#33 – Femmes de militaire et vie de famille

Être femme de militaire ne correspond, en droit français, à aucun statut : c’est une condition sociale, faite d’absences répétées, de mutations et d’un métier qui déborde en permanence sur la vie de famille. Dans cet épisode, Défense Zone reçoit Camille El Mohri, autrice et éditrice spécialisée en littérature jeunesse, conjointe de militaire et fondatrice de La Mili House, l’une des communautés de conjointes de militaires les plus suivies sur les réseaux sociaux francophones. Elle autoédite en 2019 Papa est militaire, un album écrit pour les enfants de soldats au moment des départs en mission, avant de fonder sa propre maison, les Éditions Pandoure. L’entretien ne raconte pas des histoires privées : il décrit une condition, ses contraintes concrètes, emploi, mobilité, garde d’enfants, information pendant les opérations, et les dispositifs qui existent pour l’accompagner.

Les appréciations formulées dans cet épisode sont celles de Camille El Mohri et n’engagent qu’elle. Les dispositifs publics cités dans cet article sont, eux, décrits d’après les sources officielles en vigueur, postérieures à l’entretien pour certaines d’entre elles.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Il n’existe aucun statut administratif de conjoint de militaire. Camille El Mohri décrit une place reconnue socialement mais absente des textes, qui fait supporter les contraintes du métier des armes sans ouvrir de droits propres.
  • Le point commun de toutes les conjointes, selon elle, c’est « le danger des missions ». Le reste, l’éloignement, la solitude, le rythme, se vit différemment d’un couple à l’autre.
  • L’imprévu pèse autant que l’absence elle-même : un retour repoussé ou un départ avancé désorganise une famille plus sûrement qu’une mission longue annoncée à l’avance.
  • La mutation est le premier frein professionnel pour le conjoint. Les emplois salariés fixes résistent mal aux changements de garnison, ce qui explique l’attrait de l’indépendance et de l’entrepreneuriat.
  • Le ministère des Armées a engagé un plan Famille 2, présenté le 1er février 2023 et doté de 750 millions d’euros sur la période 2024-2030, qui traite l’emploi du conjoint, la garde d’enfants et l’accompagnement pendant les absences.
  • Trois albums jeunesse sont nés de cette expérience : Papa est militaire (2019), Maman est militaire puis Papa est marin, publiés aux Éditions Pandoure et pensés comme des supports de parole pour les familles de soldats.

Femme de militaire : un statut social sans existence administrative

Un conjoint de militaire est le mari, l’épouse, le partenaire de PACS ou le concubin d’un militaire d’active. Camille El Mohri souligne que cette position, immédiatement identifiée dans le monde de la défense, ne correspond à aucune catégorie administrative. Elle la compare à celle de mère au foyer : tout le monde voit de quoi il s’agit, l’administration ne connaît pas le terme. La conséquence qu’elle décrit est directe : le conjoint de militaire supporte les contraintes du métier des armes, mobilité géographique, absences longues, horaires imprévisibles, sans que ces contraintes ouvrent en elles-mêmes des droits attachés à sa personne.

L’invitée refuse par ailleurs que cette condition devienne une identité exclusive. Elle rappelle qu’elle se définit d’abord par son métier d’autrice et d’éditrice, et que l’expression « femme de militaire » charrie encore l’image d’une épouse au foyer qui attend le retour de son mari. Cette image ne correspond plus, selon elle, à la réalité majoritaire : les conjointes de militaires travaillent, entreprennent, poursuivent une carrière propre, et celles qui choisissent de se consacrer à leur foyer le font comme n’importe quelle autre femme, par choix et non par assignation.

Ce point a une portée pratique. Une condition qui n’a pas de nom administratif est aussi une condition difficile à outiller : les aides existent, mais elles se rattachent au militaire, au foyer fiscal ou à l’action sociale des armées, jamais au conjoint en tant que tel. C’est précisément l’angle mort que les plans successifs du ministère des Armées cherchent à combler depuis 2018.

Le danger des missions, dénominateur commun des conjointes

Interrogée sur ce qui revient le plus souvent dans les messages qu’elle reçoit, Camille El Mohri donne une réponse unique : « le danger des missions ». C’est, dit-elle, la seule peur réellement partagée par toutes les conjointes de militaires, quels que soient l’armée d’appartenance, le grade ou la spécialité. Le reste, la solitude, l’éloignement affectif, la charge quotidienne, se vit de façon très inégale : certaines supportent mal la séparation, d’autres trouvent dans l’alternance des présences et des absences un équilibre de couple qui leur convient.

Elle insiste sur un second facteur, moins souvent cité : l’imprévu. Un retour de mission repoussé de plusieurs semaines, un départ avancé, une permission annulée désorganisent une famille plus durablement que la durée d’absence elle-même. L’insécurité ne tient pas seulement au risque encouru sur le terrain, elle tient à l’impossibilité de planifier. C’est aussi ce qui distingue la condition de conjoint de militaire d’autres métiers à fortes contraintes horaires.

Dans ces communautés, remarque Camille El Mohri, les préoccupations exprimées portent rarement sur le métier militaire lui-même. Elles portent sur ses effets : l’éducation des enfants pendant l’absence, la répartition des rôles au retour, l’équilibre du couple. Le grade et l’unité du conjoint n’y jouent presque aucun rôle, ce qui explique que la communauté rassemble des familles venues de l’armée de Terre, de la Marine nationale, de l’armée de l’Air et de l’Espace et de la gendarmerie sans distinction.

Garder le contact pendant une opération extérieure

Une opération extérieure, couramment désignée par l’acronyme OPEX, est une mission conduite par les forces françaises hors du territoire national, pour une durée de plusieurs mois. Depuis la généralisation des messageries et des appels par internet, la question posée aux familles n’est plus de savoir si l’on peut communiquer, mais à quelle fréquence il est souhaitable de le faire. Camille El Mohri constate qu’aucune règle ne vaut pour tous les couples.

Elle rapporte la position d’un militaire, opposée à la sienne, selon laquelle il vaut mieux ne pas appeler tous les jours, afin qu’un silence ne soit pas interprété comme un signe de danger. L’invitée n’y souscrit pas : un adulte, dit-elle, est capable de comprendre qu’une absence de nouvelles tient d’abord aux contraintes de la mission. Elle observe surtout que le besoin de nouvelles varie selon les périodes de la vie du couple, et que le rythme qui convenait lors d’un premier départ ne convient plus quelques années plus tard.

La conclusion qu’elle en tire est volontairement prudente : chaque couple doit trouver son propre mode de fonctionnement, et elle se dit incapable de donner un conseil général sur ce point précis. C’est l’un des rares sujets sur lesquels une communauté de plusieurs milliers de conjointes ne dégage aucune pratique dominante.

Emploi du conjoint et mutations : la contrainte la plus concrète

La mobilité géographique est, d’après Camille El Mohri, la difficulté la plus fréquemment évoquée par les conjointes de militaires après le danger des missions. Un militaire change de garnison au fil de ses affectations, parfois pour l’outre-mer ou l’étranger. Un conjoint titulaire d’un emploi salarié stable doit alors démissionner, chercher un poste équivalent sur un bassin d’emploi qu’il ne connaît pas, et recommencer à la mutation suivante. Des groupes d’entraide se sont constitués autour de cette seule question.

C’est cette contrainte qui explique, chez l’invitée comme chez beaucoup de ses lectrices, l’attrait du travail indépendant. Créer son activité permet de la transporter d’une garnison à l’autre et de reprendre la main sur son emploi du temps, notamment au retour de mission du conjoint. Camille El Mohri indique recevoir régulièrement des messages de conjointes qui envisagent l’entrepreneuriat pour cette raison précise, et non par vocation entrepreneuriale initiale.

Côté institution, le ministère des Armées propose une offre dédiée, dite « 100 % conjoint », portée par Défense Mobilité. Selon le ministère, elle s’adresse aux personnes liées à un militaire, à un ancien militaire ou à un agent civil du ministère par mariage, PACS ou concubinage, y compris dans l’année qui suit une séparation ou un départ à la retraite. Elle comprend un accompagnement individualisé vers l’emploi, des mises en relation avec des employeurs publics et privés, le cofinancement de formations longues, des formations courtes d’adaptation, l’accompagnement de démarches de validation des acquis de l’expérience, des cours de français pour les conjoints non francophones et un suivi à distance pour ceux qui résident loin d’une antenne ou à l’étranger.

Les dispositifs d’accompagnement des familles de militaires

Le plan Famille est le cadre par lequel le ministère des Armées traite les conséquences du métier militaire sur la vie familiale. Un premier plan a couvert la période 2018-2022. Un plan Famille 2 a été présenté le 1er février 2023 devant le Conseil supérieur de la fonction militaire, pour un montant de 750 millions d’euros sur la période 2024-2030. Ses trois axes annoncés sont l’accompagnement de la mobilité, l’atténuation des contraintes opérationnelles et l’amélioration des conditions de vie dans les territoires.

Parmi les mesures que le ministère des Armées rattache à ce plan Famille 2 figurent notamment :

  • un guichet et une ligne de services dédiés aux conjoints souhaitant être accompagnés vers l’emploi, avec un référent identifié dans chaque pôle régional ;
  • une expérimentation en Île-de-France proposant une offre globale de mutation, recherche de logement et aide aux démarches administratives comprises ;
  • l’extension de l’aide au périscolaire aux enfants scolarisés en maternelle ;
  • un accès élargi à la garde sur horaires atypiques pour les militaires soumis aux contraintes opérationnelles les plus fortes ;
  • la construction de seize crèches et deux extensions d’ici 2030, soit environ six cents berceaux supplémentaires, et la facilitation des maisons d’assistantes maternelles ;
  • de nouveaux outils d’accompagnement des enfants pendant les absences du militaire, et un réseau social sécurisé baptisé « Famille des Armées ».

Ces mesures sont postérieures à l’entretien, ce qui en dit long sur le mouvement décrit par l’invitée : elle constatait déjà, au moment de l’enregistrement, une prise de conscience institutionnelle sur la place des familles. Elle notait aussi que la société civile évolue plus vite que les institutions sur la reconnaissance des différentes formes de famille, et que la communication des armées sur les réseaux sociaux rend désormais ces écarts visibles.

Communautés en ligne et associations de conjoints

La Mili House est née d’une page personnelle créée pendant la première mission longue du conjoint de Camille El Mohri, à un moment où, dit-elle, très peu de comptes de ce type existaient. Ces communautés se sont multipliées depuis. L’invitée y voit un phénomène de sororité : de l’entraide, de l’information pratique, et une part assumée de divertissement et d’humour, parce que c’est aussi ce que les conjointes viennent y chercher pendant une absence. Elle note que certaines pages durent et que beaucoup d’autres sont éphémères.

Le relais associatif existe également. L’Association nationale des femmes de militaires, l’ANFEM, est présentée par le ministère des Armées comme l’association représentative des familles au sein de l’institution militaire. Ses missions déclarées sont de faciliter l’adaptation des familles à la mobilité et aux absences, de représenter et de défendre les familles de militaires, d’apporter une entraide sociale en cas de difficulté financière et de soutenir des projets tournés vers les blessés et les veuves de guerre. Elle fonctionne par délégations locales, qui organisent des rencontres près des garnisons.

Camille El Mohri raconte y avoir trouvé un accueil auquel elle ne s’attendait pas. Les écarts de génération, de milieu social et de grade du conjoint auraient pu rendre l’intégration difficile ; ils ne l’ont pas fait. C’est l’un des enseignements de l’épisode : dans ces réseaux, la hiérarchie militaire ne se transpose pas mécaniquement aux relations entre conjointes.

Expliquer le métier militaire aux enfants : la littérature jeunesse

Papa est militaire est un album jeunesse autoédité par Camille El Mohri en 2019, conçu pour donner aux familles de soldats des mots simples sur le départ en mission et sur l’attente. L’autrice décrit une démarche d’anticipation : proposer un support avant que les questions ne se posent, plutôt qu’au moment où elles surgissent. Deux autres titres ont suivi, Maman est militaire et Papa est marin, et deux ouvrages consacrés au métier de gendarme étaient en préparation au moment de l’entretien.

Le financement du premier ouvrage est passé par une campagne participative, un exercice avec lequel l’invitée dit avoir été mal à l’aise au départ, par crainte de donner l’impression de demander. Elle précise que la campagne n’a pas couvert la totalité du coût d’édition et qu’un apport personnel a été nécessaire. Son regard a changé depuis : elle décrit aujourd’hui le financement participatif comme une démarche de solidarité, et un moteur pour un projet éditorial indépendant.

La ligne des Éditions Pandoure, la maison qu’elle a créée ensuite, est de faire passerelle entre les civils, les militaires et les forces de sécurité intérieure. Camille El Mohri relie ce projet à un souvenir d’enfance qu’elle formule sans détour : on lui demandait de ne pas dire à l’école ce que faisait son père. Son objectif déclaré est que les enfants de militaires, de policiers et de gendarmes n’aient plus à taire le métier de leurs parents, et que ces professions soient mieux connues du grand public, sur le principe qu’on se méfie surtout de ce qu’on ne connaît pas.

Entreprendre quand on est conjoint de militaire

Le parcours entrepreneurial décrit dans l’épisode est progressif : une page de blog sans statut juridique, puis un statut d’auto-entrepreneur au moment de la sortie du premier livre, puis la création d’une société d’édition. Camille El Mohri indique n’avoir suivi aucune formation initiale en gestion, en marketing ou en commerce, et avoir appris ces métiers en les pratiquant. Elle décrit l’entrepreneuriat comme un poste de couteau suisse : comptabilité, communication, relation commerciale et création, sans possibilité de déléguer au début.

Elle signale aussi le revers de la flexibilité recherchée. Le travail indépendant ne s’arrête pas à dix-sept heures, la rentrée d’argent n’a rien d’une solde mensuelle, et la précarité financière est réelle. Sur ce point, elle renvoie les militaires tentés par l’aventure à une comparaison honnête : la condition militaire offre une stabilité de revenus, de géographie et de couverture sociale dont l’entrepreneuriat est dépourvu.

Ses deux conseils de fin d’entretien, adressés aux conjointes de militaires qui veulent se lancer, sont d’apprendre à se connaître avant de bâtir un projet, ce qu’elle-même situe tardivement dans son parcours, et de nourrir sa curiosité en permanence, par les lectures et les contenus spécialisés. L’un et l’autre sont présentés comme des préalables, pas comme des recettes.

Quand la vie de couple devient un motif de départ de l’institution

L’épisode aborde frontalement une situation connue des unités : des militaires qui quittent l’armée parce que leur conjoint supporte mal la vie qu’elle impose. Camille El Mohri dit connaître plusieurs cas de ce type et en retenir un constat sévère, celui de départs regrettés ensuite, avec une reconversion peu épanouissante et une perte pour l’institution comme pour l’intéressé. Elle refuse pour cette raison le mot « sacrifice » dans un couple et lui préfère celui de « concessions ».

Elle décrit dans son propre foyer un arbitrage assumé : c’est son activité, transportable, qui suit les affectations, et non l’inverse. Ce choix tient à la sécurité que représente la condition militaire pour son conjoint, et à l’idée qu’une activité indépendante peut se réinstaller ailleurs alors qu’une carrière militaire interrompue ne se reprend pas. Elle ajoute qu’un couple ne tient, dans ces conditions, que si le militaire accepte lui aussi de se réadapter au retour, dans un foyer qui a fonctionné sans lui pendant des mois.

Sur la question du taux de divorce chez les militaires, souvent présenté comme supérieur à celui du reste de la population, l’invitée précise ne disposer d’aucun chiffre. Faute de source publique vérifiée, cet article n’en avance aucun non plus.

Questions fréquentes

Existe-t-il un statut officiel de femme de militaire ou de conjoint de militaire ?

Non. Il n’existe pas en France de statut juridique de conjoint de militaire : l’expression désigne une condition sociale, pas une catégorie administrative ouvrant des droits propres. Les dispositifs d’accompagnement existent bien, mais ils sont rattachés au militaire, au foyer ou à l’action sociale du ministère des Armées. C’est la raison pour laquelle les conjoints supportent des contraintes fortes, mobilité, absences et horaires imprévisibles, sans que celles-ci se traduisent par un statut identifiable. Le ministère des Armées a évoqué, parmi les pistes du plan Famille 2, la création d’une carte numérique de conjoint, qui faciliterait l’accès aux prestations sans créer pour autant un statut.

Quelles aides existent pour l’emploi du conjoint de militaire ?

L’opérateur du ministère des Armées chargé de cette question est Défense Mobilité, avec une offre spécifique dite « 100 % conjoint ». Elle est ouverte aux conjoints liés par mariage, PACS ou concubinage à un militaire, à un ancien militaire ou à un agent civil du ministère, y compris dans l’année suivant une séparation ou un départ en retraite. Elle comprend un accompagnement individualisé vers l’emploi, des mises en relation avec des employeurs, le cofinancement de formations longues et des formations courtes d’adaptation, des démarches de validation des acquis de l’expérience et des cours de français pour les conjoints non francophones. Le plan Famille 2 y ajoute un guichet dédié et un référent dans chaque pôle régional. Le premier contact se prend auprès de l’antenne Défense Mobilité la plus proche de la garnison.

Comment les familles sont-elles accompagnées pendant une opération extérieure ?

Pendant une opération extérieure, l’accompagnement des familles repose sur trois relais. Le premier est l’unité elle-même, qui maintient un lien avec les familles pendant la durée du mandat. Le deuxième est l’action sociale des armées, mobilisable en cas de difficulté matérielle ou administrative, complétée par les mesures de garde d’enfants du plan Famille. Le troisième est associatif et communautaire, avec des structures comme l’ANFEM et des communautés en ligne de conjointes de militaires, qui jouent un rôle d’information et d’entraide au quotidien. Camille El Mohri souligne que ce dernier relais est souvent le plus utilisé au jour le jour, parce qu’il répond en quelques minutes à des questions très concrètes.

Quels livres expliquent le métier de militaire aux enfants ?

Papa est militaire, autoédité par Camille El Mohri en 2019, est l’un des rares albums de littérature jeunesse francophone consacrés au départ en mission d’un parent militaire. Deux titres l’ont suivi, Maman est militaire et Papa est marin, publiés aux Éditions Pandoure, la maison créée par l’autrice, et deux ouvrages sur le métier de gendarme étaient annoncés au moment de l’entretien. Ces livres ne racontent pas une opération : ils donnent des mots à l’enfant pour nommer l’absence, et aux parents un support pour en parler. L’autrice indique que les retours reçus portent surtout sur cet usage, le livre devenant un objet de réassurance pendant l’absence.

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