Un établissement scolaire commandé par un colonel, des élèves en uniforme dès la seconde, un internat obligatoire, et au bout du couloir des classes préparatoires qui alimentent Saint-Cyr, l’École navale et l’École de l’air et de l’espace. Défense Zone a poussé les portes du lycée militaire d’Aix-en-Provence, l’un des six lycées de la Défense, pour un entretien avec son chef de corps, le colonel Christophe Lhomme. Saint-cyrien sorti d’école en 1993, passé par l’infanterie puis par les forces spéciales, diplômé de l’École de guerre et titulaire d’un master de géopolitique, il a enchaîné les postes en état-major international avant de prendre la tête, le 26 juillet 2019, de l’établissement où il avait lui-même été élève à partir de 1987. Ce qu’il décrit n’est pas une école militaire au sens strict, mais une machine à deux moteurs : offrir une scolarité stable aux enfants de familles soumises au tempo opérationnel, et fournir aux armées le premier maillon de leur chaîne de recrutement d’officiers.
Les appréciations portées dans cet entretien sont celles du chef de corps alors en fonction. Les données chiffrées reprises dans cet article ont été vérifiées auprès des sources officielles du ministère des Armées et de l’établissement.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- La France compte six lycées de la Défense, qui accueillent ensemble près de 4 500 élèves. Aix-en-Provence est celui que son chef de corps appelle le lycée du Sud, par la géographie de son bassin de recrutement.
- L’établissement poursuit deux missions distinctes qu’il se refuse à confondre : l’aide à la famille pour le secondaire, l’aide au recrutement pour l’enseignement supérieur.
- L’accès au secondaire passe par trois catégories d’ayants droit : 70 % d’enfants de militaires, 15 % d’enfants d’agents de l’État et 15 % de boursiers au titre du plan égalité des chances.
- Le secondaire est payant, autour de 2 000 euros par an de pension et de trousseau. La classe préparatoire est gratuite et assortie d’une solde d’environ 80 euros par mois, en contrepartie d’un engagement à servir.
- La sélection est sévère : à la session 2025, la filière économique et commerciale dite prépa Saint-Cyr a reçu 662 candidatures pour 29 places, et la classe préparatoire aux études supérieures littéraire 202 candidatures pour 20 places.
- Le lycée affiche près de 100 % de réussite au baccalauréat et plus de 85 % de mentions. Son chef de corps n’attribue pas ce résultat à l’uniforme, mais au taux d’encadrement : « ce n’est pas le vernis militaire ».
Un parcours non linéaire
L’entretien s’ouvre sur une coïncidence que l’intéressé tient à signaler d’emblée : il commande l’établissement où il est entré comme élève en 1987. Trois années de classe préparatoire sur place, puis l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, dont il sort en 1993. Il choisit l’infanterie, sert en régiment, puis rejoint les forces spéciales au 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine, à Bayonne. Il en parle comme des années les plus denses de sa carrière sur le plan opérationnel.
La bascule intervient ensuite : quitter les forces spéciales pour préparer l’École de guerre. Suivent un master de géopolitique européenne, puis treize années passées pour l’essentiel hors de France, dans des états-majors de l’Alliance atlantique à Norfolk et à Bruxelles, entrecoupées de retours à Paris. Il décrit ces allers-retours comme une nécessité professionnelle : revenir régulièrement dans son armée d’origine pour ne pas perdre le fil, repartir ensuite avec un mandat clair.
Le commandement d’un lycée de la Défense relève de ce que l’armée de Terre appelle un second temps de commandement. On n’y accède qu’après avoir déjà exercé une responsabilité de premier plan, à la tête d’un régiment ou dans un état-major. Le chef de corps livre à ce sujet une remarque peu diplomatique mais éclairante : la fonction n’est pas la plus recherchée du vivier, parce qu’elle est exposée et qu’elle place un officier supérieur en première ligne sur les sujets sensibles d’un internat peuplé d’adolescents. Il y voit l’une des raisons pour lesquelles les profils que l’institution destine à l’étoile sont rarement orientés vers ces postes. Trois ans en unité spéciale lui ont en revanche appris, dit-il, à travailler en petite équipe et à gérer l’appréhension, compétence qu’il juge transposable à un oral de concours.
Deux missions, deux publics
C’est la clé de lecture de tout l’entretien, et le chef de corps y revient à chaque question : un lycée de la Défense remplit deux missions qui n’ont ni le même public, ni le même régime, ni la même finalité. La première est l’aide à la famille, et elle concerne le secondaire. Le ministère des Armées propose une scolarité de qualité et un internat à des enfants dont les parents sont soumis à un rythme de mutations et d’opérations extérieures incompatible avec la stabilité scolaire. La finalité est le baccalauréat : il n’y a, sur ce segment, aucune logique de recrutement.
La seconde mission est l’aide au recrutement, et elle porte sur l’enseignement supérieur. Les classes préparatoires aux grandes écoles en constituent la population principale et visent trois concours en priorité : l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’École navale et l’École de l’air et de l’espace. À côté, l’établissement propose une classe préparatoire aux études supérieures, formation d’un an conçue comme un sas entre le baccalauréat et la prépa proprement dite, destinée à consolider les méthodes de travail de bacheliers qui n’ont pas encore le dossier pour entrer directement en classe préparatoire aux grandes écoles.
C’est cette seconde mission qui donne au lycée son poids stratégique. Le chef de corps la résume sans emphase : l’établissement est le premier maillon de la chaîne, en amont des écoles d’officiers. Il ajoute que c’est aussi la partie la plus ingrate du métier, parce qu’elle consiste à trancher très tôt entre des adolescents dont certains idéalisent une carrière qu’ils connaissent mal.
Trois groupes d’ayants droit
L’admission en seconde ne se joue pas d’abord sur les notes, mais sur un statut. Le ministère des Armées organise l’accès au secondaire autour de trois catégories, avec des proportions de places fixées à l’avance. Le premier groupe, prioritaire, réunit les enfants de militaires, les pupilles de la Nation et les orphelins de militaires décédés en service : environ 70 % des effectifs. Le deuxième, plafonné à 15 %, regroupe les enfants d’agents civils du ministère, de fonctionnaires et de magistrats. Le troisième, également fixé à 15 %, est celui du plan égalité des chances, réservé à des élèves boursiers sans lien familial avec l’institution militaire.
Appartenir à l’un de ces trois groupes ne suffit pas. Le second critère est académique, et le chef de corps insiste sur sa fonction : les bulletins du collège sont examinés de près, non par élitisme mais pour éviter de mettre un adolescent en difficulté. Il décrit l’entrée en seconde comme un choc culturel réel. L’élève quitte sa famille, découvre l’internat, endosse un uniforme et se retrouve encadré jour et nuit. Si les résultats ne suivent pas, l’accumulation de contraintes devient contre-productive. Sa formule est explicite : être fils ou fille de militaire ne donne pas droit à une place si les bulletins ne suivent pas.
Il assume aussi qu’une minorité d’élèves arrive contrainte, poussée par des parents séduits par la réputation de l’établissement. Ces cas se repèrent vite : dans les premiers mois, quelques familles reviennent sur leur décision, l’internat ou l’encadrement militaire s’avérant inadaptés.
Gratuité sous conditions
Contrairement à une idée répandue, un lycée militaire n’est pas gratuit pour tout le monde. Dans le secondaire, les familles acquittent des frais de pension et de trousseau, de l’ordre de 2 000 euros par année, avec un système de bourses qui en couvre de 25 à 100 % selon les ressources du foyer. L’internat est obligatoire, y compris pour les élèves dont la famille réside à proximité, et l’établissement fournit trois tenues : service courant, cérémonie et sport.
Le régime des classes préparatoires est radicalement différent. Les élèves relevant de l’aide au recrutement sont exonérés de frais de scolarité et de pension, et perçoivent une solde mensuelle de l’ordre de 80 euros. Cette gratuité n’est pas inconditionnelle : elle repose sur un engagement à rejoindre la fonction publique, et le lycée dispose d’un service chargé de vérifier, plusieurs années après, que l’ancien élève a bien tenu parole. Le chef de corps apporte ici une nuance importante : ce qui compte n’est pas nécessairement la réussite au concours visé. Un ancien préparationnaire qui échoue à Saint-Cyr mais s’engage ensuite par une autre voie, et peut le prouver, n’a rien à rembourser. Celui qui bifurque vers un tout autre métier se voit en revanche réclamer des frais comparables à ceux du secondaire.
Ce mécanisme éclaire la logique de l’institution : l’État ne finance pas une préparation aux concours, il finance un vivier.
Sélection sur dossier
Pour l’enseignement supérieur, le filtre s’appelle Parcoursup, comme partout ailleurs. Ce sont ensuite les enseignants de classe préparatoire de l’établissement qui instruisent les dossiers, parce qu’ils connaissent les exigences propres à chaque filière. Le chef de corps juge cette répartition logique : l’essentiel du temps d’un préparationnaire est du temps académique.
Les chiffres publics de la session 2025 donnent la mesure de la pression. La filière économique et commerciale, présentée comme la prépa Saint-Cyr de l’établissement, a enregistré 662 candidatures pour 29 places. La classe préparatoire aux études supérieures littéraire a reçu 202 candidatures, en a classé 113 et en a retenu 20. Les conditions d’accès sont strictes : nationalité française, baccalauréat général, internat obligatoire week-ends compris, aptitude médicale contrôlée par le service de santé des armées et préparation militaire d’une dizaine de jours à la mi-août. Dans la filière économique, le choix de la deuxième langue vivante est même restreint à l’espagnol, à l’allemand et à l’italien.
Reste le critère que l’établissement peine encore à objectiver : la motivation militaire, appréciée pour l’essentiel à travers une lettre. Le chef de corps expose sans détour la hantise que cela lui inspire, recruter des préparationnaires académiquement excellents mais indifférents au métier des armes. Son argument vaut comme avertissement aux candidats : des classes préparatoires, il y en a partout, et venir dans celle d’un lycée militaire pour rejoindre ensuite une école civile revient à occuper une place financée par les armées.
Le double encadrement
Reste la question de la performance. Le lycée affiche près de 100 % de réussite au baccalauréat et plus de 85 % de mentions. Est-ce l’uniforme, la discipline, l’ordre serré ? Le chef de corps écarte l’explication. Ce qui produit les résultats, selon lui, n’est ni le vernis militaire ni le port de la tenue, mais un encadrement très au-dessus de la norme et la synergie entre deux chaînes qui se parlent.
Il énumère les adultes qui entourent un élève : conseillers principaux d’éducation, enseignants, surveillants, chefs de section, commandants d’unité, équipe de direction. Un adolescent en difficulté dispose donc de plusieurs interlocuteurs et choisit celui en qui il a confiance. S’y ajoute une cellule psychologique adossée à un service de santé. Le résultat pratique, c’est qu’une détresse est repérée tôt.
L’image qu’il donne de la bonne coopération est celle d’un enseignant et d’un chef de section faisant le point à table, le midi, sur la même classe. Quand ce binôme entre éducation nationale et ministère des Armées fonctionne, dit-il, les résultats sont exceptionnels ; il admet que cela dépend des personnes.
Le second effet de ce dispositif est disciplinaire, et il libère du temps d’enseignement. Le professeur n’a pas à conquérir le silence en début de cours, parce que les élèves savent que l’indiscipline relève de l’encadrement militaire. Le régime de sanctions va de la privation de sortie à l’exclusion définitive, prononcée en conseil de discipline, exactement comme dans l’éducation nationale.
Des enseignants détachés
Les professeurs des lycées de la Défense sont des enseignants de l’éducation nationale détachés auprès du ministère des Armées. Ils suivent les mêmes programmes que partout ailleurs et conservent leur liberté pédagogique. Le recrutement, en revanche, est local : lorsqu’un poste se libère, la proviseure mobilise son réseau, les inspecteurs d’académie proposent des candidats, et le chef de corps les reçoit avec elle en entretien avant de trancher. C’est une latitude rare dans l’enseignement public.
Le chef de corps estime que les places y sont convoitées, même si le fonctionnement d’un lycée militaire reste mal connu à l’extérieur. L’argument tient au climat de travail : peu de classes difficiles, des élèves disciplinés, un encadrement qui absorbe une bonne part de ce qui, ailleurs, pèse sur le professeur.
Sur les profils, il se garde de toute généralisation. Certains enseignants sont officiers de réserve citoyenne, d’autres correspondants défense dans leur commune. Interrogé sur les sensibilités politiques de son corps enseignant, il répond avec prudence que tout le monde ne partage pas les mêmes idées, et que chacun sait parfaitement dans quel établissement il enseigne.
Une militarité assumée
Officiellement, le secondaire ne recrute pas. Dans les faits, le chef de corps ne se paie pas de mots : quand 70 % des élèves sont enfants de militaires, une forme de reproduction professionnelle s’observe naturellement. Les lycéens revendiquent leur établissement plutôt que le lycée voisin, se déclarent heureux d’être en uniforme, demandent l’ordre serré, le chant et le défilé, et manifestent un enthousiasme sans équivoque lorsqu’un hélicoptère se pose sur la cour d’honneur.
Il nuance aussitôt. Tous ne veulent pas être militaires, et le lycée ne s’en formalise pas : la mission d’aide à la famille reste une mission d’aide à la famille, et le baccalauréat en est l’objectif. Mais beaucoup d’élèves de seconde n’ont qu’une idée en tête, passer en classe préparatoire pour devenir officiers, et ceux dont les résultats ne le permettront pas évoquent d’eux-mêmes l’école de sous-officiers ou l’engagement comme militaire du rang.
Une évolution le frappe, parce qu’elle n’existait pas de son temps : la préparation au concours de l’École de santé des armées, organisée en classe de terminale par des enseignants volontaires, en plus de leurs heures. Ce concours est accessible directement après le baccalauréat et conduit au statut d’élève officier médecin ou pharmacien. Il attire en particulier, note-t-il, de nombreuses jeunes filles des classes scientifiques, décidées à exercer la médecine, mais en uniforme.
Plan égalité des chances
C’est sur ce point que le chef de corps est le plus affirmatif. Le contingent de 15 % réservé aux boursiers ne relève pas de l’affichage : il décrit des élèves qui arrivent intimidés par l’uniforme et par un univers dont ils ignorent tout, et qui, trois ans plus tard, sortent avec des résultats solides et une confiance qui leur ouvre des trajectoires auxquelles ils ne se croyaient pas autorisés. Il emploie l’expression de plafond de verre, en précisant qu’il s’agit d’un plafond que ces élèves s’étaient imposé eux-mêmes.
Il insiste sur un point qui échappe souvent au débat : la finalité n’est pas nécessairement militaire, le dispositif poussant des jeunes vers des études supérieures exigeantes, quelle qu’en soit la suite. La classe préparatoire aux études supérieures obéit à la même logique, puisqu’elle est réservée à des élèves boursiers.
Ce volet le conduit à parler du lien entre les armées et la société. Il estime que chaque militaire, du caporal au colonel, exerce une fonction d’ambassadeur, et qu’il faut aller expliquer l’institution là où elle n’est pas connue, en s’appuyant sur les dispositifs partenariaux qui existent entre l’éducation nationale et le ministère des Armées, à commencer par les classes de défense et de sécurité globale. Il reconnaît que l’exercice n’a rien d’évident : il raconte s’être retrouvé dans une école primaire à devoir expliquer ce qu’est la guerre et s’il était un militaire gentil ou méchant, concédant que les questions les plus naïves ne sont pas celles auxquelles on répond le plus facilement.
Éloquence et cohésion
Un chef de corps n’écrit pas les programmes. Le colonel décrit sa marge de manœuvre comme réelle mais encadrée : un plan d’action, c’est-à-dire des projets qu’il soutient, jamais d’intervention dans le contenu des cours. La liberté pédagogique des enseignants est la première chose qu’on lui a expliquée en arrivant, et il en a fait une règle.
Deux axes portent sa marque. Le premier est l’éloquence : il considère qu’un jeune de quinze à vingt ans doit comprendre l’importance de l’art de convaincre, et a poussé l’établissement à multiplier les concours, en interne comme entre lycées. Le second tient à son propre parcours, l’ouverture internationale et les langues vivantes. Son constat est sans complaisance : le français ne suffit plus, et il n’est pas certain que tous les préparationnaires consentent l’effort qu’exigent l’anglais, l’espagnol ou l’allemand, alors même que ces épreuves comptent dans les concours qu’ils visent.
Le dernier thème de l’entretien est celui de la cohésion, mot dont il redoute l’usure. Sa réponse est pragmatique : un mot ne se galvaude pas tant qu’il se traduit en actes observables. Il cite la marche qui précède la remise du calot en classe préparatoire, l’épreuve sportive où le groupe se règle sur le plus lent, et le transfert de cette logique au travail scolaire, jusqu’aux conseils de classe où il demande aux délégués si tel camarade en difficulté est accompagné. Il ajoute un contrepoint qui évite l’angélisme : le jour de l’examen, personne n’écrit la dissertation à plusieurs.
Quant au conseil qu’il donne le plus souvent, il tient en un mot : se projeter. Avoir un projet ne sert pas seulement à choisir une orientation, c’est ce qui permet d’accepter les changements, parce qu’on les rapporte à un objectif situé au-delà. Il le formule par une image : voir ce qu’il y a derrière le mur plutôt que le mur.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un lycée de la Défense ?
Un lycée de la Défense est un établissement placé sous la tutelle du ministère des Armées, dirigé par un officier supérieur assisté d’un proviseur. La France en compte six, qui accueillent ensemble près de 4 500 élèves : les lycées militaires d’Aix-en-Provence, d’Autun et de Saint-Cyr-l’École, le Prytanée national militaire de La Flèche, le lycée naval de Brest et l’École des pupilles de l’Air de Montbonnot-Saint-Martin. Les programmes sont ceux de l’éducation nationale et les professeurs en sont issus, mais l’encadrement de la vie scolaire est assuré par des militaires. Ces établissements remplissent deux missions : l’aide aux familles du ministère et l’aide au recrutement des futurs officiers.
Qui peut candidater dans un lycée militaire ?
Pour le secondaire, l’accès est réservé à des candidats de nationalité française relevant de l’une des trois catégories d’ayants droit définies par le ministère des Armées. Le premier groupe, prioritaire et le plus nombreux avec environ 70 % des places, réunit les enfants de militaires, les pupilles de la Nation et les orphelins de militaires décédés en service. Le deuxième, plafonné à 15 %, concerne les enfants d’agents civils du ministère, de fonctionnaires et de magistrats. Le troisième, également fixé à 15 %, relève du plan égalité des chances et s’adresse à des élèves boursiers sans lien avec l’institution militaire. Appartenir à l’un de ces groupes ne suffit pas : l’admission se fait sur dossier scolaire.
La scolarité est-elle gratuite ?
Non dans le secondaire, oui en classe préparatoire. Les familles d’élèves du second cycle acquittent des frais de pension et de trousseau, de l’ordre de 2 000 euros par an, atténués par des bourses couvrant de 25 à 100 % de la somme selon les ressources du foyer. Les élèves de classe préparatoire relevant de l’aide au recrutement sont en revanche exonérés et perçoivent une solde mensuelle d’environ 80 euros. Cette gratuité s’accompagne d’un engagement à servir : un ancien élève qui quitte le périmètre de la fonction publique peut se voir réclamer le remboursement des frais correspondants.
Faut-il passer par un lycée militaire pour entrer à Saint-Cyr ?
Non. Les classes préparatoires des lycées de la Défense ne détiennent aucun monopole sur les concours des écoles d’officiers, et de nombreuses prépas civiles préparent l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’École navale et l’École de l’air et de l’espace. Le chef de corps du lycée militaire d’Aix-en-Provence le reconnaît volontiers. Il juge en revanche difficilement envisageable de décrocher l’un de ces concours sans être passé par une structure de classe préparatoire, tant l’exercice suppose des méthodes et un volume de travail encadrés. L’intérêt spécifique d’une prépa militaire tient ailleurs : gratuité, immersion dans l’univers des armées et préparation militaire intégrée à la scolarité.
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