#168 – Les forces françaises aux Emirats (avec le vice-amiral Emmanuel Slaars)

Que fait la France dans le nord-ouest de l’océan Indien, et qui commande ses forces sur place ? Les forces françaises aux Émirats arabes unis relèvent d’un officier de marine qui cumule deux responsabilités : le commandement des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis et celui de la zone maritime de l’océan Indien. Défense Zone s’est rendu à Abou Dhabi pour recevoir le vice-amiral Emmanuel Slaars, qui exerçait alors ces deux commandements. Entré dans la Marine nationale en 1993, il a servi dix-huit années en affectations embarquées, commandé trois bâtiments de combat, puis été commandant adjoint de l’opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie. L’entretien suit deux fils : ce qui rend l’océan Indien stratégique aux yeux d’un commandant français, et ce que commander en interarmées demande à un chef militaire.

Les analyses et appréciations géopolitiques développées dans cet épisode sont celles du vice-amiral Emmanuel Slaars et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré à Abou Dhabi alors qu’il exerçait ces responsabilités depuis un peu plus d’un an et que le conflit entre Israël et le Hamas, déclenché en octobre 2023, constituait l’actualité immédiate de la région. Le contexte régional a évolué depuis : les appréciations de situation qui y figurent se lisent à cette date. Conformément à la règle éditoriale de Défense Zone, cet article ne donne aucune indication sur les effectifs, les implantations, les moyens ou la posture des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le vice-amiral Emmanuel Slaars exerçait au moment de l’entretien deux commandements simultanés : celui des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis et celui de la zone maritime de l’océan Indien, fonction qu’il désigne par l’indicatif ALINDIEN.
  • Sa lecture de la région tient dans une formule : « il est toujours utile d’être là où les choses se passent et où les choses passent ». Le nord-ouest de l’océan Indien est pour lui un connecteur d’échanges entre l’Asie et l’Europe, donc un espace de compétition internationale.
  • La piraterie somalienne est selon lui « pour ainsi dire totalement jugulée » dans le nord-ouest de l’océan Indien, sous l’effet de deux facteurs : une présence militaire adossée à un cadre juridique permettant de traduire les pirates en justice, et une transformation de la flotte de commerce.
  • Il reprend un adage attribué à un ancien chef d’état-major de la Marine nationale pour justifier la surveillance des zones économiques exclusives : « ce qui n’est pas surveillé est pillé, ce qui est pillé est contesté ».
  • Sur le combat naval, il retient quatre caractéristiques : subi, très violent, court et déterminant. Il situe la dernière véritable situation de combat naval à la guerre des Malouines, au début des années 1980.
  • Le conseil qu’il retient d’une carrière entière tient en deux mots, le « doute positif » : se remettre en cause sans chercher à disqualifier la décision d’autrui.

Qui est le vice-amiral Emmanuel Slaars

Le vice-amiral Emmanuel Slaars est un officier de marine français dont la carrière commence en 1993, au titre du service national, après une formation d’ingénieur. Il embarque comme officier de réserve sur un aviso engagé dans le contrôle de l’embargo sur les mouvements d’armes à destination de l’ex-Yougoslavie. Ce premier embarquement lui fait percevoir ce qui deviendra un fil de sa carrière : un navire de guerre n’est pas seulement un objet technique, c’est un équipage dont il faut comprendre le fonctionnement collectif.

Suit un parcours qu’il qualifie lui-même de classique : la campagne d’application des officiers de marine à bord du porte-hélicoptères de la mission Jeanne d’Arc, puis des affectations sur frégates, sur avisos et sur sous-marins nucléaires d’attaque. Emmanuel Slaars totalise dix-huit années d’affectations embarquées, principalement en Méditerranée et en océan Indien. De son année passée sur sous-marin nucléaire d’attaque, il tire un argument qui dépasse le souvenir : les contraintes de mise en œuvre d’un tel bâtiment doivent avoir été appréhendées de l’intérieur pour que l’on soit efficace dans la façon dont on l’emploie.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars a exercé trois commandements de bâtiment de combat : un bâtiment école, où il s’agissait d’apprendre à de jeunes officiers à naviguer et à devenir des combattants de la mer ; un aviso, qui l’a conduit à opérer en océan Indien, avec notamment la récupération d’un équipage retenu en otage par des pirates somaliens ; puis une frégate de défense aérienne, bâtiment conçu pour protéger le porte-avions Charles de Gaulle, mission qu’il a remplie y compris lorsque le groupe aéronaval a été déployé pour frapper des positions de Daech entre 2014 et 2016.

Emmanuel Slaars a ensuite servi comme chef d’état-major du groupe aéronaval, c’est-à-dire adjoint de l’amiral qui commande l’ensemble des bâtiments et du groupe aérien embarqué. Ses dernières années avant Abou Dhabi ont été consacrées au développement des capacités futures des armées, puis à la conduite d’un exercice majeur d’entraînement de haute intensité de la flotte, dont il a monté la première édition à la fin de 2021.

Les forces françaises aux Émirats arabes unis et le commandement ALINDIEN

Les forces françaises aux Émirats arabes unis sont les forces armées françaises stationnées sur le territoire émirien. Leur commandement est confié, au moment de l’entretien, au même officier que celui de la zone maritime de l’océan Indien. Le vice-amiral Emmanuel Slaars se présente ainsi : « j’exerce les responsabilités d’ALINDIEN et de commandant des forces stationnées aux Émirats arabes unis ». Dans la Marine nationale, ALINDIEN désigne l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien, autorité qui exerce le commandement opérationnel des moyens français engagés dans cet espace maritime.

Ce cumul a une conséquence que le vice-amiral Slaars souligne : le commandement qu’il exerce n’est pas un commandement de marin, mais un commandement interarmées. Interrogé sur la difficulté de coordonner des composantes de l’armée de Terre, de l’armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine nationale, il corrige la question : « je ne les coordonne pas, je les commande ». Coordonner suppose des acteurs autonomes qui s’accordent ; commander suppose une autorité unique qui décide et qui assume.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars a également la charge des relations militaires opérationnelles avec les pays de sa zone de responsabilité permanente, qui s’étend bien au-delà des seuls Émirats arabes unis. C’est ce volet qui occupe la plus grande part de l’entretien.

Pourquoi l’océan Indien est une zone stratégique pour la France

Le raisonnement du vice-amiral Emmanuel Slaars part du trafic. Le nord-ouest de l’océan Indien est, selon lui, le connecteur des échanges commerciaux entre l’Asie et l’Europe : le détroit de Malacca à l’est, le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge vers le canal de Suez, le détroit d’Ormuz au débouché du golfe Arabo-Persique. Il décrit un trafic d’une densité telle qu’un observateur placé sur un point haut du détroit de Malacca embrasse plusieurs dizaines de navires d’un seul regard.

À cette densité maritime s’ajoute, dans son analyse, une densité aérienne. Le vice-amiral Slaars situe la zone du Golfe parmi les plus denses du monde en matière de trafic aérien, derrière l’Asie du Sud-Est, du fait des plateformes de correspondance d’Abou Dhabi, de Dubaï et de Doha. Ces appréciations sont les siennes et datent de l’enregistrement.

De cette double densité, il tire une règle simple : « dans toutes les zones où il y a des échanges, il y a de la compétition internationale ». D’où la formule qui résume sa position sur la présence française dans la région : « il est toujours utile d’être là où les choses se passent et où les choses passent ». Il ajoute que ces échanges peuvent être contraints, et que la zone est également marquée par des trafics illicites de stupéfiants, d’armes et d’êtres humains.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars rappelle enfin un point souvent oublié du débat public français : la France est une nation riveraine de l’océan Indien, dont le sud-ouest abrite des ressortissants français et des zones économiques exclusives à surveiller. Il cite à ce propos un adage attribué à un ancien chef d’état-major de la Marine nationale : « ce qui n’est pas surveillé est pillé, ce qui est pillé est contesté ».

Piraterie en océan Indien : ce qui a changé

La piraterie est le domaine où le vice-amiral Emmanuel Slaars parle en praticien : il a récupéré un équipage pris en otage par des pirates somaliens alors qu’il commandait un aviso, et il a été commandant adjoint de l’opération européenne Atalanta. L’opération Atalanta est l’opération navale militaire lancée par l’Union européenne en 2008 pour protéger les navires vulnérables, réprimer la piraterie au large de la Somalie et contribuer à la sûreté maritime dans l’ouest de l’océan Indien.

Son constat, à la date de l’entretien, est net : la piraterie d’origine somalienne est « pour ainsi dire totalement jugulée » dans le nord-ouest de l’océan Indien. Il attribue ce recul à des causes distinctes, dont aucune n’aurait suffi seule.

  • Une présence militaire adossée à un dispositif juridique efficace. L’opération Atalanta disposait de la capacité à faire juger les pirates appréhendés, donc d’un corpus dissuasif permettant d’employer la force en étant appuyé par le droit.
  • Une transformation de la flotte de commerce. Les navires qui transitent dans la zone sont plus gros, plus rapides et disposent d’un franc-bord plus important, c’est-à-dire d’une hauteur plus grande entre la ligne de flottaison et le pont, ce qui rend l’abordage matériellement plus difficile.
  • L’application de bonnes pratiques par les armateurs. Les syndicats d’armateurs diffusent des règles de conduite, les best management practices, dont l’application a contribué selon lui à faire reculer la piraterie.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars ne conclut pas pour autant à la disparition du risque. Il signale des frictions récurrentes avec des pêcheurs dans les eaux territoriales somaliennes, ainsi que des exactions commises par de prétendus garde-côtes le long des côtes yéménites. Il insiste surtout sur un angle mort : les voiliers de plaisance en transit, lents et bas sur l’eau, qui créent selon lui des opportunités de prise d’otage.

Coopération militaire et accords de défense dans la région

Interrogé sur les relations entre l’armée française et les pays de la région, le vice-amiral Emmanuel Slaars sépare deux sujets. Les exportations d’armement, dit-il, ne relèvent pas de sa responsabilité. La coopération militaire, en revanche, est son métier, et il distingue deux instruments juridiques de nature différente.

Un accord de défense est un engagement international ratifié par le Parlement français, qui porte sur la protection d’un partenaire en cas de menace. La France est liée par de tels accords avec certains pays de la zone, dont plusieurs, précise le vice-amiral Slaars, ont été signés il y a des décennies. Il ne les nomme pas et Défense Zone ne complète pas cette liste.

Une coopération opérationnelle est autre chose : un travail en commun, régulier, qui existe avec la très grande majorité des pays de sa zone de responsabilité permanente. Le vice-amiral Emmanuel Slaars lui assigne trois finalités : s’aguerrir mutuellement, progresser en interopérabilité, c’est-à-dire en capacité à opérer ensemble, et assurer des transferts de compétences.

Sur ce que la France apporte concrètement, sa réponse tient en trois mots qu’il pose comme des obligations pesant sur lui : fiable, réactif, crédible. Fiable, c’est honorer la parole donnée dans les accords de défense. Réactif, c’est agir vite lorsque ces accords sont activés. Crédible, c’est que la compétence des armées françaises soit reconnue comme telle par le partenaire.

Sur l’évolution militaire de la région, son appréciation, datée de l’entretien, refuse la lecture du basculement soudain. Le nord-ouest de l’océan Indien est selon lui une zone historiquement très militarisée, dont les pays riverains sont attachés à leur souveraineté. Il décrit une montée en gamme progressive, commencée par le volet terrestre, poursuivie par le volet aérien, et achevée par le plus difficile, construire une marine de combat : « une marine, il faut la vouloir très fort et il faut la vouloir très longtemps, sinon vous ne la construisez pas ».

Se préparer au combat naval sans en avoir l’expérience

Défense Zone rappelle au vice-amiral Emmanuel Slaars une remarque entendue lors d’un embarquement précédent sur la mission Jeanne d’Arc : aucune génération de marins français en activité n’a connu de véritable bataille navale. Sa réponse ne cherche pas à atténuer le constat. Il situe la dernière véritable situation de combat naval à la guerre des Malouines, au début des années 1980, et admet que cette expérience n’existe plus dans la flotte.

Il en tire deux conséquences. La première est documentaire : la guerre des Malouines a produit une littérature abondante, et il tient ces retours d’expérience pour une ressource exploitable. La seconde est structurelle. Le vice-amiral Slaars résume les grands déterminants du combat naval en quatre adjectifs : il est subi, très violent, court et déterminant, l’initiative appartenant rarement à celui qui encaisse la première salve.

C’est autour de ces quatre caractéristiques que l’entraînement de la flotte est adapté en permanence, et c’est le cahier des charges qu’il a appliqué au grand exercice d’entraînement de haute intensité dont il a conduit la première édition à la fin de 2021.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars ajoute un raisonnement sur le risque qui vaut au-delà du domaine naval. À mesure que la militarisation des mers s’accroît, l’occurrence d’une mauvaise appréciation de situation augmente mécaniquement, ce que les anglo-saxons appellent miscalculation. Le risque d’incident ne vient donc pas nécessairement d’une intention hostile, mais de la densité même des forces présentes.

Commander en interarmées : comprendre avant de décider

Le vice-amiral Emmanuel Slaars décrit sa mission opérationnelle par sa finalité plutôt que par ses moyens : disposer d’une appréciation autonome de situation. Une appréciation autonome de situation est la capacité, pour un État, à se forger sa propre compréhension d’un événement sans dépendre de l’analyse d’un tiers. Elle sert, explique-t-il, à donner aux décideurs militaires et politiques français une compréhension de ce qui se passe, et donc les moyens de mieux décider.

C’est là que le caractère interarmées du commandement prend son sens. La complémentarité entre les différents milieux permet, explique-t-il, de croiser les sources et de compléter la donnée technique par une compréhension humaine de la situation, qui suppose de connaître les sociétés observées.

Interrogé sur sa propre légitimité à commander des composantes terrestres et aériennes alors qu’il est marin, il répond sans esquiver. La scolarité d’enseignement militaire supérieur qu’il a suivie donne, dit-il, une vision haute des choses, mais il la juge « notoirement insuffisante » pour comprendre ce que l’on peut attendre de l’action dans chaque milieu. Pour le domaine aérien, il s’appuie sur son passage au sein du groupe aéronaval, largement tourné vers la chasse embarquée. Pour le domaine terrestre, il assume la limite et donne sa méthode : s’aguerrir sur le sujet, et être bien conseillé.

Cette réponse dit quelque chose du métier de chef interarmées. Le vice-amiral Emmanuel Slaars ne prétend pas maîtriser tous les milieux ; il affirme que son organisation de commandement réunit autour de lui l’ensemble des compétences nécessaires. La compétence du chef consiste alors moins à tout savoir qu’à savoir de qui dépendre, et sur quoi.

La mission Jeanne d’Arc et la formation des officiers de marine

La mission Jeanne d’Arc est le déploiement annuel de la Marine nationale qui sert de campagne d’application aux élèves officiers de marine, en les embarquant plusieurs mois sur des bâtiments en mission réelle. Le vice-amiral Emmanuel Slaars y a effectué sa propre campagne d’application et en range les souvenirs en trois ordres.

Le premier est technico-opérationnel. Un bâtiment n’est jamais simple à faire fonctionner : c’est un assemblage d’acier et de technologies, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les officiers de marine sont très majoritairement ingénieurs de formation.

Le deuxième est humain. La cohésion qui se crée au sein d’une promotion d’élèves officiers reste, selon lui, acquise à vie, et devient un facteur d’efficacité opérationnelle : « on est toujours plus efficace quand on travaille avec les gens qu’on connaît bien ». La mission Jeanne d’Arc s’est d’ailleurs teintée au fil du temps de composantes opérationnelles, et n’est plus un simple voyage d’école.

Le troisième est le plus personnel, et c’est par lui que l’épisode s’ouvre. Le vice-amiral Emmanuel Slaars y voit une ouverture d’esprit indispensable : « on ne peut pas comprendre le monde dans lequel on vit uniquement à travers des lectures ; c’est utile, j’ai même envie de dire que c’est indispensable, mais c’est insuffisant ». Il faut, dit-il, aller au contact des populations pour comprendre ce qui les tiraille.

Le « doute positif », méthode de commandement d’un amiral

Défense Zone termine ses entretiens par une question rituelle : quel est le meilleur conseil reçu ? Le vice-amiral Emmanuel Slaars répond par une formule qui lui appartient, le « doute positif » : la capacité à douter et à se remettre en cause, mais en abordant les choses positivement, sans chercher à disqualifier les compétences ou les décisions d’autrui. Son argument est de méthode : si vous ne comprenez pas la décision de quelqu’un d’autre, il est hautement probable que des informations manquent, soit à vous, soit à lui.

Il relève ensuite que la question portait sur le conseil reçu et non sur celui qu’il donnerait, puis livre le second : une grille à quatre cases.

  1. Les décisions auxquelles vous n’êtes pas partie. Elles ne vous concernent pas ; les identifier évite de dépenser de l’énergie sur ce qui ne relève pas de vous.
  2. Les décisions prises en groupe. Le groupe s’approprie ensemble la décision et s’assure ensemble de son exécution.
  3. La décision du chef. Celle que le chef est seul à pouvoir prendre, parce qu’il est le seul à détenir l’ensemble de l’information, et qu’il assume seul.
  4. Les décisions qu’il convient que d’autres prennent. Non pas à votre place, précise le vice-amiral Slaars, mais parce que la décision doit être la leur : c’est parce qu’elle leur appartient qu’ils veilleront à son exécution.

Le vice-amiral Emmanuel Slaars affirme n’avoir jamais réussi à mettre cette grille en défaut, et la propose comme un outil de conduite d’équipes plus que comme une théorie du commandement. L’entretien a été enregistré à Abou Dhabi, dans une série d’épisodes réalisés sur place.

Questions fréquentes

Que sont les forces françaises aux Émirats arabes unis ?

Les forces françaises aux Émirats arabes unis sont les forces armées françaises stationnées sur le territoire des Émirats arabes unis. Au moment de l’enregistrement de cet épisode, leur commandement était exercé par le vice-amiral Emmanuel Slaars, qui commandait simultanément la zone maritime de l’océan Indien. Il s’agit d’un commandement interarmées, c’est-à-dire réunissant sous une autorité unique des composantes des différentes armées. Défense Zone ne publie pas d’indication sur les effectifs, les implantations ou les moyens de ces forces : seules les informations rendues publiques par le ministère des Armées font foi sur ces points.

Que veut dire ALINDIEN dans la Marine nationale ?

ALINDIEN est l’appellation par laquelle le vice-amiral Emmanuel Slaars désigne sa fonction d’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien. Cette autorité exerce le commandement opérationnel des moyens français engagés dans cet espace maritime et conduit les relations militaires opérationnelles avec les pays de sa zone de responsabilité permanente. Dans cet épisode, la même personne exerçait cette fonction et le commandement des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis.

Qu’est-ce que l’opération européenne Atalanta ?

L’opération Atalanta est l’opération navale militaire lancée par l’Union européenne en 2008 pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, protéger les navires vulnérables et contribuer à la sûreté maritime dans l’ouest de l’océan Indien. Le vice-amiral Emmanuel Slaars en a été commandant adjoint. Il souligne que la force de cette opération tenait autant à sa présence navale qu’au cadre juridique permettant de faire juger les pirates appréhendés.

Pourquoi la piraterie a-t-elle reculé dans le nord-ouest de l’océan Indien ?

Selon le vice-amiral Emmanuel Slaars, la piraterie d’origine somalienne a reculé dans le nord-ouest de l’océan Indien sous l’effet de deux facteurs combinés. Le premier est une présence militaire internationale adossée à un dispositif juridique permettant de poursuivre les pirates, ce qui lui a donné un effet dissuasif réel. Le second est la transformation de la flotte de commerce : navires plus gros, plus rapides, au franc-bord plus élevé, appliquant des bonnes pratiques diffusées par les syndicats d’armateurs. Le risque n’a pas disparu pour autant, en particulier pour les voiliers de plaisance en transit, et ce constat vaut à la date de l’entretien.

À écouter également

Pour aller plus loin sur Défense Zone


Défense Zone est un média indépendant consacré aux questions de défense et de sécurité. Ce podcast est disponible sur toutes les plateformes audio, Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que sur notre chaîne YouTube. Pour soutenir notre travail, retrouvez notre magazine papier trimestriel et notre espace premium sur defense-zone.com.

Laisser un commentaire