Un centre d’excellence de l’OTAN n’est ni un état-major, ni une agence d’achat, ni une unité opérationnelle : c’est une structure d’expertise, accréditée par l’Alliance mais financée par les pays qui la parrainent. Défense Zone a reçu le colonel Debarre, directeur du NATO Space Centre of Excellence, le centre d’excellence spatial de l’OTAN installé à Toulouse. Officier mécanicien de l’armée de l’Air et de l’Espace entré à l’École de l’air en 2001, il a servi cinq ans à Cambrai dans un escadron de chasse sur Mirage 2000, suivi un cursus d’ingénieur à Toulouse au titre de l’École militaire supérieure scientifique et technique, puis commandé un escadron de soutien technique spécialisé des forces aériennes stratégiques à Istres entre 2019 et 2021, avant une scolarité d’école de guerre à Hambourg. Il dirige le centre d’excellence spatial de l’OTAN depuis l’été 2023. Cet entretien explique ce que produit concrètement un tel centre : de la doctrine, de la formation, de la veille technologique et du retour d’expérience, au profit d’une Alliance qui ne possède aucun satellite en propre.
L’entretien a été enregistré en 2024 : le colonel Debarre situe alors l’accréditation de son centre « il y a un an » et cite le sommet de Washington de juillet 2024 comme une actualité récente. Le domaine spatial militaire évolue vite, et les évolutions intervenues depuis sont signalées dans le texte avec leur source ouverte officielle, sans modifier son propos.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Un centre d’excellence de l’OTAN est une organisation militaire internationale d’expertise, accréditée par l’Alliance mais pas financée par elle : « NATO does not directly fund COEs nor are they part of the NATO Command Structure », écrit le site de l’OTAN, qui en recensait 30 accrédités au 20 septembre 2026.
- Le centre d’excellence spatial de l’OTAN est installé à Toulouse, après une candidature française face à l’Allemagne tranchée en 2021 par le Comité militaire de l’OTAN. Les Alliés en ont salué la création au sommet de Vilnius, en juillet 2023.
- Quinze pays financent le centre au titre de nations sponsors au moment de l’entretien. Le directeur rend compte deux fois par an à un comité de direction où siègent ces quinze nations : « aujourd’hui moi je ne reçois aucun fonds de l’OTAN ».
- Le centre travaille sur quatre piliers : concepts et expérimentation, doctrine, formation et entraînement, retour d’expérience. Il est custodian de la doctrine des opérations spatiales de l’OTAN, annoncée pour 2026 lors de l’entretien.
- L’OTAN ne possède pas de satellites et ne prévoit pas d’en avoir. Elle s’appuie sur les capacités nationales et se concentre sur la space situation awareness, le renseignement et le commandement des opérations.
- Le message que le colonel Debarre veut faire passer dans les forces : « l’espace, ce n’est pas un soutien garanti à 100 % ».
Qu’est-ce qu’un centre d’excellence de l’OTAN
Un centre d’excellence de l’OTAN, ou COE pour Centre of Excellence, est une organisation militaire internationale accréditée par l’Alliance pour lui apporter de l’expertise dans un domaine précis, sans appartenir à sa structure de commandement. Le colonel Debarre le définit ainsi : « un COE au sein de l’OTAN, c’est une entité qui est là pour délivrer de l’expertise et du soutien à l’Alliance dans un domaine particulier ». La définition officielle de l’OTAN parle d’organisations internationales qui « forment et instruisent des chefs et des spécialistes des pays membres et partenaires ».
Deux caractéristiques distinguent un centre d’excellence d’une structure de commandement. La première est la spécialisation : chaque centre d’excellence couvre un domaine et un seul, afin d’éviter ce que le colonel Debarre appelle « la duplication d’efforts ». Il en existe pour la communication stratégique, pour la puissance aérienne, pour le domaine maritime, pour la modélisation et la simulation, et depuis peu pour l’espace. La seconde est le financement : un centre d’excellence n’est pas payé par l’OTAN mais par les nations qui choisissent de le parrainer.
L’accréditation relève du Commandement allié Transformation, qui, selon le site de l’OTAN, « a la responsabilité générale des centres d’excellence » et de leur établissement comme de leurs évaluations périodiques. L’approbation finale revient au Comité militaire et au Conseil de l’Atlantique Nord, et le statut se réévalue dans le temps : un centre d’excellence n’est pas un label acquis une fois pour toutes.
Les quatre piliers du centre d’excellence spatial
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN fonctionne autour de quatre piliers que le colonel Debarre présente comme communs à tous les centres d’excellence, seul le domaine changeant de l’un à l’autre. Ils correspondent aux quatre fonctions que l’OTAN décrit officiellement pour ces structures.
- Concepts, développement et expérimentation. Faire la veille technologique, mettre en évidence les capacités émergentes susceptibles d’intéresser l’OTAN, et conseiller l’Alliance en conséquence.
- Doctrine. Une fois les capacités identifiées, écrire « un mode d’emploi de ces capacités », selon la formule du directeur.
- Formation et entraînement, réunis dans une division education and training : analyser le besoin de formation spatiale de l’Alliance, le confronter à l’offre existante, et soutenir les exercices.
- Retour d’expérience, ou analysis and lessons learned, dont la fonction est d’optimiser les processus des trois autres piliers.
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN travaille au profit des structures qui ont besoin d’expertise spatiale : la branche transformation de l’Alliance, sa branche opérationnelle, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles, et le centre chargé des opérations spatiales installé au commandement aérien allié de Ramstein, en Allemagne. Le colonel Debarre décrit une répartition par horizon de temps. Le centre de Ramstein établit la space situation awareness, c’est-à-dire la connaissance de ce qui se passe dans l’espace, position des satellites et reconnaissance des manœuvres hostiles : il travaille sur le temps court. Le centre d’excellence, lui, « apporte des études, de l’expertise, et regarde un petit peu vers le futur ».
Écrire la doctrine spatiale de l’OTAN
La doctrine est le produit le plus identifiable du centre d’excellence spatial de l’OTAN. Le centre est officiellement custodian de la doctrine des opérations spatiales de l’Alliance, c’est-à-dire l’organisme dépositaire chargé d’animer les groupes de rédaction qui l’écriront. Le colonel Debarre annonce au moment de l’entretien une livraison « en 2026 à peu près ».
Il nuance une idée répandue : l’OTAN n’est pas dépourvue de référentiel spatial. Une doctrine existe déjà, mais sous la forme d’un chapitre de la doctrine des opérations aériennes, et c’est l’ampleur prise par le spatial qui justifie un texte autonome. La logique est celle qui a conduit l’Alliance à faire de l’espace un milieu à part entière : les chefs d’État et de gouvernement ont déclaré l’espace domaine opérationnel de l’OTAN lors de leur réunion de Londres, en décembre 2019, « reconnaissant son importance pour assurer notre sécurité et relever les défis de sécurité, dans le respect du droit international ».
Formation et exercices : entraîner au spatial
La formation constitue le deuxième produit concret du centre d’excellence spatial de l’OTAN. Le raisonnement du colonel Debarre part d’un constat technique : « l’espace, c’est un milieu très pointu, très technique, il faut avoir les bases scientifiques pour pouvoir espérer mener des opérations dans l’espace ». Le centre analyse le besoin en formation individuelle de l’Alliance, recense les cours existants à l’OTAN ou chez ses partenaires, et propose d’en créer lorsque l’offre ne couvre pas le besoin.
Le second volet est l’entraînement collectif, c’est-à-dire les exercices. Le centre d’excellence spatial de l’OTAN contribue aux grands exercices interarmées de l’Alliance, qui rassemblent plusieurs milliers de participants, en particulier ceux de la série Steadfast. Son apport y est spécialisé : implanter le spatial dans le scénario et surtout simuler les menaces pesant sur les moyens spatiaux.
Le centre a également participé à AsterX, l’exercice spatial conduit par le Commandement de l’espace sur le site du CNES à Toulouse, en tenant la cellule chargée des menaces dans le scénario. Le colonel Debarre y voit un échange gagnant : la proximité rend la participation facile, la France fait partie des nations sponsors, et l’expérience acquise irrigue ensuite la manière dont le centre intervient dans les exercices de l’OTAN. Depuis cet entretien, l’exercice spatial annuel du Commandement de l’espace figure sous le nom de SparteX parmi les événements présentés sur defense.gouv.fr, consulté le 20 septembre 2026.
Pourquoi le centre d’excellence spatial de l’OTAN est à Toulouse
Le choix de Toulouse résulte d’une décision politique et d’un écosystème. Après la déclaration de l’espace comme domaine opérationnel en décembre 2019, l’OTAN s’est dotée de deux structures dédiées : un centre opérationnel, installé à Ramstein, et un centre d’excellence. La France et l’Allemagne se sont portées candidates pour héberger ce dernier. Le Comité militaire de l’OTAN a tranché en faveur de la France en 2021, et celle-ci s’est engagée à fournir les infrastructures, les réseaux et le personnel.
Toulouse s’est imposée pour la densité de son écosystème spatial. Le colonel Debarre en énumère les atouts : un nombre considérable d’acteurs industriels, grands groupes comme start-up, des entités étatiques avec le CNES, agence spatiale française, et le Commandement de l’espace, ainsi qu’un milieu académique riche. Pour une structure en construction, l’intérêt est direct : développer des synergies et des partenariats, et « monter en compétence très vite ».
Ce pari toulousain s’est confirmé depuis l’entretien. Le ministère des Armées présente désormais Toulouse comme « la première base à vocation spatiale française », inaugurée le 12 novembre 2025, le Commandement de l’espace ayant lui-même été créé le 3 septembre 2019. Au moment de l’entretien, les effectifs et les bureaux du centre d’excellence spatial de l’OTAN étaient encore hébergés sur le site du CNES, dans l’attente d’un bâtiment dédié au sein d’une emprise militaire.
Centre d’excellence et Commandement de l’espace
Partager une ville ne signifie pas partager une chaîne de commandement, et le colonel Debarre insiste sur la distinction. Le centre d’excellence spatial de l’OTAN est une structure accréditée par l’Alliance et pilotée par ses nations sponsors. Le Commandement de l’espace est un commandement national, relevant uniquement de la France. « On est vraiment séparés au niveau hiérarchique, au niveau fonctionnel », dit-il.
Les deux structures se retrouvent sur des sujets d’intérêt commun, d’autant que le futur bâtiment du centre d’excellence se trouvera au sein d’une emprise militaire dont le Commandement de l’espace fait partie. Mais chacune conduit ses propres activités, et la France n’a aucun statut particulier au sein du centre : elle est « un pays parmi les quinze » qui le parrainent. La relation avec le CNES est d’une autre nature : l’agence héberge les bureaux du centre, mais le directeur décrit une coopération qui « reste à bâtir », sans dépendance ni mission commune établie au moment de l’entretien.
Qui finance le centre et à qui il rend compte
Le financement explique le mieux le fonctionnement d’un centre d’excellence de l’OTAN, et c’est le point que le colonel Debarre développe le plus longuement, interrogé sur un éventuel conflit d’intérêt entre son statut d’officier français et sa fonction otanienne.
Le mécanisme est le suivant. Quinze pays de l’OTAN s’étaient engagés, au moment de l’entretien, à fournir au centre d’excellence spatial des moyens humains et financiers en qualité de nations sponsors. Ce sont ces quinze pays, et non l’Alliance, qui négocient entre eux le programme d’activité du centre et qui le financent. Le directeur rend compte deux fois par an à un comité de direction, un steering committee, où siège chacune des quinze nations, et y présente la gestion des activités, le budget et les perspectives.
Le colonel Debarre y voit un garde-fou plutôt qu’une contrainte. « L’OTAN ne peut pas me forcer à aller dans une direction si les quinze pays qui sont dans mon comité de direction en décident autrement. » Sa position lui impose en contrepartie « une forme de neutralité » : il occupe un poste otanien, suit des processus otaniens, et rend compte devant les nations. Ce modèle n’est pas propre au spatial, l’OTAN indiquant que ses centres d’excellence sont « financés à l’échelle nationale ou multinationale ».
Une alliance sans satellites : ce que cela change
Le point le plus contre-intuitif de l’entretien tient en une phrase : l’OTAN n’a pas de satellite, et « pour l’instant n’a pas prévu d’en avoir ». Contrairement à plusieurs de ses membres, l’Alliance n’exploite pas de moyens spatiaux en propre. Elle a choisi de s’appuyer sur les capacités nationales et de concentrer son effort sur trois fonctions : établir et partager la space situation awareness, le renseignement, et le commandement et contrôle.
Cette architecture a une conséquence immédiate sur le rôle du centre d’excellence spatial de l’OTAN : sa valeur n’est pas capacitaire mais intellectuelle. Elle explique aussi l’absence de rivalité avec les commandements spatiaux nationaux, chacun travaillant sur des problématiques différentes.
Des dispositifs permettent toutefois à l’Alliance d’utiliser des capacités fournies par les nations. Le colonel Debarre cite le projet APSS, destiné à donner à l’OTAN un accès à l’imagerie spatiale. Sa description mérite d’être actualisée : selon le site de l’OTAN, l’initiative Alliance Persistent Surveillance from Space a été lancée en février 2023 avec seize Alliés rejoints par la Finlande et la Suède, alors invitées, puis est passée en phase de mise en œuvre en juillet 2024 avec dix-neuf participants et plus d’un milliard de dollars engagés.
Espace, article 5 et zone grise juridique
Une agression conduite dans l’espace peut-elle engager la défense collective ? La réponse existe depuis le sommet de Bruxelles de juin 2021, où les Alliés ont déclaré que « les attaques menées vers, depuis ou dans l’espace représentent un défi manifeste pour la sécurité de l’Alliance » et pourraient conduire à l’invocation de l’article 5, le Conseil décidant au cas par cas. Le colonel Debarre confirme que l’espace entre bien dans ce périmètre.
Le cadre existe, mais le seuil reste flou, et c’est l’un des plus gros défis du centre d’excellence spatial de l’OTAN. Un satellite qui vient se placer à proximité d’un autre, qui l’écoute ou qui gêne son fonctionnement : agression, espionnage, manœuvre banale ? L’appréciation varie d’un pays à l’autre. « Si on trouve un satellite à une distance donnée d’un satellite américain, peut-être que ce sera une menace, alors qu’à la même distance un autre pays va réagir différemment. » Dans le spatial, souligne-t-il, « beaucoup de choses restent encore à écrire » sur le plan juridique : chaque situation donne lieu à une analyse fine, sans règle valable pour tous.
À cette difficulté juridique s’ajoute un enjeu culturel que le directeur place très haut. Le spatial a longtemps été considéré comme un milieu sûr, exempt de menaces. Ce n’est plus le cas, et il faut le faire comprendre jusqu’à l’intérieur des forces armées : « le fantassin ou l’aviateur qui a l’habitude d’utiliser des moyens spatiaux, d’ailleurs sans même le savoir parfois, maintenant il faut qu’il comprenne que l’espace, ce n’est pas un soutien garanti à 100 % ».
Veille industrielle, New Space et interopérabilité
Interrogé sur ses priorités de prospective, le colonel Debarre en cite deux. La première est la capacité à bâtir une space situation awareness, et plus largement une space domain awareness, la plus précise possible : avant de mener une opération, il faut savoir ce qui se passe dans l’espace, identifier les manœuvres hostiles, savoir quand on est brouillé. La seconde est l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des nations et des structures otaniennes à échanger de la donnée spatiale pour partager une situation commune.
La veille industrielle prolonge cette mission. Le centre d’excellence spatial de l’OTAN dispose d’une cellule spécialisée dans la technologie et la stratégie, chargée des relations avec le monde industriel et académique : salons spatiaux, rencontres avec les industriels, appui sur un réseau d’entreprises du spatial reconnu par l’OTAN. La justification est opérationnelle : « une start-up peut faire un développement très court sur une capacité qui pourrait être un game changer », et le centre doit en être informé. Sur SpaceX et la montée en puissance des acteurs privés, la position est analytique : le centre « ne porte pas de jugement », mais en tire des enseignements pour les opérations spatiales futures de l’OTAN. Même posture vis-à-vis de la guerre en Ukraine, dont il exploite le retour d’expérience sans la suivre au jour le jour.
Aux industriels, le colonel Debarre adresse un avertissement utile : le centre d’excellence spatial de l’OTAN n’est pas une agence contractante. « Ce n’est pas nous qui allons tenir le stylo pour signer le contrat. » Une entreprise peut venir présenter ses capacités, et le centre conseillera l’Alliance s’il y voit un intérêt, mais la contractualisation passe par d’autres entités. L’OTAN procède aussi par plans capacitaires, en indiquant aux nations les capacités dont elle aura besoin et à quelle échéance.
Travailler dans le spatial militaire
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN était, au moment de l’entretien, une structure jeune, « loin d’avoir 100 % des effectifs ». Le colonel Debarre en tire une conséquence de méthode : le centre se concentre sur des travaux concrets et remet à plus tard les exercices de prospective les plus exploratoires.
Aux militaires de l’armée de l’Air et de l’Espace tentés par le domaine spatial, son message est encourageant. Il existe « énormément de passerelles » pour venir au spatial, et le besoin est important à tous les niveaux, sous-officier, officier et civil. La tension sur les compétences est partagée : industriels du spatial, OTAN et Commandement de l’espace cherchent tous du personnel formé. Sa recommandation tient en une phrase : actionner la chaîne de gestion des ressources humaines et manifester son intérêt, parce que « le besoin est vraiment important ».
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un centre d’excellence de l’OTAN ?
Un centre d’excellence de l’OTAN est une organisation militaire internationale accréditée par l’Alliance pour lui fournir de l’expertise dans un domaine spécialisé, sans faire partie de sa structure de commandement. Le site de l’OTAN précise que l’Alliance « ne finance pas directement les centres d’excellence » et que ceux-ci sont financés à l’échelle nationale ou multinationale ; il en recensait 30 accrédités au 20 septembre 2026. Leur activité se répartit en quatre fonctions : formation et entraînement, retour d’expérience, doctrine et normalisation, développement de concepts. L’accréditation relève du Commandement allié Transformation, avec approbation du Comité militaire et du Conseil de l’Atlantique Nord.
Où se trouve le centre d’excellence spatial de l’OTAN ?
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN, ou NATO Space Centre of Excellence, est installé à Toulouse, en France. Sa création a suivi la déclaration de l’espace comme domaine opérationnel de l’OTAN, en décembre 2019. La France et l’Allemagne s’étaient portées candidates, et le Comité militaire de l’OTAN a attribué le centre à la France en 2021 ; les Alliés en ont salué la création au sommet de Vilnius, en juillet 2023. Toulouse a été retenue pour la densité de son écosystème spatial : industriels et start-up, CNES, Commandement de l’espace et milieu académique. À ne pas confondre avec le centre chargé des opérations spatiales de l’OTAN, installé au commandement aérien allié de Ramstein, en Allemagne.
Qui finance le centre d’excellence spatial de l’OTAN ?
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN n’est pas financé par l’OTAN mais par ses nations sponsors, au nombre de quinze au moment de l’entretien. Ces pays fournissent les moyens humains et financiers, négocient le programme d’activité du centre et siègent à son comité de direction, devant lequel le directeur rend compte deux fois par an. Le colonel Debarre le résume ainsi : « aujourd’hui moi je ne reçois aucun fonds de l’OTAN ». Ce mécanisme constitue à ses yeux un garde-fou, puisque l’Alliance ne peut pas imposer une orientation que les nations sponsors n’auraient pas approuvée. La France y siège comme un pays parmi les quinze, sans statut particulier.
Quelle différence entre le centre d’excellence spatial et le Commandement de l’espace ?
Le centre d’excellence spatial de l’OTAN et le Commandement de l’espace sont deux structures distinctes installées dans la même ville, Toulouse. Le Commandement de l’espace est un commandement militaire national, créé le 3 septembre 2019, qui relève uniquement de la France et conduit les opérations spatiales militaires françaises. Le centre d’excellence spatial est une structure multinationale accréditée par l’OTAN, financée par ses nations sponsors, qui ne conduit aucune opération et produit de la doctrine, de la formation, de la veille technologique et du retour d’expérience. Les deux coopèrent, mais sont séparées sur le plan hiérarchique comme fonctionnel.
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