Les armées communiquent, les journalistes informent, et les deux métiers travaillent pourtant côte à côte, sur la même base. Dans ce soixantième épisode, Défense Zone donne la parole à Franck Cognard, journaliste spécialisé défense à franceinfo. Journaliste depuis 1993, il a passé quinze ans au service police-justice de Radio France avant de diriger une rédaction pendant trois ans. En septembre 2017, à 47 ans, il reprend tout à zéro et devient correspondant défense, sans carnet d’adresses. L’entretien a été enregistré alors que l’opération Barkhane était encore déployée au Sahel, au retour de plusieurs reportages au Mali. Franck Cognard y parle de ce qu’il voit, de ce qu’il choisit de taire, de la manière dont une rédaction résiste ou non aux pressions, et de la ligne qu’il trace entre l’information et la communication.
Les analyses développées dans cet épisode sont celles de Franck Cognard et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré alors que l’opération Barkhane était encore déployée au Sahel : les appréciations qui y figurent renvoient à ce moment.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Franck Cognard récuse le mot objectivité et lui substitue celui d’honnêteté : « je suis capable de défendre ce que je raconte ». Un chiffre est objectif, dit-il, un regard ne l’est jamais.
- Sa ligne de partage avec la communication tient en une phrase : « l’information, ce n’est pas la communication, moi je rapporte ce que je vois ». Toute source, avocat, responsable politique ou état-major, a un intérêt à parler.
- Ce qui lui ouvre les portes, selon lui, n’est pas son nom mais le poids de sa rédaction : une radio nationale obtient des réponses rapides là où un indépendant ou un titre régional attend.
- Sur l’indépendance éditoriale, il affirme n’avoir jamais reçu de consigne du ministère des Armées depuis 2017. La seule demande de temporisation dont il se souvienne venait du ministère de l’Intérieur, au début des années 2000.
- Il assume une retenue volontaire : il ne publie pas la localisation exacte d’une emprise de forces spéciales françaises au Burkina Faso, et refuse de trancher si cela relève ou non de la censure.
- Le stage de préparation aux zones hostiles a eu un effet concret : les gilets pare-balles de sa rédaction ont été changés, les protections en place arrêtant les munitions de pistolet mais pas celles de fusil d’assaut.
De la rubrique police-justice à la défense
Franck Cognard entre dans le métier par l’école de journalisme de Bordeaux, après un parcours universitaire qu’il décrit comme chaotique. Il en garde une dette revendiquée : chaque année, il y donne une semaine de cours. Il commence à Radio France en 1993, d’abord en pige, puis rejoint le service police-justice, où il reste quinze ans. Faits divers, procès, banditisme, terrorisme : le spectre est large et lui apprend à travailler avec des sources qui ont, elles aussi, leurs raisons de parler.
Suit une parenthèse de trois ans comme rédacteur en chef. Franck Cognard en tire un bilan mitigé : il découvre la machinerie interne d’une antenne, mais finit par manquer de terrain. La proposition arrive dans un couloir, après une crise politico-militaire que sa rédaction n’avait pas su couvrir faute de contacts. En septembre 2017, il devient correspondant défense à franceinfo.
Un correspondant défense est un journaliste chargé, au sein d’une rédaction, de suivre en continu le ministère des Armées, les opérations extérieures et l’industrie de l’armement. Franck Cognard prend le poste à 47 ans, sans aucun contact dans le milieu militaire : « dans la base militaire, il y a zéro téléphone, il n’y a rien ». Il y voit une chance plutôt qu’une régression. Passer de rédacteur en chef à reporter a d’ailleurs surpris autour de lui, certains y lisant une sanction. Il refuse le mot : il n’a pas le sentiment d’être descendu, seulement d’avoir continué sa carrière autrement, dans une maison assez grande pour permettre ces mouvements.
Ce que pèse une rédaction dans la relation avec les armées
La première chose que Franck Cognard met sur la table est un privilège, et il le nomme comme tel. Quand il appelle le ministère des Armées, la demande est prise en considération et la réponse arrive vite. « Ce n’est pas ma gueule, c’est ce que je représente », résume-t-il. Il n’y voit aucun mépris, mais un fait de structure : un quotidien régional ou un journaliste indépendant n’obtient pas les mêmes délais.
Le second facteur est la réputation éditoriale de sa rédaction. Franck Cognard décrit franceinfo comme un média perçu comme factuel, qui rend compte sans commenter et sans afficher d’opinion. Pour un interlocuteur militaire, dit-il, cela veut dire une chose précise : ce qui sera confié ne sera ni travesti, ni sorti de son contexte. Il ajoute un critère de mesure qu’il trouve rassurant : lorsque sa rédaction est attaquée avec la même vigueur par les deux camps d’un conflit, c’est probablement qu’elle se tient à peu près au milieu.
Indépendance éditoriale : annonceurs, pressions et contre-pouvoirs
Interrogé sur l’indépendance des médias, Franck Cognard commence par un souvenir du début des années 1990, dans une autre rédaction que la sienne. Il rapporte un sujet sur une grève de caissières dans une enseigne de grande distribution. Son chef le félicite, puis lui annonce que le sujet ne passera pas : l’enseigne est annonceur. « Je n’ai jamais revu ça », dit-il des trente années suivantes.
Il attribue cette protection à deux mécanismes plutôt qu’à une vertu : des syndicats puissants, qui feraient sortir dans la presse concurrente toute pression du pouvoir, et une culture interne moins pyramidale, où un directeur de l’information n’impose pas un angle. Sa formulation reste prudente : « je ne dis pas que ce n’est jamais arrivé, je dis que je ne l’ai jamais vu ». Depuis sa prise de poste, aucun responsable du ministère des Armées ne l’a appelé pour lui demander de ne pas sortir une information.
Une exception, hors du champ militaire, l’a durablement marqué. Au début des années 2000, un haut responsable du ministère de l’Intérieur appelle un à un les journalistes qui suivent l’actualité policière. Un groupe réclame alors une rançon à l’État sous la menace d’attentats sur des voies ferrées, et l’enquête est sur le point d’aboutir. La demande est de garder l’information trois ou quatre jours. Franck Cognard ne tranche pas seul : il en discute avec son chef de service et les deux décident de se taire, en se demandant ce qu’ils ressentiraient si une publication faisait échouer l’interpellation. C’est, dit-il, la seule fois de sa carrière où il a connu cet arbitrage.
Objectivité ou honnêteté : la règle de méthode
C’est le coeur de l’épisode, et la position la plus tranchée de Franck Cognard. Il refuse la notion d’objectivité journalistique. L’origine de ce refus est une conversation de début de carrière, à Dijon, avec un vieux fonctionnaire de police en fin de parcours. Prends un accident de la route avec délit de fuite, lui explique ce dernier : dix témoins de bonne foi donneront dix descriptions différentes du véhicule. Aucun ne ment, et pourtant aucun ne voit la même chose.
Franck Cognard en tire une règle de métier. « Un chiffre est objectif, deux plus deux font quatre. Mon regard, lui, est subjectif ». Deux journalistes placés au même endroit ne retiendront pas les mêmes détails : il cite un confrère capable d’accrocher une scène qu’il n’avait pas vue. Cette pluralité de regards est à ses yeux ce qui rend intéressante la lecture de plusieurs comptes rendus d’un même événement.
Il substitue à l’objectivité la notion d’honnêteté : la capacité à assumer et à justifier chaque élément publié, pourquoi cette phrase, pourquoi cet angle, pourquoi ce choix de montage. Elle admet l’erreur, à condition qu’elle ait été commise de bonne foi. Elle suppose aussi la transparence sur le dispositif : lorsqu’il part en reportage avec l’armée française, Franck Cognard demande que le lancement précise qu’il était embarqué avec les forces françaises, et non présent sur le théâtre à titre indépendant. « Savoir d’où on parle » est, chez lui, la condition de la déontologie plus que la neutralité affichée.
Information et communication : deux métiers qui se servent l’un de l’autre
La question était attendue, l’épisode faisant suite à plusieurs entretiens avec des communicants institutionnels. Franck Cognard commence par retirer au sujet son caractère militaire : le phénomène est le même partout. L’avocat qui appelle une rédaction pour signaler une belle affaire y a un intérêt. Le responsable politique qui fait fuiter une note aussi. Quand l’armée emmène des journalistes en opération extérieure, elle poursuit des objectifs clairs : montrer ce qu’elle fait, soigner son image et soutenir le recrutement.
Il n’y voit rien de scandaleux, c’est le métier des communicants et il serait naïf de le leur reprocher. Le piège, selon lui, serait de confondre les deux fonctions. « L’information, ce n’est pas la communication. Moi, je rapporte ce que je vois ». La phrase est courte, mais elle porte une conséquence pratique : si ce qu’on lui montre ne contient que des réussites, c’est ce constat qui devient le sujet. Il ne s’agit pas de refuser l’invitation, mais de ne pas en restituer le scénario.
L’imbrication est réciproque : le communicant a besoin du journaliste pour exister publiquement, le journaliste a besoin du communicant pour accéder au terrain. La communication opérationnelle, c’est-à-dire l’organisation par les armées de l’information sur une opération en cours, est le point où les deux logiques se rencontrent.
Dépêches, titres et course au clic
Une agence de presse est une entreprise qui produit des dépêches vendues aux rédactions, lesquelles les reprennent ensuite dans leurs propres articles. C’est ce circuit qui explique que la plupart des médias publient, le même jour, les mêmes informations, souvent les mêmes titres et parfois les mêmes photographies. Franck Cognard en décrit les deux faces. Lorsque deux places seulement sont réservées à la presse sur un bâtiment de la marine, une dépêche d’agence permet à l’ensemble des titres de rendre compte de la mission : il cite un embarquement sur une frégate en mer Noire, où le papier de l’agencier a été repris partout. Quand une erreur se glisse dans ce même papier, elle se propage à la même vitesse.
Sur la titraille web, Franck Cognard reconnaît une tentation réelle. Les chiffres de fréquentation sont examinés chaque matin en conférence de rédaction, et la baisse des ressources publiques pousse à chercher de la publicité. Il dit ne pas avoir à rougir des titres de sa rédaction, sans nier que la pente existe : un titre interrogatif qui laisse entendre un soupçon, alors que l’article en donne quelques paragraphes plus bas l’explication banale, relève selon lui de la mécanique à éviter.
Reportage embarqué : la bulle et ce qu’on peut en faire
Un officier de communication, appelé offcom sur le terrain, est le militaire chargé d’accompagner les journalistes en opération et de faire le lien avec le commandement. Franck Cognard raconte l’incident qui a fixé sa règle. Un sous-officier lui décrivait son ressenti après un engin explosif ayant touché le camion qui le précédait dans un convoi. L’accompagnateur interrompt l’interview. Le militaire se referme, et le témoignage humain qui commençait s’arrête là.
Depuis, il pose la même règle au premier contact : ne jamais interrompre une interview. L’accompagnateur peut rester à portée d’oreille, noter les passages qu’il juge litigieux, les réécouter ensuite et demander leur retrait ; Franck Cognard s’y engage sans difficulté. Ce qu’il refuse, c’est la coupure en direct, parce qu’elle ramène le soldat au langage attendu de l’institution alors qu’il commençait à parler comme entre camarades.
Il doute même de la nécessité de l’accompagnement. Un journaliste autorisé à rejoindre une emprise avancée a déjà passé plusieurs filtres, et les militaires qu’il y rencontre ont derrière eux six mois de préparation opérationnelle, dont un volet consacré à la conduite à tenir face à la presse. À Tessalit, resté sur place sans officier de communication, il dit avoir travaillé sans difficulté.
Sa critique la plus nette porte sur la mise en scène. Demander à des soldats torse nu, en train de nettoyer les filtres d’un moteur après des heures de piste, de remettre une tenue réglementaire pour la photo lui paraît contre-productif, y compris du point de vue de la communication. Les images d’archives des poilus ou des conflits d’Afrique du Nord sont aujourd’hui recherchées par les iconographes précisément parce qu’elles montrent le soldat tel qu’il vivait. « Montrer l’armée telle que les hauts gradés voudraient qu’elle soit vue » est, selon lui, une erreur : le visage marqué de quelqu’un qui peine sert mieux la cause que le cadrage propre.
Le reportage embarqué reste néanmoins une bulle, avec un itinéraire préparé. Franck Cognard le compare à un voyage organisé, tout en soutenant qu’on peut le faire bouger. Il cite deux exemples pris au Sahel : avoir renoncé à redescendre avec un convoi routier, sujet déjà traité, pour rester sur une emprise en cours de retrait et recueillir le récit des derniers Français présents ; et avoir obtenu, sur un sujet consacré à une force multinationale, des interlocuteurs locaux et pas seulement l’officier général français qui la commandait.
Sécurité opérationnelle : ce qu’un journaliste choisit de ne pas publier
Franck Cognard reconnaît faire plus attention dans le domaine militaire qu’ailleurs, parce qu’il a découvert en cours de route ce que recouvre la sécurité opérationnelle, c’est-à-dire la protection des informations dont la divulgation exposerait des troupes en opération. Il donne un exemple précis : il connaît la localisation exacte d’une emprise de forces spéciales françaises au Burkina Faso, il ne l’a jamais publiée.
Il refuse toutefois de trancher le mot : censure, autocensure ou discernement ? Il renvoie à sa pratique avec les sources policières, où l’on accepte de retarder une information pour ne pas faire échouer une enquête, à condition que la raison avancée tienne. Ce n’est pas l’institution qui décide, c’est le journaliste qui évalue le motif.
Interrogé sur ses propres ressorts, Franck Cognard assume se sentir patriote et fier de son pays, tout en observant que le mot a été largement capté politiquement, dans un sens qui lui est étranger. Il se reconnaît dans une tradition de patriotisme républicain de gauche. Il refuse en revanche l’idée qu’un sentiment national empêche de travailler honnêtement : c’est précisément pour cela, ajoute-t-il, qu’il tient à la notion d’honnêteté plutôt qu’à celle d’objectivité.
Se préparer aux zones hostiles : ce que le stage a changé
Franck Cognard et Défense Zone se sont rencontrés pendant un stage de préparation destiné aux journalistes partant en zone de conflit, organisé par la Délégation à l’information et à la communication de la Défense. Une vingtaine de journalistes de rédactions concurrentes y ont été rassemblés cinq à six jours, dans un centre d’entraînement commando en montagne.
Le contenu mêle règles de conduite et connaissance technique : comment se comporter à un checkpoint, comment mettre une arme en sécurité, quels sont les effets réels d’une munition selon son calibre, ce que protège une plaque balistique. Le bénéfice le plus concret est revenu dans sa rédaction : Franck Cognard y a appris que les protections en kevlar ont une durée de vie, et que celles dont son média disposait arrêtaient les munitions de pistolet mais pas celles de fusil d’assaut. Les gilets pare-balles ont été changés au retour. Il regrette que ce type de stage soit tombé en désuétude et passé à des prestataires privés, plus coûteux pour les rédactions.
La discussion glisse vers le risque assumé par les reporters qui travaillent sans aucun dispositif de protection, comme les journalistes mexicains qui enquêtent sur les narcotrafics en connaissant parfaitement le danger. Franck Cognard admet sa position privilégiée : parti avec une rédaction derrière lui, il sait que sa famille serait couverte et que sa hiérarchie aura le dernier mot si elle juge le risque excessif. Le reporter de guerre indépendant, lui, part avec un trou dans son compte en banque et sans garantie de vendre son travail.
Sur les motivations, il écarte le goût du danger et retient deux ressorts : l’envie de raconter, d’être celui qui a vu plutôt que celui qui regarde de loin, et l’ego, qu’il assume pour lui-même comme pour la profession. Il n’a jamais été pris sous le feu ; les seuls moments de tension qu’il décrit sont indirects, une portion de piste réputée minée, une base sous tension après une attaque au mortier, un village où l’accueil se ferme. Le relâchement des soldats, dit-il, reste son meilleur indicateur.
Devenir journaliste spécialisé défense : le conseil de Franck Cognard
La question finale porte sur ceux qui voudraient se lancer, jeunes en école de journalisme ou militaires envisageant une reconversion. La réponse de Franck Cognard est exigeante sur la motivation : il faut y aller, mais seulement si l’envie est réelle. Si la perspective de se lever tôt pour voir des choses et les raconter ensuite ne produit aucun élan, il faut renoncer. Si elle en produit, la spécialité défense offre selon lui un terrain rare par son étendue.
- Le terrain et les opérations extérieures, avec des conditions de reportage exigeantes.
- Les questions sociales et familiales, dont les dispositifs d’accompagnement des familles de militaires.
- L’industrie de l’armement et la conception des matériels, de l’aéronautique de combat aux équipements individuels.
- Les équipements du quotidien, dont le renouvellement intéresse directement les unités.
- La prospective et la réflexion stratégique, portées par des cellules dédiées au sein du ministère.
Il ajoute que l’institution militaire lui paraît globalement accueillante envers la presse, même si les choses vont rarement aussi vite que le journaliste le souhaiterait. Sa conclusion vaut au-delà de la spécialité : on ne fait pas ce métier pour l’argent ni pour le confort de travail, mais pour la matière et pour les gens rencontrés. Devenir journaliste spécialisé défense suppose donc moins une vocation militaire qu’une curiosité durable et le goût de raconter.
Questions fréquentes
Comment devenir journaliste spécialisé dans les questions de défense ?
Il n’existe pas de filière dédiée : on devient journaliste spécialisé défense en étant d’abord journaliste, puis en prenant le poste au sein d’une rédaction. Le parcours de Franck Cognard l’illustre : école de journalisme, quinze ans de police-justice, trois ans d’encadrement, puis correspondant défense en 2017, à 47 ans et sans contact préalable dans le milieu militaire. La spécialité s’acquiert ensuite par le terrain et la constitution d’un réseau. Selon lui, l’institution militaire est plutôt ouverte à la presse, à condition d’accepter que les autorisations prennent du temps.
Un journaliste embarqué avec l’armée est-il libre de ce qu’il écrit ?
Le reportage embarqué impose un cadre, pas un contenu. Le journaliste dépend des armées pour son transport, son hébergement et sa sécurité, et son itinéraire est préparé à l’avance : Franck Cognard compare ce dispositif à un voyage organisé, tout en soutenant qu’il reste négociable une fois sur place. Le contenu, lui, n’est pas soumis à validation : ce qui peut être demandé relève de la sécurité opérationnelle, par exemple la localisation exacte d’une emprise. La transparence sur le dispositif fait selon lui partie de la déontologie, et il demande que l’auditeur soit informé qu’il était embarqué avec les forces françaises.
Quelle est la différence entre information et communication ?
La communication est un discours produit par un acteur pour servir ses objectifs propres ; l’information est un compte rendu produit par un journaliste sur ce qu’il a constaté. Franck Cognard résume la distinction ainsi : « l’information, ce n’est pas la communication, moi je rapporte ce que je vois ». Toute source a un intérêt à parler, l’avocat comme le responsable politique ou l’état-major, et il n’y a rien d’illégitime à cela. Le risque n’est donc pas d’accepter une invitation, mais de restituer telle quelle la démonstration organisée pour soi. La communication opérationnelle désigne l’organisation par les armées de l’information relative à une opération en cours.
Qu’est-ce qu’un officier de communication en opération extérieure ?
Un officier de communication, couramment appelé offcom, est le militaire chargé d’accompagner les journalistes sur un théâtre d’opération et d’assurer la liaison avec le commandement. Il organise les déplacements, sélectionne les unités visitées et veille au respect de la sécurité opérationnelle. Franck Cognard lui pose une seule condition, dès le premier jour : ne jamais interrompre une interview. Il accepte qu’un passage jugé litigieux soit signalé après coup puis retiré, mais considère qu’une interruption en direct referme le militaire interrogé et détruit le témoignage. Il doute par ailleurs de la nécessité d’un accompagnement systématique.
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Pour aller plus loin sur Défense Zone
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