Qui équipe réellement les forces spéciales françaises, et comment un industriel de province se retrouve-t-il face à l’opérateur qui portera son matériel ? Défense Zone reçoit Benoît de Saint Sernin, président et cofondateur du Cercle de l’Arbalète, organisateur du salon SOFINS et directeur général de l’École européenne d’intelligence économique. Le Cercle de l’Arbalète est une association loi 1901 qui fédère les entreprises fournissant équipements et services aux forces spéciales, aux unités d’intervention du ministère de l’Intérieur et aux services de renseignement. L’entretien, enregistré fin 2022, parcourt trois terrains que son invité pratique en même temps : l’innovation de défense, l’intelligence économique et la formation aux métiers du renseignement et de la sécurité.
Les analyses développées dans cet épisode sont celles de Benoît de Saint Sernin et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré fin 2022 : les effectifs, les projets de salon et les appréciations qui y figurent décrivent la situation de cette date.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Le Cercle de l’Arbalète est une association déclarée loi 1901, fondée en 2014, qui regroupe des entreprises et non des particuliers, pour rapprocher les équipementiers des forces spéciales, des unités spéciales et des services de renseignement.
- Selon son président, le Cercle comptait environ 120 entreprises membres fin 2022, priorité étant donnée aux sociétés dont la recherche et développement se fait en France.
- L’association n’achète rien et n’est pas un pouvoir adjudicateur. Son rôle s’arrête à la mise en relation : « on est juste celui qui présente le fiancé à la fiancée ».
- Le SOFINS, Special Operations Forces Innovation Network Seminar, est né en 2013 de l’anniversaire du commandement des opérations spéciales : c’est le salon qui a donné naissance au Cercle, et non l’inverse.
- Sa singularité tient au lieu : un camp militaire où le matériel se teste au lieu de se regarder.
- Le défi prioritaire n’est pas le budget mais l’obsolescence technologique : des équipements achetés pour cinq à sept ans dans des domaines qui se renouvellent en deux.
Le Cercle de l’Arbalète : statut, objet et coordonnées
Le Cercle de l’Arbalète est une association de droit français régie par la loi du 1er juillet 1901, c’est-à-dire un groupement sans but lucratif dont les ressources proviennent des cotisations de ses membres et non de la vente de biens. Sa déclaration a été publiée au Journal officiel des associations le 15 janvier 2014 (annonce parue au JOAFE n° 20140005), sous le numéro d’identification au répertoire national des associations W784003971. L’association est immatriculée sous le numéro SIREN 808 074 801 et relève du code d’activité 9499Z, « autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire ». Ces éléments sont ceux publiés au registre au 20 septembre 2026.
Le nom renvoie à l’arbalète, emblème du commandement des opérations spéciales, le COS, qui coordonne depuis 1992 l’emploi des forces spéciales des trois armées. Sur son site officiel, consulté le 20 septembre 2026, le Cercle de l’Arbalète se présente comme « une association française régie par la loi de 1901, dont la mission principale est de rassembler les entreprises innovantes » au service des forces spéciales, des groupes d’intervention du ministère de l’Intérieur et des services de renseignement, autour de trois objectifs : promouvoir l’innovation, anticiper les défis techniques des opérations spéciales et faire se rencontrer opérateurs de terrain et industriels.
Pour le lecteur qui cherche à joindre l’association, les coordonnées publiées sur cercledelarbalete.org au 20 septembre 2026 sont les suivantes : 15, rue de la Pourvoierie, 78000 Versailles, et le 09 71 22 28 65. Le directeur de la publication du site est Benoît de Saint Sernin. Ces coordonnées peuvent évoluer : le site officiel et le Journal officiel des associations restent les deux sources à vérifier avant toute démarche.
Devenir membre : qui peut adhérer et à quel prix
L’adhésion au Cercle de l’Arbalète n’est pas ouverte aux particuliers. Le règlement publié sur le site officiel, consulté le 20 septembre 2026, indique que « seules des personnes morales peuvent adhérer à l’association » : entreprises, centres de recherche, écoles et universités, implantés en France, capables de démontrer une compétence utile aux opérations spéciales et de consacrer des moyens à la recherche et développement. La candidature passe par un dossier, un engagement de confidentialité et un code de conduite, puis par l’approbation du bureau de l’association.
Le mode de soutien est donc la cotisation, et non le don. La grille publiée par le Cercle de l’Arbalète pour l’exercice 2026-2027, relevée le 20 septembre 2026, fixe la cotisation annuelle à 4 400 euros hors taxes pour une grande entreprise, 1 650 euros hors taxes pour une PME, un pôle de compétitivité ou un cluster, 500 euros hors taxes pour une école et 300 euros hors taxes pour une start-up de moins de deux ans. Une formule biennale 2026-2028, de 900 à 8 500 euros hors taxes, ouvre en outre une place d’exposant préréservée au salon.
Cette sélectivité est assumée. La priorité va aux entreprises dont la recherche et développement est conduite en France, pour une raison opérationnelle : si le commandement des opérations spéciales exprime un besoin urgent, un membre qui doit en référer à une maison mère à l’étranger ne sert à rien. Le président du Cercle reconnaît que ce filtre fait des mécontents.
SOFINS, le salon des opérateurs des forces spéciales
Le SOFINS, acronyme de Special Operations Forces Innovation Network Seminar, est un salon biennal créé en 2013 et organisé au camp de Souge, en Gironde, près de Bordeaux. Son origine, telle que la raconte Benoît de Saint Sernin, tient à une commande interne : en septembre 2012, le général Christophe Gomart, alors à la tête du commandement des opérations spéciales, du 1er août 2011 au 20 juin 2013, cherchait une idée pour célébrer les vingt ans de son état-major. Au même moment, le 13e régiment de dragons parachutistes, régiment de renseignement des forces spéciales, venait de quitter l’est de la France pour la Gironde et cherchait à se faire connaître de son nouveau tissu économique local. Les deux besoins se sont rencontrés dans un salon.
La décision a été prise dans un contexte tendu. En novembre 2012, les armées françaises préparaient l’intervention au Mali, et le salon aurait pu être annulé sans difficulté. Le président du Cercle de l’Arbalète attribue à son interlocuteur d’alors le choix de maintenir les deux, au motif que le salon servait précisément à anticiper les besoins en équipement des opérations à venir. Le premier SOFINS a donc été, selon sa formule, « le gâteau d’anniversaire des vingt ans » du COS.
La chronologie est contre-intuitive et l’invité tient à la rétablir : ce n’est pas le Cercle de l’Arbalète qui a créé le SOFINS, c’est le SOFINS qui a donné naissance au Cercle de l’Arbalète. Après la première édition, un retour d’expérience sur la manière dont les entreprises avaient vécu le salon a conduit à prolonger l’exercice toute l’année. L’association a été créée dans la foulée, à partir des exposants, et le salon lui a ensuite été transféré. Le SOFINS est aujourd’hui, au sens économique, une propriété de l’association : la marque, la clientèle et le salon appartiennent à la personne morale.
Pourquoi ce salon ne ressemble pas à Eurosatory
La différence revendiquée du SOFINS avec les grands salons de défense tient au lieu. Le salon se tient sur un camp militaire, ce qui donne accès à des stands de tir, des pistes pour véhicules et une zone aérienne. Le matériel s’y essaie au lieu de s’y exposer : selon le président du Cercle de l’Arbalète, un fabricant qui annonce un drone capable d’éviter les branches en forêt voit l’affirmation vérifiée sur place, et un échec se constate devant tout le monde. C’est le sens de la formule qu’il emploie pour ses deux activités, le salon comme ses écoles : « on en fait pour de vrai ».
Le SOFINS se définit aussi par son public. Le président du Cercle de l’Arbalète le décrit comme le salon de l’opérateur, pas celui des grands chefs : celui qui juge un équipement est celui qui le portera. L’édition préparée au moment de l’entretien prévoyait des villages de test dans la forêt de Souge, avec une séparation dans la journée : essais réservés aux militaires et services français le matin, délégations étrangères l’après-midi, sans garantie que le matériel présenté soit identique.
L’accès est strictement filtré et la répartition des rôles est nette : le commandement des opérations spéciales décide des invitations militaires, y compris étrangères, le Cercle de l’Arbalète décide des invitations civiles et des accréditations de presse. Peu de journalistes en obtiennent une, et l’invité justifie ce choix par la spécialisation du média. Il ajoute que le format, resté volontairement petit, n’a aucune ambition de volume.
Le trophée du Guesclin : l’innovation vient des opérateurs
Le trophée du Guesclin est un prix créé par le Cercle de l’Arbalète et réservé aux opérateurs des forces spéciales et des unités d’intervention. Son principe : associer au moins deux technologies repérées sur le SOFINS pour en tirer un produit ou un service nouveau. La candidature tient en un formulaire, et le prix est décerné conjointement par l’Agence de l’innovation de défense, par l’association et par un partenaire. L’équipe lauréate reçoit une dotation que le président du Cercle chiffre à 5 000 euros.
L’intérêt du dispositif n’est pas la récompense mais la suite. Une idée primée peut se voir affecter un officier de programme chargé de la pousser jusqu’au bout, jusqu’à l’abandon si les essais la démentent, ou jusqu’à l’équipement des armées si elle tient. Le raisonnement du Cercle de l’Arbalète est que l’innovation utile aux opérations spéciales naît souvent chez celui qui exécute la mission, parce que chaque action diffère de la précédente et impose de trouver autre chose.
La même logique inspire SOFTECH, un film d’animation produit par le Cercle de l’Arbalète à partir d’un scénario d’opération spéciale fourni par le commandement des opérations spéciales. Le principe consiste à demander aux industriels membres quels équipements, y compris inexistants à ce jour, ils proposeraient aux personnages pour remplir la mission. Le premier volet date de 2021 ; le second, préparé pour l’édition 2023 du salon, portait sur un engagement de haute intensité face à un adversaire disposant des mêmes moyens que les forces françaises, drones et vision nocturne compris.
Obsolescence technologique : le vrai problème des équipements
L’obsolescence technologique est le décalage entre la durée de vie administrative d’un équipement et le rythme réel de renouvellement de la technologie qu’il embarque. C’est, pour le président du Cercle de l’Arbalète, le sujet central des forces spéciales, davantage que le niveau des budgets. Il décrit un modèle d’acquisition calé sur cinq à sept ans appliqué à des matériels dont l’état de l’art change en deux ans : l’unité reste équipée d’un matériel dépassé alors même qu’il fonctionne.
La piste que défend le Cercle de l’Arbalète est la location plutôt que l’achat, sur le modèle du loueur de matériel de chantier. L’industriel maintient un parc de dernière génération et en assure le maintien en condition opérationnelle ; l’unité prend le matériel pour une mission, le rend, et le paye si elle le casse. Le matériel sorti du haut de gamme redescend vers les forces conventionnelles ou se revend à des partenaires étrangers, sous réserve des autorisations d’exportation d’armement.
Ce ruissellement technologique des forces spéciales vers le reste des armées existe déjà, et l’invité en donne deux exemples. Le fusil d’assaut qui équipe aujourd’hui l’armée de terre a d’abord été employé une quinzaine d’années par les forces spéciales, qui en ont démontré la tenue dans le sable, dans l’eau et dans le froid. Les jumelles de vision nocturne suivent le même chemin. Sur la Direction générale de l’armement, souvent critiquée, l’invité prend le contrepied : la DGA est dimensionnée pour des programmes majeurs, et les très faibles volumes des forces spéciales ne relèvent pas de son échelle.
Intelligence économique ou guerre économique : la différence
La guerre économique est le milieu, l’intelligence économique est la méthode. C’est la distinction que pose Benoît de Saint Sernin : la guerre économique désigne le marché sur lequel se joue un affrontement dur entre acteurs, et l’intelligence économique désigne l’ensemble des pratiques qui permettent d’y agir. Il la résume en trois volets. Se renseigner, d’abord, c’est-à-dire accepter de payer des gens pour chercher de l’information dont le rendement n’est pas immédiat. Se protéger ensuite, car ce qu’un concurrent trouve facilement mesure ce que l’entreprise a mal fermé. Influer enfin, le lobbying étant décrit comme un outil d’influence parmi d’autres.
La frontière avec l’espionnage économique est, selon lui, exclusivement juridique. Un même acte technique, l’interception d’un téléphone par exemple, constitue une infraction dans un pays et une pratique licite dans un autre : la limite est donnée par le droit du lieu où l’acte est commis, non par la nature de l’acte. Il ajoute que la circulation des données par des réseaux traversant plusieurs juridictions rend cette question de rattachement de plus en plus difficile à trancher, ce qui laisse, selon ses termes, de belles heures à la délinquance économique.
L’invité relie cette grille de lecture à la souveraineté industrielle. Il considère que le raisonnement de l’externalisation générale des productions s’effondre sous l’effet des conflits en cours, et cite les tensions autour de Taïwan comme un cas où l’enjeu est d’abord l’approvisionnement en composants électroniques. Sa conclusion, formulée comme une opinion personnelle, est que l’économique commande désormais le militaire plus souvent que l’inverse.
Formation : renseignement, sécurité privée et cybersécurité
La seconde activité de l’invité est la direction d’un groupe de trois écoles, qu’il décrit comme emboîtées. L’École européenne d’intelligence économique, installée à Versailles, a été créée en 2005, après qu’il eut participé à la création de l’École de guerre économique en 1996. Est venue ensuite une école de sécurité privée, puis une école de cybersécurité, toutes deux nées de demandes exprimées par les employeurs du secteur. Les trois délivrent des titres reconnus par l’État et fonctionnent en alternance, ce qui rend la scolarité gratuite pour l’élève et rémunérée.
Le cursus d’intelligence économique se situe au niveau du master, en spécialisation après un premier diplôme, et recrute notamment des profils d’école de commerce, de sciences politiques et d’histoire. Le mémoire de fin d’études y est remplacé par une commande réelle d’entreprise, que l’élève traite comme un consultant et que le commanditaire note. Les promotions restent petites, autour d’une vingtaine d’élèves par classe.
Sur la sécurité privée, son diagnostic est sévère : les postes existent mais les candidats manquent, et il dit avoir plus de 300 postes en attente sans pouvoir les pourvoir. Il attribue cette pénurie à l’empilement des conditions d’accès à la profession, dont l’enquête de moralité conduite avant délivrance de la carte professionnelle, qu’il juge disproportionnée pour les emplois non armés, puis au faible niveau de rémunération et de reconnaissance du métier. Le Conseil national des activités privées de sécurité, le CNAPS, applique ces règles ; l’invité vise le législateur, pas l’organisme.
L’école de cybersécurité assume un positionnement de second rang : elle ne forme pas des ingénieurs mais des opérateurs, recrutés à niveau bac+2 et amenés en deux ans à un titre d’opérateur en cybersécurité, pour décharger les ingénieurs des tâches de surveillance quotidienne.
Un réseau qui s’étend au renseignement et à l’international
L’activité du Cercle de l’Arbalète ne se réduit pas au salon. L’association anime le SOFLAB, dispositif d’appel à projets destiné à faire remonter des solutions techniques, une lettre d’information à ses membres et des ateliers de recherche et développement en visioconférence. Elle organise également un salon du renseignement, volontairement confidentiel et réservé aux professionnels du domaine.
Le périmètre a été fixé dès l’origine : forces spéciales, unités spéciales et services de renseignement, et rien au-delà, à la différence des salons de sécurité intérieure au spectre plus large. Les besoins ne se recouvrent que partiellement : l’autonomie énergétique est décisive pour un détachement projeté loin de ses bases, marginale pour un groupe d’intervention qui opère en centre-ville, l’équipement d’assaut restant commun.
Le Cercle de l’Arbalète a enfin étendu son action hors de France. L’invité indique que l’association gère les équipements présents à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme, l’AILCT, implantée à Jacqueville en Côte d’Ivoire et issue d’une coopération franco-ivoirienne. La logique reste la même qu’au SOFINS : le Cercle ne vend pas, il place le matériel devant ceux qui l’emploient.
Une tombola au profit d’associations de soutien
L’entretien se clôt sur une initiative annoncée par le Cercle de l’Arbalète pour l’édition 2023 du SOFINS : une tombola dont le produit est destiné à des associations qui viennent en aide aux militaires blessés et aux familles de militaires décédés. Quatre lots étaient prévus, un par composante, permettant au gagnant de vivre une opération spéciale en conditions d’entraînement. L’opération était ouverte à tous.
Cette annonce appelle une précision utile au lecteur : le Cercle de l’Arbalète n’est pas lui-même une association d’aide aux blessés, et il ne collecte pas de dons du public. Son objet statutaire, tel qu’il figure au Journal officiel des associations depuis 2014, est de fédérer des personnes physiques et morales pour améliorer l’équipement des forces spéciales et organiser des événements professionnels. Les associations bénéficiaires de ce type d’opération sont des structures distinctes, avec leurs propres statuts et leurs propres circuits de dons, et c’est auprès d’elles directement qu’un particulier souhaitant soutenir des militaires ou leurs familles doit se renseigner.
Interrogé sur ce qu’il retient de l’univers militaire pour son activité d’entrepreneur, l’invité répond par un trait de caractère : ne pas lâcher, et chercher un autre chemin quand le premier se ferme. Son conseil à qui veut créer dans la défense tient en une ligne : avoir une vision qui se résume à une phrase, et s’y tenir.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Cercle de l’Arbalète ?
Le Cercle de l’Arbalète est une association française déclarée, régie par la loi de 1901, qui fédère les entreprises fournissant équipements et services aux forces spéciales, aux unités d’intervention du ministère de l’Intérieur et aux services de renseignement. Sa déclaration a été publiée au Journal officiel des associations le 15 janvier 2014. Elle est propriétaire du salon SOFINS, organisé tous les deux ans au camp de Souge, en Gironde. Elle n’achète pas de matériel et n’attribue pas de marché : son rôle est la mise en relation. Son siège est à Versailles, son site officiel cercledelarbalete.org.
Que veut dire SOFINS et qui peut y participer ?
SOFINS est l’acronyme de Special Operations Forces Innovation Network Seminar. Créé en 2013, c’est un salon biennal consacré à l’innovation au profit des forces spéciales, organisé par le Cercle de l’Arbalète au camp de Souge, près de Bordeaux. Il n’est pas ouvert au grand public. Les invitations militaires, y compris les délégations étrangères, relèvent du commandement des opérations spéciales ; les invitations civiles et les accréditations de presse relèvent de l’association. Côté exposants, la place se gagne par l’adhésion au Cercle de l’Arbalète, dont les membres sont prioritaires.
Comment une entreprise peut-elle adhérer au Cercle de l’Arbalète ?
Seules des personnes morales peuvent adhérer au Cercle de l’Arbalète : entreprises, centres de recherche, écoles et universités implantés en France, disposant de moyens de recherche et développement et d’une compétence utile aux opérations spéciales. La candidature comporte un dossier, un engagement de confidentialité et un code de conduite, et doit être approuvée par le bureau. Le soutien prend la forme d’une cotisation, dont la grille 2026-2027 relevée le 20 septembre 2026 va de 300 euros hors taxes pour une start-up de moins de deux ans à 4 400 euros hors taxes pour une grande entreprise. Il ne s’agit pas d’un appel aux dons du public.
Quelle est la différence entre intelligence économique et espionnage industriel ?
L’intelligence économique est un ensemble de pratiques légales consistant à rechercher de l’information utile à une organisation, à protéger la sienne et à exercer une influence sur son environnement. L’espionnage industriel désigne les mêmes finalités poursuivies par des moyens interdits par la loi. Selon Benoît de Saint Sernin, la frontière n’est pas technique mais juridique : c’est le droit du pays où l’acte est commis qui détermine s’il est licite, et un procédé autorisé dans un État peut être pénalement réprimé dans un autre. Une entreprise qui structure une démarche d’intelligence économique a donc intérêt à cadrer juridiquement ses pratiques avant de les déployer à l’international.
À écouter également
- #214 : L’avenir des forces spéciales et Sofins 2025 (avec Benoit de Saint-Sernin)
- #103 : Les coulisses du Commandement des opérations spéciales
- #135 : Conversation avec Alain Juillet (ex-DGSE)
- #25 : Formation des agents de sécurité privée (avec Tibor Vass)
- #76 : Eurosatory, le plus grand salon Défense au monde
Pour aller plus loin sur Défense Zone
- Le commandement des opérations spéciales (COS)
- Le commandement des forces spéciales Terre (COM FST)
- Le CPA 10, forces spéciales de l’armée de l’Air et de l’Espace
- Le GIGN, unité d’élite de la Gendarmerie nationale
- L’Agence de l’innovation de défense et les start-up
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