#91 – Commander un porte-hélicoptères amphibie

Commander un porte-hélicoptères amphibie, c’est diriger en même temps un bâtiment de combat de 199 mètres, une petite ville flottante et une école. En 2022, Défense Zone est monté à bord du PHA Mistral pour s’entretenir avec son commandant, le capitaine de vaisseau Alexis Muller. Officier passé par les commandos marine, ancien commandant d’une frégate type La Fayette, il a pris le commandement du Mistral en juillet 2020 et l’a remis le 19 juillet 2022 au capitaine de vaisseau Olivier Roussille, selon la Marine nationale. Cette année-là, il était aussi le commandant du groupe amphibie de la mission Jeanne d’Arc, qui associait le PHA Mistral et la frégate Courbet. L’entretien a été enregistré à bord, pendant le déploiement. Il porte moins sur le bâtiment que sur ce que veut dire, concrètement, exercer le commandement à la mer.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le porte-hélicoptères amphibie de type Mistral mesure 199 mètres pour 32 mètres de large et déplace 21 500 tonnes. Son équipage permanent compte 177 marins et il peut embarquer de 400 à 900 soldats, selon la fiche officielle de la Marine nationale.
  • Le commandant du Mistral résume sa fonction en trois domaines : les ressources humaines, l’activité opérationnelle et le patrimoine, c’est-à-dire l’entretien d’un bâtiment dont la vie utile se compte en dizaines d’années.
  • Sa définition sépare nettement commandement et management : le commandement, explique-t-il, « ça peut amener jusqu’à la décision soit de donner la mort, soit d’être prêt à accepter la mort » pour soi ou pour une partie de son équipage.
  • La mission Jeanne d’Arc est l’école d’application des officiers de marine : cinq mois de mer sur cinq mers différentes, pour transformer des élèves sortis de l’École navale en chefs de service.
  • Le capitaine de vaisseau Alexis Muller a placé son temps de commandement sous une devise en trois mots, reprise des initiales du bâtiment : combativité, cohésion, modernité.
  • Sa conviction de fond, héritée des forces spéciales : « le premier système d’armes, c’est l’homme » qui se tient derrière l’équipement technique.

Qu’est-ce qu’un porte-hélicoptères amphibie ?

Un porte-hélicoptères amphibie, ou PHA, est un bâtiment de guerre qui combine un pont d’envol pour hélicoptères, un radier capable de mettre à l’eau des engins de débarquement, un garage pour véhicules blindés, un état-major embarqué et un hôpital. C’est cette combinaison qui le distingue d’un porte-avions comme d’un transport de troupes : le PHA sert à porter une force de l’armée de Terre depuis la mer jusqu’à la côte, puis à la soutenir une fois débarquée.

Selon la fiche officielle de la Marine nationale, le porte-hélicoptères amphibie de type Mistral mesure 199 mètres de long pour 32 mètres de large, déplace 21 500 tonnes et file 19 nœuds. Son équipage permanent est de 177 marins, auxquels s’ajoutent les états-majors et les forces embarquées. Le bâtiment peut accueillir de 400 à 900 soldats selon la configuration, met en œuvre jusqu’à 16 hélicoptères, dispose d’un radier de 885 m² pour les engins de débarquement et d’un hangar de 2 650 m² pouvant recevoir une soixantaine de véhicules blindés ou treize chars. Son hôpital compte 69 lits et deux blocs opératoires.

La Marine nationale arme trois bâtiments de ce type : le Mistral, admis au service actif en 2006, le Tonnerre en 2007 et le Dixmude en 2012. Tous trois sont basés à Toulon. Au moment de l’entretien, le commandant rappelle que son bâtiment a une quinzaine d’années et que la vie d’un navire de ce gabarit se compte en trente-cinq à quarante ans : c’est cet horizon qui justifie qu’une part de son temps aille à l’entretien plutôt qu’à l’opération du jour.

Commander un porte-hélicoptères amphibie : le rôle du pacha

À bord, le commandant est appelé le pacha. Le capitaine de vaisseau Alexis Muller commence par la formule traditionnelle de la marine, celle du commandant maître à bord après Dieu, puis la traduit immédiatement en tâches. Commander un porte-hélicoptères amphibie, dit-il, c’est organiser l’activité d’une petite ville de façon à répondre aux objectifs de la mission, et se projeter assez loin pour absorber les demandes qui n’ont pas encore été formulées.

Il range ce travail dans trois grands domaines. Le premier est celui des ressources humaines : faire en sorte que chaque marin, du quartier-maître au commandant, soit heureux de naviguer et de remplir sa mission. Cela suppose, insiste-t-il, de redonner du sens à chaque briefing d’activité, et pas seulement à la mission générale. Le deuxième domaine est l’activité opérationnelle, avec une nuance qu’il juge essentielle : une mission donnée n’emploie qu’une partie des capacités du bâtiment, et il faut entretenir les autres, parce qu’une mission se reformule ou change.

Le troisième domaine est le patrimoine. Le commandant visite régulièrement les locaux du bâtiment lors de ce que la marine appelle des inspections ; on lui présente l’état des installations, les difficultés et les travaux réalisés. Il assume que l’exercice comporte une part de rituel, mais le défend comme le seul moyen de garantir dans la durée qu’un navire prévu pour plusieurs décennies vieillisse bien. Il y ajoute un volet récent, l’analyse prédictive appliquée aux machines : avec des automates de plus en plus nombreux, savoir lire les données permet d’anticiper les pannes au lieu de les subir.

Le commandant ne travaille pas seul. Il décrit son état-major comme son filet de sécurité, et les chefs de service comme le relais qui décline le sens général jusqu’aux cadres de proximité. Sa propre règle d’emploi du temps en découle : il laisse son état-major faire tourner le bateau, participe aux entraînements et passe le reste de ses journées à circuler dans le bâtiment pour capter les signaux faibles, ceux d’un marin qui va moins bien ou qui sourit moins qu’à l’habitude.

La mission Jeanne d’Arc, école d’application des officiers de marine

La mission Jeanne d’Arc est le déploiement annuel au cours duquel la Marine nationale forme ses futurs officiers en conditions réelles. L’édition 2022, commandée par le capitaine de vaisseau Alexis Muller, a appareillé de Toulon le 18 février 2022 avec le PHA Mistral et la frégate type La Fayette Courbet. Elle embarquait l’École d’application des officiers de marine, un groupement tactique embarqué de l’armée de Terre, un détachement de la flottille 35F et des éléments de la flottille amphibie.

Le commandant décrit la singularité de cette mission par ses deux objectifs superposés. Le premier est la formation : les officiers élèves sortent de l’École navale avec deux années essentiellement académiques derrière eux, et la Jeanne d’Arc leur apporte le volet pratique. Ils occupent des postes de quart à la passerelle, au central opérations et aux machines. L’ambition qu’il formule tient en deux mots : leur faire faire leur mue technique, pour qu’ils sachent employer les équipements modernes du bord, y compris en mode dégradé, et leur mue comportementale, pour qu’ils quittent le costume d’étudiant.

Le mode dégradé n’est pas une clause de style. Combattre demain, explique le commandant du Mistral, c’est potentiellement encaisser des coups, voir des systèmes fonctionner moins bien ou se faire dénier certaines capacités par l’adversaire. Un officier élève doit donc savoir se servir d’un équipement quand il ne délivre plus toutes ses fonctions, et pas seulement quand tout marche.

Cinq mois, cinq mers : le volet opérationnel de la Jeanne d’Arc 2022

Le second objectif de la mission Jeanne d’Arc est opérationnel et diplomatique. Le déploiement 2022 a duré cinq mois sur cinq mers : Méditerranée au départ de Toulon mi-février, puis mer Rouge, océan Indien, golfe de Guinée, Atlantique et Antilles françaises, avant un retour en Méditerranée et à Toulon à la mi-juillet. Le commandant souligne que cette cinématique n’est pas un tour du monde touristique : elle traverse des zones maritimes denses, où la France a des intérêts à défendre et des partenariats à entretenir.

Concrètement, la mission enchaîne les exercices de coopération bilatéraux et multilatéraux au fil des zones traversées : le commandant cite des entraînements conduits avec les marines égyptienne, jordanienne et indienne. Le groupe a également conduit deux opérations de lutte contre le narcotrafic, en océan Indien et dans le golfe de Guinée, où les officiers élèves ont été insérés dans les équipes de visite. L’exercice amphibie Wakri s’est déroulé au large de Djibouti du 12 au 15 mars 2022, et la mission s’est conclue par l’exercice Étendard les 11 et 12 juillet 2022, au cours duquel les rênes du groupe ont été confiées à un état-major exclusivement composé d’officiers élèves.

Le passage par les outre-mer, la Réunion puis les Antilles, ajoute une dimension que le commandant juge structurante pour la préparation à un engagement majeur : y exercer ensemble les forces de souveraineté déjà stationnées sur zone et les forces venues de métropole pour les renforcer. Même logique lors des escales à Djibouti et dans le golfe de Guinée, où le groupe a travaillé avec les forces françaises de présence.

L’actualité s’est invitée d’elle-même. Le Mistral a appareillé mi-février 2022, une dizaine de jours avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Les officiers élèves ont vu sur les écrans radar la situation navale que les journaux décrivaient, présence de bâtiments russes comprise. Pour le commandant, c’est exactement ce qui ancre une formation dans le monde réel : un cours sur le brouillard de la guerre vaut moins qu’un conflit qui éclate pendant le déploiement.

Commander ou manager : former des chefs à la force morale

Interrogé sur le mot management, le capitaine de vaisseau Alexis Muller tranche pour le commandement. La différence, telle qu’il la pose, ne tient pas au vocabulaire mais à la nature de la décision : le commandement peut mener à donner la mort, ou à accepter de la recevoir, pour soi comme pour une partie de son équipage. Commander, résume-t-il, c’est savoir convaincre, apprécier son personnel et, de temps en temps, le contraindre, y compris pour aller vers cet engagement-là.

La force morale est le second pilier de ce qu’il attend de la mission Jeanne d’Arc. Il la décrit comme un cheminement intérieur qui se construit sur trois domaines. Le physique d’abord : les quarts de nuit, l’endurance de cinq mois de mer, les épreuves sportives organisées sur le pont d’envol, autant d’occasions de tester ses limites. Le psychologique ensuite, par la réflexion explicite sur ce que signifient donner et recevoir la mort. Le domaine intellectuel et spirituel enfin, que chacun développe à sa manière.

Cinq mois en équipage jouent aussi un rôle de rupture. Le commandant observe que le déploiement coupe les officiers élèves du cocon familial qu’ils conservaient encore pendant leurs années d’école, et que ce changement de paradigme développe la confiance en soi, la combativité et le courage. Des cours de leadership complètent le dispositif, mais il les présente pour ce qu’ils sont : le début d’un cheminement, pas son aboutissement.

Devenir commandant : parcours qualifiant et préparation

On ne devient pas commandant du jour au lendemain. Le capitaine de vaisseau Alexis Muller décrit un parcours initiatique et qualifiant, jalonné d’étapes et de sélections successives, qui suppose aussi une volonté personnelle assumée. Entré à l’École navale en visant l’aéronautique navale, il bascule vers les commandos marine après avoir rencontré des opérateurs venus raconter leurs opérations : l’engagement physique et la dimension patriotique du métier répondaient à ce qu’il cherchait.

L’ambition de commander un bâtiment est restée en arrière-plan. Entre ses périodes en commando, il a donc veillé à occuper des postes sur bâtiments de surface, de façon à conserver un parcours qualifiant et à rester dans le vivier des officiers sélectionnables. Il en tire un conseil sans détour : sans cette volonté-là, on n’accède pas au commandement, et l’ambition personnelle est ce qui permet ensuite de fixer une ambition au bâtiment et d’être exigeant envers son équipage.

Les tableaux de commandement, qui désignent les officiers appelés à prendre un bâtiment, tombent environ six mois à l’avance. Le commandant y voit le temps nécessaire pour arriver avec un projet. Le sien tient dans trois mots repris des initiales du bâtiment : combativité, cohésion, modernité. C’est la même consigne qu’il donne aux officiers élèves qui rejoindront bientôt un poste de chef de service : réfléchir avant l’affectation à ce qu’ils veulent faire de leur temps de commandement.

De son passage aux commandos marine, il dit avoir gardé le goût des modes d’action innovants. La doctrine et les procédures existent et s’appliquent, mais elles sont faites pour évoluer. Il encourage ses équipes à regarder comment font les autres bâtiments du même type, et au-delà du bloc occidental lorsque les exercices multinationaux en donnent l’occasion.

Une trentaine de spécialités : le quotidien d’un équipage

Un porte-hélicoptères amphibie fait cohabiter une trentaine de spécialités, ce qui constitue selon le commandant une particularité de la Marine nationale. Le mécanicien qui entretient les moteurs, le boulanger et le cuisinier qui nourrissent le bord, le chef de quart, le radariste qui veille à la navigation, les opérateurs du central opérations qui surveillent les pistes autour du bâtiment, les transmetteurs qui tiennent les réseaux informatiques : chacun est venu chercher autre chose dans la marine.

De cette diversité, le commandant du Mistral tire une méthode de management directe. Puisque les motivations diffèrent, il faut connaître son personnel pour savoir comment donner du sens à chacun, et cela s’obtient en occupant le terrain, pas depuis un bureau. C’est la consigne qu’il donne à ses officiers, et celle qu’il s’applique.

Le renouvellement des contrats illustre la même exigence. Les marins engagés signent des contrats de quatre ans renouvelables ; à chaque renouvellement, le commandant reçoit lui-même l’intéressé plutôt que de laisser la signature au bureau administratif, pour replacer l’engagement dans le contexte géopolitique du moment et dans les risques qu’il comporte.

Guerre en Ukraine, engagement et recrutement dans la Marine nationale

Le déclenchement de la guerre en Ukraine, alors que le groupe Jeanne d’Arc venait d’appareiller, a produit un effet visible à bord. Le commandant raconte avoir senti, au passage du canal de Suez, des interrogations chez les marins et dans les familles : la cinématique de la mission allait-elle changer, le bâtiment allait-il rentrer en Europe ? Il décrit aussi des discussions, dans les groupes de militaires sur les réseaux sociaux, où certains se demandaient s’ils avaient fait le bon choix en s’engageant.

Il ne considère pas cette prise de conscience comme un problème, mais comme une occasion. Les campagnes de recrutement, reconnaît-il, mettent en avant l’aventure ; le rôle du commandement est de recentrer la motivation et de rappeler que l’engagement militaire comporte le sacrifice ultime et, potentiellement, le fait de donner la mort. La mission Jeanne d’Arc facilite ce travail d’éducation : des conférenciers embarquent pour parler d’histoire militaire et du sens de l’engagement, et leurs conférences sont ouvertes à l’équipage, pas seulement aux officiers élèves.

Sur le recrutement lui-même, le commandant fait un parallèle avec les attentats de 2015 en France, après lesquels des vocations s’étaient manifestées vers les armées et les services de renseignement. Il anticipe un effet comparable après 2022, sans trancher : il faudra, dit-il, regarder les statistiques.

Un dernier chantier l’occupe, hérité des discours du chef d’état-major des armées : la préparation ne se limite plus au monde physique. Il y a aussi le monde des perceptions, l’empreinte numérique laissée par les équipages sur les réseaux sociaux, et les espaces communs que sont le cyber et le spatial. D’où une part d’éducation des marins à la sécurité opérationnelle, en parallèle des entraînements qui se rapprochent chaque année davantage des conditions réelles d’emploi des armes.

Du secours aux populations au débarquement : les missions d’un PHA

Le commandant termine par le spectre d’emploi de son bâtiment, qu’il ordonne du temps de paix au temps de guerre. À une extrémité, ce qu’il appelle l’amphibie humanitaire : l’assistance aux populations après une catastrophe naturelle. Le sujet a été travaillé pendant la mission Jeanne d’Arc 2022, en océan Indien puis aux Antilles avec l’exercice Caraïbes 22, en vue de la saison cyclonique. La référence reste l’ouragan Irma, qui a frappé les Antilles françaises en 2017.

Vient ensuite l’évacuation de ressortissants. Le Mistral a été engagé à ce titre au Liban en 2006, pendant l’opération Baliste, lorsque l’affrontement entre l’armée israélienne et le Hezbollah a rendu nécessaire le départ des ressortissants français. Le commandant y rattache une fonction qu’il juge centrale pour un porte-hélicoptères amphibie : la capacité d’accueil, qu’il s’agisse de ressortissants traumatisés, de soldats de l’armée de Terre, de pilotes d’hélicoptère, d’un état-major de force ou de médecins appelés à opérer à bord.

À l’autre extrémité du spectre viennent l’engagement de vive force et le débarquement amphibie. Le commandant cite l’opération Harmattan, menée au large de la Libye en 2011, où des hélicoptères embarqués ont conduit des frappes sur la frange côtière. Dans l’hypothèse d’un affrontement de haute intensité, c’est l’ensemble des capacités du bâtiment qui serait employé. Il relie ce spectre à une tendance de fond : la concentration des populations sur les franges littorales rend probable que les opérations de demain viennent de la mer, ce qui suppose d’entraîner ensemble la marine, l’armée de Terre et l’armée de l’Air et de l’Espace.

Questions fréquentes

Comment devient-on commandant d’un bâtiment de la Marine nationale ?

Le commandement d’un bâtiment de la Marine nationale se prépare sur l’ensemble d’une carrière d’officier. Le capitaine de vaisseau Alexis Muller, commandant du PHA Mistral de juillet 2020 à juillet 2022, décrit un parcours qualifiant : une alternance de postes qui valide progressivement les compétences attendues et maintient l’officier dans le vivier des candidats sélectionnables. Dans son cas, cela a supposé de revenir régulièrement sur bâtiment de surface entre ses affectations en commando marine. La désignation elle-même passe par les tableaux de commandement, publiés environ six mois avant la prise de fonction, délai qu’il juge destiné à préparer un projet de commandement plutôt qu’à organiser un déménagement.

Pourquoi appelle-t-on le commandant d’un navire le pacha ?

Pacha est le surnom traditionnel donné dans la marine au commandant d’un bâtiment. Il renvoie à l’étendue de son autorité à bord, que la formule ancienne résume en faisant du commandant le maître à bord après Dieu. Dans cet épisode, le commandant du Mistral traduit ce surnom en responsabilités concrètes plutôt qu’en privilèges : organiser l’activité de l’équipage pour répondre aux objectifs de la mission, anticiper les sollicitations à venir, et répondre de trois domaines, les ressources humaines, l’activité opérationnelle et l’entretien du bâtiment.

Qu’est-ce que la mission Jeanne d’Arc de la Marine nationale ?

La mission Jeanne d’Arc est le déploiement annuel de plusieurs mois qui sert d’école d’application aux officiers élèves sortant de l’École navale. Elle poursuit deux objectifs simultanés : une formation pratique au métier de marin et d’officier, et une mission opérationnelle et diplomatique réelle. L’édition 2022 a appareillé de Toulon le 18 février avec le porte-hélicoptères amphibie Mistral et la frégate type La Fayette Courbet, pour cinq mois et cinq mers, de la Méditerranée aux Antilles en passant par la mer Rouge, l’océan Indien et le golfe de Guinée. Le nom vient du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, qui assurait cette mission de formation avant son retrait du service.

Quelles sont les missions d’un porte-hélicoptères amphibie ?

Un porte-hélicoptères amphibie couvre un spectre qui va de l’aide aux populations à l’assaut depuis la mer. En temps de paix, il apporte une assistance humanitaire après une catastrophe naturelle, grâce à ses hélicoptères, à son hôpital embarqué et à sa capacité d’accueil. En situation de crise, il évacue des ressortissants, comme le Mistral au Liban en 2006. En cas d’engagement, il sert de base à des hélicoptères conduisant des frappes sur la frange côtière, comme lors de l’opération Harmattan au large de la Libye en 2011, et peut mettre à terre un groupement de l’armée de Terre par son radier et son pont d’envol. Il sert enfin de bâtiment de commandement pour un état-major de force embarqué.

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