Que fait, au juste, un officier en poste dans une ambassade ? En 2021, Défense Zone est reçu à l’ambassade des États-Unis à Paris par le colonel Allen Pepper, attaché de défense des États-Unis en France. Officier de l’US Army entré à West Point à 17 ans et sorti officier d’infanterie en 1993, il a servi une douzaine d’années en unité avant de rejoindre la filière des foreign area officers, les spécialistes régionaux de l’armée américaine, et de se consacrer plus de quinze ans à l’Afrique subsaharienne. L’entretien porte sur un métier mal connu et sur ce que la coopération militaire franco-américaine recouvre concrètement : soutien aux opérations au Sahel, exercices communs, OTAN, cyberdéfense et achats d’armement.
Les analyses géopolitiques développées dans cet épisode sont celles du colonel Allen Pepper et n’engagent que lui ; elles ne constituent ni une position officielle des États-Unis, ni la ligne éditoriale de Défense Zone. L’entretien a été enregistré à l’automne 2021 : les appréciations qui y figurent sont antérieures à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, déclenchée en février 2022, et au retrait des forces françaises du Mali, achevé en août 2022.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- L’attaché de défense décrit quatre missions distinctes : conseiller militaire de l’ambassadeur, canal de communication entre les chefs militaires des deux pays, tutelle du bureau de coopération en matière de défense, et compte rendu des évolutions des armées du pays d’accueil.
- Sur la conciliation des deux casquettes, son argument est un fait de procédure : le serment prêté par un ambassadeur américain est mot pour mot celui que prête un officier de l’US Army.
- Le soutien américain aux opérations françaises au Sahel passe, selon lui, par trois canaux : le transport aérien stratégique et tactique, le ravitaillement en vol, et l’appui renseignement.
- Ce qui distingue la France de ses autres alliés, à ses yeux : « la France est présente dans toutes les régions du monde », ce qui l’amène à travailler avec tous les commandements interarmées américains, et pas seulement avec celui chargé de l’Europe.
- Il décrit une armée française « orientée vers l’action », dont l’outil militaire est réellement employé, là où d’autres pays disposent de forces bien formées qui restent, dit-il, « dans la boîte à outils ».
- Sa conviction de fond : la relation militaire est un socle qui résiste aux crises politiques. Il cite la brouille diplomatique de 2003 sur l’Irak, pendant laquelle la coopération militaire et le renseignement ont, selon les officiers américains alors en poste à Paris, continué sans interruption.
Qu’est-ce qu’un attaché de défense ?
Un attaché de défense est un officier supérieur accrédité auprès d’un État étranger et affecté à l’ambassade de son pays, où il représente son ministère de la Défense et ses chefs militaires. Sa fonction est prévue par la convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961, qui lui reconnaît le statut de membre du personnel diplomatique de la mission. L’attaché de défense travaille donc à découvert : il n’est pas un agent clandestin, il est déclaré aux autorités du pays d’accueil et rend compte officiellement de ce qu’il observe.
Le colonel Allen Pepper occupe ce poste à l’ambassade des États-Unis en France depuis deux ans et demi au moment de l’entretien. Le métier tient dans cette tension : l’attaché de défense est un militaire, mais il exerce dans un environnement diplomatique, et doit faire passer un message de l’un à l’autre sans le déformer.
Interrogé sur le contenu réel de son travail, l’attaché de défense des États-Unis en France répartit ses journées entre quatre catégories de tâches.
- Conseiller militaire de l’ambassadeur. Dans le système américain, l’ambassadeur en France est un nommé politique, souvent issu de la société civile et sans passé militaire ; l’attaché de défense lui apporte l’expertise que le poste ne comporte pas. Au moment de l’entretien, la résidence est vacante depuis janvier et un chargé d’affaires assure l’intérim.
- Représenter le secrétaire à la Défense et le chef d’état-major interarmées. Quand Washington a un message à transmettre aux autorités militaires françaises, l’attaché de défense est l’un des canaux par lesquels il passe, et le circuit fonctionne dans les deux sens.
- Superviser le bureau de coopération en matière de défense. Cette cellule de l’ambassade suit la coopération militaire et, en particulier, les dossiers d’équipement : elle travaille avec la Direction générale de l’armement et les armées françaises pour organiser et suivre les ventes de matériel militaire américain.
- Rendre compte des évolutions des armées françaises. C’est la mission d’information prévue par la convention de Vienne. Quand un nouveau chef d’état-major des armées annonce une vision stratégique, ou quand la France envisage de modifier sa posture au Sahel, l’attaché de défense en informe les commandements américains concernés.
Le nouveau chef d’état-major des armées auquel il est fait allusion est le général Thierry Burkhard, en fonction depuis le 22 juillet 2021 ; sa Vision stratégique a été rendue publique le 5 novembre 2021, soit à quelques semaines de cet entretien.
De West Point au spécialiste de l’Afrique
Le parcours du colonel Allen Pepper éclaire la manière dont l’armée américaine fabrique ses attachés de défense. Engagé à 17 ans, il sort de l’académie militaire de West Point en 1993 comme officier d’infanterie, suit le cours d’application de l’infanterie et les formations classiques du fantassin américain, parachutisme compris, puis sert successivement en infanterie légère et en infanterie mécanisée.
Après une douzaine d’années passées dans l’infanterie, il change de filière. Un foreign area officer est, dans l’armée américaine, un officier spécialisé dans une région du monde, formé aux langues et aux cultures de cette zone et destiné à occuper des postes de coopération, de liaison ou d’attaché. Le colonel Pepper choisit l’Afrique subsaharienne et y consacre plus de quinze ans, soit affecté dans des pays africains, soit employé dans des états-majors traitant de l’Afrique.
Ses affectations donnent la mesure de cette spécialisation : le Botswana, le Mali comme chef de la coopération militaire, la République démocratique du Congo comme attaché de défense avec une double accréditation couvrant la République du Congo, puis des déploiements de quelques mois au Niger et en République centrafricaine.
C’est en Centrafrique, au tout début de l’opération Sangaris lancée par la France en décembre 2013, qu’il découvre l’armée française sur le terrain. Il y est officier de liaison auprès de la MISCA, la mission de l’Union africaine qui a précédé la MINUSCA. Hébergé sous tente avec les soldats français, il en retire une impression qu’il dit avoir gardée depuis : une rusticité assumée et une volonté d’agir malgré les pertes, dans un environnement matériellement et moralement très dur. « Chaque fois qu’on parle d’une opération faite par les forces armées françaises, je pense à ce que j’ai vu sur le terrain moi-même », explique-t-il.
Militaire et diplomate, le même serment
Un diplomate cherche à éviter le conflit, un militaire se prépare à le livrer : le colonel Allen Pepper refuse l’opposition. « Personne ne veut éviter le conflit plus qu’un militaire », répond-il, parce que ce sont les militaires qui en paient les conséquences les premiers. Les armées ont selon lui deux responsabilités simultanées : être prêtes pour un conflit, et réduire le risque qu’il survienne.
Son argument le plus concret est un souvenir de cérémonie. Assistant à la prise de fonctions d’une ambassadrice américaine qu’il avait connue quand il servait au Congo, il l’écoute prêter serment et constate que le texte est mot pour mot celui qu’il a lui-même prêté comme officier de l’armée de terre. « Les manières de travailler ne sont pas les mêmes, mais les engagements envers notre pays sont les mêmes », résume-t-il. Il ajoute que chaque ambassade est différente et impose de se réadapter, mais que les fondamentaux du travail en ambassade ne changent pas.
Le soutien américain aux opérations au Sahel
La présence militaire américaine en Afrique de l’Ouest est, constate l’attaché de défense, très peu couverte par la presse, y compris aux États-Unis. Il décrit la nature de l’engagement sans donner d’effectifs : une partie des militaires américains présents dans la région participe à la lutte contre les groupes terroristes, une autre, plus nombreuse, travaille en soutien des opérations françaises.
Ce soutien à l’opération Barkhane et à la force Sabre prend, selon lui, trois formes. La première est le transport aérien, stratégique depuis l’Europe vers la bande sahélienne et tactique entre les emprises de la région, assuré par des avions de transport américains. La deuxième est le ravitaillement en vol : la France dispose d’un modèle d’armée complet, mais ses ressources en avions ravitailleurs ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des missions qu’elle veut conduire, et elle fait donc appel aux ravitailleurs américains pour ses propres appareils. La troisième est l’appui renseignement, sur lequel il ne donne aucun détail, se bornant à indiquer que les États-Unis fournissent du renseignement aux forces françaises engagées sur le terrain.
Il présente cet échange comme réciproque, les forces françaises déployées au sol produisant elles aussi des éléments qui intéressent le renseignement américain : une coopération « gagnant-gagnant » qui porte aussi sur les décisions stratégiques relatives à l’engagement militaire dans la région.
Interopérabilité et exercices communs
L’interopérabilité est la capacité de forces armées de nationalités différentes à opérer ensemble, en partageant procédures, réseaux de communication et moyens de soutien. C’est le mot qui revient, dit l’attaché de défense, dès qu’il pense aux exercices franco-américains, et il note qu’il est employé avec la même insistance par les chefs militaires français. Le raisonnement est simple : on ne peut pas attendre le début d’un conflit pour apprendre à travailler ensemble.
Il distingue une interopérabilité humaine et une interopérabilité technique. La première a été à l’œuvre lors d’un exercice interarmes conduit dans le sud de la France, autour de Castres, où une compagnie du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine manœuvrait avec une compagnie de la brigade aéroportée américaine stationnée à Vicence, en Italie. L’enjeu y est la confiance : quand une compagnie américaine reçoit un village comme objectif, la compagnie française voisine doit être certaine qu’elle remplira sa mission, parce que l’échec de l’une compromet celle de l’autre.
La seconde devient rapidement très exigeante. Dans le domaine aérien, un exercice conduit au départ de la base aérienne de Mont-de-Marsan a fait voler ensemble une quinzaine de Rafale et des appareils américains : les avions doivent pouvoir communiquer entre eux, les ravitailleurs de chaque pays servir les appareils de l’autre, le tout coordonné par un état-major tactique commun. Dans le domaine maritime, lorsque le groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle opère, un bâtiment américain y est intégré, et réciproquement.
Ce qui distingue la France des autres alliés des États-Unis, à ses yeux, tient en une phrase : elle est présente dans toutes les régions du monde. Arrivé en pensant travailler avec le seul commandement interarmées américain chargé de l’Europe, il a découvert qu’il traitait avec l’ensemble des commandements régionaux, celui chargé de l’Afrique en premier lieu.
L’OTAN et la défense du flanc est
Le déploiement allié sur le flanc oriental de l’Alliance est l’un des rares points sur lesquels l’attaché de défense donne un cadrage historique. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les alliés situés à l’est ont demandé une présence renforcée des autres armées de l’Alliance. La réponse a pris la forme de la présence avancée renforcée, décidée au sommet de Varsovie en juillet 2016 et mise en œuvre à partir de 2017 sous la forme de bataillons multinationaux en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. La France y participe en alternance entre l’Estonie et la Lituanie, au titre de la mission Lynx ; pour les États-Unis, précise le colonel Pepper, le centre de gravité dans la région est la Pologne.
Il attribue à ces déploiements une double fonction. La première est politique : montrer aux adversaires comme aux alliés que l’Alliance est présente. La seconde rejoint l’interopérabilité, ces missions offrant aux unités françaises, britanniques et allemandes l’occasion de s’entraîner ensemble sur un terrain d’intérêt commun.
Sur l’avenir de l’OTAN, l’attaché de défense se dit « plutôt optimiste », en reconnaissant que ce n’est pas le point de vue majoritaire à Paris. Son argument est une analogie : personne n’aurait imaginé, à la fin de la guerre froide, que l’Alliance conduirait des opérations en Afghanistan ou en Irak. Il s’agit d’une appréciation personnelle, formulée à l’automne 2021.
Cyberdéfense et attribution des attaques
Sur le cyberespace, l’attaché de défense refuse d’entrer dans le détail et ne donne ni chiffres ni effectifs. Il pose un constat général : des adversaires cherchent quotidiennement à atteindre des systèmes de communication, des entreprises privées et des organes du gouvernement américain, et la situation est comparable pour la France. Il observe que la dimension cyber occupe une place croissante dans la planification et dans la conduite des opérations, y compris au niveau tactique, et qu’aucune opération ne peut plus être conçue sans elle.
Le passage le plus net porte sur l’attribution, c’est-à-dire la désignation publique de l’État tenu pour responsable d’une cyberattaque. Selon le colonel Allen Pepper, les États-Unis y recourent plus souvent que la France et souhaiteraient que leurs alliés le fassent davantage. Il présente cette divergence comme un choix politique propre à chaque pays plutôt que comme un différend, tout en assumant la position américaine : il est parfois nécessaire, estime-t-il, de désigner les coupables. Il tient par ailleurs pour établie une ingérence russe dans des scrutins américains et français des années précédentes. Cette lecture est la sienne, telle qu’il rapporte l’appréciation du renseignement américain, et n’est pas reprise ici comme un fait établi.
Ce que la France achète aux États-Unis
Le bureau de coopération en matière de défense de l’ambassade suit les ventes de matériel militaire américain à la France. L’attaché de défense décrit une situation atypique par rapport aux autres pays où il a servi : la France possède une industrie de défense très développée, et elle n’achète à l’étranger que ce qu’elle ne produit pas.
Sa grille de lecture est économique autant que capacitaire. Certains équipements sont indispensables aux opérations mais commandés en quantités trop faibles pour qu’un industriel français les développe de manière rentable ; c’est dans ces cas que l’État français se tourne vers un fournisseur étranger. Il cite trois exemples : les drones armés MQ-9 Reaper, les avions de transport tactique C-130J, et les équipements de catapultage et d’appontage du porte-avions Charles de Gaulle. Sur le haut du spectre, pour certains drones, hélicoptères ou avions, il estime logique de se tourner vers un producteur américain.
Le commerce de l’armement n’entre pas, dit-il, dans ses propres calculs d’attaché de défense en France. Les questions économiques et commerciales plus larges relèvent d’autres bureaux de l’ambassade : il s’en tient aux questions militaires.
Chine, Afrique et haute intensité
La dernière partie de l’entretien relève de l’analyse personnelle et doit être lue comme telle. Interrogé sur un possible retour à une logique de guerre froide, le colonel Allen Pepper reconnaît des parallèles mais refuse le terme : l’adversaire de la guerre froide était économiquement faible, ce qui n’est plus le cas. Il voit dans l’imbrication des économies un facteur de modération.
Sur la projection militaire chinoise, il estime périmée l’idée d’une puissance purement régionale et cite la base chinoise de Djibouti, inaugurée le 1er août 2017, première implantation militaire chinoise hors du territoire national. Il en tire la nécessité, pour les marines occidentales, de continuer à opérer dans ces zones.
Sur la présence chinoise en Afrique, son propos est plus nuancé que ce que le débat public laisse attendre. Il refuse de la classer d’emblée dans la colonne des menaces et invite à regarder situation par situation : les pays africains ont besoin de routes, de ports et d’aéroports, et que la Chine les finance ne rend pas le résultat négatif pour les populations concernées. Il fait la même remarque, par symétrie, à propos des entreprises françaises implantées en Afrique de l’Ouest, qui n’y sont pas par philanthropie mais dont l’activité a des effets positifs. Le problème, pour lui, commence avec la pression politique et l’endettement : quand la dette rend un État dépendant, la relation change de nature. Sa conclusion est une question de moyens adressée à son propre camp, concurrencer la Chine supposant d’y consacrer des ressources prises ailleurs.
Sur la préparation aux conflits de haute intensité, enfin, il se dit aligné avec la vision française. Ce qu’il retient du discours du chef d’état-major des armées français, et qu’il dit apprécier particulièrement, est l’insistance sur l’évitement : se préparer au conflit tout en faisant le nécessaire pour ne pas y arriver, c’est-à-dire gagner la phase de compétition pour ne pas avoir à livrer la bataille.
Une coopération qui résiste aux crises politiques
Le fil rouge de l’entretien est la stabilité de la relation militaire. Un changement d’administration à Washington ne change, dit l’attaché de défense, que très peu de chose à son travail. La seule conséquence tangible en France est le départ de l’ambassadeur, dont le poste est pourvu par nomination politique et prend fin avec le mandat présidentiel ; il indique avoir vécu la même séquence en République démocratique du Congo.
Son exemple le plus parlant est antérieur à son propre passage à Paris. En 2003, la divergence franco-américaine sur l’intervention en Irak a provoqué une crise diplomatique majeure entre les deux pays. Or, rapporte-t-il, les officiers américains en poste en France à cette époque lui ont dit que la coopération militaire et le renseignement avaient continué sans problème. C’est la démonstration qu’il retient : la coopération militaire est un socle qui tient quand le plan politique et diplomatique connaît des hauts et des bas.
Questions fréquentes
Que fait un attaché de défense dans une ambassade ?
Un attaché de défense est l’officier supérieur qui représente son ministère de la Défense et ses chefs militaires auprès d’un État étranger. Il remplit quatre grandes missions : conseiller l’ambassadeur sur les questions militaires, servir de canal de communication entre les autorités militaires des deux pays, superviser la coopération de défense, notamment les dossiers d’armement, et rendre compte à son propre état-major des évolutions des armées du pays où il est accrédité. Son statut de membre déclaré du personnel diplomatique est prévu par la convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961 : il travaille à découvert, et non de manière clandestine.
Comment devient-on attaché de défense ?
Le poste d’attaché de défense se situe en fin de parcours d’officier supérieur et suppose une double compétence, opérationnelle et régionale. Dans l’armée américaine, la filière dédiée est celle des foreign area officers, des officiers qui quittent leur arme d’origine après une dizaine d’années pour se spécialiser sur une région du monde, avec une formation linguistique et académique adaptée. Le colonel Allen Pepper en est un exemple : sorti de West Point en 1993 comme officier d’infanterie, il a servi douze ans en unité avant de basculer sur l’Afrique subsaharienne, puis d’enchaîner les postes en ambassade et en état-major pendant plus de quinze ans.
Comment l’armée américaine soutient-elle les opérations françaises au Sahel ?
Selon l’attaché de défense des États-Unis en France, interrogé à l’automne 2021, le soutien américain aux opérations françaises au Sahel passait par trois canaux principaux. Le transport aérien d’abord, stratégique depuis l’Europe vers la bande sahélienne et tactique entre les emprises de la région. Le ravitaillement en vol ensuite, la France ne disposant pas d’assez d’avions ravitailleurs pour couvrir seule l’ensemble de ses missions. L’appui renseignement enfin, sur lequel il n’a donné aucun détail. Ce dispositif a évolué depuis le retrait des forces françaises du Mali, achevé en août 2022, puis du Niger en 2023.
Quels matériels militaires la France achète-t-elle aux États-Unis ?
La France dispose d’une industrie de défense complète et n’achète à l’étranger que les capacités qu’elle ne produit pas, ou dont les volumes de commande sont trop faibles pour justifier un développement national. L’attaché de défense cite trois exemples d’acquisitions françaises auprès des États-Unis : les drones armés MQ-9 Reaper, les avions de transport tactique C-130J, et les équipements de catapultage et d’appontage du porte-avions Charles de Gaulle. Ces ventes sont suivies par le bureau de coopération en matière de défense de l’ambassade, avec la Direction générale de l’armement.
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