#6 – GMHM : immersion dans l’élite de l’alpinisme militaire

Le GMHM, groupe militaire de haute montagne, est l’unité d’alpinistes professionnels de l’armée de Terre française. Créé en 1976, il tient dans une dizaine d’hommes, il est rattaché à la 27e brigade d’infanterie de montagne et il est implanté à Chamonix, au sein de l’École militaire de haute montagne. Défense Zone reçoit ici le chef de bataillon Jacques-Olivier Chevallier, arrivé au groupe en 2018 comme adjoint et devenu chef du GMHM à l’été 2020, après deux années passées à la tête de la direction des stages de l’École militaire de haute montagne. L’entretien a été enregistré à Chamonix au début de l’année 2021, quelques semaines avant le départ de l’expédition annuelle du groupe au Groenland. Il décrit ce que fait réellement une unité que l’armée de Terre n’envoie jamais combattre : maîtriser le grand froid et la verticalité, expérimenter des matériels et des modes d’action, puis transmettre ce savoir aux commandos montagne.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le GMHM a été créé en 1976. Il compte une dizaine d’alpinistes, relève de la 27e brigade d’infanterie de montagne et travaille depuis Chamonix, à l’École militaire de haute montagne.
  • Son chef résume la place de l’unité d’une formule : « nous sommes un peu la patrouille de France de l’alpinisme ». Le GMHM ne part pas en opération extérieure et ne combat pas.
  • Trois missions structurent le groupe : maîtrise du milieu grand froid et de la verticalité pour l’armée de Terre, expérimentation des matériels et des modes d’action, transmission vers les commandos montagne.
  • Depuis 2012, le GMHM forme les commandos montagne au grand froid et les emmène chaque année au Groenland, pour une vingtaine de jours en autonomie complète, par des températures qui descendent jusqu’à moins 30 degrés.
  • Le recrutement est fait pour moitié de militaires venus des unités de combat et pour moitié d’alpinistes recrutés directement dans le civil. Presque tous les alpinistes du groupe sont guides de haute montagne.
  • Sur la gestion du risque, la phrase est nette : « le job du groupe, c’est de prendre des risques tout en les minimisant en permanence ». Le GMHM a perdu le sergent Max Bonniot en novembre 2019, dans le massif du Mont-Blanc.

Qu’est-ce que le GMHM, le groupe militaire de haute montagne

Le GMHM est une unité de l’armée de Terre française composée d’une dizaine d’alpinistes de très haut niveau, chargée de maîtriser pour l’institution les milieux extrêmes que sont la verticalité et le grand froid. Créé en 1976, le groupe est rattaché à la 27e brigade d’infanterie de montagne, la grande unité qui rassemble les troupes de montagne de l’armée de Terre, et il travaille depuis Chamonix, dans l’enceinte de l’École militaire de haute montagne. Son chef, le chef de bataillon Jacques-Olivier Chevallier, le présente comme « les experts montagne et grand froid de l’armée de Terre » et souligne qu’il n’existe pas d’équivalent ailleurs : aucune autre armée n’entretient un groupe d’alpinistes professionnels de ce type.

La logique est celle des milieux spécialisés. L’armée de Terre française a fait le choix d’être capable d’intervenir en tout temps et en tout lieu, explique le chef du GMHM, et elle entretient pour cela de petites unités spécialisées par milieu : la jungle, la troisième dimension, la verticalité et le grand froid. Le GMHM occupe cette dernière case. Sa valeur n’est donc pas de fournir des combattants, mais de garantir que l’armée de Terre dispose, quelque part, d’une compétence réelle et entretenue sur un milieu où elle pourrait avoir à s’engager.

Les trois missions du groupe

La première mission du GMHM est la maîtrise du milieu. Le groupe doit savoir vivre, se déplacer et travailler dans le froid extrême et sur des terrains verticaux, et entretenir ce savoir-faire au fil des expéditions et de l’entraînement dans le massif du Mont-Blanc. En maîtrisant ce milieu, explique son chef, le groupe participe directement à la compétence opérationnelle de l’armée de Terre dans ce domaine.

La deuxième mission du GMHM est l’expérimentation et l’innovation. Le groupe se définit comme un laboratoire in situ : il éprouve des matériels en conditions réelles, il fait évoluer les connaissances sur le froid et il rend un avis technique qui aide l’armée de Terre à choisir d’investir dans tel équipement plutôt que dans tel autre. Cette mission s’étend aux modes d’action, c’est-à-dire aux manières de se déplacer et d’agir dans un milieu donné, et pas seulement au matériel.

La troisième mission du GMHM est la transmission. Les connaissances acquises en expédition n’ont d’intérêt militaire que si elles redescendent vers les unités. Le groupe les restitue sous forme de retours d’expérience écrits, mais surtout par une formation directe et très concrète dispensée aux commandos montagne. Le chef du GMHM décrit un effet de ruissellement : ce que le groupe apprend en expédition se retrouve, deux ou trois relais plus loin, dans les modes d’action des troupes de montagne.

Former les commandos montagne au grand froid

Le groupement commando montagne est l’unité qui rassemble les soldats les plus aguerris de la 27e brigade d’infanterie de montagne, environ 200 hommes selon le chef du GMHM. C’est vers eux que le groupe transmet en priorité. La mission de formation a commencé en 2012 et plusieurs dizaines de commandos montagne sont passés depuis dans les rangs du GMHM. Depuis 2018, des instructeurs de la direction des stages de l’École militaire de haute montagne sont également intégrés à ces formations, ce qui ajoute un relais supplémentaire vers l’ensemble des cadres de la brigade.

Le GMHM a dû trouver le bon niveau de transmission. Former à nouveau les commandos montagne aux techniques de base aurait fait doublon avec la direction des stages, dont c’est précisément le métier. Le groupe a donc pris le parti inverse : proposer une formation d’un niveau au-dessus, sur des techniques que les commandos ne connaissent pas. Remontée sur cordes fixes dans de grandes faces, hissage de matériel, mise en place de portaledges, ces tentes suspendues qui permettent de dormir en paroi, franchissements d’ampleur avec des tyroliennes de 80 mètres entre les deux rives d’un torrent, équipements de corde dans des faces de 150 à 200 mètres très verticales.

L’expédition annuelle au Groenland

Chaque année, le GMHM emmène une équipe de commandos montagne au Groenland pour une expédition d’une vingtaine de jours en autonomie complète. C’est le point culminant du cycle de formation et le chef du groupe le qualifie d’entraînement « à balles réelles » : par des températures pouvant descendre à moins 30 degrés, la moindre blessure et la moindre mauvaise décision peuvent avoir des conséquences désastreuses pour tout le détachement.

Une pulka est une petite luge que le soldat tracte derrière lui à ski et qui porte l’ensemble de son matériel, de ses vivres et de son couchage. Au Groenland, les commandos montagne partent avec des pulkas de 50 à 70 kilos, chargées du matériel technique, de la nourriture pour toute la durée de l’expédition, des sacs de couchage et des tentes prévues pour deux ou trois personnes.

La durée de vingt jours n’est pas un chiffre arbitraire. Le chef du GMHM insiste sur la distinction entre survivre et vivre dans le froid : on peut survivre trois jours dans des conditions matérielles très dégradées, on ne tient pas vingt jours de cette façon. Or une unité qui doit combattre dans un milieu polaire doit d’abord savoir y vivre durablement. La mission n’est donc pas un exercice de survie, c’est une démonstration de capacité à durer.

La préparation occupe environ sept semaines à Chamonix, de la mi-décembre à la mi-février pour un départ en mars. Elle couvre l’équipement individuel, jusqu’aux chaussons grand froid adaptés aux chaussures de montagne, la constitution des binômes, la vérification du niveau technique à ski, le sauvetage en crevasse avec pulka, le déplacement sur glacier en cordée, des bivouacs d’entraînement en altitude dans le massif, une formation aux gestes de premiers secours avec l’antenne médicale de l’École militaire de haute montagne, puis le colisage et le choix de l’itinéraire. La partie logistique, elle, démarre dès le mois de septembre de l’année précédente : affrètement d’un avion, transport du fret, budgets.

Le quotidien des alpinistes du groupe

Presque tous les alpinistes du GMHM sont guides de haute montagne, ce qui constitue, selon son chef, un label de qualité minimal garantissant qu’ils savent de quoi ils parlent. Au-delà de ce socle, les grimpeurs du groupe sont des athlètes de haut niveau, et leur mission tient en une phrase : faire de la montagne, sous toutes ses formes. Ouverture de voie dans les Drus, raid en snowkite dans le massif, saut de parachutisme alpinisme depuis une grande face des Alpes, entraînement en escalade ou préparation physique.

La part invisible du métier est intellectuelle. Entre deux sorties, les alpinistes du GMHM travaillent sur des topos, des cartes et des recherches en ligne, avec l’appui de la bibliothèque du groupe et de celle de l’École nationale de ski et d’alpinisme, voisine à Chamonix. Leur chef dit recevoir des messages à 23 heures avec un nouveau projet. Cette capacité de recherche, autant que le niveau technique, conditionne la réussite des expéditions et la réduction du risque.

Les expéditions marquantes du GMHM

La traversée intégrale de la cordillère Darwin, en Terre de Feu, reste l’expédition de référence du GMHM. Réalisée en 2011, elle portait sur une zone que personne n’avait jamais traversée de bout en bout, sans carte et sans topo exploitables. L’équipe a dû reconstituer son itinéraire en calquant des images satellite sur des fonds de carte, une méthode que le chef du groupe présente comme l’une des premières tentatives françaises de suivi cartographique de ce type sur smartphone. L’expédition a donné lieu au film Sur le fil de Darwin, la dernière Terre inconnue.

Dans l’Himalaya indien, trois grimpeurs du GMHM ont répété la face nord du Changabang, un sommet de 6 864 mètres réputé pour sa difficulté technique bien plus que pour son altitude. L’expédition a donné le film Changabang, et les miroirs d’une répétition, dans lequel les grimpeurs parlent de la peur, de l’engagement et de la prise de risque. Le GMHM a par ailleurs signé son premier 8 000 mètres en style alpin au Shishapangma, et la chaîne vidéo du groupe diffuse librement la quasi-totalité de ses films depuis leur remise en ligne au printemps 2020.

En janvier 2020, le GMHM était en Patagonie pour une campagne de sauts de parachutisme alpinisme et y a ouvert deux sauts, dont l’un depuis une aiguille. Deux ans de préparation avaient été nécessaires pour former l’équipe, choisir les voiles et les combinaisons, puis composer avec un vent omniprésent qui a maintenu les grimpeurs au sol pendant trois semaines. L’écrivain Sylvain Tesson et le réalisateur Christophe Raylat accompagnaient l’expédition, dont est tiré le documentaire Les Ailes de Patagonie, diffusé en 2020 sur National Geographic.

Le parachutisme alpinisme, un mode d’action à l’étude

Le parachutisme alpinisme consiste à gravir un sommet puis à en sauter avec un parachute, depuis la cime ou depuis l’une de ses arêtes. Le GMHM tient à cette dénomination plutôt qu’à celle de saut de falaise, parce qu’elle rappelle que l’activité est indissociable de l’ascension qui la précède. Le groupe n’est pas le premier à la pratiquer, plusieurs de ses membres fondateurs ayant contribué à l’implantation de la discipline en France, mais il est le premier à la présenter à l’armée de Terre comme une capacité potentielle.

Le raisonnement du chef du GMHM est celui d’une niche de déplacement. Les parachutistes militaires sautent au-dessus de 200 mètres, la descente en rappel s’utilise en dessous de 50 mètres, et il existe entre les deux une tranche d’altitude que rien ne couvre. Le groupe propose de l’explorer et rend un avis technique ; il reviendra ensuite à l’armée de Terre de décider si elle transforme cet avis en capacité opérationnelle, pour ses unités spécialisées, ou si elle le conserve sur étagère.

Innovation matériel et partenariats industriels

Le GMHM travaille avec une constellation de partenaires industriels selon un cycle simple : le groupe formule un besoin, l’industriel propose un prototype, les grimpeurs le testent en expédition et rendent un retour terrain, et l’aller-retour se poursuit jusqu’à un produit utilisable. La marque Millet fait partie de ces partenaires de longue date ; elle a commercialisé sous le nom de Darwin une doudoune d’expédition éprouvée par le GMHM lors de la traversée de la cordillère Darwin, et a plus récemment fourni au groupe un sac d’expédition ultraléger.

Ce que cherche le GMHM ne recoupe pas toujours ce que cherche l’armée de Terre. Le groupe court en permanence après la légèreté, parce que la légèreté conditionne sa capacité à avancer vite et à emporter davantage en autonomie ; l’institution, elle, privilégie souvent la rusticité. Le travail conjoint consiste précisément à faire converger ces deux exigences sur un matériel qui puisse ensuite équiper des unités entières. Le GMHM travaille par ailleurs avec l’Institut de recherche biomédicale des armées sur la physiologie humaine au froid et en altitude.

Comment entrer au GMHM : recrutement et profil

Le recrutement du GMHM est fait pour moitié de militaires issus du monde des opérations, officiers et sous-officiers venus des unités de combat et, dans la période décrite par son chef, tous issus de la brigade de montagne. L’autre moitié est constituée d’alpinistes recrutés directement dans le monde civil pour leurs qualités techniques, leur potentiel de progression et leur motivation ; ce sont généralement les militaires du rang du groupe, à qui l’armée de Terre propose un contrat.

Ces alpinistes civils ne passent pas par une formation initiale classique. Le GMHM leur donne lui-même, au quotidien et pendant leur plan d’intégration, les fondamentaux militaires indispensables : le fonctionnement de l’armée de Terre, celui de la brigade de montagne, la trame des compétences alpines, la chaîne de commandement. Ils sont initiés au tir, mais ne partent ni en opération extérieure ni en mission de protection du territoire national. Leur chef assume la comparaison avec les sportifs de haut niveau sous contrat avec l’armée : ils sont recrutés comme athlètes de la montagne et comme ambassadeurs de l’institution.

Le profil recherché tient en trois critères, dans cet ordre. D’abord une motivation sans faille pour le milieu, celle qui fait que la première envie du matin est d’aller en montagne. Ensuite l’expérience, c’est-à-dire une liste de courses déjà étoffée : le chef du GMHM observe que les candidats de 22 à 26 ans présentent aujourd’hui des palmarès impressionnants. Enfin une capacité sociale, parce qu’un alpiniste a l’habitude de fonctionner seul ou en cordée alors que le groupe vit toute l’année en vase clos et que sa force tient à cette vie collective.

Le GMHM n’a compté qu’une femme dans ses rangs, la guide de haute montagne Marion Poitevin, qui y a servi jusqu’en 2012 et qui fut la première femme admise dans l’unité. Lors de la campagne de recrutement de novembre 2019, le groupe a reçu trois candidatures féminines : l’une s’est désistée et les deux autres ne correspondaient pas au profil attendu. Son chef indique que rien n’est fermé et qu’il reste à trouver la candidate correspondant au profil recherché.

Les candidatures se déposent par courrier électronique, à l’adresse indiquée sur le site officiel du GMHM, sous la forme d’une lettre de motivation, d’un curriculum vitae et d’une liste de courses justifiant d’une expérience réelle en montagne. Le chef du groupe insiste sur le contenu de la lettre : dire qui l’on est et pourquoi l’on veut venir. Les dossiers reçus sont classés dans un vivier, et c’est dans ce vivier que le GMHM puise en premier lorsqu’une période de recrutement s’ouvre, avant même d’annoncer publiquement qu’il cherche du monde.

Le risque, la peur et le deuil

Le GMHM a payé un lourd tribut à la montagne. Le sergent Max Bonniot, membre du groupe, est mort en novembre 2019 dans le massif du Mont-Blanc, avec l’alpiniste Pierre Labbre. Le chef du GMHM décrit la conduite tenue en pareil cas : accompagner d’abord la famille et les proches, faire en sorte qu’ils se sentent soutenus par l’ensemble du groupe. Puis, dit-il, faire son deuil et repartir, parce que continuer à avancer est la forme d’hommage qui correspond au choix qu’avait fait le disparu.

Le premier outil de gestion du risque au GMHM est la parole. « Quelqu’un qui ne dit pas qu’il a peur et qui le garde pour lui finira un jour ou l’autre par mettre en danger le reste de l’équipe », explique son chef. C’est aussi la première chose que le groupe enseigne aux commandos montagne, qui arrivent avec une culture de la résistance au mal : accepter ses faiblesses et les partager, pour que la cordée sache avec quoi elle compose. Le chef du GMHM raconte l’avoir lui-même appris en arrivant au groupe.

Le deuxième outil est la confiance mutuelle. Un chef de groupe qui laisse partir ses grimpeurs dans une ascension engagée sans les accompagner s’appuie sur ce qu’il sait de leur préparation et de leur niveau technique, tout en sachant que le milieu reste dangereux. Le troisième est le sens donné à l’action : un projet que l’on ne saurait pas justifier devant ses hommes et devant ses chefs, en expliquant les risques pris et ce qui les compense, ne devrait pas avoir lieu.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le GMHM ?

Le GMHM, ou groupe militaire de haute montagne, est l’unité d’alpinistes professionnels de l’armée de Terre française. Créé en 1976, il compte une dizaine de militaires, il est rattaché à la 27e brigade d’infanterie de montagne et il est implanté à Chamonix, au sein de l’École militaire de haute montagne. Le GMHM ne participe pas aux opérations extérieures : ses trois missions sont la maîtrise du grand froid et de la verticalité pour le compte de l’armée de Terre, l’expérimentation des matériels et des modes d’action, et la transmission de ces savoir-faire aux commandos montagne. Son chef le décrit comme une unité sans équivalent dans le monde.

Comment devenir alpiniste militaire au GMHM ?

Devenir alpiniste militaire au GMHM passe par une candidature spontanée adressée au groupe, composée d’une lettre de motivation, d’un curriculum vitae et d’une liste de courses en montagne. La moitié des membres du GMHM vient des unités de combat des troupes de montagne, l’autre moitié est recrutée directement dans le milieu alpin civil et signe un contrat de militaire du rang. Trois critères sont examinés : une motivation durable pour le milieu, une expérience alpine déjà solide assortie d’un potentiel de progression, et la capacité à vivre et travailler en groupe toute l’année. Les dossiers reçus sont conservés dans un vivier consulté en priorité à l’ouverture de chaque campagne de recrutement.

Pourquoi l’armée de Terre s’entraîne-t-elle au grand froid ?

L’armée de Terre s’entraîne au grand froid pour conserver la capacité d’intervenir dans les régions polaires, un espace convoité par de nombreux États et où la France entend rester crédible. Le chef du GMHM avance un second motif, moins attendu : l’entraînement en milieu froid forge des compétences transposables ailleurs. Vingt jours d’autonomie au Groenland développent la décision collective, la gestion du matériel et le fonctionnement en groupe isolé loin des chefs, des qualités que les commandos montagne réutilisent en opération, y compris en climat chaud. Il qualifie cet entraînement de « balles réelles » parce que le danger y vient du milieu lui-même.

Quelle est la différence entre le GMHM et les commandos montagne ?

Le GMHM et le groupement commando montagne sont deux unités distinctes de la 27e brigade d’infanterie de montagne. Le GMHM réunit une dizaine d’alpinistes professionnels qui ne partent pas en opération et dont le métier est l’expédition, l’expérimentation et la formation. Le groupement commando montagne rassemble environ 200 soldats aguerris, employés en opération pour des missions de reconnaissance et d’action en montagne. Le lien entre les deux est une formation : depuis 2012, le GMHM prépare chaque année une équipe de commandos montagne au milieu polaire et l’emmène au Groenland.

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