À quoi sert l’IHEDN, qui peut y suivre une session, et que recouvre au juste l’expression « esprit de défense » ? Défense Zone a reçu à l’École militaire, à Paris, le général Benoît Durieux, alors directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale et de l’enseignement militaire supérieur, pour un entretien enregistré à l’automne 2023. Officier d’infanterie passé par la Légion étrangère et docteur en histoire, il décrit un établissement qui ne forme pas des militaires mais des responsables issus de toute la société, et il propose une grille en quatre cercles pour distinguer défense militaire, défense nationale, sécurité nationale et sécurité internationale. Le calendrier des sessions et les modalités de candidature ne sont pas repris ici : ils changent d’une année sur l’autre et figurent sur le site officiel de l’institut.
Entretien enregistré à l’automne 2023. Les formats de sessions et l’organisation décrits par le directeur de l’IHEDN valaient à cette date et ont pu évoluer depuis. Les conditions d’admission, les dates de dépôt des candidatures et le calendrier en vigueur ne figurent pas dans cet article : ils sont publiés par l’institut sur son site officiel, ihedn.fr, seule source à jour sur ce point. Les analyses développées dans cet épisode sont celles du général Benoît Durieux.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- L’IHEDN n’est pas une école militaire. Sa session nationale réunit, selon son directeur, des parlementaires, des hauts fonctionnaires, des chefs d’entreprise, des officiers, des journalistes, des dirigeants d’ONG, des médecins et des professeurs d’université, soit « une gamme de profils extrêmement variés ».
- L’institut a deux naissances. Le général Benoît Durieux situe une première création en 1936, puis une recréation en 1947, cette fois ouverte non seulement aux militaires et aux hauts fonctionnaires mais à toutes les composantes de la société.
- C’est un organisme gouvernemental. À la date de l’entretien, son directeur relevait du Premier ministre et dirigeait par ailleurs l’enseignement militaire supérieur, ce qui explique la place de l’IHEDN sur le site de l’École militaire.
- La défense nationale déborde largement la défense militaire. Le directeur de l’IHEDN la représente par quatre cercles concentriques. Une menace y est définie comme « une atteinte volontaire, intentionnelle à nos intérêts » portée par un acteur qui poursuit un objectif politique.
- La seconde raison d’être de l’institut est le dialogue. « On vit dans une société où les gens ont beaucoup de mal à se parler », constate le général Durieux, qui voit dans le brassage des auditeurs l’une des forces de l’IHEDN, indépendamment même des questions de défense.
- L’intérêt du public progressait. À l’automne 2023, le directeur indiquait que les candidatures à la session nationale avaient augmenté de près de 50 % en deux ans. Il annonçait le lancement, le 26 octobre 2023, d’une Académie de défense de l’École militaire fédérant les organismes du site.
L’IHEDN, qu’est-ce que c’est ?
L’IHEDN, ou Institut des hautes études de défense nationale, est un organisme public français qui forme aux questions de défense et de sécurité des responsables venus de tous les secteurs de la société, et non des militaires en cours de carrière. C’est la première chose que précise le général Benoît Durieux dans cet épisode : l’institut n’appartient pas aux armées. Il accueille des auditeurs qui exercent déjà des responsabilités, ou qui sont appelés à en exercer, et dont le métier principal n’est presque jamais la défense.
À la date de l’entretien, l’IHEDN était un organisme gouvernemental placé sous l’autorité du Premier ministre, et son directeur cumulait cette fonction avec celle de directeur de l’enseignement militaire supérieur. Le général Durieux le formule sans détour quand on l’interroge sur sa liberté de parole : « je dépends de la Première ministre et nous sommes un organisme gouvernemental ». Cette tutelle interministérielle, plutôt qu’un rattachement au seul ministère des Armées, est cohérente avec l’objet de l’institut : une défense nationale qui engage l’économie, la santé, les médias et la cohésion du pays autant que les forces armées.
Le mot d’auditeur, qui revient sans cesse dans l’épisode, mérite une définition. Un auditeur de l’IHEDN est une personne admise à suivre une session de l’institut, qui y assiste à des conférences, participe à des travaux de comité et à des déplacements, sans y préparer un diplôme professionnel. Le terme désigne un statut de formation, pas un grade ni un emploi.
De 1936 à 1947 : l’histoire d’un institut né d’une leçon de guerre
L’histoire que raconte le général Durieux est celle d’une idée qui a survécu à un échec. Selon lui, l’institut est créé une première fois en 1936, à un moment où « on sentait bien que la situation internationale se tendait » et où les leçons de la Première Guerre mondiale avaient montré que la défense du pays supposait une coordination accrue entre les chefs militaires et les responsables civils. Cette première tentative n’a pas empêché la défaite de 1940, il le dit lui-même sans chercher à l’enjoliver.
L’expérience a pourtant été jugée assez concluante pour être reprise. Toujours selon le directeur de l’IHEDN, l’institut est recréé en 1947, et c’est à ce moment que se fixe le trait qui le caractérise encore : il n’accueille plus seulement des hauts fonctionnaires et des militaires, mais aussi des responsables de toutes les composantes de la société.
Cette filiation explique une particularité française. Interrogé sur les équivalents étrangers, le général Durieux répond qu’à sa connaissance l’IHEDN est unique. Il prend l’exemple des États-Unis, où existe une université de défense nationale à Washington, mais qui propose des cursus à temps plein rassemblant surtout des militaires, quelques diplomates et quelques fonctionnaires, sans auditeurs venus du secteur privé. Le format français, à temps partiel et ouvert à la société civile, n’a selon lui pas d’équivalent direct.
À quoi sert la session nationale de l’IHEDN
La session nationale est le format le plus long de l’IHEDN. Le général Durieux la décrivait à l’automne 2023 comme une quarantaine de jours répartis sur une année scolaire, de septembre à juin, ce qui permet à des dirigeants en activité de la suivre sans quitter leur emploi. Le programme comportait alors un tronc commun d’environ un tiers du volume, le reste étant consacré à une option choisie par l’auditeur parmi cinq :
- les enjeux politiques et militaires ;
- l’industrie de défense ;
- les enjeux de la mer et de l’outre-mer ;
- les enjeux cyber ;
- la défense et la sécurité économiques.
Ce découpage est instructif en lui-même : sur cinq options, une seule porte explicitement sur le militaire. L’industrie, la mer, le cyber et l’économie occupent le reste, ce qui reflète la conception large de la défense nationale défendue par l’institut. Le directeur cite d’ailleurs, parmi les sujets traités, les normes extraterritoriales, la lutte contre les ingérences et les prises de participation hostiles dans des entreprises sensibles, autant de questions qui ne relèvent d’aucun état-major.
Le calendrier, les effectifs et les modalités de candidature à la session nationale de l’IHEDN évoluent chaque année et ne sont pas repris ici. L’entretien date de 2023 et ces éléments n’ont pas pu être revérifiés à une source officielle au moment de la rédaction. Les conditions d’admission et les dates de dépôt en vigueur sont publiées par l’institut lui-même sur ihedn.fr : c’est la seule référence à consulter pour candidater.
Sessions en région, outre-mer et cycles jeunes
La session nationale n’est pas la seule porte d’entrée. Le général Durieux décrit un second format, la session en région, plus resserré : à l’automne 2023, il parlait de quatre semaines de quatre jours se déroulant dans quatre villes d’une même région, à raison de plusieurs sessions par an dont une outre-mer. L’objectif n’est pas de traiter des sujets régionaux, précise-t-il, mais d’appliquer les questions nationales aux réalités d’un territoire donné.
Ce format existe d’abord pour une raison d’agenda. Un dirigeant de PME, un élu local ou un médecin hospitalier ne peuvent pas toujours se libérer une quarantaine de jours sur une année. Il arrive, ajoute le directeur de l’IHEDN, que des auditeurs suivent successivement les deux formats, mais c’est rare. Il évoquait aussi une innovation alors récente : permettre à des auditeurs résidant outre-mer de suivre la session nationale en venant quatre fois dans l’année en métropole.
Chaque session en région s’accompagne d’un cycle destiné aux jeunes, d’une semaine, ouvert selon le général Durieux aux 20 à 30 ans, pour moitié des étudiants et pour moitié de jeunes professionnels. Ce public a par ailleurs son association, les Jeunes IHEDN, juridiquement distincte de l’institut. Défense Zone lui a consacré un épisode entier, qui détaille les conditions d’adhésion, la cotisation et l’organisation en comités d’études : voir #111 : Pourquoi rejoindre les Jeunes IHEDN ?
Ce que la formation apporte à un cadre civil ou militaire
Le général Durieux assigne deux finalités distinctes à la formation dispensée par l’IHEDN. La première est une sensibilisation : faire en sorte que des responsables, et des personnes qui ont de l’influence par leur métier comme les journalistes, aient les enjeux de défense en tête au moment de décider, même si ce n’est pas leur métier principal. L’institut ne cherche pas à en faire des spécialistes, mais à éviter qu’ils prennent, par ignorance, des décisions qui fragilisent le pays. L’auditeur devient ensuite un relais, attendu pour sensibiliser autour de lui, dans son entreprise, son administration ou sa rédaction.
La seconde finalité est moins attendue, et le directeur de l’IHEDN la juge « en fait très importante ». L’institut rassemble des gens qui, dans la vie ordinaire, ne se croisent jamais. « On vit dans une société où les gens ont beaucoup de mal à se parler, parce qu’on a tous nos références professionnelles, nos préoccupations qui sont légitimes », explique-t-il. Pendant une année ou quelques semaines selon le format, les auditeurs se côtoient, débattent et se comprennent mieux.
Les quatre cercles : défense militaire, défense nationale, sécurité nationale
C’est le passage le plus dense de l’épisode, et le plus utile à qui veut comprendre le vocabulaire officiel français. Interrogé sur ce qu’est la défense nationale, le général Durieux répond par une représentation en quatre cercles concentriques, élaborée à l’IHEDN précisément pour l’expliquer à l’extérieur.
Le premier cercle est la défense militaire. C’est le recours à la violence physique, « au fond le domaine de la guerre ou de la préparation à la guerre ». Le directeur de l’IHEDN y ajoute une conviction personnelle, formulée contre une idée répandue : il existe bien une différence entre la guerre et la paix. « Quand on dit qu’il n’y a pas de différence entre la guerre et la paix, généralement c’est qu’on n’a jamais connu la guerre », observe-t-il, en renvoyant à ce qu’en dirait un Ukrainien.
Le deuxième cercle est la défense nationale. Il englobe la défense militaire sans s’y réduire : c’est ce qui protège le pays contre toutes les menaces. Une menace, au sens où l’emploie le général Durieux, est une atteinte volontaire et intentionnelle aux intérêts du pays, portée par un acteur hostile qui poursuit un objectif politique, qu’elle soit militaire ou non. Il cite l’espionnage industriel, la désinformation, les attaques cyber, les pressions économiques et l’instrumentalisation de la dette.
Le troisième cercle est la sécurité nationale. Il ajoute aux menaces le champ des risques, qui eux ne sont pas intentionnels : catastrophe naturelle, catastrophe technologique, pandémie, à condition qu’ils atteignent une ampleur systémique. La distinction est tranchée par un exemple : « une grippe saisonnière, ce n’est pas une question de sécurité nationale », alors que la pandémie de covid a montré ce qu’un épisode sanitaire pouvait faire au fonctionnement normal de la société. Même logique pour la criminalité : un acte de piraterie isolé au large de la Somalie relève de l’action de l’État en mer, mais une piraterie quotidienne qui perturbe les flux maritimes devient un problème de sécurité nationale.
Le quatrième cercle est la sécurité internationale. Aucune de ces questions ne se règle « de manière autarcique », rappelle le directeur de l’IHEDN : la France a toujours poussé pour une action multilatérale concertée permettant de limiter risques et menaces avec l’ensemble des acteurs politiques de la planète.
Esprit de défense : ce que l’IHEDN cherche à transmettre
L’esprit de défense, tel qu’il ressort de cet entretien, est la conscience partagée que la protection du pays ne repose pas sur les seules armées mais sur l’ensemble des citoyens, chacun dans son métier. Le général Durieux ne le définit pas par une formule : il le fait apparaître en énumérant ce que l’IHEDN traite sous le nom de défense nationale, soit la cohésion nationale, la lutte contre la désinformation et contre la subversion, la défense de l’économie et la stabilité de l’environnement international proche.
Pour illustrer la cohésion, le directeur de l’IHEDN revient à la Légion étrangère, où il a servi à Djibouti puis à Nîmes. Il y voit une institution capable de fondre en quelques mois des hommes de nationalités très diverses autour d’une mission commune, par l’apprentissage du français mais surtout par un entraînement entièrement tendu vers une finalité opérationnelle. Il refuse pourtant d’en faire un modèle transposable : la société civile n’a pas vocation à se préparer au combat. Ce qui se transpose, dit-il, c’est l’attention portée à la personne, « être capable de regarder une personne en regardant ce qu’elle peut apporter à tout le monde », dans un mélange d’exigence et de bienveillance.
Un organisme d’État peut-il animer le débat ?
La question lui est posée frontalement : un institut placé sous l’autorité du chef du gouvernement dispose-t-il d’une réelle liberté d’analyse ? Le général Durieux ne contourne pas la contrainte. L’IHEDN est un organisme gouvernemental et s’inscrit dans la politique du gouvernement comme dans la politique étrangère du chef de l’État. Mais il décrit aussitôt sa marge : choisir des angles d’approche, mettre l’accent sur tel ou tel sujet, recommander tel ou tel livre. Les ouvrages qu’il conseillait alors chaque semaine ne sont pas écrits par des membres du gouvernement, souligne-t-il, et l’institut organise des conférences réunissant des intervenants aux vues différentes. « Il n’y a pas de contradiction », résume-t-il, entre s’inscrire dans la politique du gouvernement et contribuer au débat public.
Il ajoute un point que le public voit rarement : au sein des organismes d’État qui travaillent sur la défense, « il y a un débat interne qui est souvent très très actif », et tout le monde n’a pas la même opinion. À cette activité de formation s’ajoute une activité de diffusion, les lundis de l’IHEDN, qui associent conférences parisiennes et production de contenus, une façon de démultiplier l’action d’un établissement dont la capacité d’accueil reste humainement limitée.
L’École militaire, un site unique en Europe
L’entretien a été enregistré à l’École militaire, et ce n’est pas un détail de décor. Le général Durieux y recense dix-huit organismes aux statuts et aux subordinations très variés : centres de recherche, organismes de doctrine, établissements de formation pour officiers supérieurs comme l’École de guerre, établissements destinés aux civils comme l’IHEDN ou l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur. Un tel rassemblement, affirme-t-il, n’a pas d’équivalent en Europe. D’où le projet qu’il annonce dans cet épisode : les fédérer, sans leur faire perdre leur indépendance, au sein d’une Académie de défense de l’École militaire dont il fixait le lancement au 26 octobre 2023, afin d’intensifier le débat entre ces maisons et d’ouvrir le site vers les universités et vers tous ceux qui travaillent en France sur ces sujets.
Cette ambition répond à une demande. À l’automne 2023, le directeur de l’IHEDN indiquait, en précisant qu’il ne donnerait qu’un seul chiffre, que le nombre de candidatures à la session nationale avait augmenté de près de 50 % en deux ans, progression qu’il jugeait « considérable ». Ce chiffre décrit la situation à la date de l’entretien et n’a pas été actualisé depuis.
Ce que la guerre en Ukraine confirme des quatre cercles
Le général Durieux ordonne ses enseignements du conflit ukrainien selon sa propre grille. Au premier cercle, celui de la défense militaire, il place l’importance des drones, l’incapacité russe à obtenir la supériorité aérienne, l’absence du « Pearl Harbor cyber » que beaucoup annonçaient, et à l’inverse la valeur retrouvée du volume de forces, des stocks de munitions, de l’artillerie et de la capacité à durer. Au deuxième cercle, celui de la défense nationale, il place la résilience de la population ukrainienne, le rôle des acteurs privés dont les constellations de satellites qui ont maintenu ouverts les canaux de communication, le poids des enjeux énergétiques et celui de l’Union européenne, qui a selon lui « trouvé sa vocation » dans cette crise. Au troisième, celui des risques, il range les dangers pesant sur les centrales nucléaires et la désorganisation des approvisionnements en céréales, qui place des pays d’Afrique en difficulté sans qu’ils soient parties au conflit.
Deux questions de fond en découlent. La lutte armée reste-t-elle centrale ? Le directeur de l’IHEDN renvoie aux travaux consacrés au débat stratégique russe depuis les années 1990, qui montrent que les élites militaires russes s’étaient convaincues que l’affrontement armé devenait marginal au profit du cyber, de l’intimidation et de la désinformation. La manoeuvre initiale contre l’Ukraine ayant échoué, il en tire la conclusion inverse : la lutte armée demeure l’ultima ratio.
Va-t-on vers une privatisation de la guerre ? Le général Durieux distingue deux choses. Pour les moyens qui ne sont pas ceux de la lutte armée, spatiaux, logistiques, de communication, le rôle des entreprises s’est accru et les armées ne peuvent plus s’en passer. Pour la lutte armée elle-même, il juge que ce serait une erreur d’anticiper une privatisation croissante : les événements survenus avec la société militaire privée russe engagée en Ukraine vont, selon lui, dissuader beaucoup d’États de confier leur défense à des structures devenues presque aussi puissantes que leurs armées. L’épisode se referme sur le conseil qu’il adresserait à un jeune officier : s’engager pleinement dans son métier, ne pas hésiter à commander, croire à ce que l’on fait.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’IHEDN et à quoi sert cet institut ?
L’IHEDN, Institut des hautes études de défense nationale, est un organisme public français qui forme aux questions de défense et de sécurité des responsables venus de toute la société : hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise, parlementaires, journalistes, officiers, dirigeants d’ONG, médecins, universitaires. Il ne forme pas des militaires et ne délivre pas de qualification opérationnelle. Selon son directeur, le général Benoît Durieux, interrogé par Défense Zone à l’automne 2023, l’institut poursuit deux objectifs : donner à des décideurs une culture de défense qu’ils mobiliseront dans leur propre métier, et faire dialoguer des milieux professionnels qui ne se rencontrent jamais autrement.
Qui peut suivre une session de l’IHEDN ?
Les sessions de l’IHEDN s’adressent à des personnes exerçant déjà des responsabilités, ou appelées à en exercer, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Le général Durieux décrit des promotions rassemblant élus, hauts fonctionnaires, dirigeants d’entreprise, officiers, journalistes, responsables associatifs, professions médicales et enseignants-chercheurs. Un cycle plus court existe pour les 20 à 30 ans, étudiants et jeunes professionnels. Les conditions d’admission, les pièces à fournir et les dates de dépôt changent d’une année sur l’autre : elles sont publiées sur le site officiel de l’institut, ihedn.fr, seule source fiable pour candidater.
Quelle différence entre défense nationale et défense militaire ?
La défense militaire est le recours à la violence physique, c’est-à-dire la guerre et sa préparation. La défense nationale l’englobe et va bien au-delà : elle protège le pays contre toutes les menaces, une menace étant définie par le directeur de l’IHEDN comme une atteinte volontaire et intentionnelle aux intérêts nationaux par un acteur poursuivant un objectif politique. Y entrent l’espionnage industriel, la désinformation, les attaques cyber, les pressions économiques et l’instrumentalisation de la dette. Un troisième niveau, la sécurité nationale, ajoute les risques non intentionnels d’ampleur systémique, comme une pandémie.
Faut-il confondre l’IHEDN et les Jeunes IHEDN ?
Non. L’IHEDN est un organisme public qui organise des sessions de formation et qui relevait, à la date de l’entretien, de l’autorité du Premier ministre. Les Jeunes IHEDN sont une association loi 1901 autonome, née dans le sillage des cycles jeunes de l’institut, ouverte aux jeunes adultes intéressés par les questions de défense, avec une adhésion et une cotisation propres. Les deux structures partagent un nom et une thématique, pas un statut. Défense Zone a consacré un épisode distinct à l’association et à son fonctionnement.
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