel Jérôme Grange observe que les secouristes qui quittent le service, y compris en limite d’âge après cinquante ans, s’installent souvent en montagne comme guide ou moniteur de ski. En sens inverse, les retours volontaires vers une unité de gendarmerie classique sont exceptionnels : les rares départs qu’il a connus tenaient à une blessure ou à une perte de niveau. Il l’explique par l’investissement consenti, par la passion, et par une caractéristique du poste que l’on sous-estime, l’autonomie. Un chef de caravane se retrouve seul sur place, avec des moyens lourds à coordonner, et cette responsabilité, dit-il, est difficile à quitter une fois qu’on y a goûté.
Une expertise française exportée
Le modèle français de secours en montagne s’exporte, et le CNISAG forme régulièrement des partenaires étrangers. Le colonel Jérôme Grange cite la formation de policiers suisses, la Suisse comptant d’excellents montagnards mais ne disposant pas, côté police, d’un organe de formation équivalent. Il mentionne aussi la formation de sapeurs-pompiers chinois de la province du Yunnan au secours en montagne terrestre, des actions au Maroc, un partenariat avec l’Inde et des échanges avec le Pérou. Avec l’Espagne et l’Italie, les relations sont d’abord opérationnelles et transfrontalières, doublées d’échanges de formation réguliers. Le centre reçoit plus de demandes qu’il ne peut en honorer.
Ces coopérations passent par la voie diplomatique : c’est généralement l’attaché de sécurité intérieure d’une ambassade, ou l’ambassadeur lui-même, qui saisit les services parisiens chargés de la coopération internationale. Certaines prennent la forme d’un échange, la gendarmerie se formant à l’étranger dans un domaine et formant en retour au secours en montagne. Le colonel Jérôme Grange pose la limite du transfert : le système français est calibré pour des massifs compacts, avec des hélicoptères bien positionnés, et il n’est pas transposable partout. Ses instructeurs en retirent la découverte d’autres massifs, de la cordillère des Andes à l’Himalaya.
Le conseil du chef du CNISAG aux candidats
Interrogé sur ce qu’il dirait à un gendarme qui vise le secours en montagne, le colonel Jérôme Grange répond d’abord que c’est un bon choix : le métier tient ses promesses, en expériences vécues, en vies sauvées et en camaraderie forgée par des situations extrêmes. Il pose deux conditions, un très bon niveau en alpinisme et une condition physique élevée, que les tests mesurent, et la qualité de gendarme à la base.
Sa dernière recommandation est la plus contre-intuitive pour un candidat pressé : ne pas griller les étapes. Le niveau technique peut s’acquérir vite, en milieu maîtrisé ; l’expérience s’acquiert à son rythme et ne se compresse pas. Il le dit depuis la position de ceux qui en ramassent les conséquences : la montagne devient dangereuse quand la malchance s’ajoute à de petites erreurs qui s’enchaînent. La passion, ajoute-t-il, se voit tout de suite.
Questions fréquentes
Comment devenir secouriste en montagne dans la gendarmerie ?
Devenir secouriste en montagne dans la gendarmerie suppose d’être d’abord gendarme et de servir en unité classique. Le parcours passe ensuite par le certificat élémentaire montagne (CEM), puis par le diplôme de qualification technique montagne (DQTM), obtenus au CNISAG à Chamonix. Le candidat passe alors les tests d’accès au secours en montagne, trois jours l’hiver et une semaine l’été, suivis d’une semaine d’évaluation sur le terrain avec un instructeur du centre. La formation au secours en montagne commence enfin par trois semaines encore éliminatoires, avant les modules d’alpinisme, de secourisme, de secours et de police judiciaire. Aucun recrutement direct n’existe : on ne devient pas secouriste en montagne sans passer par le métier de gendarme.
Quelle est la différence entre un PGM et un PGHM ?
Le PGM est le peloton de gendarmerie de montagne et le PGHM le peloton de gendarmerie de haute montagne. Les deux sont des unités spécialisées de la gendarmerie nationale, chargées du secours en montagne, de la police judiciaire et de la police administrative dans leur zone. Le PGHM intervient dans les massifs de haute montagne, où la technicité et l’engagement requis sont les plus élevés, à l’image du PGHM de Chamonix. Les gendarmes des deux types d’unités sont formés au CNISAG, selon le même cursus de secours en montagne.
Combien de temps dure la formation d’un secouriste en montagne ?
Un gendarme secouriste en montagne cumule plus d’une quarantaine de semaines de stage, selon le chef du CNISAG. Ce total additionne le certificat élémentaire montagne, le diplôme de qualification technique montagne, qui représente à lui seul six semaines l’été et cinq semaines l’hiver, les semaines de tests d’accès, puis les modules de la formation au secours en montagne. À ces stages s’ajoutent plusieurs années d’entraînement personnel, en service et hors service, sans lesquelles le niveau requis ne s’atteint pas. Le parcours complet se compte donc en années, pas en mois.
Un gendarme secouriste en montagne est-il aussi enquêteur ?
Oui, et c’est une particularité française. Un gendarme de PGHM assure le secours, puis les constatations et l’enquête judiciaire consécutives à l’accident. Il reçoit les familles des victimes, procède aux auditions et restitue les effets personnels. Là où, dans la gendarmerie départementale, l’enquêteur et les techniciens d’identification criminelle se répartissent ces rôles, les unités de secours en montagne assument à la fois le contact avec les corps et le contact avec les proches. Leur formation comprend donc un module complet de police judiciaire et administrative, qui couvre aussi la réglementation des activités de montagne.
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