Dorothée Olliéric est grand reporter à France Télévisions depuis trente ans. Cambodge, Rwanda, Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Mali, Ukraine : elle couvre les terrains de guerre depuis ses débuts, et refuse pourtant l’étiquette de « reporter de guerre ». Elle revient sur son interview de Pinochet arrachée au culot à 21 ans, sur les limites de l’embedding à la française, sur Maxime Blasco — dont elle a écrit l’histoire — et sur ce qu’elle dit aux jeunes femmes qui l’appellent.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Elle refuse le titre de reporter de guerre : « c’est devenu une prétention ». Elle se dit grand reporter.
- Avant 2001, afficher « PRESSE » protégeait. Depuis, le journaliste est devenu une cible — pour son statut, son argent, ou sa valeur d’otage.
- Sa critique de l’embed avec l’armée française : « arrêtez d’être prudents pour moi ». Elle a fait remonter le sujet jusqu’à l’état-major.
- Sur le front ukrainien, l’accès est paradoxalement plus libre qu’avec les armées occidentales — surtout dans le Donbass.
- Sa règle déontologique intangible : montrer les deux camps, quel que soit l’agresseur. Elle a couvert le Donbass prorusse en 2014.
- Son conseil aux jeunes : « partez sur le terrain, n’attendez pas qu’une grande rédaction vous envoie ».
Pinochet, arraché au culot
L’histoire dit déjà tout du personnage. Étudiante en langues étrangères appliquées, hispanophone passionnée de civilisation latino-américaine, elle part au Chili à 19 ans pour voir « comment ça se passe dans un pays non pas en guerre, mais dans une dictature ».
Deux ans plus tard, elle y retourne avec un ami photographe, munie d’une simple carte de correspondant local. Elle obtiendra une interview du général Pinochet — en laissant entendre que son quotidien régional tirait à un million d’exemplaires. « Je suis allée au culot. » Elle en garde le souvenir d’un face-à-face troublant, « avec sa petite voix un peu ridicule », et d’un exercice d’équilibre : rester neutre, ne pas rejeter d’office l’homme en face pour aller chercher quelque chose en lui.
Le sort du reportage résume l’ingratitude du métier : de retour en France, l’actualité est happée par la chute du mur de Berlin. Le papier paraîtra dans le quotidien local, payé cinquante francs. « J’étais trop contente d’avoir mon premier papier signé. »
Sa première mission pour France 2 arrive à 25 ans, au Cambodge, en novembre 1992, pendant l’opération de maintien de la paix des Nations unies. Elle part avec 300 légionnaires, seule femme du groupe — « ils ont tous été adorables, aux petits soins » — et traverse le pays en hélicoptère, en 4×4, à mobylette et à pied. « Je me suis dit : quel métier de dingue. Je ne me suis pas trompée. »
« Je veux le vivre, pas seulement le raconter »
Interrogée sur ce qui la pousse, elle formule un moteur qu’on entend rarement aussi nettement : « J’ai envie d’aller là où l’histoire s’écrit. Et je veux le vivre — je ne veux pas seulement le raconter. Je veux le sentir physiquement, psychologiquement. »
L’anecdote qui l’illustre le mieux est celle de la mort de Ben Laden. Elle est en congé, entend l’annonce à la radio au réveil, appelle immédiatement sa rédaction. À 8 heures, elle est la première à l’ambassade du Pakistan pour obtenir son visa. Elle prend le vol de 10 h 45, atterrit neuf heures plus tard, et se retrouve dans les ruelles attenantes à la maison d’Abbottabad, quelques heures seulement après l’annonce. « C’est ça, l’essence de mon métier. J’aime cette rapidité dans l’action. »
Elle refuse en revanche le titre qu’on lui accole. « Je ne me présente jamais en disant : je suis reporter de guerre. Je trouve que c’est devenu une prétention. » Grand reporter, donc — ce qui n’exclut ni les élections en Espagne, ni des sujets bien plus proches.
Le Rwanda, et la question de la santé mentale
Elle avait 25 ans et n’avait jamais vu de cadavre. Elle découvre le Rwanda : « des milliers et des milliers de morts, coupés en morceaux, des femmes, des enfants, des amas de corps ». Et cette odeur, « extrêmement violente, prégnante ». Elle dit y avoir vu « le pire de ce que l’humanité peut faire ».
Sur la manière dont elle tient, sa réponse est d’une honnêteté rare. Elle ne s’interroge pas trop, « parce que si tu réfléchis trop, tu vas peut-être faire entrer la peur en toi ». Elle se dit équilibrée, bien entourée par sa famille — « j’aime bien dire que c’est ma maman qui fait un peu office de psy ». Avec une règle que partagent les militaires : quand ça monte, il faut que ça sorte — auprès d’un psychologue ou d’un proche, mais « pas ton conjoint, pas tes enfants ».
Elle reconnaît « cocher toutes les cases pour souffrir de stress post-traumatique », sans en avoir été atteinte — et a une pensée immédiate pour les militaires qu’elle sait touchés. Les cauchemars, eux, sont là : « c’est la guerre dans ma tête, encore aujourd’hui ». Mais « version film de guerre à l’américaine » : elle observe le scénario sans se réveiller en sueur.
Quand le journaliste est devenu une cible
Elle situe précisément la bascule. Avant 2001, l’identification protégeait : « on mettait TV, PRESSE sur les portières, sur le toit — comme un médecin dans une ambulance. Je me suis sentie protégée par mon statut de journaliste pendant des années. »
Puis le statut devient un motif de ciblage — pour ce qu’il représente, pour l’argent liquide que transportent les équipes, et pour la valeur marchande d’un otage. L’époque des exécutions de journalistes en combinaison orange marque un point de rupture : « c’est une vraie terreur ». Elle admet un moment de flottement. Puis elle est repartie, en Irak notamment, « parce que l’appel est plus fort que tout ».
Sa parade au risque d’enlèvement, elle l’assume : au Mali, elle n’est allée qu’en embed avec les militaires français. « Sinon, je sais que c’est direct la prise d’otage. » Elle prend soin de ne pas juger ceux qui ont fait d’autres choix, évoquant le cas d’un confrère installé à Bamako avec ses propres réseaux : « ce n’était pas la même démarche qu’une journaliste qui arrive de Paris ».
« Arrêtez d’être prudents pour moi »
C’est le passage le plus tranchant de l’entretien, et il intéressera autant les journalistes que les militaires.
Son rapport aux armées est d’abord positif : « pas de l’admiration — du respect ». Un respect pour les valeurs militaires et pour un engagement qu’elle a vu aller « jusqu’au sacrifice ultime ». Elle travaille avec elles depuis la Bosnie, le Rwanda et le Kosovo, tout en ayant couvert quantité de terrains sans le moindre militaire français.
Ce qu’elle aime : raconter les militaires à hauteur d’homme. Elle privilégie délibérément les moins gradés, « parce que la parole est plus libre, plus simple, plus vraie ». Et livre une observation que beaucoup de communicants feraient bien d’entendre : « je déteste les éléments de langage. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les gens se font un film de l’interview, moins ils sont à l’aise. » Elle note toutefois un net assouplissement depuis ses débuts, où tout devait passer par le service de presse.
Reste sa vraie critique : l’excès de précaution. Elle raconte une opération au Sahel — lever à 3 heures du matin, départ en blindé — au cours de laquelle son véhicule, un blindé sanitaire, s’arrête à une dizaine de kilomètres à l’arrière au moment d’aborder le village tenu par les groupes armés. « J’étais furieuse. » Elle a fait remonter l’incident jusqu’à l’état-major : « ou on est avec vous, ou on n’est pas avec vous. Mais ne nous enlevez pas de l’histoire avant même qu’elle commence. » S’il s’était passé quelque chose, l’équipe n’aurait tout simplement pas eu la séquence.
Sa comparaison est cruelle : « quand je pense à mes confrères au Vietnam… Pierre Schoendoerffer suivait la section Anderson pendant des semaines, jour et nuit, dans toutes les opérations. On en est loin. » Le voyage de presse balisé — le camp, un checkpoint, une petite opération — lui convient pour qui découvre. « Mais moi je veux plus. Arrêtez d’être prudents pour moi, et emmenez-moi là où vous vous battez. »
Elle sait négocier, cependant. En Afghanistan, en 2007, son camp essuie une salve de roquettes vers 22 heures — six explosions, dont une qui n’a pas explosé à l’aplomb d’un dortoir. L’officier de communication veut l’emmener aux abris ; elle obtient un quart d’heure pour filmer les militaires en ordre de bataille et les hélicoptères qui décollent. « Il a été malin, il nous a laissé faire. »
Le front ukrainien : plus dangereux, mais plus ouvert
Le contraste qu’elle décrit est saisissant. Travailler avec l’armée ukrainienne n’est pas simple — l’organisation fonctionne par divisions, chaque unité doit être démarchée séparément, et le travail repose largement sur sa fixeuse ukrainienne, dont le carnet d’adresses s’est étoffé au fil de la guerre.
Mais les pratiques varient fortement selon les régions. Dans le Sud, les interlocuteurs sont plus âgés et bien moins communicants — « des réflexes un peu post-soviétiques de contrôle de l’information ». Dans le Donbass, ce sont de jeunes cadres, familiers des réseaux sociaux : « on montre, et on montre tout ».
Résultat : sur la ligne zéro, la position la plus avancée, on lui dit « vous êtes avec nous, vous restez le temps que vous voulez ». Aucun press tour. Pour rejoindre les tranchées, il a fallu marcher un kilomètre dans la nuit noire, à 4 heures du matin — « j’ai eu très peur de marcher sur un truc où il ne fallait pas » — puis passer plusieurs heures dans le quotidien des soldats. Au bout de trois ou quatre heures, avec les obus passant au-dessus, c’est elle qui a suggéré que cela suffisait.
Détail savoureux : l’officier de communication qui les accompagnait n’était pas un communicant. Ingénieur de métier, il avait proposé ses services parce qu’il avait le contact facile. Sa ligne de conduite : « ce que je veux, c’est tout montrer. »
Quant à sa propre sécurité, elle balaie la question : « ils vont faire attention à eux, je suis une grande fille. Si je suis là pour couvrir une guerre, je prends les mêmes risques. La seule différence, c’est que je n’ai pas d’arme. Je n’ai pas besoin de nounou. »
Février 2022 : « l’histoire commence maintenant »
Elle raconte un épisode qui l’a stupéfaite. Dans les premiers jours de l’invasion, à Kiev, elle voit des confrères quitter le pays au moment précis où tout démarre. « Je n’ai jamais vu ça. Des gens qui partent au début de l’histoire, jamais. »
Elle l’explique par la proximité — un conflit « à nos portes » prenait une dimension effrayante — et par la conviction générale que les chars seraient sur la place Maïdan sous 96 heures. Un jeune journaliste reporter d’images hésitant lui demande conseil. Sa réponse : « tu ne peux pas partir. L’histoire commence maintenant. » Il est resté, et a couvert le conflit « de façon remarquable ».
Le danger, lui, s’est confirmé très vite : une dizaine de journalistes tués dans les premières semaines, et le véhicule d’une équipe britannique criblé de balles alors qu’il portait des marquages « PRESSE » parfaitement visibles.
Montrer les deux camps, toujours
C’est le point sur lequel elle ne transige pas, et il lui vaut des attaques.
Elle rappelle avoir couvert le Donbass côté prorusse en 2014, et avoir montré ce qu’elle y a vu : des bombardements et une artillerie quasi continus, des écoles et des crèches touchées, une morgue frappée par un obus juste après son passage, des civils tués. Elle dit l’avoir raconté à des Ukrainiens qui ne la croyaient pas.
Sa position de principe : « chez le pire dictateur, chez le pire sanguinaire, tu montres les deux côtés. » Elle cite la Syrie, où sa rédaction a envoyé des équipes des deux bords. Ce qui ne l’empêche nullement de nommer les responsabilités : « oui, il y a un pays qui a commencé cette invasion, c’est une évidence, et il faut le rappeler. Il ne faut pas faire l’histoire à l’envers. »
Les accusations de complaisance l’exaspèrent : « je ne m’autocensure pas, on ne me censure pas. Je raconte ce que je vois. Je ne suis pas éditorialiste. » Elle défend d’ailleurs le droit de ses confrères à couvrir l’autre camp, y compris quand cela leur vaut d’être catalogués — évoquant l’un d’eux, posté au nord de Bakhmout côté russe pendant qu’elle se trouvait au sud côté ukrainien, et l’échange de messages entre eux : « heureusement que vous visez mal, je suis toujours là ».
Sur la censure interne, elle est tout aussi précise. Ce qu’on lui demande relève de la forme : muscler la première phrase, ouvrir sur des images plus fortes. Elle résiste à sa manière : « je ne vends pas des aspirateurs, je raconte une histoire. » Elle s’interroge en revanche ouvertement sur les habillages d’émissions arborant un drapeau ukrainien — « ça met quelque part en danger les équipes sur le terrain ».
Maxime Blasco, une histoire qu’elle a mis un an à obtenir
L’origine du livre remonte à un documentaire consacré au crash d’un hélicoptère au Mali en 2019. Maxime Blasco, tireur d’élite, y sauve ses camarades — le pilote et le chef de bord — en les accrochant au train d’atterrissage d’un Tigre posé en pleine zone ennemie.
Obtenir l’autorisation de raconter cela lui a pris un an. Son analyse est sévère et instructive : « un crash, c’est un échec. Ils n’ont pas su voir derrière l’héroïsme extraordinaire, la fraternité d’armes incroyable. » Elle voulait tout — les images de drone, celles captées par le Tigre — pour reconstituer l’ensemble. Elle finira par les avoir.
De l’homme, elle dresse un portrait qui explique le livre. Un militaire « un peu taiseux », d’abord méfiant face à une journaliste — « les deux pieds sur le frein » — puis « adorable, drôle, charmant, très modeste, très humble, mais avec un charisme incroyable ». Ils sont restés en contact. Elle l’a revu pour le 14 Juillet. Puis il est mort.
Le livre, Vie et mort d’un soldat d’élite, s’appuie sur les témoignages de ses frères d’armes, de ses chefs, de ses deux sœurs, de ses parents, de sa compagne et de son fils. « J’y ai mis beaucoup de cœur, parce que j’avais envie de lui rendre cet hommage à ma façon. »
« La Légion d’honneur, il aurait dû l’avoir avant »
Sur le traitement médiatique des armées en France, son diagnostic est net : « on n’est pas les États-Unis. Le soldat n’est pas le héros de chaque Français. »
La nation est touchée ponctuellement — lors d’un accident coûtant la vie à treize militaires, lors de la mort de Maxime Blasco. « Mais entre les deux, les Français sont loin de leur armée. Le lien armée-nation n’est pas extrêmement soudé. Il l’est quand il y a des attentats, puis il se dissout. »
D’où un regret qu’elle formule sans détour : « des gens comme Maxime Blasco, j’aimerais qu’ils soient mis en valeur — et récompensés, décorés, avant leur mort. La Légion d’honneur, il aurait dû l’avoir avant, pas seulement sur son cercueil. »
Côté rédactions, elle décrit une mécanique où les sujets défense passent plus facilement à l’approche du 14 Juillet, ou lorsqu’ils s’accrochent à l’actualité. Son exemple est parlant : un exercice interallié de pilotes de chasse au Portugal, sujet invendable en temps normal, devenu soudain intéressant à la lumière de la guerre en Ukraine. Elle refuse toutefois d’incriminer une hostilité de principe — plutôt un manque de connaissance et quelques clichés —, et cite en contre-exemple les rédactions qui programment régulièrement des sujets sur les trois armées.
Être une femme sur les terrains de guerre
Quand elle a commencé, les femmes étaient rares sur ces terrains, et les très jeunes plus rares encore. « Ce n’était pas dur en tant que femme, mais ce n’était pas facile en tant que très jeune femme. » Elle salue les aînées qui avaient ouvert la voie.
Elle reconnaît une surenchère de l’époque : « on se devait d’être encore plus courageuses que les mecs, parce qu’il fallait montrer qu’on avait notre place. On en a peut-être fait un peu plus. »
Mais son expérience de terrain contredit les attentes, y compris dans des guérillas africaines « pas super féministes ». Aux combattants qui lui demandaient pourquoi elle n’était pas à la cuisine, elle répondait qu’elle prendrait les mêmes risques, les mêmes balles, les mêmes obus. Résultat : « c’est même moi qu’on emmenait la première sur la ligne de front ».
Sa conclusion déplace la question : ce qui compte n’est pas le genre mais la personnalité et la manière de demander. « J’ai vu des superstars de l’information se faire envoyer balader, et des journalistes de petits médias réussir à se faire accepter. »
Ses conseils aux jeunes
Elle reçoit beaucoup d’appels d’étudiantes en école de journalisme. Ce qu’elle leur dit ne plaira pas à leurs parents, elle en convient : « partez sur le terrain, n’attendez pas qu’une grande rédaction vous envoie ». S’il y a une guerre en Ukraine, allez en Ukraine. À défaut, viser les chaînes d’information, qui envoient encore des reporters très jeunes — « ça va être très dur comme rythme, mais vous allez tout apprendre là-bas ».
Elle rappelle aussi qu’un jeune indépendant n’est plus aussi démuni qu’il y a vingt ans : des organisations professionnelles prêtent gilets pare-balles et casques, et accompagnent les départs.
Un mot sur la motivation, enfin, qu’elle tient à corriger : « ce n’est pas pour l’adrénaline qu’on fait ça. L’adrénaline nous permet de tenir, mais c’est un métier de passion — malgré le danger, et pas pour le danger. »
Son conseil final s’adresse à tous, journalistes ou non : ne pas s’informer uniquement par les réseaux sociaux. Revenir aux fondamentaux, lire les grands quotidiens dont le travail à l’étranger apporte « une analyse des faits toujours plus complète que ce que nous pouvons faire à la télévision ». Et n’exclure aucun média — presse écrite, radio, podcasts, télévision, documentaires. « Garder cette curiosité, cette honnêteté et cette passion. »
Le bilan qu’elle tire de trente ans tient en une phrase : « ce métier nous prend beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, on fait beaucoup de sacrifices. Mais je suis tellement plus riche de toutes ces rencontres. C’est un métier absolument merveilleux, que je fais avec la même passion depuis trente ans. »
Questions fréquentes
Qui est Dorothée Olliéric ?
Grand reporter à France Télévisions depuis une trentaine d’années, elle couvre les terrains de conflit — Cambodge, Rwanda, Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Mali, Ukraine — et a consacré un documentaire puis un livre au sous-officier Maxime Blasco.
Qu’est-ce qu’un embed pour un journaliste ?
C’est l’intégration d’un journaliste à une unité militaire, qui assure son transport et sa protection. Le dispositif garantit l’accès au terrain, notamment là où le risque d’enlèvement rend tout déplacement autonome impossible, mais il limite en contrepartie la liberté de mouvement et le choix des situations filmées.
Comment devenir grand reporter ?
Son conseil est d’aller sur le terrain sans attendre d’être envoyé par une grande rédaction, ou de viser les chaînes d’information en continu, qui confient encore des missions à de jeunes journalistes. Des organisations professionnelles peuvent prêter les équipements de protection nécessaires.
Faut-il couvrir les deux camps d’un conflit ?
C’est sa règle déontologique intangible, y compris face au régime le plus critiquable. Elle rappelle avoir couvert le Donbass côté prorusse en 2014, tout en soulignant qu’exposer les deux camps n’empêche nullement de nommer l’auteur d’une invasion.
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