#131 – Marion Poitevin, première de cordée

Comment une alpiniste civile devient-elle la première femme d’une unité d’élite de l’armée de Terre, puis la première instructrice d’une école militaire fondée en 1932, puis la première secouriste CRS de montagne ? Dans cet épisode, Défense Zone reçoit Marion Poitevin, guide de haute montagne et secouriste CRS montagne au détachement d’Albertville, en Savoie. Née en 1985, elle intègre en 2006 la première équipe nationale d’alpinisme féminine, rejoint en 2008 le groupe militaire de haute montagne (GMHM), qui n’avait compté aucune femme depuis sa création en 1976, devient instructrice à l’École militaire de haute montagne (EMHM) de Chamonix, puis quitte l’armée en 2015 pour la police nationale et la spécialité CRS montagne. Elle préside le club d’alpinisme féminin Lead The Climb, fondé en 2018, et a publié en septembre 2022 son autobiographie Briser le plafond de glace aux éditions Paulsen, collection Guérin ; un ouvrage jeunesse, Toujours plus haute, a suivi en 2025. Le fil de l’entretien est double : un parcours individuel, et ce que l’ouverture des unités de montagne aux femmes demande concrètement aux institutions qui recrutent.

Les analyses et les positions développées dans cet épisode sont celles de Marion Poitevin et n’engagent qu’elle. Les éléments de parcours repris ici sont ceux qu’elle a rendus publics dans son autobiographie et dans la presse.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Marion Poitevin entre au groupe militaire de haute montagne à 23 ans, en 2008. Le GMHM, créé en 1976 au sein des troupes de montagne, n’avait jusque-là recruté que des hommes.
  • Elle devient ensuite la première femme instructrice de l’École militaire de haute montagne de Chamonix, une école créée en 1932 et considérée comme la maison mère des troupes de montagne.
  • Après sept ans sous l’uniforme, elle quitte l’armée de Terre en 2015 et devient la première femme secouriste CRS montagne, spécialité de la police nationale constituée en 1957.
  • Le titre de son livre détourne une expression de sociologie du travail : le plafond de verre devient, en montagne, un « plafond de glace ».
  • La profession de guide reste très peu féminisée : 32 femmes guides de haute montagne pour environ 1 230 guides en activité en France, soit près de 2,5 %, selon le Syndicat national des guides de montagne cité en mars 2023.
  • Son argument auprès des unités qui peinent à recruter est un argument de vivier : ouvrir réellement une spécialité aux femmes, c’est « ouvrir le recrutement à la deuxième moitié de la population ».

Qui est Marion Poitevin, guide de haute montagne et CRS secouriste

Marion Poitevin se présente en tête d’entretien par ses fonctions et non par ses premières. Elle est secouriste CRS montagne au détachement d’Albertville, en Savoie, guide de haute montagne, présidente d’un club d’alpinisme destiné aux femmes, mère de deux enfants et autrice. Le détachement d’Albertville est l’une des implantations des CRS Alpes, dont le siège est à Grenoble, avec Briançon et Nice. Le secours à la personne en milieu périlleux s’y exerce par hélicoptère quand la météorologie le permet, par des moyens terrestres sinon.

Un guide de haute montagne est un professionnel titulaire du diplôme d’État d’alpinisme, habilité à conduire des clients en terrain d’aventure, sur glacier, en escalade et en ski de montagne. Marion Poitevin obtient ce diplôme en 2014, après avoir franchi le probatoire, c’est-à-dire l’examen d’entrée en formation, plusieurs années plus tôt. Ce diplôme est le fil conducteur de tout son parcours : c’est lui qui lui ouvre le poste d’instructrice militaire, et c’est lui qu’elle oppose, dans l’entretien, aux réserves émises sur sa légitimité.

Rien ne la destinait au métier des armes. Marion Poitevin décrit une entrée en montagne par la pratique civile, sans aucune ascendance militaire dans sa famille. Elle raconte avoir d’abord envisagé l’enseignement des mathématiques, parce que le métier offrait des vacances scolaires, avant qu’une année de lycée aux États-Unis ne la convainque de tenter la montagne d’abord.

De Chamonix à la première équipe nationale d’alpinisme féminine

À 21 ans, Marion Poitevin s’installe à Chamonix et enchaîne les petits emplois pour grimper. C’est cette pratique intensive qui la fait repérer. En 2006, elle est sélectionnée dans la première équipe nationale d’alpinisme féminine mise sur pied par la fédération des clubs alpins. Elle souligne l’inflexion que représente cette création : des groupes féminins existaient depuis longtemps dans l’alpinisme, mais sans objectifs de performance, la pratique féminine ayant longtemps été encouragée pour des motifs de santé.

Cette équipe joue dans son parcours le rôle d’un sas. Elle lui donne une visibilité sportive, et elle lui donne un cadre où, dit-elle, elle se sent légitime pour « oser », c’est-à-dire pour prendre la tête de cordée plutôt que de suivre. C’est ce mécanisme, la non-mixité comme espace d’apprentissage du commandement technique, qu’elle reprendra douze ans plus tard en fondant son propre club. L’équipe nationale est aussi ce qui la place sous le regard de l’institution militaire : c’est là que le GMHM vient la chercher.

2008 : première femme au groupe militaire de haute montagne

Le groupe militaire de haute montagne est l’unité d’alpinisme d’élite de l’armée de Terre. Créé en 1976 au sein de la division alpine, il a été constitué autour d’un effectif initial d’une dizaine de militaires, avec pour mission de former des alpinistes militaires capables de rivaliser avec les meilleurs et de conduire de grandes ascensions et des expéditions polaires. Entre sa création et 2008, le GMHM n’avait jamais compté de femme.

Marion Poitevin raconte que la décision vient du commandant du groupe à l’époque, qui propose d’ouvrir une place aux alpinistes de l’équipe nationale féminine. Elle décrit sa propre sélection comme relevant d’une discrimination positive assumée, fondée sur son potentiel et sa motivation plutôt que sur un niveau déjà comparable à celui des meilleurs hommes. Elle explique cet écart de niveau à 20 ans par des raisons culturelles plutôt que physiologiques, position qui lui appartient et qu’elle développe longuement dans l’entretien.

Elle sert trois ans et demi au GMHM, avec des campagnes en zones polaires et une participation aux Jeux mondiaux militaires d’hiver en 2010. L’expérience est décrite comme techniquement exceptionnelle et humainement usante : seule femme parmi une dizaine d’alpinistes de haut niveau, elle dit ne pas être parvenue à se faire une place dans les cordées des grandes courses et s’être retrouvée durablement en position de remplaçante. C’est ce constat, et non un incident, qu’elle donne comme motif de son départ vers l’enseignement.

Instructrice à l’École militaire de haute montagne de Chamonix

L’École militaire de haute montagne est l’établissement de formation des spécialistes militaires de la montagne. Implantée à Chamonix, créée en 1932, placée sous l’autorité du général commandant la 27e brigade d’infanterie de montagne, elle forme les cadres aux techniques d’alpinisme et de ski, participe au développement des matériels de montagne et a instruit plusieurs dizaines de milliers de stagiaires en quatre-vingt-dix ans, dont des militaires étrangers.

Marion Poitevin y devient instructrice montagne à partir de 2012, à 26 ans, alors qu’elle est encore aspirante guide. Aucune femme n’avait occupé ce poste depuis la création de l’école. Sa mission consiste à emmener des chasseurs alpins et d’autres militaires dans le massif du Mont-Blanc pour leur enseigner les techniques d’alpinisme. Elle décrit un rapport pédagogique différent de celui du bureau des guides : le stagiaire militaire est déjà formé, et l’exigence porte sur la progression et non sur la satisfaction du client.

L’anecdote qu’elle retient de cette période illustre l’écart entre les deux mondes. Le guide qui devait l’accompagner étant indisponible, elle se retrouve seule en tête de file à conduire une section de stagiaires sous-officiers en formation montagne, soit vingt-trois personnes, jusqu’au sommet du mont Blanc, en décidant des encordements, du cramponnage et des horaires. Dans le cadre civil, rappelle-t-elle, un guide encadre deux clients au maximum. Elle relie cette différence à la finalité de l’institution, qui est de préparer ses cadres à des engagements autrement plus exposés.

Le recrutement lui-même est passé par un arbitrage. Marion Poitevin rapporte qu’on lui a d’abord proposé un contrat d’un an, à titre d’essai, alors qu’elle détenait déjà les qualifications requises, et que la décision a été corrigée au niveau de la gestion centrale des ressources humaines, qui a imposé un engagement de cinq ans au motif que ses diplômes étaient acquis. Elle cite ce cas comme un exemple de ce que l’institution sait faire quand une règle objective l’emporte sur une appréciation locale.

Pourquoi Marion Poitevin quitte l’armée de Terre en 2015

Marion Poitevin donne trois motifs à son départ, et les hiérarchise. Le premier est le blocage de carrière. Elle demande à monter en grade et à faire financer un brevet d’État de ski alpin, deux démarches ouvertes à ses collègues, et déclare s’être entendu répondre, selon les termes qu’elle a repris publiquement dans son livre, qu’elle n’avait pas « le potentiel » de monter en grade ni de passer le brevet d’État de ski alpin. Elle souligne que son niveau d’études dépassait alors celui exigé pour le corps des sous-officiers.

Le deuxième motif est financier. La solde d’un sous-officier en début de carrière lui convenait à 23 ans, dit-elle, beaucoup moins à 30 ans, avec une perspective de progression limitée et un logement en chambre d’unité. Le troisième est l’isolement social : seule femme parmi une trentaine d’instructeurs, elle décrit des déplacements et des soirées passées seule, et un décalage durable avec le groupe.

Sur les comportements, Marion Poitevin est explicite et elle l’a été publiquement : elle dit avoir été confrontée à des remarques sexistes répétées et à du harcèlement, thème central de son autobiographie et raison qu’elle donne de son engagement féministe à partir de 30 ans. Elle décrit aussi des mises au point qui ont fonctionné, notamment sur les plaisanteries visant sa conduite avant un départ en course, obtenues en expliquant à ses collègues ce que ces remarques coûtaient en crédibilité dans un contexte technique et engagé. Elle en tire la distinction qui structure son propos : ce n’est pas l’existence du sexisme qui singularise l’institution militaire, c’est l’absence de coût social pour celui qui s’y livre lorsque personne dans le groupe ne le reprend.

Devenir CRS secouriste en montagne : recrutement et métier

Les unités de montagne de la police nationale ont été constituées en 1957, après des formations engagées dès la fin des années 1940. Elles assurent le secours en montagne en alternance hebdomadaire avec les unités de la gendarmerie, les pelotons de gendarmerie de haute montagne, et s’appuient sur le Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski de Chamonix, créé en 1955, pour la formation initiale et continue de leurs secouristes, de leurs maîtres-chiens d’avalanche et de leurs équipes médicales.

Marion Poitevin passe le concours de gardien de la paix, entre en école de police à 30 ans, en sort en 2016 et rejoint la spécialité CRS montagne. Aucune femme n’y était entrée depuis la création de ces unités. Elle décrit un environnement plus favorable que celui qu’elle a quitté, pour une raison qu’elle formule sans détour : la police nationale a un besoin opérationnel de femmes sur le terrain, ne serait-ce que pour procéder aux palpations de sécurité sur des personnes de sexe féminin, ce qui rend la présence d’une femme dans une patrouille nécessaire plutôt que facultative.

Le second ressort qu’elle décrit est un ressort de vivier. La spécialité CRS montagne recrute difficilement, parce qu’elle exige de réunir deux profils qui se recoupent mal : des montagnards qui ne se destinent pas forcément à la police, et des policiers qui ne sont pas forcément montagnards. Marion Poitevin rapporte que ses supérieurs ont vu dans son arrivée la possibilité d’élargir le recrutement, résumée par la formule qu’elle leur prête : « maintenant qu’il y a des femmes, on va pouvoir ouvrir notre recrutement à la deuxième moitié de la population ». Elle ajoute que cette ouverture ne se décrète pas et suppose des mesures concrètes pour faire savoir que les candidates y seront accueillies.

Le plafond de glace : ce que décrit son livre

Le plafond de verre désigne, en sociologie du travail, le niveau hiérarchique au-delà duquel une catégorie de personnel cesse de progresser sans qu’aucune règle ne l’interdise formellement. Marion Poitevin explique avoir transposé l’expression au monde de la montagne sur une suggestion de son éditeur : son autobiographie, parue en septembre 2022 aux éditions Paulsen dans la collection Guérin, s’intitule Briser le plafond de glace.

Elle attribue ce plafond à deux familles de causes. La première tient à l’autocensure, qu’elle rattache au syndrome de l’imposteur : ne pas demander l’avancement, ne pas postuler au poste à responsabilité, se juger insuffisamment légitime. La seconde tient à la décision d’autrui, c’est-à-dire aux nominations qui ne viennent pas. Elle ajoute que le mécanisme décrit à propos des femmes vaut aussi, selon elle, pour d’autres minorités professionnelles.

Son troisième facteur est statutaire et chiffrable : l’écart entre congé de maternité et congé de paternité. Marion Poitevin indique avoir perdu, à chacune de ses deux grossesses, une dizaine de mois pendant lesquels elle ne pouvait ni voler en hélicoptère ni servir à plein régime, quand son compagnon disposait de onze jours pour le premier enfant. Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est passé en France à vingt-cinq jours calendaires au 1er juillet 2021, soit vingt-huit jours en incluant le congé de naissance. Sa position est de ne pas raccourcir le congé de maternité mais d’allonger encore celui des pères, afin de rééquilibrer les carrières.

Sur la médiatisation, elle relève un effet de renforcement. Première femme instructrice de l’EMHM, elle dit avoir été très peu photographiée et très peu citée pendant ces années, et s’être entendu répondre, quand des sujets étaient proposés à son propos, que parler des femmes dans l’armée relevait du cliché. C’est ce constat qui la pousse à utiliser les réseaux sociaux à partir de 2012, non comme une vitrine personnelle mais comme un moyen de faire connaître l’existence de ces métiers à d’autres femmes.

Ouvrir les unités de montagne aux femmes : ce qu’elle propose

Les propositions de Marion Poitevin sont institutionnelles avant d’être symboliques. Elle cite la discrimination positive et les quotas comme leviers d’amorçage, mais insiste surtout sur la formation : former les cadres à ce qu’est juridiquement le harcèlement sexuel, qui ne suppose ni geste ni contact et peut résulter de propos répétés, y compris lorsque chaque membre d’un groupe n’en tient qu’un. Elle dit avoir découvert ces définitions en étudiant le code pénal à l’école de gardien de la paix.

Elle porte une critique précise sur le dispositif des référentes mis en place dans l’armée pour recueillir les signalements. Selon elle, la fonction est confiée sans formation adaptée, et le fait qu’elle soit exercée par un officier dissuade les militaires du rang et les sous-officiers de s’y adresser, en particulier lorsque le comportement en cause est celui d’un officier. Elle reconnaît une volonté réelle de l’institution mais juge les moyens et la formation insuffisants. Ces appréciations sont les siennes.

Elle défend enfin la non-mixité comme outil de formation, et non comme finalité. C’est l’objet de Lead The Climb, le club qu’elle a fondé en 2018 et qui, d’après le conseil départemental de la Savoie, a formé environ trois cents femmes à l’autonomie en montagne. Le raisonnement est le même que celui qu’elle tire de l’équipe nationale féminine : un espace où la place de première de cordée est disponible produit des pratiquantes autonomes, qui accèdent ensuite aux formations et aux métiers.

Sur les traditions militaires, sa position est nuancée. Marion Poitevin dit avoir découvert avec l’uniforme l’intérêt des cérémonies commémoratives et juge ce travail de mémoire important. Elle observe en revanche que les monuments aux morts ne portent que des noms d’hommes, comme si les femmes n’avaient pas participé à l’effort de guerre. Elle estime que l’armée dispose des ressources humaines pour suivre l’évolution de la société, et se montre plus réservée sur le monde civil de l’alpinisme : « dans le civil, il y a quand même encore du boulot ».

Gestion du risque, maternité et carrière en montagne

Interrogée sur son rapport au risque depuis qu’elle est mère, Marion Poitevin répond que la question s’est posée bien avant les enfants. Elle dit avoir perdu de nombreux amis, sans que ce nombre sorte de l’ordinaire pour qui pratique l’alpinisme de haut niveau, et avoir réduit son exposition par étapes successives : de l’alpinisme de haut niveau au métier de guide, puis à l’instruction militaire, puis au secours. Le vol en hélicoptère reste à ses yeux le geste le moins anodin du métier, et elle ne s’interdit pas de changer de poste si la peur devenait envahissante.

Elle défend une idée à contre-courant : la pratique professionnelle est, selon elle, plus sûre que la pratique amateur de week-end, parce qu’elle se fait entraîné, équipé, informé des conditions et entouré de partenaires eux-mêmes entraînés. Elle dit expliquer à ses enfants que son métier comporte un danger réel plutôt que d’en faire un sujet tabou.

Son conseil final aux candidates porte, lui, sur la compatibilité avec une vie de famille, question qu’elle dit recevoir le plus souvent. Sa réponse est concrète et tient au statut : fonctionnaire, elle connaît son planning à l’avance et peut anticiper les modes de garde, ses grossesses n’ont pas entraîné de perte de salaire, et le régime de récupération des heures accumulées en déplacement lui a permis de prolonger son absence après une naissance bien au-delà de ce qu’elle estime possible ailleurs. Elle y ajoute un argument qui vaut pour les métiers sportifs en général : l’activité physique étant intégrée au temps de travail, elle n’est pas la première variable sacrifiée quand la charge domestique augmente.

Questions fréquentes

Qui est Marion Poitevin ?

Marion Poitevin, née en 1985, est guide de haute montagne et secouriste CRS montagne au détachement d’Albertville, en Savoie. Elle a été en 2008 la première femme admise au groupe militaire de haute montagne de l’armée de Terre, puis la première femme instructrice de l’École militaire de haute montagne de Chamonix, avant de quitter l’armée en 2015 pour la police nationale et de devenir la première femme de la spécialité CRS montagne. Elle a obtenu le diplôme de guide de haute montagne en 2014, fondé en 2018 le club d’alpinisme féminin Lead The Climb et publié en 2022 l’autobiographie Briser le plafond de glace.

Comment devenir CRS secouriste en montagne ?

Devenir CRS secouriste en montagne suppose d’abord d’entrer dans la police nationale par le concours de gardien de la paix, puis de demander cette spécialité et d’en réussir la formation. Les unités de montagne de la police nationale, constituées en 1957, forment leurs secouristes au Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski de Chamonix, créé en 1955. Le parcours de Marion Poitevin en donne le calendrier : concours passé vers 30 ans, école de police, sortie en 2016, puis affectation en détachement. La difficulté propre à cette spécialité tient au double profil exigé, policier et montagnard confirmé, ce qui explique les tensions de recrutement qu’elle décrit.

Combien y a-t-il de femmes guides de haute montagne en France ?

Les femmes représentent une petite minorité de la profession de guide de haute montagne en France. En mars 2023, on comptait 32 femmes guides diplômées et sept aspirantes en formation, pour environ 1 230 guides en activité, soit près de 2,5 % de l’effectif, d’après des chiffres attribués au Syndicat national des guides de montagne. La part des femmes atteignait alors près de 6 % parmi les personnes en formation, ce qui indique une progression lente. La première femme guide de haute montagne française a commencé sa carrière en 1983.

Une femme peut-elle servir au groupe militaire de haute montagne ?

Oui, et cela s’est produit pour la première fois en 2008 avec l’admission de Marion Poitevin. Le groupe militaire de haute montagne, créé en 1976, est l’unité d’alpinisme d’élite de l’armée de Terre, rattachée aux troupes de montagne, et son effectif est resté volontairement réduit depuis l’origine. Le recrutement s’y fait par repérage et sélection sur le niveau alpin, ce qui explique que l’ouverture aux femmes ait suivi la création, au milieu des années 2000, d’une équipe nationale féminine d’alpinisme de haut niveau. Marion Poitevin y a servi trois ans et demi.

À écouter également

Pour aller plus loin sur Défense Zone


Défense Zone est un média indépendant consacré aux questions de défense et de sécurité. Ce podcast est disponible sur toutes les plateformes audio, Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que sur notre chaîne YouTube. Pour soutenir notre travail, retrouvez notre magazine papier trimestriel et notre espace premium sur defense-zone.com.

Laisser un commentaire