#100 – Aumônier militaire dans la Marine nationale

Sur un bâtiment de la Marine nationale, il y a un médecin, un psychologue, des chefs, et parfois un aumônier militaire. Défense Zone a embarqué pendant la mission Jeanne d’Arc 2022 et y a rencontré le père Arnaud, aumônier militaire catholique de la Force d’action navale, à Toulon. Ordonné prêtre pour le diocèse aux armées françaises après une première vie d’enseignant, il a servi en hôpital militaire, dans l’armée de Terre, sur l’opération Sentinelle et en Légion étrangère avant de rejoindre la Marine. Cet entretien décrit une fonction et un statut, pas une foi : ce que fait un aumônier militaire à bord, dans quel cadre juridique il le fait, ce que la laïcité française lui autorise et lui interdit, et pourquoi les armées entretiennent quatre aumôneries alors que la République ne reconnaît aucun culte.

Les analyses et les appréciations développées dans cet épisode sont celles de l’invité et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré à bord en 2022, pendant la mission Jeanne d’Arc. Les éléments de cadre juridique et institutionnel cités dans cet article proviennent de sources officielles datées, indiquées au fil du texte.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Les armées françaises entretiennent quatre aumôneries militaires : catholique, israélite, protestante et musulmane, selon le ministère des Armées.
  • L’aumônier militaire porte un grade unique, dit « grade miroir » : sans correspondance avec la hiérarchie militaire, il est réputé avoir le grade de son interlocuteur, du matelot au commandant.
  • Sa mission officielle tient en trois volets : le soutien cultuel, spirituel et moral, et le conseil au commandement. Il ne note personne et ne commande personne.
  • La charte des aumôniers militaires les engage à n’opérer aucun prosélytisme. L’aumônier catholique embarqué le formule ainsi : il est là pour tout l’équipage, croyants et non croyants.
  • Sa formule pour décrire la cohabitation des cultes à bord : « union sans confusion ». Pendant la mission Jeanne d’Arc 2022, un aumônier musulman puis un aumônier protestant se sont succédé à bord.
  • Son point d’attention principal n’est pas la pratique religieuse mais la force morale : l’éloignement familial sur cinq mois de mer, la fatigue, les phénomènes de groupe et le rapport à la mort.

Qu’est-ce qu’un aumônier militaire ?

Un aumônier militaire est un ministre du culte, ou un représentant laïc d’un culte, qui accompagne le personnel des armées sur le plan religieux, spirituel et moral, à l’intérieur des enceintes militaires et en opération. La fonction n’est pas une tolérance récente : selon le ministère des Armées, dans sa page consacrée à la laïcité publiée le 9 décembre 2025, les aumôniers militaires ont été institués par une loi du 8 juillet 1880, et leur existence permet aux militaires « d’exercer librement le culte de leur choix ».

Le ministère des Armées recense quatre aumôneries militaires : catholique, israélite, protestante et musulmane. Chacune est dirigée par un aumônier militaire en chef. L’aumônerie catholique relève du diocèse aux armées françaises, dont dépend l’invité de cet épisode. Cette organisation en quatre aumôneries est celle que décrit la page du ministère consacrée aux aumôneries aux armées, dans sa version en ligne mise à jour le 12 novembre 2025.

Combien sont-ils ? À l’occasion d’une rencontre entre le chef d’état-major des armées et les aumôniers militaires en chef, le ministère des Armées indiquait, le 28 juin 2023, « plus de 200 aumôniers d’active et 135 aumôniers de réserve », dont une dizaine projetés en permanence en opération extérieure. Le même texte résume leur mission en une formule que l’on retrouve dans tous les documents institutionnels : « le soutien cultuel, spirituel et moral et le conseil au commandement ».

Le statut de l’aumônier militaire et le « grade miroir »

Le statut de l’aumônier militaire est la clé de tout le reste, et c’est le point que l’entretien éclaire le mieux. Lors de leur audition par la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, le 23 septembre 2020, les aumôniers militaires en chef des quatre cultes ont décrit un statut « particulier au sein des armées, dérogatoire par rapport au statut général des militaires » : les aumôniers sont « déliés de l’obligation d’assurer par la force des armes la défense de la Patrie et de l’obligation d’obéissance hiérarchique ». Un aumônier militaire ne porte pas d’arme et ne reçoit pas d’ordre au sens où un subordonné en reçoit.

Le grade suit la même logique. Toujours selon cette audition parlementaire du 23 septembre 2020, l’aumônier militaire dispose « d’un grade unique, sans correspondance avec la hiérarchie militaire générale, un grade souvent qualifié de grade « miroir », c’est-à-dire que l’on considère que vous avez le grade de la personne avec laquelle vous parlez ». C’est exactement ce que l’invité décrit à bord : il s’adresse dans les mêmes termes au plus jeune matelot et au commandant du bâtiment, et il est, dit-il, quelquefois le seul à qui un chef peut parler sans que cela ait de conséquence.

Deux conséquences pratiques en découlent, et l’aumônier catholique de la Force d’action navale y revient plusieurs fois. La première est qu’il ne note personne et n’établit aucun compte rendu nominatif : il rend compte de sa mission à son autorité religieuse, sans détailler les personnes rencontrées. La seconde est la confidentialité des échanges, que l’audition du 23 septembre 2020 mentionne également. Cette confidentialité ne se confond pas avec le secret de la confession, qui relève du seul cadre catholique : elle couvre l’ensemble des conversations, y compris avec des militaires qui ne demandent rien de religieux.

Devenir aumônier militaire : parcours et recrutement

Il n’existe pas de voie unique pour devenir aumônier militaire. L’invité en décrit deux, pour le culte catholique. Certains entrent au séminaire directement pour le diocèse aux armées françaises et sont ordonnés par l’évêque aux armées : c’est son cas, après sept années de séminaire et une première carrière d’enseignant et d’éducateur dans un collège parisien. D’autres sont déjà prêtres dans un diocèse civil, sont mis à disposition des armées pour un temps, puis retournent dans leur diocèse d’origine.

Un aumônier militaire n’est pas non plus rattaché à vie à une seule armée. Le père Arnaud résume le mouvement d’une image : on change de tenue comme on change de maillot. Son parcours est passé par un hôpital d’instruction des armées pendant la période afghane, par des unités de l’armée de Terre en région parisienne et en Légion étrangère, par le dispositif Sentinelle, par la direction du Pèlerinage militaire international, avant la Force d’action navale à Toulon. Ces mutations se décident avec l’autorité religieuse du culte concerné, en lien avec les autorités militaires.

Enfin, tous les aumôniers militaires ne sont pas des prêtres. L’invité rappelle que la fonction est ouverte à des hommes et à des femmes, ministres du culte ou non selon les cultes, et que l’aumônerie militaire compte des aumôniers d’active et des aumôniers de réserve. Les coordonnées des quatre directions d’aumônerie, seule porte d’entrée pour une candidature, sont publiées par le ministère des Armées.

Le quotidien d’un aumônier embarqué en mission Jeanne d’Arc

La mission Jeanne d’Arc est le déploiement annuel de formation des officiers-élèves de la Marine nationale. Pour l’édition 2022, à bord de laquelle cet épisode a été enregistré, le ministère des Armées indiquait le 18 février 2022 que le porte-hélicoptères amphibie Mistral et la frégate Courbet avaient appareillé de Toulon ce jour-là, pour cinq mois de mission. C’est la durée que l’aumônier a passée à bord, et c’est cette durée qui structure son travail.

Ce que décrit l’aumônier militaire embarqué tient d’abord à la pesanteur des jours. Les journées se ressemblent, le rythme des quarts découpe le temps, l’opérationnel crée des pointes puis retombe. S’y ajoute une coupure inhabituelle pour des jeunes gens de vingt ans : à la mer, la connexion n’est pas permanente. Les marins peuvent appeler leur famille beaucoup plus facilement qu’autrefois, mais il existe, dit-il, une forme de sevrage, et l’éloignement de trois à cinq mois reste une épreuve qu’il faut traverser.

Le second point d’attention est le phénomène de groupe. En deux ans de Force d’action navale, l’invité a servi sur cinq bâtiments de tailles différentes, et il décrit un risque connu des équipages : un collectif peut se refermer sur l’un des siens. L’aumônier militaire se présente alors comme une sentinelle, attentive à celui qui s’isole ou que le groupe isole, avec une vigilance particulière pour les plus jeunes et les moins gradés. Il insiste sur un point : ce travail ne se fait jamais seul, mais en lien avec le service médical, le psychologue, le référent mixité et les présidents de catégorie.

Force morale : ce que l’aumônier apporte au commandement

La force morale est la notion que l’entretien place au centre. Ce n’est pas un mot d’aumônier : le ministère des Armées la range dans les missions mêmes de l’aumônerie, en indiquant dans sa page du 9 décembre 2025 que les aumôniers ont pour triple mission de permettre la pratique religieuse, de soutenir les personnels et d’éclairer le commandement sur le moral, « tout en veillant, en lien avec le commandement, à ce que cette pratique ne soit pas prosélyte ».

L’aumônier catholique de la Force d’action navale traduit cette mission par un triptyque qu’il emploie tout au long de l’entretien : le corps, l’esprit, l’âme. Les armées entraînent le corps et forment l’esprit ; sa fonction porte sur la troisième dimension, qu’il appelle le principe spirituel, et qu’il estime nécessaire y compris pour un militaire non croyant. Sa définition est volontairement large : il s’agit de laisser à chacun la liberté de se poser les questions de sens que le métier des armes impose, et non de fournir des réponses.

Le conseil au commandement se comprend à partir de là. L’aumônier militaire n’intervient pas dans la conduite des opérations et n’a pas d’expertise technique à faire valoir. Il éclaire le commandement sur l’état moral d’un équipage, sur les signaux faibles qu’un chef ne voit pas depuis sa position, et sur les questions religieuses concrètes que pose la vie à bord, des horaires de prière aux régimes alimentaires. L’invité y ajoute une exigence de culture religieuse générale : en l’absence d’aumônier d’un autre culte à bord, il doit pouvoir répondre, au moins sur le plan pratique, aux questions des marins de ce culte.

Accompagner la mort, la blessure et le deuil

C’est la part la plus rude du métier, et l’aumônier militaire y revient sans détour. Le militaire est le seul professionnel à qui la société demande, dans un cadre juridique strict, de pouvoir donner la mort et de risquer de la recevoir. L’invité rappelle au passage un élément que l’article de presse oublie souvent : le militaire ne décide pas seul de faire usage de la force, il agit dans un cadre d’engagement défini par l’autorité politique, ce qui ne supprime pas sa responsabilité personnelle mais la situe.

Ancien aumônier en hôpital militaire, il a accompagné des blessés, physiques et psychiques, et des familles. Il décrit les cérémonies de mise en bière comme les moments les plus denses de sa fonction, ceux où la famille demande parfois à l’aumônier de rester seul auprès du défunt. Il évoque aussi le suicide, qui existe dans les armées comme dans toute communauté humaine, et qu’il distingue de la mort au combat : la première laisse une question sans réponse, là où la seconde s’inscrit, pour les proches, dans un cadre qui fait sens.

Sa thèse de fond est sociétale plutôt que religieuse : la mort a été mise à distance. Les générations qui veillaient leurs morts à la maison avaient, selon lui, un rapport plus direct à la fin de vie que celles d’aujourd’hui, et la période du covid a privé beaucoup de familles de l’accompagnement de leurs défunts. D’où son insistance à mettre des mots, y compris en s’appuyant sur le fait que le commandement lui-même a commencé à en parler publiquement devant de jeunes officiers.

Quatre cultes à bord : « union sans confusion »

« Union sans confusion » est la formule que l’invité emploie pour décrire la cohabitation des aumôniers des quatre cultes. Elle recouvre deux idées. La première : les aumôniers militaires travaillent ensemble, mangent ensemble, donnent des conférences ensemble, et l’invité indique avoir animé une conférence sur la force morale avec l’aumônier protestant. La seconde : chacun reste de son culte, et il n’est pas question de fondre les quatre aumôneries en une aumônerie générique. La France compte quatre aumôniers militaires en chef, un par culte reconnu dans les armées.

À bord, cette cohabitation est d’abord une affaire d’espaces et d’horaires. Les bâtiments mettent à disposition des lieux et des créneaux, et la règle que l’invité s’applique est simple : chacun laisse la place à l’autre au moment de son office. Pendant la mission Jeanne d’Arc 2022, un aumônier musulman a été embarqué pour la période du Ramadan, puis un aumônier protestant en dernière partie de mission ; sur le reste du déploiement, l’aumônier catholique était le seul à bord. Il souligne que l’armée est l’un des rares milieux où des représentants de trois ou quatre cultes vivent et travaillent ensemble en permanence.

Sur le prosélytisme, sa position rejoint le cadre officiel. La charte des aumôniers militaires, citée lors de l’audition parlementaire du 23 septembre 2020, engage les aumôniers à « n’opérer aucun prosélytisme ». L’invité formule la même règle à sa manière : il ne force jamais les consciences, il est l’aumônier de tout le bâtiment et non d’un petit groupe de pratiquants, et il n’attend de personne un changement de conviction.

Laïcité dans les armées : ce que dit le cadre officiel

La laïcité dans les armées repose sur une articulation que l’on comprend mal si l’on n’en retient qu’un seul terme. Dans sa réponse à une question écrite publiée le 7 janvier 2020, le ministère des Armées rappelle deux textes complémentaires. D’un côté, l’article L4121-2 du code de la défense dispose que les opinions et croyances, notamment religieuses, sont libres, mais qu’elles ne peuvent être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. De l’autre, la loi du 9 décembre 1905 prévoit le libre exercice des cultes dans les enceintes militaires.

Autrement dit, le militaire ne manifeste pas ses convictions dans l’exercice de ses fonctions, mais l’institution organise les conditions matérielles pour qu’il puisse pratiquer s’il le souhaite. C’est le sens de l’aumônerie militaire, et c’est pourquoi la même réponse ministérielle du 7 janvier 2020 précise que les aumôniers, régis par le décret n° 2008-1524 du 30 décembre 2008, assurent le soutien des personnels « qui le souhaitent ». La mise à disposition des lieux de culte et des salles de prière relève du commandement, qui contrôle l’accès aux enceintes militaires.

L’invité ajoute une remarque de vocabulaire qui explique une bonne part des malentendus : la laïcité n’est pas l’absence de religion, mais la séparation du spirituel et du temporel. Il la situe dans l’histoire française, de la Révolution à la séparation des Églises et de l’État, et observe que les aumôniers militaires des quatre cultes en bénéficient. Il note enfin que cette question se traite avec une réserve particulière en France, là où beaucoup de pays visités pendant une mission de la Marine nationale en parlent plus ouvertement, et il en tire un argument pratique : comprendre le fait religieux fait partie du bagage d’un militaire déployé à l’étranger.

Le rôle social et éducatif de l’aumônier

Le dernier tiers de l’entretien déplace la fonction vers un terrain moins attendu : l’éducation. L’aumônier militaire se réfère explicitement au Rôle social de l’officier, le texte publié par Lyautey en 1891, et transpose : l’officier éduque ses subordonnés, l’aumônier a lui aussi une part de ce travail. Il en donne un exemple historique tiré de ses propres recherches sur les aumôniers du XIXe siècle, alors responsables de la bibliothèque des unités et pourvoyeurs de lectures.

Sur la mission Jeanne d’Arc 2022, cette part s’est traduite par un dispositif interne où chacun, selon son expertise, donnait des cours aux plus jeunes, notamment pour préparer des concours. L’invité rappelle ici une réalité bien documentée de l’institution militaire : les armées restent un ascenseur social pour qui accepte de passer des examens, et il cite le cas, observé pendant la mission, d’un officier général ayant commencé sa carrière comme matelot. Ses conseils de méthode sont d’une banalité assumée : lire un article, le surligner, se poser des questions dessus.

Le conseil qu’il adresse en fin d’épisode à un jeune marin, aviateur ou soldat qui s’interroge ne comporte aucune invitation religieuse. Il tient en une phrase : oser se poser les questions de sens, sans attendre d’y être contraint par une épreuve. Il la conclut par une citation qu’il reprend souvent, « penser, croire, c’est déjà résister, ce sont les armes de l’esprit », et par une réserve qu’il répète à chaque fois qu’il aborde le sujet : dans la liberté de conscience de chacun.

Questions fréquentes

Quels sont les quatre cultes reconnus dans les armées françaises ?

Les armées françaises comptent quatre aumôneries militaires : catholique, israélite, protestante et musulmane. Cette organisation est celle que publie le ministère des Armées dans sa page consacrée aux aumôneries aux armées, mise à jour le 12 novembre 2025, qui donne les coordonnées des quatre directions. Chaque aumônerie est dirigée par un aumônier militaire en chef. Il ne s’agit pas d’une reconnaissance de cultes par la République, qui n’en reconnaît aucun depuis la loi du 9 décembre 1905, mais d’une organisation du service destinée à permettre aux militaires qui le souhaitent d’exercer leur culte dans des enceintes où ils sont, par nature, retenus.

Un aumônier militaire a-t-il un grade ?

L’aumônier militaire a un grade unique, sans équivalence dans la hiérarchie militaire générale, que l’on appelle le « grade miroir ». Lors de leur audition par la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le 23 septembre 2020, les aumôniers militaires en chef ont expliqué que l’aumônier est considéré comme ayant le grade de la personne à laquelle il parle. Ce statut est dérogatoire au statut général des militaires : les aumôniers sont déliés de l’obligation d’assurer par la force des armes la défense de la Patrie et de l’obligation d’obéissance hiérarchique. Concrètement, un aumônier militaire ne commande personne, ne note personne et ne porte pas d’arme.

Comment devient-on aumônier militaire ?

On ne se porte pas candidat directement auprès d’une unité : le recrutement d’un aumônier militaire passe par la direction de l’aumônerie de son culte, qui le présente ensuite aux armées. Pour le culte catholique, l’invité de cet épisode décrit deux voies : l’entrée au séminaire pour le diocèse aux armées françaises, avec une ordination par l’évêque aux armées, ou la mise à disposition temporaire d’un prêtre déjà incardiné dans un diocèse civil. Les aumôniers militaires servent soit en active, à temps plein, soit dans la réserve. Le ministère des Armées indiquait, le 28 juin 2023, plus de 200 aumôniers d’active et 135 aumôniers de réserve.

Un aumônier militaire accompagne-t-il aussi les non-croyants ?

Oui, et c’est le point sur lequel l’aumônier catholique embarqué insiste le plus. La charte des aumôniers militaires les engage à n’opérer aucun prosélytisme, comme l’ont rappelé les aumôniers en chef devant les députés le 23 septembre 2020. Dans la pratique décrite à bord, l’essentiel des sollicitations ne porte pas sur la religion mais sur l’éloignement familial, la fatigue, les tensions de groupe, le deuil ou des questions de sens. L’aumônier est un interlocuteur disponible pour tout l’équipage, quel que soit le grade et quelles que soient les convictions, et la confidentialité de l’échange s’applique de la même manière à tous.

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