#184 – L’équipe de France militaire de ski

Devenir sportif de haut niveau dans l’armée n’est ni un détachement ni un sponsoring : c’est un contrat d’engagement, une solde, un grade et des devoirs de militaire. Défense Zone reçoit Pierre Ascedu, chasseur alpin et directeur de l’équipe de France militaire de ski, l’unité interarmées qui emploie les skieurs, biathlètes, bobeurs, grimpeurs et athlètes handisport sous contrat avec le ministère des Armées. L’entretien a été enregistré en 2024, pendant un stage de l’équipe dans un régiment de sapeurs parachutistes, à quelques semaines des Jeux de Paris. Le directeur de l’équipe de France militaire de ski y décrit un mécanisme que le grand public ignore presque entièrement : comment un athlète entre dans les rangs, ce que l’armée lui apporte qu’aucun sponsor ne lui apporte, comment il avance en grade, et ce qui sépare un athlète de haut niveau d’un militaire d’active.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le directeur de l’équipe de France militaire de ski déclare suivre 46 athlètes sous contrat avec les armées au moment de l’entretien, en 2024, répartis entre les fédérations de ski, de sports de glace, de montagne et escalade et le handisport.
  • La différence de fond avec une marque : « on n’est pas un sponsor, on est employeur ». Le contrat ouvre la protection sociale et la mutuelle, et la solde tombe même quand la saison est mauvaise.
  • On n’entre pas dans le dispositif par cooptation : l’athlète dépose une demande, sa fédération se prononce, et une commission arbitre sur les résultats, le potentiel, le besoin et les valeurs militaires du candidat.
  • Les athlètes sont engagés comme militaires du rang et progressent normalement jusqu’à caporal-chef. Le passage au grade de sergent suppose un titre majeur, et il doit avoir été obtenu pendant le contrat.
  • Les athlètes handisport de l’équipe ne peuvent pas être militaires : ils sont personnels civils de la défense, l’aptitude militaire supposant d’être apte à partir en opération.
  • Sa formule pour opposer les deux mondes : « un athlète de haut niveau, c’est une Ferrari ; un militaire, c’est le buggy du Paris-Dakar ». L’un tient 120 % peu de temps, l’autre tient 90 % très longtemps.

L’équipe de France militaire de ski, une unité interarmées

L’équipe de France militaire de ski est l’unité interarmées qui emploie, sous contrat avec le ministère des Armées, des sportifs de haut niveau des disciplines d’hiver et de montagne. Son directeur décrit en 2024 un effectif de 46 athlètes, venus du ski nordique et alpin, du biathlon, des sports de glace, de la montagne et de l’escalade, ainsi que du handisport. Contrairement à un club ou à une fédération, l’équipe ne les entraîne pas : elle les emploie, les administre et les suit.

Le métier du directeur de l’équipe de France militaire de ski tient en trois volets, qu’il résume lui-même comme « un peu tout et rien ». Il accompagne les athlètes sous contrat, veille à ce qu’ils respectent les droits et les devoirs du militaire, et s’assure que les conventions signées avec les fédérations sportives sont tenues de part et d’autre. Il suit aussi leur avancement en grade et la communication de l’équipe.

Cette structure reste peu connue, et le directeur l’assume sans détour : « personne ne sait que l’équipe de France militaire existe ». L’équipe ne vend pas de skis, ne porte pas de marque et ne fait pas campagne. Elle soutient le sport français, et le rayonnement qu’elle en retire vient par surcroît.

Le statut d’athlète militaire : un employeur, pas un sponsor

Un athlète militaire est un sportif de haut niveau qui a signé un contrat d’engagement avec les armées et qui est rémunéré pour s’entraîner et concourir. La distinction que pose le directeur de l’équipe de France militaire de ski est la clé de tout le dispositif : les armées ne financent pas une image, elles embauchent une personne. « On n’est pas un sponsor, on est employeur », dit-il.

Les conséquences concrètes sont celles de n’importe quel emploi. Le contrat ouvre l’accès à la sécurité sociale et à la mutuelle, et il verse une solde. Surtout, il ne dépend pas du résultat de la saison. Dans une carrière sportive où, selon le directeur, les saisons exceptionnelles alternent avec des saisons nulles, cette continuité de revenu est ce que les athlètes viennent chercher en premier. Un sponsor part quand les podiums s’éloignent ; l’employeur reste.

Cette sécurité explique le sens du flux : ce sont les athlètes qui sollicitent les armées, et non l’inverse. Le directeur de l’équipe de France militaire de ski parle d’une « belle machine avec des rouages assez bien huilés », dans laquelle la demande émane du sportif. Il précise aussi qu’il existe des alternatives : d’autres administrations françaises, la douane par exemple, proposent des contrats comparables, avec des contraintes moindres et moins de cohésion de groupe. Certains athlètes, dit-il, ne signent pas avec les armées parce que le cadre militaire ne correspond pas à leurs valeurs, et cela ne lui pose aucun problème.

Comment devenir sportif de haut niveau dans l’armée

Le parcours d’accès au statut de sportif de haut niveau dans l’armée suit, d’après le directeur de l’équipe de France militaire de ski, une séquence stable.

  • L’athlète dépose une demande de contrat. C’est lui qui fait le premier pas, parce que le contrat lui apporte une sécurité que son environnement sportif ne lui donne pas.
  • Sa fédération est consultée. Le directeur de l’équipe est en lien permanent avec les fédérations, qui indiquent quels athlètes sont les plus performants techniquement et lesquels ont réellement besoin d’un soutien financier.
  • Le dossier passe devant une commission, réunie avec les institutions du sport français et le ministère des Sports, et présidée par l’officier général qui commande le sport militaire.
  • La commission tranche sur plusieurs critères qui se combinent : les résultats déjà obtenus, le potentiel du candidat, son besoin de soutien et ses valeurs militaires.
  • Le candidat retenu passe les tests d’incorporation, dont la visite médicale, et signe un contrat de militaire du rang.

Le directeur de l’équipe de France militaire de ski se décrit dans ce circuit comme « le conseiller, le recruteur si on peut dire ». Un point mérite d’être retenu par les jeunes athlètes : les armées recrutent tôt. « On les recrute quand ils sont jeunes, on ne les recrute pas quand ils sont déjà champions du monde », précise-t-il. Le dispositif finance une trajectoire, pas un palmarès déjà constitué.

La visite médicale d’incorporation est un point de passage qui ne va pas de soi pour un sportif. Le profil médical attribué à l’entrée note l’état physique et psychique du candidat lettre par lettre, et le niveau exigé pour être militaire est élevé. Or, rappelle le directeur, beaucoup de ces athlètes arrivent à dix-huit ans avec un corps déjà marqué : ligaments croisés, fractures. L’aptitude n’est donc pas une formalité.

Solde, grade et avancement de l’athlète militaire

Les athlètes de l’équipe de France militaire de ski sont engagés comme militaires du rang et perçoivent, selon leur directeur, une solde classique de militaire du rang assortie d’un avancement normal. Autrement dit, un athlète militaire qui ne gagne rien pendant plusieurs saisons continue de progresser : première classe, caporal, caporal-chef. « Il est quand même assuré d’avoir cette solde, ce soutien de l’armée, pour lui c’est déjà énorme », résume le directeur, interrogé sur le cas des sportifs qui enchaînent les défaites.

Cet avancement suppose toutefois une part de vie militaire réelle. Le certificat militaire élémentaire, première marche de la formation du militaire du rang, s’obtient par la présence aux stages en unité et aux activités collectives comme le défilé du 14 Juillet. Les brevets professionnels de la montagne que beaucoup d’entre eux détiennent déjà, brevet ou diplôme d’État de ski, de ski-alpinisme, voire le diplôme de guide de haute montagne, valent ensuite équivalence au titre du certificat technique. C’est cette combinaison qui ouvre le grade de caporal-chef.

Le passage au corps des sous-officiers obéit en revanche à une règle propre au sport de haut niveau, et le directeur de l’équipe de France militaire de ski la présente en souriant comme « l’avancement le plus facile de l’armée de Terre » : il suffit d’un titre majeur. Une médaille olympique, un titre de champion du monde ou un globe de cristal ouvre le grade de sergent. La condition qui compte est ailleurs : le titre doit avoir été décroché sous contrat. Un palmarès antérieur à l’engagement ne compte pas.

Ce galon de sergent est un enjeu pour les intéressés bien au-delà de la solde. Le directeur y voit la transposition d’un réflexe de compétiteur : « ils aiment les médailles », dit-il, et le grade en est une de plus. Au-delà du corps des sous-officiers, la porte se referme presque entièrement. Un seul athlète de la discipline, au palmarès exceptionnel, est devenu officier ces dernières années, et le directeur insiste sur le caractère dérogatoire de ce cas.

Les athlètes handisport, personnels civils de la défense

L’équipe de France militaire de ski compte des athlètes handisport, et leur situation administrative illustre à elle seule ce qu’est le statut militaire. Ces athlètes ne sont pas militaires : ils sont personnels civils de la défense. La raison tient en une phrase du directeur de l’équipe : « être militaire, c’est déjà être apte à partir en opération ». Le profil médical exigé à l’incorporation ne peut pas être délivré à une personne déjà porteuse d’un handicap, quelles que soient ses performances sportives.

Le handisport occupe donc dans le dispositif une place pleine et entière, mais par une autre porte contractuelle. Les athlètes concernés relèvent de l’administration civile du ministère, s’entraînent et concourent dans les mêmes conditions de soutien, et font partie de l’équipe au quotidien. Le directeur de l’équipe de France militaire de ski parle d’eux comme de camarades, pas comme d’une annexe.

Le stage en unité, vernis militaire des athlètes

Chaque année, l’équipe de France militaire de ski passe une période d’immersion dans une unité des armées. L’entretien a précisément été enregistré pendant l’un de ces stages, dans un régiment de sapeurs parachutistes. Les années précédentes avaient conduit l’équipe chez les commandos marine, dans des unités de forces spéciales, au groupement commando montagne, chez des sapeurs-pompiers militaires et dans un régiment de chars Leclerc.

L’objectif est double, et le directeur ne le cache pas. Il s’agit d’abord de rappeler aux athlètes qu’ils sont militaires et de leur faire découvrir une unité. Il s’agit ensuite de les mettre en situation de dépassement dans un milieu qui n’est pas le leur : parcours nautique en eau froide, tir avec des armes qu’ils ne verront nulle part ailleurs, explosifs, caisson à feu avec les pompiers. Des athlètes habitués au froid y peinent, précise le directeur, parce que la difficulté n’est pas celle de leur discipline.

Le bénéfice le plus visible est d’ordre social. Ces stages donnent aux athlètes ce que le directeur appelle « un petit vernis » militaire, qui les rend crédibles comme ambassadeurs des armées dans le monde civil. En coupe du monde, ils racontent à leurs camarades étrangers ou non contractuels ce qu’ils ont fait à l’armée. À l’inverse, le directeur observe que ses athlètes maîtrisent mal la hiérarchie militaire et qu’il doit leur réexpliquer les grades intermédiaires.

Le défilé du 14 Juillet est l’autre rendez-vous collectif. L’équipe s’y prépare une semaine durant pour marcher au pas sur les Champs-Élysées. Pour des athlètes qui vivent l’essentiel de l’année en compétition individuelle, l’expérience marque : le directeur rapporte des retours enthousiastes de sportives qui découvraient à la fois Paris et le défilé.

Athlète ou militaire : la Ferrari et le buggy

La comparaison la plus citable de l’épisode oppose deux régimes de performance. « Un athlète de haut niveau, c’est une Ferrari ; un militaire, c’est le buggy du Paris-Dakar », dit le directeur de l’équipe de France militaire de ski. Le sportif de haut niveau mange à heure fixe, dort à heure fixe, et détecte immédiatement la moindre gêne au genou. Le militaire, lui, continue avec le genou douloureux. Le premier atteint 120 % de son régime, mais brièvement. Le second tient 90 % pendant très longtemps, et n’atteindra jamais 120 %.

Cette différence de nature explique pourquoi la formation militaire initiale met les sportifs de haut niveau en difficulté. Le directeur rapporte le constat des cadres qui les encadrent : l’adaptation rapide, les punitions collectives et l’esprit de corps n’appartiennent pas à leur univers, où tout est individuel et planifié. Le stage annuel en unité sert aussi à cela, et il emploie une expression qui dit bien la fonction du dispositif : « ça leur redonne des valeurs, ils remettent les pieds sur terre ».

Sur le patriotisme, le directeur refuse la réponse facile : un athlète militaire ne défend pas les couleurs nationales autrement qu’un athlète civil, la différence tenant à la personnalité plus qu’au statut. Il note en revanche une proximité forte entre ses athlètes et les unités de forces spéciales qu’ils visitent, les uns et les autres étant des sportifs de haut niveau.

Du rang aux troupes de montagne : le parcours du directeur

Pierre Ascedu s’est engagé à vingt ans chez les chasseurs alpins sans avoir jamais fait de montagne. Il devient sous-officier à l’issue de son année de formation, sert en bataillon, passe sergent, puis bifurque sur les conseils d’un ancien : plutôt que de viser directement les commandos montagne, il passe par l’École militaire interarmes pour devenir officier, avec l’idée d’y revenir ensuite. Entre-temps s’intercalent des opérations extérieures.

Il s’oriente finalement vers l’expertise montagne plutôt que vers le commandement de commandos. « C’est l’avantage de l’armée, on peut pratiquer, on peut se dépasser », observe-t-il à propos de cette progression technique menée en parallèle du métier. Il devient formateur de formateurs, puis directeur de la formation à l’École militaire de haute montagne, à Chamonix, avant d’être chef de projet pour la création d’une école de haute montagne en Ouganda, où il part avec sa famille. C’est au retour de cette mission qu’on lui propose la direction de l’équipe de France militaire de ski. Il rappelle que l’École militaire de haute montagne instruit bien au-delà des troupes de montagne, forces spéciales comprises.

Il souligne qu’il n’était pas lui-même un homme du sport de haut niveau, mais un alpiniste, et qu’il a accepté sans hésiter parce que les valeurs y sont celles des armées : rigueur de l’entraînement, engagement, défense des couleurs du drapeau. La leçon qu’il retient de l’ensemble de sa carrière tient en un mot, qu’il donne comme la marque de fabrique des troupes de montagne : l’humilité. « Ce n’est pas parce qu’on apprend quelque chose à quelqu’un que, plusieurs années plus tard, il ne nous apprendra pas quelque chose de supérieur. »

S’entraîner : ce que le haut niveau apprend aux militaires

Côtoyer des athlètes de niveau mondial a modifié le regard du directeur de l’équipe de France militaire de ski sur l’entraînement militaire. Son premier constat est celui de l’écart physiologique : sur un footing, en récupération, ses athlètes lui coupent le souffle. Son second constat est plus utile aux militaires qui l’écoutent : il s’entraînait mal. « Une heure à fond, c’est nul », dit-il de sa pratique de jeune sous-officier. La progression vient des alternances d’allure et du travail à intensité modérée, pas de l’effort maximal répété.

Il en tire un conseil directement applicable dans les régiments : se faire accompagner. Chaque unité dispose d’un bureau des sports, et le directeur de l’équipe de France militaire de ski estime que les militaires l’utilisent trop peu. Il insiste aussi sur la régularité, avec la lucidité de celui qui en connaît le revers : l’entraînement quotidien devient vite un engrenage, et l’on continue même fatigué, même quand il faudrait s’arrêter.

Aux jeunes qui s’engagent chez les chasseurs alpins, son conseil est à contre-courant de la mode : « moins de CrossFit, plus de footing ». L’ADN des troupes de montagne, explique-t-il, n’est pas l’intensité brève mais la durée. Une marche en montagne sous sac se compte en huit à dix heures d’effort, et celui qui part trop vite se détruit. L’endurance de base, là, vaut mieux que la puissance.

Recrutement, rayonnement et Jeux olympiques

Interrogé sur la fonction de recrutement du dispositif, le directeur de l’équipe de France militaire de ski répond « oui et non », puis tranche nettement. Si l’équipe voulait recruter, elle communiquerait bien davantage. Elle est là pour soutenir le sport français ; que des jeunes s’y reconnaissent et envisagent l’engagement militaire est un effet heureux, pas un objectif.

L’externalité qu’il observe est d’une autre nature. Lors des séances de dédicaces ou des rendez-vous publics, des parents viennent remercier l’équipe de ce qu’elle fait pour les athlètes. « Quand des gens viennent vous dire merci alors que vous n’avez rien fait pour eux, c’est que c’est positif », relève-t-il. Le bénéfice pour l’image des armées est réel, même s’il reste discret et circonscrit au monde alpin.

Les Jeux olympiques restent l’horizon de tous les athlètes de l’équipe, y compris de ceux qui ne s’y qualifieront pas. Le directeur fait le parallèle avec la médaille militaire : là où un militaire veut partir en opération pour se distinguer, l’athlète veut aller aux Jeux olympiques. Au moment de l’entretien, il dit espérer voir ses athlètes briller aux Jeux d’hiver de 2026, puis à ceux de 2030, organisés dans les Alpes françaises, en précisant qu’il ne dirigera plus l’équipe à cette échéance.

Questions fréquentes

Comment devenir sportif de haut niveau dans l’armée ?

Devenir sportif de haut niveau dans l’armée suppose de déposer une demande de contrat, la démarche venant de l’athlète et non des armées. La fédération sportive de l’intéressé est consultée sur son niveau technique et sur son besoin de soutien, puis une commission réunissant les institutions du sport français et le ministère des Sports, présidée par l’officier général qui commande le sport militaire, arbitre les candidatures. Les critères retenus sont les résultats, le potentiel, le besoin et les valeurs militaires du candidat. Le candidat retenu passe ensuite les tests d’incorporation, dont la visite médicale, et signe un contrat de militaire du rang. Selon le directeur de l’équipe de France militaire de ski, le recrutement intervient tôt dans la carrière : on ne recrute pas des champions du monde déjà titrés.

Qu’est-ce que l’équipe de France militaire de ski ?

L’équipe de France militaire de ski est l’unité interarmées qui emploie, sous contrat avec le ministère des Armées, les sportifs de haut niveau des disciplines d’hiver et de montagne. Son directeur y déclarait suivre 46 athlètes en 2024, issus du ski, du biathlon, des sports de glace, de la montagne et de l’escalade ainsi que du handisport. L’équipe ne se substitue pas aux fédérations pour l’entraînement : elle emploie les athlètes, administre leur carrière militaire et veille au respect des conventions passées avec le mouvement sportif. Elle est rattachée au sport militaire, dont l’organisation dépasse la seule armée de Terre.

Un athlète militaire part-il en opération ?

Un athlète militaire ne part pas en opération extérieure et ne sert pas d’arme dans un cadre opérationnel. Sa mission première, assumée comme telle par sa hiérarchie, est de performer et de faire rayonner les armées et la France. Le directeur de l’équipe de France militaire de ski le formule sans ambiguïté : la priorité numéro un, c’est le sport, et si ces athlètes devaient être convoqués, c’est que la situation du pays serait telle que beaucoup d’autres le seraient avec eux. Ils conservent en revanche le statut militaire, ses droits et ses devoirs, et participent chaque année à des activités militaires collectives.

Quel grade et quelle solde pour un athlète militaire ?

Un athlète militaire est engagé comme militaire du rang et perçoit la solde correspondante, avec un avancement classique qui le conduit de première classe à caporal puis caporal-chef, indépendamment de ses résultats sportifs. Le certificat militaire élémentaire s’obtient par la participation aux stages en unité et aux activités collectives, et les brevets professionnels de la montagne valent équivalence au titre du certificat technique. Le passage au grade de sergent suppose en revanche un titre majeur, médaille olympique, titre de champion du monde ou globe de cristal, obtenu pendant la durée du contrat. L’accès au corps des officiers reste exceptionnel et réservé à des palmarès hors normes.

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