L’histoire de la Légion étrangère tient dans une institution née en 1831 pour l’Algérie, devenue en deux siècles la composante la plus identifiable de l’armée de Terre française. Pour raconter cette trajectoire, Défense Zone s’est rendu à Aubagne, maison mère de la Légion étrangère, au Musée de la Légion étrangère. L’invitée de cet épisode est une jeune officier, assistante de conservation au sein du pôle muséal, arrivée à la Légion par l’histoire de l’art et non par le métier des armes. Elle y veille sur des drapeaux, des uniformes, des armes et des œuvres, et surtout sur la manière dont cette histoire est transmise aux légionnaires eux-mêmes.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- La Légion étrangère est créée en mars 1831 par une ordonnance du roi Louis-Philippe, pour être employée en Algérie. Le site officiel de la Légion étrangère retient la date du 10 mars 1831.
- La maison mère quitte Sidi Bel Abbès en 1962 et s’installe à Aubagne, où se trouvent aujourd’hui le 1er régiment étranger, le monument aux morts, la salle d’honneur et le Musée de la Légion étrangère.
- Le combat de Camerone, le 30 avril 1863 au Mexique, est le récit fondateur. Selon le ministère des Armées, trois officiers et soixante-deux hommes de la 3e compagnie du 1er régiment étranger y tiennent onze heures face à environ 2 000 Mexicains.
- La main de bois du capitaine Danjou, rapportée de Camerone, est conservée dans la crypte d’Aubagne et présentée chaque 30 avril lors de la cérémonie de Camerone, célébrée dans tous les régiments.
- Le Musée de la Légion étrangère a reçu le label Musée de France en 2011. Il conserve plus de 20 000 objets, dont environ 2 000 exposés, et l’entrée y est gratuite.
- Le musée s’adresse à deux publics à la fois : le grand public, et le légionnaire lui-même. « C’est dans cette salle d’honneur qu’il signe son contrat », rappelle l’assistante de conservation, avant de revenir y être affecté à son régiment.
1831 : pourquoi la France crée la Légion étrangère
La Légion étrangère est une unité créée par ordonnance royale en mars 1831, sous le règne de Louis-Philippe, pour permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’armée française et pour être employée en Algérie. Le site officiel de la Légion étrangère retient la date du 10 mars 1831. C’est ce point de départ que le parcours du Musée de la Légion étrangère met en scène dès ses premières salles, avec le portrait du roi fondateur parmi les œuvres d’art conservées à Aubagne.
Cette origine explique une grande partie de l’identité de l’institution. La Légion étrangère naît d’un besoin opérationnel immédiat, la conquête de l’Algérie, et d’une solution juridique : recruter des étrangers sous uniforme français. Deux siècles plus tard, la figure du légionnaire reste celle de l’homme qui quitte son pays pour servir la France, et c’est ce statut, plus que les matériels ou les campagnes, que le musée a choisi comme fil conducteur.
Le parcours permanent est volontairement chronologique. Il suit la création de la Légion étrangère, puis chaque grande campagne successive, jusqu’aux opérations extérieures contemporaines. Ce choix n’est pas seulement pédagogique : il permet au légionnaire de situer son propre régiment dans une continuité, et au visiteur de comprendre que la Légion étrangère n’est pas une unité mais un ensemble de régiments aux spécialités très différentes.
De Sidi Bel Abbès à Aubagne : la maison mère depuis 1962
La maison mère de la Légion étrangère a longtemps été Sidi Bel Abbès, en Algérie. L’indépendance algérienne provoque en 1962 le rapatriement de l’institution et de ses collections vers la France. Selon la ville d’Aubagne, la Légion étrangère arrive sur place cette même année 1962, après les accords d’Évian, et y reconstruit son monument aux morts avant de bâtir le quartier Viénot.
Ce déménagement est un fait historique majeur pour comprendre les collections du musée. Une part importante des objets conservés à Aubagne vient d’Algérie, parce que des générations de légionnaires y ont vécu, parfois avec leur famille. L’assistante de conservation le souligne dans l’épisode : la Légion étrangère a été créée pour l’Algérie, et la matérialité de cette histoire se retrouve aujourd’hui dans les réserves du musée.
Aubagne concentre désormais les fonctions centrales. Le 1er régiment étranger y assure l’administration et le recrutement, le monument aux morts y a été remonté, et le pôle muséal y a pris place. Le monument aux morts, la voie sacrée, la crypte et la salle d’honneur ont été protégés au titre des monuments historiques à la fin des années 2010, selon la ville d’Aubagne.
Camerone, 30 avril 1863 : le combat fondateur
Camerone est un combat livré le 30 avril 1863 au Mexique pendant l’expédition décidée par Napoléon III. Une unité de la Légion étrangère escorte un convoi de ravitaillement destiné aux avant-postes français. Attaquée en route par les troupes mexicaines, elle se replie dans une hacienda, c’est-à-dire une grande exploitation mexicaine organisée autour d’une cour fermée, et s’y retranche.
Le ministère des Armées décrit un rapport de forces sans appel : trois officiers, le capitaine Danjou et les sous-lieutenants Maudet et Vilain, et soixante-deux hommes de la 3e compagnie du 1er régiment étranger, face à environ 2 000 Mexicains, 800 cavaliers et 1 200 fantassins. Les légionnaires combattent onze heures sans eau ni nourriture, sous un soleil écrasant, tandis que les assaillants finissent par mettre le feu au bâtiment. Le capitaine Danjou est tué à la mi-journée.
À la fin de la journée, cinq hommes sont encore debout autour du sous-lieutenant Maudet. Ils obtiennent une reddition honorable et conservent leurs armes, toujours selon le ministère des Armées. Militairement, Camerone est une défaite. Mais le convoi, lui, est arrivé à destination : la mission a été remplie. C’est précisément cette dissociation entre le sort de l’unité et l’accomplissement de la mission qui fait de Camerone un récit d’instruction et non un simple fait d’armes.
Dans l’épisode, l’assistante de conservation résume ce que ce récit doit produire chez un jeune légionnaire : mener la mission à bien jusqu’au bout, s’il le faut au péril de sa vie, et n’abandonner ni ses morts ni ses blessés. La fête de Camerone est célébrée le 30 avril de chaque année dans tous les régiments de la Légion étrangère.
La salle d’honneur et la main du capitaine Danjou
Le capitaine Danjou avait été blessé avant la campagne du Mexique et portait une prothèse de main en bois. Cette main a été rapportée de Camerone. Elle est aujourd’hui conservée dans la crypte du Musée de la Légion étrangère à Aubagne, et sortie chaque année pour la cérémonie de Camerone, où elle est présentée devant les troupes. C’est, de loin, la pièce la plus chargée de sens des collections.
La salle d’honneur, autour de laquelle le musée est organisé, n’est pas une salle d’exposition comme les autres. C’est un lieu de passage obligé dans la carrière du légionnaire. Il y signe son contrat d’engagement. Il y revient après son instruction pour être affecté à son régiment de spécialité. Il y repasse au moment de quitter l’institution. Le musée, de ce point de vue, ne documente pas seulement l’histoire de la Légion étrangère : il participe à la fabrication du légionnaire.
Le dispositif se prolonge dans les régiments. Chaque régiment de la Légion étrangère dispose de sa propre salle d’honneur, qui abrite des objets appartenant au musée. Le pôle muséal d’Aubagne encadre ces salles régimentaires, aujourd’hui au nombre de onze selon l’armée de Terre, et chaque régiment dispose d’un officier tradition chargé du patrimoine et de l’instruction des nouvelles recrues sur l’histoire de l’unité.
Le Musée de la Légion étrangère d’Aubagne : visite, horaires et collections
Le Musée de la Légion étrangère est situé chemin de la Thuilière, à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Il est ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, et l’entrée est gratuite, indique l’armée de Terre. Le musée accueille environ 20 000 visiteurs par an et propose des visites guidées en français et en anglais.
Les collections comptent plus de 20 000 objets, dont environ 2 000 sont exposés. Le reste est conservé en réserve, ce qui est la situation normale d’un musée et non un choix de dissimulation. Le label Musée de France, obtenu en 2011, a élargi le public : il rassure des visiteurs qui ne se sentaient pas concernés par le patrimoine militaire et craignaient de passer à côté d’un propos réservé aux spécialistes.
Ce que l’on y trouve dépasse largement l’armement. Uniformes et drapeaux racontent l’évolution des compagnies et des régiments. Les œuvres d’art occupent une place importante : portraits de figures marquantes, toiles données à la Légion, achetées par elle, peintes par des légionnaires ou rapportées de campagne. Le pôle muséal comprend aussi une annexe à Puyloubier, consacrée aux uniformes et fermée pour travaux jusqu’en 2027 selon l’armée de Terre, ainsi qu’un centre de documentation et de recherche installé à Aubagne.
Conserver, acquérir, transmettre : le métier au pôle muséal
Un assistant de conservation est un professionnel du patrimoine chargé de la conservation préventive des collections, de leur documentation et de leur mise en valeur. Dans l’épisode, l’invitée décrit un poste occupé sous contrat de volontariat d’un an, après un master patrimoine et musée et un stage à la délégation au patrimoine de l’armée de Terre, à Paris. Son parcours vient de l’histoire de l’art : elle a découvert le patrimoine militaire en cours de route, et la campagne du Mexique à son arrivée à la Légion.
Le choc, dit-elle, a été celui de la diversité des supports. Les études de conservation forment surtout aux peintures, aux sculptures et aux métaux. À Aubagne, elle se retrouve avec des drapeaux, des armes et des uniformes entre les mains, et doit réapprendre la théorie appliquée à ces objets. Distinguer un étendard d’un fanion, savoir s’ils se conservent de la même manière, relève d’un savoir-faire que l’université n’enseigne pas.
Le musée acquiert régulièrement, par dons de familles d’anciens légionnaires, par dons de peintres d’armée, et par achats en vente aux enchères lorsqu’une pièce présente un intérêt historique réel. Ces acquisitions passent par une commission scientifique, parce que les collections sont nationales et donc encadrées. La ligne suivie est celle de la complémentarité : mieux vaut couvrir largement l’histoire de la Légion étrangère que posséder quinze exemplaires du même casque.
La recherche est le troisième volet. Les chercheurs et les doctorants travaillent surtout avec le centre de documentation et de recherche de la Légion étrangère, qui conserve les journaux de marche et opérations des régiments, les documents papier associés aux dons et les thèses produites sur l’institution. Le musée, lui, garde les objets. Cette répartition entre objet et archive structure tout le pôle muséal.
Du Maroc au Levant : l’exposition sur la Légion de 1903 à 1939
L’exposition temporaire présentée au moment de l’entretien, « Du Maroc au Levant, la Légion de 1903 à 1939 », est née des centenaires de deux régiments. Le 4e régiment étranger, régiment de formation de la Légion étrangère installé à Castelnaudary, a été créé en 1920 selon le ministère des Armées. Le 1er régiment étranger de cavalerie, lui, a été créé par décret en septembre 1921.
Le propos de l’exposition n’est pas la chronologie des campagnes mais l’adaptation. Elle montre comment la Légion étrangère invente des unités pour répondre à des contraintes précises : le terrain, le climat, l’adversaire. Deux exemples reviennent dans l’épisode. Les compagnies montées, où le mulet permet d’allonger l’élongation des colonnes dans des zones sans route. Et les compagnies portées, qui marquent l’arrivée des engins motorisés sur un théâtre où tout se faisait jusque-là à pied.
Cette période est aussi celle qui a nourri l’imagerie du légionnaire. Les colonnes en chemise claire dans le désert, reprises en boucle par le cinéma, viennent de ces années-là. L’exposition assume la comparaison et projette des extraits de films en signalant ce qui est avéré et ce qui relève de la fabulation. Traiter le mythe comme un objet d’histoire, plutôt que le nier, est une position muséale tenable et rare.
Le mythe du légionnaire face au recrutement réel
L’idée reçue la plus tenace est celle du criminel venu chercher une seconde identité. L’assistante de conservation la traite frontalement : c’était vrai à la création de la Légion étrangère, quand les candidatures étaient ouvertes à peu près à n’importe qui. Ce n’est plus le cas. Un service de sécurité examine aujourd’hui les candidatures, et les crimes de sang, les affaires de drogue et les violences sexuelles sont éliminatoires.
Les données officielles du recrutement confirment ce cadre. Le site de recrutement de la Légion étrangère indique que l’engagement est ouvert de 17 ans à moins de 40 ans, que chaque dossier est examiné au cas par cas, que les crimes violents, les infractions sexuelles et le trafic de stupéfiants sont exclus, et que le premier contrat est de cinq ans. Environ 8 000 candidatures sont examinées chaque année, et les candidats retenus passent par une sélection de trois semaines.
La question de l’identité, elle, n’est pas un fantasme mais un dispositif encadré. Le site officiel précise que le candidat retenu sert d’abord sous une identité déclarée, et qu’il peut demander à retrouver son identité d’origine après un minimum de six mois, par une procédure de régularisation de situation militaire. Rien à voir avec l’effacement du passé que met en scène le cinéma.
Ce que l’invitée juge vrai, en revanche, c’est la cohésion. Elle attendait un discours de façade et a trouvé un esprit de corps réel, adossé à une solidarité organisée. Les bénéfices de la boutique du musée financent l’aide aux anciens légionnaires, notamment les pensionnaires de l’Institution des invalides de la Légion étrangère, installée au domaine du Capitaine Danjou à Puyloubier, qui accueille des anciens sans condition de ressources et dépend du Foyer d’entraide de la Légion étrangère.
Officier légion et légionnaire : pourquoi il n’y a pas de femmes légionnaires
La distinction est d’abord lexicale, et l’invitée y tient. Un légionnaire est un militaire du rang qui a reçu le képi blanc à l’issue de l’instruction initiale. Avant cette remise, il est un engagé volontaire. Servir à la Légion étrangère sans avoir suivi ce parcours, comme c’est son cas, ne donne pas le droit de se dire légionnaire. Le képi blanc n’est pas un couvre-chef, c’est un statut.
L’instruction initiale se déroule au 4e régiment étranger, à Castelnaudary, et dure environ quatre mois. Elle est décrite dans l’épisode comme un aguerrissement physique extrêmement exigeant, sanctionné par la remise du képi blanc. C’est à l’issue de cette phase que le jeune légionnaire revient à Aubagne, dans la salle d’honneur, pour être affecté à son régiment.
Sur l’absence de femmes parmi les légionnaires, l’explication avancée relève de l’équilibre interne. La Légion étrangère fait cohabiter des hommes venus de très nombreux pays, de cultures et de religions différentes, et cet équilibre repose sur une discipline stricte forgée pendant l’instruction. L’invitée rappelle par ailleurs qu’en 1831, ni la Légion étrangère ni le reste de l’armée française ne comptaient de femmes : l’ouverture s’est faite progressivement, et elle n’a pas concerné le statut de légionnaire.
Son propre positionnement est clair : à la Légion étrangère, chacun apporte quelque chose et sert le même objectif. Elle ne prétend pas faire ce que font les légionnaires en opération, et considère que son métier consiste précisément à montrer ce qu’ils font. L’armée compte tous les métiers, et la conservation du patrimoine en fait partie.
Le pas Légion et les traditions transmises par le musée
Le pas Légion est la cadence de marche propre à la Légion étrangère. Selon l’armée de Terre, elle est fixée à 88 pas par minute pour les déplacements en ordre serré et les défilés, contre 120 pas par minute pour les autres unités. Cette cadence est héritée des rythmes de marche en campagne des armées d’Ancien Régime et de l’Empire, et notamment du régiment de Hohenlohe, dont la Légion étrangère a repris plusieurs traditions.
Ce détail illustre ce que fait le musée. Une cadence de défilé n’a pas de valeur opérationnelle, mais elle porte une filiation. C’est cette épaisseur que le pôle muséal cherche à restituer, au légionnaire qui vient y chercher sa lignée comme au visiteur qui découvre l’institution. L’invitée le formule en termes de médiation : le discours est adapté selon les âges et les langues, avec des ateliers pédagogiques pour les scolaires d’Aubagne et de la région marseillaise.
Reste l’ambition affichée, et elle est difficile : que le spécialiste de l’histoire militaire et le visiteur totalement néophyte ressortent l’un et l’autre en ayant appris quelque chose. Dans un musée d’institution, où la tentation de la célébration est permanente, c’est le meilleur indicateur de réussite.
Questions fréquentes
Quand et par qui la Légion étrangère a-t-elle été créée ?
La Légion étrangère a été créée en mars 1831 par une ordonnance du roi Louis-Philippe, afin de permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’armée française et de les employer en Algérie. Le site officiel de la Légion étrangère retient la date du 10 mars 1831. Cette origine algérienne explique que la maison mère soit restée à Sidi Bel Abbès jusqu’en 1962, année de son transfert à Aubagne. L’histoire de la Légion étrangère commence donc par une décision politique et coloniale avant de devenir une culture militaire autonome.
Que s’est-il passé à Camerone le 30 avril 1863 ?
Camerone est un combat livré au Mexique pendant l’expédition de Napoléon III. Une compagnie de la Légion étrangère escortant un convoi est attaquée et se retranche dans une hacienda. Selon le ministère des Armées, trois officiers et soixante-deux hommes de la 3e compagnie du 1er régiment étranger y résistent onze heures à environ 2 000 Mexicains, sans eau ni munitions suffisantes, avant que cinq survivants obtiennent une reddition honorable. Le convoi arrive à destination. La fête de Camerone est célébrée chaque 30 avril dans tous les régiments.
Où se trouve le Musée de la Légion étrangère et l’entrée est-elle gratuite ?
Le Musée de la Légion étrangère se trouve chemin de la Thuilière, à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, à une quinzaine de minutes à pied de la gare. L’armée de Terre indique une ouverture du mardi au dimanche, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, et une entrée gratuite, avec des visites guidées en français et en anglais. Le musée conserve plus de 20 000 objets, dont environ 2 000 exposés, et détient le label Musée de France depuis 2011.
Peut-on s’engager à la Légion étrangère avec un casier judiciaire ?
Le site officiel de recrutement de la Légion étrangère indique que chaque dossier est examiné au cas par cas, mais que les crimes violents, les infractions sexuelles et le trafic de stupéfiants sont éliminatoires. Des infractions mineures peuvent être étudiées lorsque la peine a été exécutée. L’engagement est ouvert de 17 ans à moins de 40 ans, le premier contrat dure cinq ans, et le candidat retenu sert d’abord sous une identité déclarée, avec la possibilité de retrouver son identité d’origine après six mois minimum.
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