Couvrir la guerre en Ukraine côté russe reste une exception dans la presse française, où l’immense majorité des reportages de front sont réalisés depuis le côté ukrainien. Dans ce cent trente-septième épisode, Défense Zone reçoit Régis Le Sommier, directeur de la rédaction du média indépendant Omerta et ancien directeur adjoint de Paris Match, où il a passé vingt-sept ans. Il a travaillé des deux côtés du front ukrainien et raconte ici ce qu’il dit y avoir constaté, l’accusation de propagande qui l’a accueilli au retour en France, et la méthode qu’il propose à un lecteur pour recouper une information de guerre. L’entretien a été enregistré à l’été 2023, alors que la contre-offensive ukrainienne lancée au début du mois de juin était en cours.
Les analyses développées dans cet épisode sur la guerre en Ukraine sont celles de Régis Le Sommier et datent de l’entretien, à l’été 2023. Elles rendent compte de ce qu’il dit avoir observé sur place à cette date, et non d’un état établi du conflit.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Régis Le Sommier a passé vingt-sept ans à Paris Match, dont dix à la direction adjointe du titre, avant de prendre la direction de la rédaction d’Omerta, un média indépendant qui associe une plateforme de reportages vidéo et un magazine trimestriel.
- Il a couvert la guerre en Ukraine des deux côtés du front : une dizaine de jours côté ukrainien au printemps 2022, puis deux séjours côté russe, en zone occupée à l’automne 2022 puis avec une unité russe au nord de Bakhmout pendant l’hiver suivant.
- Ce qu’il dit avoir constaté contredit selon lui un récit alors répandu sur les plateaux français, celui d’une armée russe démunie : « ils n’ont jamais manqué de munitions », y compris à l’entraînement.
- La motivation des soldats russes qu’il a côtoyés tient, selon lui, à un récit historique plus qu’à la contrainte : « ces types vivent avec la guerre de leur grand-père sous leurs pieds ».
- Au retour, il décrit une mise à l’écart médiatique et l’étiquette de propagandiste : « est-ce que je suis devenu un espion russe à 54 ans ? ». Il souligne n’avoir jamais essuyé ce reproche pour ses reportages en Afghanistan.
- Sa méthode de vérification tient en un mot, « picorer » : croiser des sources des deux camps sur un même fait, se méfier des réseaux sociaux pris au premier degré, et lire la presse américaine de référence.
Régis Le Sommier : de Paris Match à la direction d’Omerta
Régis Le Sommier est un journaliste français de terrain spécialisé dans les territoires en guerre. Il avait 54 ans au moment de l’entretien et dit avoir consacré plus de la moitié de sa vie au journalisme, très majoritairement au reportage. Son parcours se confond longtemps avec Paris Match : vingt-sept ans dans le titre, dont dix comme directeur adjoint de la rédaction, sans jamais quitter le terrain. Il résume ainsi sa manière de travailler : partir de l’histoire des gens, puis en tirer de quoi expliquer un phénomène ou une évolution, plutôt que l’inverse.
Omerta, le média qu’il dirige au moment de l’enregistrement, est un média indépendant français qui publie des reportages vidéo sur une plateforme d’abonnement et décline une partie de ce travail dans un magazine trimestriel. Régis Le Sommier décrit une rédaction volontairement petite, qui traite des sujets de société et de sécurité en France mais revendique surtout une dimension internationale : l’Afghanistan sous le régime des talibans, l’Arménie, le Liban, la Tchétchénie. Le principe est assumé comme un pas de côté par rapport aux grands médias : aller travailler là où les rédactions ne vont plus.
Couvrir la guerre en Ukraine côté russe : deux séjours
Couvrir la guerre en Ukraine côté russe signifie travailler depuis les lignes de l’armée russe et des territoires qu’elle occupe, par opposition au reportage mené depuis le territoire contrôlé par Kiev. Régis Le Sommier a fait les deux. Il est d’abord allé côté ukrainien au printemps 2022, pour un magazine français qui lui avait commandé un reportage sur les volontaires étrangers venus s’engager. Il décrit une dizaine de jours dans un pays attaqué, sous alertes, traversé par des combattants arrivés d’un peu partout, mais encore dans une phase montante du conflit.
Le premier séjour côté russe prend la forme d’un parcours à travers les territoires ukrainiens alors occupés. Régis Le Sommier passe par Kherson, où il dit avoir été l’un des rares journalistes occidentaux présents avant le retrait russe, puis par la région de Zaporijia, Marioupol et le Donbass. Il en rapporte un documentaire diffusé à l’automne 2022. De Kherson, il garde l’image d’une ville affamée et privée d’eau, où l’hôtel servait de point de distribution d’eau potable pour tout un quartier, et d’une population qu’il ne décrit pas comme acquise à l’occupant.
Le second séjour côté russe est un reportage d’une dizaine de jours auprès d’une unité russe déployée au nord de Bakhmout, pendant l’hiver 2022-2023. C’est de cette expérience que Régis Le Sommier tire l’essentiel de ses constats de terrain. Il relève la coïncidence avec une consœur française présente au même moment côté ukrainien, et voit dans cette symétrie la seule manière sérieuse de comparer ce que vivent les deux camps.
Ce qu’il dit avoir constaté sur la ligne de front
Le premier constat de Régis Le Sommier porte sur l’état matériel de l’armée russe, à rebours d’un récit alors courant en France. À l’époque, explique-t-il, des intervenants soutenaient sur les plateaux que les soldats russes se partageaient un fusil pour deux et allaient manquer de munitions. « Tout ce que j’ai vu démantèle complètement » cette description, dit-il : les unités qu’il a suivies consommaient des munitions en abondance, y compris pour l’entraînement des mobilisés. Il précise que ce constat vaut pour ce qu’il a observé, sur une portion de front, à l’hiver 2022-2023.
Le second constat porte sur la nature du combat. Régis Le Sommier décrit une guerre conventionnelle, front contre front, avec deux adversaires dont les équipements s’équilibrent, ce qui tranche avec les conflits asymétriques auxquels les armées occidentales s’étaient habituées depuis quinze ans. L’artillerie y domine, et le drone rend selon lui l’extérieur invivable : quelques minutes dehors suffisent à entendre un bourdonnement et à devoir courir. Lui-même dit avoir été repéré par un drone puis pris pour cible une matinée entière, bloqué dans une ferme.
Le troisième constat concerne la motivation des soldats russes rencontrés. Régis Le Sommier récuse l’idée qu’ils ne feraient que sauver leur peau : après plus d’un an de guerre, dit-il, cette explication ne tient plus. Il raconte s’être réveillé un matin dans une forêt à une vingtaine de kilomètres du front, devant une tranchée soigneusement étayée, et avoir demandé pourquoi elle avait été creusée si loin des combats. Réponse du sous-officier qui l’accompagnait : ce sont des tranchées allemandes de 1942. « Ces types vivent avec la guerre de leur grand-père sous leurs pieds », conclut-il, en rappelant la place du souvenir de la Seconde Guerre mondiale dans la société russe.
Sa lecture de l’enlisement du conflit
Interrogé sur les raisons de l’enlisement, Régis Le Sommier commence par les erreurs russes : la tentative de prise rapide de Kiev, échouée dès le départ, puis un repli. Vient ensuite la contre-offensive ukrainienne de l’automne 2022, qu’il attribue à une manœuvre audacieuse du commandant en chef des armées ukrainiennes, et qui conduit les forces russes à se replier sur une ligne de front plus tenable. Ces appréciations sont les siennes et datent de l’été 2023.
Le retrait russe de Kherson lui paraît logique d’un point de vue militaire. La ville était selon lui difficile à défendre et surtout difficile à ravitailler une fois le pont routier frappé et rendu inutilisable, le système de barges mis en place sur le fleuve ne suffisant pas. Il relie directement ce qu’il a vu dans la ville, les files de personnes âgées venues chercher de l’eau, à cette impasse logistique.
Pour Régis Le Sommier, le temps gagné après ce retrait a été employé par les forces russes à fortifier le front : champs de mines, obstacles antichars, tranchées creusées sur de très longues distances. C’est ce dispositif qui expliquerait, à ses yeux, le rendement de la contre-offensive ukrainienne lancée au début du mois de juin 2023. Au moment de l’entretien, il en dresse un bilan de gains limités à quelques kilomètres carrés et à des hameaux, et fait le même constat en miroir pour l’offensive russe de l’hiver précédent, hors de la prise de Bakhmout.
L’accusation de propagande au retour de reportage
C’est la partie la plus personnelle de l’entretien. Régis Le Sommier explique que le retour de reportage a changé de nature : autrefois, revenir entier et publier son papier suffisait, et la reconnaissance venait des confrères. Depuis ses séjours côté russe, il décrit l’inverse : soupçons, attaques sur les réseaux sociaux, invitations qui cessent. « Est-ce que je suis devenu un espion russe à 54 ans ? », demande-t-il, en observant qu’à son âge la reconversion serait tardive.
Son argument principal est un argument de cohérence. Il travaille depuis des années en Afghanistan, y compris auprès des talibans quand ils étaient dans l’opposition, et dit n’avoir jamais lu qu’il faisait pour autant leur propagande. La même logique valait, selon lui, pour les reportages menés côté syrien. Il ne comprend donc pas qu’un reportage mené côté russe suffise à requalifier un journaliste en militant d’une cause.
Il cite un portrait à charge publié à son sujet dans un hebdomadaire français, dont l’auteur ne l’a jamais appelé. Le reproche qu’il formule est déontologique avant d’être personnel : appeler la personne dont on fait le portrait fait partie de la base du métier, et la mention d’un refus de répondre vaut mieux que le silence. Ce qui le gêne, ajoute-t-il, est que ces méthodes viennent de gens qui se présentent comme les gardiens de la vertu journalistique.
Il replace enfin le sujet dans une conviction plus large, qu’il énonce dès le début de l’entretien : pour lui, le « journaliste militant » est une contradiction dans les termes. Le militant met en valeur ce qui sert sa cause et écarte le reste, ce qui produit une perception volontairement biaisée. Le journalisme consiste au contraire à pouvoir dire des choses désagréables sur des gens que l’on apprécie, donc à être critique des deux côtés d’un front. Il cite une formule d’un fondateur de la presse magazine française : un journaliste n’a que son honnêteté.
Les « généraux de plateau » et la fabrique du récit
Un « général de plateau » est, dans le vocabulaire employé par Régis Le Sommier, un officier général à la retraite devenu commentateur permanent d’un conflit sur les chaînes d’information. Il reconnaît que certains ont commandé sur le terrain. Sa réserve porte sur les autres : des officiers d’état-major ayant fait la guerre sur des cartes, et qui apportent au direct une certitude que la situation ne permet pas.
Le reproche de fond est celui d’un récit qui se substitue à l’information. Régis Le Sommier décrit une mécanique éprouvée : désigner un dirigeant comme la source unique du mal, annoncer sa chute prochaine, prêter à son entourage un complot. Il y voit les mêmes ficelles que celles employées, au début des années 2000, lorsque le dirigeant irakien fut présenté comme un nouvel Hitler, sujet sur lequel il avait lui-même écrit à l’époque. Sa règle de travail consiste à s’en tenir à ce qui est constatable ou, à défaut, plausible.
Vérifier une information sur la guerre en Ukraine : sa méthode
Régis Le Sommier propose une méthode simple à qui veut se faire une opinion sans être journaliste. Il l’appelle « picorer » : ne jamais s’en remettre à une source unique, et confronter systématiquement, sur un même fait, des sources classées dans les deux camps. Concrètement, quand une percée est annoncée d’un côté ou de l’autre, il recommande d’aller voir dans l’heure trois ou quatre sources d’orientations opposées et de retenir ce sur quoi elles convergent.
- Les réseaux sociaux, mais jamais au premier degré. Il dit utiliser beaucoup Twitter pour accéder à des documents qu’une revue de presse classique ne donnerait pas, tout en écartant par principe l’information non recoupée qui y circule.
- Des suivis cartographiques du front, en connaissant leur orientation. Il cite l’Institute for the Study of War, centre d’analyse américain qu’il décrit comme conservateur mais attaché aux faits, et lui oppose des agrégateurs prorusses qu’il juge, sur les mouvements de ligne, également renseignés.
- Les rapports de centres de recherche, lus pour ce qu’ils sont. Il donne l’exemple de la RAND Corporation, dont les travaux lui paraissent exploitables à condition de savoir pour qui ils sont produits : quand un tel centre écrit qu’une guerre longue n’est plus dans l’intérêt américain, c’est aussi un signal politique.
- La presse américaine de référence. Il recommande le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, qu’il crédite d’une culture du fait : pendant la bataille de Bakhmout, dit-il, ces titres ont rapporté l’avance russe quand des quotidiens français ne le faisaient pas.
- Repérer la propagande à sa mécanique. Elle consiste, selon lui, à masquer un revers de son camp en mettant en avant autre chose, et à saluer comme une victoire un gain de terrain que l’on aurait raillé chez l’adversaire.
Régis Le Sommier justifie sa préférence pour la presse anglo-saxonne par un exemple qu’il juge décisif : c’est un grand quotidien américain qui a publié des révélations sur l’enquête relative au sabotage des gazoducs de la mer Baltique. Aux États-Unis, dit-il, on finit par connaître un bout de la vérité, quitte à attendre. Il porte en revanche un jugement sévère sur une partie de la presse française, à laquelle il reproche d’avoir confondu couverture d’une guerre et souhait de victoire d’un camp.
Diriger un média indépendant : liberté et contraintes
La liberté éditoriale d’un média indépendant tient, pour Régis Le Sommier, à la structure de ses recettes. Dans un grand titre, explique-t-il, le prix de la page de publicité est corrélé à la diffusion, les annonceurs principaux pèsent lourd dans le chiffre d’affaires, et certains sujets en deviennent plus difficiles à traiter. Il ajoute que la presse française est largement détenue par des industriels, ce qui crée une tension permanente entre l’actionnaire et la rédaction.
Omerta fonctionne selon lui sur le modèle inverse : des abonnements et des ventes de magazine comme ressources principales, une publicité marginale, et une petite équipe qui décide vite. Il décrit moins d’inertie qu’en conférence de rédaction d’un grand titre, où les arbitrages pouvaient tourner à la guerre de tranchées. Le revers est financier : une économie fragile, des reportages budgétés au plus juste, et une discipline de dépense que les grandes rédactions ne connaissent pas. Aux jeunes journalistes qu’il reçoit, Régis Le Sommier dit d’ailleurs qu’ils ne doivent pas espérer s’enrichir : le journalisme, rappelle-t-il, n’est pas un métier où l’on devient riche.
Désoccidentalisation : ce que le terrain lui a appris ailleurs
Régis Le Sommier emploie le terme de désoccidentalisation pour décrire ce qu’il observe hors d’Europe : la perte, par l’Occident, de l’avantage moral qu’il s’attribuait, et l’émergence d’un ensemble de pôles turc, chinois, russe et iranien qui interagissent. Il cite comme signaux la réconciliation entre l’Iran et l’Arabie saoudite obtenue sous médiation chinoise, et des propositions de plan de paix venues d’États africains ou sud-américains, qu’il juge à tort moquées en Europe.
Sur l’Afrique, sa formule est nette : la présence de la société militaire privée russe Wagner est selon lui une conséquence, pas une cause. Il ne l’estime pas responsable de l’échec français au Sahel, qu’il impute à des choix politiques, au soutien à des dirigeants ensuite renversés, et à une incapacité à consolider les pays concernés après des opérations antiterroristes qu’il juge militairement réussies. Sa conclusion porte sur la manière : il faut, dit-il, cesser de s’adresser aux Africains sur le mode de la leçon.
L’Afghanistan lui sert de contre-épreuve. Il rapporte la réponse d’une femme médecin rencontrée dans une province afghane, à qui il demandait si le régime des talibans pouvait évoluer : elle voyait cette évolution venir d’autres pays musulmans plutôt que de l’Occident, et concluait que les Occidentaux avaient laissé trop de mauvais souvenirs. Pour Régis Le Sommier, entendre cela d’une opposante aux talibans dit l’ampleur de l’échec des vingt années d’intervention, et interdit de croire qu’une nouvelle intervention réglerait le problème.
Son conseil : écouter, y compris ceux qui critiquent
Le conseil que Régis Le Sommier retient de sa carrière tient en deux mots : écouter les autres. Ses collaborateurs d’abord, dont le jugement de bon sens corrige, dit-il, les erreurs d’un responsable de rédaction. Ses contradicteurs ensuite, à condition qu’ils cherchent le débat et non la mise à mort sociale.
Il termine l’entretien sur un regret concret. Il aimerait débattre publiquement, sur une chaîne grand public, avec un confrère ayant couvert le conflit depuis le côté ukrainien : deux reporters revenus des deux côtés du même front, confrontant ce qu’ils ont vu. Ce format, constate-t-il, n’existe pratiquement pas ailleurs que sur des chaînes vidéo confidentielles, et son absence limite selon lui la compréhension que le public peut avoir de la guerre.
Questions fréquentes
Des journalistes français ont-ils couvert la guerre en Ukraine côté russe ?
Oui, mais ils sont peu nombreux. Couvrir la guerre en Ukraine côté russe suppose de travailler depuis les lignes russes et les territoires occupés, quand l’immense majorité des reportages français sont réalisés depuis le côté ukrainien. Régis Le Sommier, directeur de la rédaction d’Omerta, l’a fait à deux reprises : en zone occupée à l’automne 2022, puis auprès d’une unité russe au nord de Bakhmout pendant l’hiver 2022-2023. Il avait auparavant travaillé côté ukrainien, au printemps 2022. Il décrit dans cet épisode le prix médiatique de ces reportages en France, où ils lui ont valu une étiquette de propagandiste qu’il conteste.
Qu’est-ce qu’un « général de plateau » ?
Un « général de plateau » est un officier général à la retraite devenu commentateur régulier d’un conflit sur les chaînes d’information en continu. L’expression, employée par Régis Le Sommier dans cet épisode, n’est pas neutre : elle distingue ceux qui ont commandé sur le terrain de ceux qui, venus d’états-majors, commentent une guerre qu’ils n’ont pratiquée que sur des cartes. Sa critique ne porte pas sur la compétence mais sur le format : le direct réclame une certitude que la situation militaire ne permet pas, ce qui favorise le récit au détriment du fait vérifié.
Comment vérifier une information sur la guerre en Ukraine ?
La méthode décrite par Régis Le Sommier consiste à « picorer » : ne jamais s’en remettre à une source unique et confronter, sur un même fait, des sources classées dans les deux camps. En pratique, quand une percée est annoncée, il conseille de comparer dans l’heure trois ou quatre suivis d’orientations opposées et de ne retenir que ce sur quoi ils convergent. Il recommande la presse américaine de référence pour sa culture du fait, considère les rapports de centres de recherche comme exploitables à condition de savoir pour qui ils sont écrits, et tient les réseaux sociaux pour une source de documents, jamais pour une source d’information au premier degré.
Qu’est-ce que le média Omerta ?
Omerta est un média indépendant français dirigé par Régis Le Sommier, lancé peu avant cet entretien enregistré à l’été 2023. Il repose sur deux supports : une plateforme d’abonnement qui diffuse des reportages vidéo et de grands entretiens, et un magazine trimestriel vendu en kiosque, qui reprend une partie de ces sujets sous forme écrite et photographique. Sa ligne associe des thèmes français de société et de sécurité à une production internationale de reportages, notamment en Afghanistan, en Arménie, au Liban et en Tchétchénie. Son modèle économique repose principalement sur les abonnements et les ventes du magazine plutôt que sur la publicité.
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