#7 – Lara Tactical : des forces spéciales à l’entrepreneuriat

En mars 2021, Johan Lara venait d’échanger treize années sous l’uniforme, dont onze dans une unité des forces spéciales terre, contre un statut d’indépendant et une caméra. Sa chaîne Lara Tactical comptait alors un peu plus de 41 000 abonnés et ses premières formations au tir en ligne sortaient tout juste. Cinq ans plus tard, la structure qu’il dirige depuis Bayonne opère sous le nom de Lara Academy et son catalogue déborde largement le tir, jusqu’à la préparation opérationnelle et le secourisme. Cet entretien reste l’un des plus écoutés du podcast, parce qu’il documente ce dont on parle peu : le coût réel d’une reconversion, l’état de l’instruction au tir dans les services, et la place que la société française réserve à l’arme à feu.

Les analyses développées dans cet épisode sont celles de Johan Lara et n’engagent que lui.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Treize ans de service : deux ans dans une unité conventionnelle de l’infanterie de marine à partir de 2006, puis près de onze ans comme opérateur au 1er RPIMa, le régiment des forces spéciales terre implanté à Bayonne.
  • Sa chaîne YouTube réunissait plus de 41 000 abonnés au moment de l’enregistrement, avec une audience composite : tireurs sportifs, professionnels, pratiquants d’airsoft et curieux venus d’autres disciplines.
  • Son diagnostic sur l’entraînement institutionnel est sans détour : « quelqu’un qui tire 50 ou 90 cartouches par an, il y a une insuffisance ». Le problème, selon lui, tient moins à la qualité des écoles qu’au temps alloué et à la disponibilité des pas de tir.
  • Il chiffrait le tir sportif français à un peu plus de 100 000 pratiquants, face à des chasseurs qui se comptent en millions : « c’est une toute petite niche, en réalité ».
  • Côté acquisition, il évoquait en 2021 un délai d’environ neuf mois entre l’inscription en club et l’achat d’une arme de catégorie B, pour un pistolet facturé entre 600 et 900 euros selon le modèle.
  • Sur sa reconversion, il ne romance rien : parti sans pension militaire, passé par le chômage, deux années de dépenses personnelles avant que l’activité tienne debout. « Il y a les factures qui tombent à la maison. »

Treize ans sous l’uniforme

Le parcours commence en 2006, dans un régiment d’infanterie de marine. À l’époque, l’unité des forces spéciales qu’il vise ne recrute plus directement : il faut d’abord faire ses preuves ailleurs. Deux ans plus tard, il rejoint le 1er RPIMa, où il servira comme opérateur pendant près de onze ans.

Ce qui l’attirait n’était pas le matériel ni le prestige, mais un ensemble de valeurs qu’il avait observées chez des anciens rencontrés vers 14 ou 15 ans : autonomie, dépassement de soi, capacité à recevoir une mission précise, à apprendre vite et à restituer vite. Il replace d’ailleurs son unité dans un ensemble plus large, aux côtés des commandos marine et des commandos parachutistes de l’air, et se garde de toute hiérarchie entre elles. Le hasard des rencontres a fait le reste : « si ça se trouve, j’aurais pu être commando marine ».

Un point revient plusieurs fois dans l’entretien, et il y tient : il refuse de tirer une légitimité de son ancienne affectation. « Je ne me servirai pas de ça pour donner une quelconque crédibilité à mon discours. » Ce qu’il vend aujourd’hui, dit-il, ce sont ses recherches actuelles, pas son ancien insigne.

Ce que l’armée laisse derrière

Le premier est domestique. Devenu père après son départ, il estime avoir eu de la chance de ne pas avoir connu les deux en même temps : le rythme d’une unité spécialisée, entre missions et entraînements, ressemble selon son image à « un TGV dans lequel on monte à bord » et qui ne s’arrête pas. Il n’aurait pas vu grandir son enfant.

Le deuxième est personnel. Ce qui reste, ce sont des étalons de comparaison. Avoir eu froid, faim, avoir dormi dans la boue crée un référentiel qui relativise durablement les contrariétés civiles. « Quand on a des sous, on est content ; quand on n’en a plus, on se dit que ce sera mieux demain. »

Le troisième est managérial, et c’est le plus inattendu. Il décrit avec franchise le jeune opérateur qu’il était, persuadé, « à la testostérone », que la hiérarchie ne comprenait rien. Passé de l’autre côté, avec des salariés, des échéances, des comptes à rendre et des décisions dont dépend l’équilibre de son foyer, il relit autrement les chefs qu’il critiquait. « Aujourd’hui, je les comprends beaucoup mieux. » C’est peut-être le legs le plus concret de l’institution : une compréhension tardive de ce que coûte le fait de décider.

« La pédagogie de la baffe dans le casque »

Sur sa manière d’enseigner, il est catégorique : l’armée ne la lui a pas donnée. Il évoque au contraire, pour les générations engagées au milieu des années 2000 et avant, une méthode qu’il résume d’une formule restée : « la pédagogie de la baffe dans le casque ». Efficace pour faire exécuter, moins pour faire comprendre.

Son approche vient plutôt d’un souvenir scolaire. Mauvais élève, il n’a jamais eu le sentiment d’être compris ni de vivre au rythme de l’enseignement qu’on lui servait. D’où une règle simple, qu’il applique aujourd’hui : se placer de l’autre côté du miroir et se demander comment une personne comme celle qu’il était aurait aimé qu’on lui explique les choses.

Sa satisfaction professionnelle tient d’ailleurs en une phrase entendue en fin de stage : « je n’avais jamais vu ça sous cet angle ». Non pas détenir la vérité, précise-t-il aussitôt, mais « donner du grain à moudre » et faire gagner du temps. « La transmission des savoirs, c’est ce qui définit le mieux l’humain. »

Trois métiers, un même socle

Lara Tactical n’est, précise-t-il, que le nom d’enseigne. Derrière, l’activité se déploie sur trois axes distincts.

Les deux premiers sont le conseil au cinéma, où il aide des productions à restituer non seulement des gestes mais un état intérieur, celui d’un militaire qui rentre après quatre mois de mission, et la recherche et développement auprès d’industriels de l’armement, nourrie par une pratique de tir quotidienne.

Le troisième, et le plus visible, est la formation au tir professionnel pour des services étatiques : policiers, gendarmes, militaires, unités spécialisées. Il y définit son rôle avec précaution. Ces unités connaissent leur tactique ; lui apporte un complément technique, ou une spécialisation qui leur manque ponctuellement. Et il pose une limite explicite : sollicité sur un domaine qu’il n’a pas pratiqué, comme la progression sous bouclier balistique lourd, il répond non. « Je ne suis pas un vendeur de tapis. »

Il ajoute un détail peu connu de son parcours : il a passé un diplôme d’armurier, environ deux mois de préparation dont trois semaines en école, sanctionné notamment par un questionnaire portant sur le code de la sécurité intérieure. C’est là qu’il a découvert la balistique intérieure, les pressions dans le canon, la chimie des poudres. Il en parle avec une fascination assumée, doublée d’un malaise qu’il ne cache pas : « c’est quand même fait pour blesser son prochain, et je suis profondément humaniste ».

« Cinquante cartouches par an »

C’est le passage le plus documenté de l’entretien, et probablement le plus utile. La question posée est simple : la formation au tir dans les institutions est-elle suffisante ?

Sa réponse commence par écarter une cible facile. Les écoles de tir de la police, dit-il, ne sont pas mauvaises ; les instructeurs qui en sortent disposent d’éléments de langage, de réponses, et forment eux-mêmes en cascade. Le problème est ailleurs, et il est arithmétique. « Quelqu’un qui tire 50 ou 90 cartouches par an, il y a une insuffisance. » On peut multiplier les simulateurs, à un moment il faut se placer derrière une arme.

Il identifie trois facteurs qui se cumulent : le volume de munitions alloué, la disponibilité des pas de tir, et l’intérêt que l’instructeur parvient à susciter. Quand les trois se dégradent ensemble, la chaîne complète est compromise. Il décrit le scénario type d’un commissariat où quatre postes de tir doivent absorber tout l’effectif, avec des séances expédiées « entre midi et deux ». « Comment voulez-vous restituer quelque chose ? Ce n’est pas possible. »

Quant aux solutions, il évoque la privatisation de l’instruction sans la présenter comme la réponse, notant honnêtement qu’il aurait intérêt à la défendre. Le risque, à ses yeux, est la perte de cohérence doctrinale pour des agents amenés à ouvrir le feu sur la voie publique. Il y voit un appoint contrôlé, pas un transfert.

Un faux débat sur les civils

À l’époque de l’enregistrement, il ne formait pas de tireurs civils, pour deux raisons qu’il expose sans détour. La première est réglementaire : il n’était pas moniteur agréé par la fédération française de tir et souhaitait le devenir. La seconde relève de l’image : la question de la sécurité, en France, expose immédiatement celui qui s’y aventure.

Sa position, développée longuement, tient en une distinction. Il réserve strictement la tactique aux professionnels. En revanche, il juge absurde de refuser toute instruction technique à un tireur sportif qui veut améliorer sa précision, son appui sur la queue de détente ou sa posture. D’autant que le contenu tactique, rappelle-t-il, est de toute façon disponible en ligne dans toutes les langues pour qui le cherche.

Sur la défense du domicile, son propos est nettement moins martial que ce que le sujet laisse attendre. Il rappelle un point de droit souvent oublié dans les discussions de comptoir : une arme de catégorie B se conserve dans un coffre, munitions séparées, ce qui rend l’hypothèse d’un usage dans l’urgence largement théorique. Sa propre doctrine tient en peu de mots : fermer la porte de la chambre, appeler la police, et ne considérer un usage de la force que si l’intrusion franchit ce seuil. Pour le reste, « j’ai des assurances pour ça ». Ce qu’il recommande n’est pas de s’armer, mais de réfléchir en amont à ce que l’on ferait.

Neuf mois pour un pistolet

Le passage le plus pratique de l’épisode démonte une croyance tenace, celle d’une acquisition simple. Le parcours qu’il décrivait en 2021 pour un particulier souhaitant détenir une arme de catégorie B enchaîne plusieurs étapes : inscription dans un club de tir, visite médicale, trois tirs contrôlés étalés dans le temps, obtention d’un avis préalable de la fédération, puis dossier déposé en préfecture ou sous-préfecture pour une autorisation d’acquisition et de détention. Le demandeur ne doit figurer dans aucun fichier des personnes interdites d’acquisition.

Dans son département, et dans le meilleur des cas, il estimait le délai total à environ neuf mois. « Ce n’est pas aussi simple que ça », conclut-il, à l’adresse de ceux qui imaginent un achat sur présentation d’une pièce d’identité.

Il rappelle aussi que le classement ne repose plus sur la dangerosité supposée mais sur des critères objectifs : calibre, répétabilité, capacité du chargeur, encombrement. D’où son inquiétude devant une pratique répandue, la modification d’armes légalement acquises, qui fait basculer le détenteur dans l’illégalité.

Sur les prix, ses ordres de grandeur de 2021 : 600 à 900 euros pour un pistolet de service selon le modèle, environ 400 euros sur le marché de l’occasion, à partir de 1 000 euros pour un fusil d’entrée de gamme sans aucun accessoire, et bien davantage dès que l’on ajoute optiques, lasers et accessoires. « C’est tout l’écosystème qui va entourer l’arme elle-même. »

Airsoft et survivalisme

Le raisonnement qu’il développe ensuite est contre-intuitif et mérite d’être suivi. Si l’on s’inquiète de la diffusion des savoir-faire tactiques, pourquoi se concentrer sur la catégorie B ?

Le tireur sportif tire une ou deux fois par mois, cinquante cartouches, sur un pas de tir surveillé. Des équipes d’airsoft s’entraînent chaque semaine à l’ouverture de porte, à l’extraction de véhicule, à la réaction à une prise à partie, encadrées parfois par des militaires ou des policiers, au profit d’équipes entièrement civiles dont la composition n’est contrôlée par personne. Techniquement, note-t-il, les gestes sont identiques : seuls le recul et le poids diffèrent.

Sur le survivalisme, il distingue deux familles. Celle qui apprend à pêcher, à monter un abri, à se soigner et à se nourrir par ses propres moyens lui inspire de la curiosité et de l’estime. Celle qui s’organise autour d’un effondrement à venir et d’un armement généralisé lui inspire de la réserve, parce qu’elle échappe à tout filtre de sélection et fabrique ses propres doctrines sur les réseaux. Il emploie une formule forte pour qualifier cette seconde tendance : « une forme de terrorisme de la pensée ». Et il l’assume comme une opinion, non comme un constat.

Vendre du savoir en ligne

Le basculement vers la formation vidéo payante répond à deux causes. La première est conjoncturelle : la crise sanitaire a bloqué le présentiel. La seconde est économique, et il la détaille avec une franchise rare pour un entrepreneur.

Quand un groupe de dix personnes le sollicite, il annonce un tarif journalier qui paraît élevé. Or, entre le trajet aller, le trajet retour, deux nuits d’hôtel, les repas, la taxe sur la valeur ajoutée et l’impôt, la marge se réduit à peu de chose. Sa conclusion : « ils ne peuvent pas venir à moi, je vais chez eux ». La formation en ligne est la traduction de ce raisonnement.

Loin de protéger sa position, il annonçait vouloir l’ouvrir. Son projet de l’époque : monter une société de production capable d’accueillir d’autres spécialistes, de filmer leur savoir et de le diffuser sous sa marque. L’échange lui paraissait équilibré : visibilité et crédibilité pour l’invité, crédibilité et catalogue pour la plateforme. Il y voyait aussi un rattrapage culturel, les instructeurs américains ayant déjà, pour beaucoup, basculé du test de matériel gratuit vers la vente de contenu.

Repartir de zéro

Le conseil qu’il adresse aux militaires tentés par l’entrepreneuriat est le contraire d’un discours de motivation. Il décrit d’abord l’euphorie du départ, puis « le mur de la réalité qui arrive très rapidement, à pleine vitesse » : charges administratives, contraintes financières, difficulté à se faire un nom, exposition immédiate à la critique.

Puis il donne les chiffres de sa propre situation, ce que peu d’invités acceptent de faire. Il est parti sans pension militaire, s’est retrouvé au chômage, et a tenu plus de deux ans en finançant lui-même des déplacements dans toute la France. « Il y a les factures qui tombent à la maison, il y a ton épouse qui dit que ce serait bien que ton truc décolle. » Trois cents euros dépensés dans le mois sont trois cents euros qui manquent ailleurs.

Il termine en récusant l’image du fondateur solitaire. Ce qu’il retient de son ancienne unité n’est pas une technique mais un fonctionnement : rien ne s’y fait seul. La transposition est directe, et ce qui lui a permis de tenir tient à sa famille, ses proches et ses anciens camarades. Il cite la devise de son ancien régiment, « qui ose gagne », rend hommage à l’instructeur qui lui a transmis l’essentiel avant de le pousser à voler de ses propres ailes, et espère former à son tour quelqu’un qui transmettra.

Quitter l’armée aujourd’hui

L’expérience racontée dans cet épisode date de la fin des années 2010 et ne dit rien du cadre en vigueur. Voici, à partir des sources officielles, ce qu’un militaire qui envisage de quitter l’institution peut mobiliser aujourd’hui. Les conditions précises se vérifient auprès du gestionnaire de ressources humaines de l’armée d’appartenance, qui reste l’interlocuteur décisionnaire.

  • Défense Mobilité est le service de reconversion du ministère des Armées. Il accompagne les militaires, les anciens militaires et les conjoints de la communauté de défense, via un réseau d’antennes en métropole et outre-mer, un espace candidat en ligne (Pégase) et un numéro vert, le 0 800 64 50 85 (defense.gouv.fr/defense-mobilite).
  • Conditions d’accès : l’accompagnement est ouvert quelle que soit l’ancienneté, à partir de six mois de service. Les anciens militaires y restent éligibles jusqu’à trois ans après leur départ, sans limite de durée pour les militaires blessés. Contacter Défense Mobilité ne nécessite pas l’accord du commandement ; l’octroi d’un congé de reconversion, si.
  • Un parcours en quatre phases : information, orientation, choix de l’accompagnement, puis placement. Le ministère le décrit comme se déroulant idéalement sur environ dix-huit mois, ce qui suppose d’engager la démarche bien avant la date de départ envisagée.
  • Le congé de reconversion est une période d’activité pendant laquelle le militaire se forme. Il peut être prolongé par un congé complémentaire de reconversion de six mois au maximum. Sa durée et ses modalités sont fixées par le code de la défense.
  • Trois dispositifs d’immersion en entreprise, détaillés notamment par la gendarmerie nationale pour ses militaires : la période d’adaptation en entreprise (PAE), dans la limite de 120 jours ouvrés et destinée à déboucher sur un contrat d’au moins six mois ; la période de formation gratuite en entreprise (PFGE), également plafonnée à 120 jours ouvrés, sans obligation d’embauche ; et l’accompagnement à la création ou à la reprise d’entreprise (CREA), sur la même durée, suivi de points d’étape trimestriels.
  • Formations financées : formations qualifiantes, diplômantes ou certifiantes, validation des acquis de l’expérience, ainsi que des cursus dispensés par le centre militaire de formation professionnelle de Fontenay-le-Comte. L’alternance en entreprise, sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, est également accessible, avec les conditions d’âge propres à chaque contrat (defense.gouv.fr/sga/au-service-agents/reconversion).
  • L’accès à la fonction publique par la voie dérogatoire de l’article L.4139-2 du code de la défense suppose des durées de services minimales : dix ans comme officier, ou quinze ans dont cinq comme officier, pour la catégorie A ; cinq ans pour la catégorie B ; quatre ans pour la catégorie C. Le militaire en activité doit être à plus de deux ans de sa limite d’âge, et l’ancien militaire dispose de trois ans après sa radiation des cadres (page officielle du dispositif).
  • Conjoints : un accompagnement spécifique existe, avec aide à la rédaction de candidature, préparation aux entretiens et mise en relation avec des employeurs partenaires.

Informations vérifiées en septembre 2026.

Questions fréquentes

Qui est Lara Tactical ?

Lara Tactical est le nom d’enseigne de Johan Lara, ancien militaire français devenu formateur au tir et créateur de contenu. Engagé en 2006, il a servi treize ans, d’abord deux ans dans un régiment d’infanterie de marine, puis près de onze ans comme opérateur au 1er RPIMa, régiment des forces spéciales terre implanté à Bayonne. Depuis son départ, il forme des services étatiques au tir, conseille des productions de cinéma, intervient en recherche et développement auprès d’industriels de l’armement et diffuse des formations en ligne. Sa structure, basée à Bayonne, opère aujourd’hui sous le nom de Lara Academy.

Comment acquiert-on une arme de catégorie B en France ?

La détention d’une arme de catégorie B est soumise à une autorisation préfectorale. Le parcours décrit dans cet épisode, enregistré en 2021, comprenait l’inscription dans un club de tir affilié, une visite médicale, trois séances de tir contrôlées étalées dans le temps, un avis préalable de la fédération, puis le dépôt d’un dossier en préfecture. Le demandeur ne doit pas être inscrit au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes, et le délai total annoncé à l’époque avoisinait neuf mois. Les règles figurent au code de la sécurité intérieure et évoluent : elles se vérifient auprès de la préfecture compétente.

Pourquoi la formation au tir des policiers et militaires est-elle jugée insuffisante ?

Selon l’analyse développée dans cet épisode, le problème ne vient pas de la qualité des écoles de formateurs, jugée bonne, mais de trois facteurs qui se cumulent : un volume annuel de munitions très faible pour certains agents, cinquante à quatre-vingt-dix cartouches dans les cas cités, une disponibilité réduite des pas de tir, et des séances expédiées faute de temps. Le tir étant une compétence périssable qui dépend de la régularité, ces contraintes budgétaires et logistiques produisent mécaniquement une baisse de niveau, indépendamment de la pédagogie employée.

Un ancien militaire peut-il former des civils au tir ?

L’expérience opérationnelle ne suffit pas. Pour encadrer des tireurs dans le cadre fédéral, il faut être moniteur agréé par la fédération française de tir, une qualification que l’invité ne détenait pas au moment de l’entretien et qu’il souhaitait alors obtenir. Il distinguait par ailleurs deux contenus : la technique, qu’il estime légitime d’enseigner à des tireurs sportifs pour améliorer précision et posture, et la tactique, qu’il réservait strictement aux professionnels des services de l’État.

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