Camille Lanet est entré à Saint-Cyr le 4 septembre 1991. Trente-quatre ans plus tard, il est vice-président de La Saint-Cyrienne, secrétaire de sa promotion, et deux de ses fils sont passés par les mêmes portes. Officier d’infanterie pendant dix-neuf ans puis haut fonctionnaire, il explique de l’intérieur ce que recouvrent le bahutage, le grand carré et le casoar — et pose la question qui fâche : tout élève officier est-il fait pour commander des hommes ?
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Le bahutage est piloté par les élèves mais validé séance par séance par le commandement, chaque risque étant évalué. « Il ne se passe pas de choses incroyables. »
- Sa thèse centrale : tout le monde peut devenir officier ; tout le monde n’est pas apte à commander une unité opérationnelle.
- Ne pas le dire aux intéressés fut, selon lui, une faute du système de son époque, qui a fracturé des carrières.
- Pourquoi la cohésion de promotion tient trente-cinq ans : parce qu’après l’école, on n’entre pas dans le business.
- La différence avec les élèves d’aujourd’hui : eux envisagent ouvertement de partir un jour. « Je trouve ça bien. Ils ont cette liberté. »
- Le conseil qu’il a gardé d’un chef de bataillon : « Mon jeune ami, sachez vous situer. »
Un littéraire qui rêvait de l’École des chartes
Lyonnais, d’origine dauphinoise, marié et père de cinq enfants, il commence par une précision qui compte : il n’avait pas de père officier. « À mon époque, une promotion comptait 50 % de fils d’officier, voire de fils de saint-cyrien. » Lui n’avait qu’un grand-père qui avait préparé Saint-Cyr à Alger — préparation interrompue par la déclaration de guerre en 1939, avant un départ comme chef de section au 2e régiment de tirailleurs algériens.
Bac littéraire, latin, grec, concours général de français et de grec ancien : sa vocation était ailleurs. Il rêvait de l’École des chartes, fasciné par un oncle académicien et archéologue, dernier directeur des fouilles de Carthage pour l’UNESCO, qui avait défriché Tipasa. « Il avait une allure incroyable, c’était un dandy, il parlait le latin comme moi je ne parle pas l’anglais. »
La bascule se joue en terminale, sur une angoisse : et si je n’atteins pas ce modèle ? « Est-ce que je ne vais pas devenir un rat de bibliothèque au milieu de la poussière ? » Il cherche alors ce qu’un bac littéraire permet de faire, va chercher un dépliant au centre d’information et de recrutement de l’armée de Terre à Lyon, et découvre qu’un littéraire peut entrer à Saint-Cyr. « Tu es sportif, tu es dynamique — je pense que ça t’ira mieux. »
Suivent trois années de prépa au lycée militaire de Saint-Cyr-l’École, hypokhâgne et khâgne, avec une contrainte que l’on a oubliée : les littéraires n’avaient pas le droit de présenter d’autres concours. Il échoue une première fois, « cube », et réussit. Ils étaient alors 80 % de cubes parmi les littéraires reçus.
« Il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr »
Il aime cette expression, et il en fait une lecture inattendue. Elle circule encore, mais surtout — et c’est ce qui l’amuse — dans des milieux sans tradition de grandes écoles. « C’est bien souvent dans des couches sociales où l’on n’est pas habitué à ces écoles que je l’ai entendue : ma grand-mère disait qu’il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr… »
Ce qu’elle raconte, dit-il, c’est le prestige académique dont jouissait l’école du temps de nos grands-parents : si la chose est simple à comprendre, c’est qu’il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr — sous-entendu, Saint-Cyr, c’est autre chose.
Sa propre définition, il l’emprunte à une formule que les saint-cyriens citent régulièrement : l’école « par excellence de la jeunesse, où l’on entre sans calcul d’intérêt ni d’ambition, parce qu’on a soif de grand et de mouvement, le goût de l’aventure et l’envie de se donner à la grandeur de la patrie » — et où l’on trouve une camaraderie qu’on ne rencontre nulle part ailleurs.
Le mot qui revient est celui de gratuité. Et il en donne une explication qui n’a rien de sentimental : elle est mécanique. « Derrière, tu n’entres pas dans le business. » Une carrière d’officier ne se développe pas ; on est géré par une DRH d’armée. Résultat : quand deux camarades de promotion se revoient, ils parlent de leur métier, sans « le champ un peu pécuniaire qu’on peut retrouver dans d’autres associations d’anciens élèves ». Trente-cinq ans après, sa promotion se retrouve toujours — « et on se retrouve comme des jeunes ».
Le paradoxe de l’uniforme
Interrogé, un peu taquin, sur le rôle du costume dans sa vocation, il reconnaît que le grand uniforme l’a « fait tenir » pendant la prépa — comme tout le monde.
Et il s’arrête sur une contradiction qu’il trouve savoureuse. L’uniforme est censé faire disparaître les individus derrière une tenue unique : c’est le sens même du mot. Or c’est du vestiaire militaire que sont sorties d’innombrables déclinaisons de créateurs. « Paradoxalement, on a tiré des choses assez incroyables de ces uniformes qui devaient niveler. »
Avec cette observation, qui vaut pour toute la maison : « Même les moins coquets sont attachés à leur grand uniforme et à leur casoar. Les types te disent je m’en fous de ces histoires-là — et même le plus guerrier te dira que son grand uniforme est dans un coin de son salon. »
Le grand carré, le bahutage, le casoar
C’est la partie la plus documentaire de l’entretien, et il la prend au sérieux : « Beaucoup racontent des âneries. Avant d’écrire ou de dire des choses, il faut se renseigner — les portes sont ouvertes à Saint-Cyr. »
Premier point, qui conditionne tout le reste : il n’y a pas de discrimination. Tous les entrants ont vocation à faire partie de la promotion, « du plus étranger à l’institution au plus proche par sa famille », et tout est organisé pour que le mieux informé tire les autres.
Ce rôle incombe d’abord à ceux qui viennent des lycées militaires — quatre relèvent de l’armée de Terre, auxquels s’ajoutent le lycée naval et l’école des Pupilles de l’air. On y apprend les codes, les textes, les promotions de Saint-Cyr dans l’ordre, l’importance du casoar. « Rien d’idiot. Des choses qui servent vraiment. » Les autres, dit-il, se mettent à niveau en deux ou trois mois, par les récits au coin du feu.
La promotion est structurée par le grand carré, l’équipe d’élèves qui la dirige :
- le père système, qui préside la promotion et dialogue directement avec le commandant de bataillon ;
- le colonel des gardes, responsable des traditions ;
- le commandant des gardes, tourné vers l’extérieur et l’événementiel — les galas ;
- un trésorier et un secrétaire, aujourd’hui appelé le scribe, qui guidera la promotion une fois sortie ;
- et, ajout récent, un adjudant du carré, chargé de la logistique.
Sur le bahutage, il tient à dissiper les fantasmes sans en livrer le détail, qui appartient aux élèves. Ce sont des traditions installées, désormais conduites en première année — de son temps, en deuxième —, ce qu’il juge préférable : « ça les fait entrer dans la famille tout de suite ». Chaque séance a un objectif précis : acculturation aux codes, connaissance du parrain de promotion. Et chaque séance est validée par le commandement, qui évalue les risques et peut dire non.
« Tout ce que les gens n’arrivent pas à savoir alimente les fantasmes. Je vais les décevoir : il ne se passe pas de choses incroyables. Ces séquences sont préparées et pilotées par les élèves, mais elles sont cadrées. »
Le terme du parcours est la remise du casoar — « on en rêve depuis qu’on est tout petit » —, qui marque l’entrée dans la famille saint-cyrienne. Une appartenance qu’il présente comme définitive : « Tout saint-cyrien est saint-cyrien toute sa vie. » Il corrige d’ailleurs systématiquement ceux qui disent « quand j’étais saint-cyrien ». Et il en tire une pratique : à chacun de ceux qui se sont éloignés, il répète que le siège de La Saint-Cyrienne, dans le 7e arrondissement, est chez eux. « Viens prendre un café. »
Signer à vingt ans sans savoir pour quoi
Comment un gamin de vingt ans s’engage-t-il pour vingt ans ? Sa réponse commence par un aveu amusé : il ne se souvient même pas d’avoir signé quoi que ce soit. « On cultive un peu le fait d’être loin de la paperasse. »
Sur le fond : « Pour moi, c’était une entrée à la vie et à la mort. » Il n’imaginait pas partir un jour — et il a pourtant quitté l’uniforme il y a seize ans.
Surtout, on ne se projette pas. L’école est une fin en soi : le stage commando, le stage en Guyane, le brevet para, les traditions, le bahutage — « on veut goûter chaque seconde ». Puis on avance par étapes : obtenir l’arme dont on rêve, être lieutenant à la tête de trente hommes. « Même capitaine, ça ne m’intéressait pas sincèrement. On ne voit pas plus loin. »
Le souvenir qui l’a le plus marqué n’est d’ailleurs pas un stage, mais le premier jour. Le 4 septembre 1991, à Coëtquidan, dont il ne connaissait rien. « Complètement perdu, avec des capitaines et des voraces qui hurlent de partout, mon sac à la main. Et quand j’ai vu mon nom sur la liste, j’ai compris que j’étais à Saint-Cyr. » Trois ans de prépa derrière lui.
Ce qui a changé chez les élèves d’aujourd’hui
Il est bien placé pour comparer : élève, puis cadre à Coëtquidan, et aujourd’hui père d’un élève qui préside sa promotion.
La différence majeure tient à l’horizon. « Ils sont capables de dire : sur le court-moyen terme, peut-être que je ne serai plus dans l’armée, donc je vais prendre le meilleur. » Ce ne sont pas des tièdes — « ils sont aussi fans que nous » —, mais ils ont vu des exemples de départ. « Chez nous, dire je partirai peut-être, ce n’est pas que ça nous faisait peur : ce n’était dans la tête de personne. » Son jugement est net : « Je trouve ça bien. Ils ont cette liberté. »
Le reste, en revanche, tient. Même allant, même cohésion, dans des promotions issues de milieux plus divers que la sienne. Et il attribue cette permanence à un facteur précis : « S’il n’y avait pas la tradition, tout cela ne se retrouverait pas. On fait les mêmes choses depuis x années, et ça modèle la personne — ça ne la transforme pas. »
Il refuse d’y voir un simple agrément d’école. « Celui qui pense qu’une cohésion de promotion, c’est juste bien, se plante complètement. » La démonstration se fait au quotidien à Balard, où il croise chaque jour des colonels et des généraux connus vingt ans plus tôt en régiment ou en opération. « Et ça, c’est en école que ça démarre. »
« Tout le monde n’est pas apte à commander »
C’est le passage le plus tranchant de l’épisode, et il l’assume comme une critique de son propre système.
Peut-on tous devenir officier ? Oui, répond-il : les concours sont bien calibrés, équilibrés entre l’académique et le physique. « En revanche, tout le monde n’est pas apte à commander des hommes. » Et il insiste sur la distinction : rédiger, concevoir, être force de proposition en état-major est une chose ; commander une unité opérationnelle en est une autre.
Le problème est qu’un concours passé à dix-huit ans ne peut pas l’évaluer. L’évaluation doit donc se faire pendant l’école — et c’est son argument principal en faveur des trois années de scolarité. « Le jour où on dira qu’on ramasse ça à deux ans, ce sera une ânerie. On prend un jeune à Saint-Cyr, il n’est pas débourré. On le débourre pendant trois ans. » Au terme desquels « le 360 sur la personne est bien fait, et la personne se connaît parfaitement ».
Il décrit à ce titre la première année de son époque, « que du militaire » de fin août à juillet, dont quatre mois en régiment comme aspirant chef de section à l’instruction, et un stage moniteur commando au CNEC pour finir. Le classement de fin de première année permettait à chacun de se repositionner : « le mec est resté fan d’infanterie, il en a bavé mais il sait pourquoi ». Les fins nature — l’arme dont on rêve, affichée sur la porte de chambre dès le lycée militaire — s’ajustaient à la réalité.
Sa critique porte sur ce que le système n’osait pas dire. « Il y a des gens à qui on aurait dû dire : ce n’est pas grave, tu seras un bon officier, mais tu n’es pas fait pour commander en unité opérationnelle. » Faute de quoi certains ont vu leur carrière se fracturer, ou ont fini par partir. « Je pense que c’est une faute du système qui était en place. »
Il salue les progrès récents — des entretiens dès la fin de deuxième année, orientant les intéressés vers les états-majors ou la spécialisation — tout en jugeant qu’on n’ose pas encore aller assez loin : cela concerne quatre à six personnes sur 154. La raison de fond est un travers administratif qu’il nomme sans détour : « Il en rentre 154, à la sortie il y a 154 postes qui se libèrent, donc il faut les caser. La matière humaine, ce n’est pas juste du flux RH. »
Et il rappelle l’enjeu réel : « Tu as la responsabilité de personnes. Tu les emmènes au combat, et tu ne sais pas les commander. C’est quand même ça, le sujet. »
Il glisse enfin un parallèle historique : après 1870, l’armée française a mis fin à un système où de brillants sortants partaient directement dans des carrières d’état-major sans jamais servir en unité — analysé après coup comme ayant contribué à des échecs cuisants. Depuis, tout officier commence en unité.
Trois enfants officiers, et une règle
Un fils lieutenant au 1er régiment de chasseurs parachutistes, passé par l’EMIA après Saint-Maixent ; un fils à Saint-Cyr, président de sa promotion ; une fille à l’académie militaire de la gendarmerie nationale. Il en parle avec une fierté qu’il étend explicitement à ses cinq enfants.
Mais il pose une règle qu’il a tenue : ne surtout pas les faire entrer « pour faire comme papa ». Ce qu’il redoutait par-dessus tout : « Le pire de tout serait d’entendre : tu m’as embarqué là-dedans, mais ce n’était pas fait pour moi. Et on ne s’en aperçoit parfois qu’au bout de dix ans. »
Il raconte l’épisode qui l’a rassuré. Son fils aîné, en seconde, ne parlait que de Saint-Cyr — et venait de redoubler. Il le prend entre quatre yeux : oublie Saint-Cyr pour l’instant, et dis-moi si c’est le casoar qui te fait rêver ou si tu veux vraiment être militaire. La réponse : « J’aimerais bien. Et s’il le faut, je serai sous-officier. » « C’est ça que je voulais entendre. Là, je me suis dit qu’il était sauvé. » Il fera Saint-Maixent, sergent au 1er RI, puis l’EMIA.
Il refuse par ailleurs de nier l’évidence sociologique. « Ceux qui disent que ça n’a strictement rien à voir… bien sûr que si. Ils regardent les livres, les photos, ils savent que le papa était machin, les amis du papa sont officiers. Ils évoluent dans un milieu qui les porte. » Ce qui peut d’ailleurs produire l’effet inverse — sa femme, adolescente, avait juré ne jamais épouser un officier.
Il attribue enfin un rôle important au scoutisme, qu’il défend contre l’accusation de caricature : « une école de formation et de maturité incroyable » pour un adolescent, dont beaucoup d’officiers sont issus, et qui installe le rapport à la nature et la débrouillardise.
Deux leçons de commandement
La première lui vient d’un capitaine du 1er régiment d’infanterie, arrivé du 2e REP et qui vivait mal sa mutation. Pendant un an, Lanet, son officier adjoint, l’a observé former ses cadres. Ce capitaine ne se contentait pas d’entraîner les sections : il réunissait lui-même les chefs de groupe pour leur faire des topos. Comment progresser quand on est chef de groupe. Comment un chef de section donne ses ordres.
« J’ai vu là le rôle d’un commandant d’unité. » Devenu instructeur à Coëtquidan — à contrecœur, il tenait à rester en régiment —, il en a fait sa méthode : accorder au champ pédagogique une importance « peut-être excessive », et ne jamais laisser un cadre se débrouiller. « À vos sergents, ce n’est pas on fait comme ça. Vous leur apprenez de manière régulière, tout doit être jalonné. »
La seconde tient en une phrase, celle d’un chef de bataillon de Coëtquidan promis à de hautes fonctions, qu’il retrouvera plus tard au cabinet du ministre. Quand un jeune officier commençait à discuter un peu trop, il lui lançait : « Mon jeune ami, sachez vous situer. »
Lanet en fait un plaidoyer pour le savoir-être, qu’il place presque au niveau du savoir-faire et qu’il juge en recul. « Ça s’observe. Ça s’observe des militaires du rang, ça s’observe des sous-officiers. » La formule cassante disait aussi, selon lui, quelque chose de juste : il y a des moments où l’on échange et où l’on apprend, et il y a le fait de savoir en permanence où l’on se trouve.
Son conseil de lecture : lire inutile
Il cite Les Illusions perdues, de Balzac, qui a marqué son adolescence — sans très bien savoir pourquoi, ce qui lui donne envie de le relire.
Mais le conseil qu’il adresse à un jeune officier porte moins sur le titre que sur l’usage : « Prends le temps de lire des livres qu’on va qualifier d’inutiles. » Il revendique cette inutilité. « Lire utile me dérange presque. J’aime avoir une pile de livres dont je me dis qu’ils n’ont a priori aucun intérêt pour mon boulot. C’est lire pour le plaisir. »
Une cohérence, au fond, avec ce qu’il dit de son école depuis le début de l’entretien : la gratuité.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le bahutage à Saint-Cyr ?
Un ensemble de séances de tradition conduites en début de scolarité, destinées à faire entrer les nouveaux élèves dans la famille saint-cyrienne : acculturation aux codes, connaissance du parrain de promotion, apprentissage des textes et des usages. Elles sont préparées et pilotées par les élèves du grand carré, mais validées séance par séance par le commandement, qui en évalue les risques. Leur terme est marqué par la remise du casoar.
Qu’est-ce que le grand carré et le père système ?
Le grand carré est l’équipe d’élèves qui dirige une promotion. Le père système la préside et dialogue directement avec le commandant de bataillon. Il est entouré d’un colonel des gardes (traditions), d’un commandant des gardes (événementiel et galas), d’un trésorier, d’un secrétaire — le scribe — et, plus récemment, d’un adjudant du carré chargé de la logistique.
Faut-il venir d’un lycée militaire pour intégrer Saint-Cyr ?
Non — le concours est ouvert à toutes les prépas, et cette diversité fait selon lui la richesse des promotions. Ceux qui viennent des lycées militaires arrivent en revanche avec les codes, les traditions et le vocabulaire déjà acquis, et jouent un rôle de transmission auprès des autres pendant les premiers mois.
Tout élève de Saint-Cyr devient-il chef de section ?
Statutairement, la sortie de l’école ouvre sur le commandement d’une unité élémentaire. Camille Lanet plaide pour que ce ne soit pas automatique : réussir un concours académique et sportif à dix-huit ans ne dit rien de l’aptitude à commander des hommes. Il estime que les trois années de scolarité doivent servir à l’évaluer, et que le commandement doit oser réorienter les quelques élèves concernés vers des fonctions d’état-major ou de spécialiste.
À écouter également
- #28 — D’officier dans l’armée à haut fonctionnaire (avec Camille Lanet)
- #263 — Intégrer l’École spéciale militaire de Saint-Cyr
- #276 — Commander l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan
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