#15 – École militaire de haute montagne : l’excellence au service du combat en altitude

L’École militaire de haute montagne, l’EMHM, est l’organisme de l’armée de Terre chargé de former à Chamonix les cadres des troupes de montagne françaises. Défense Zone a reçu son chef de corps, le lieutenant-colonel Renaud Courbion, dans les locaux de l’école, à quelques mois du quatre-vingt-dixième anniversaire d’une institution créée en 1932 et présentée par l’armée de Terre comme la première école du monde dédiée à la formation des cadres de troupes de montagne. Officier issu des troupes de montagne, passé par l’École spéciale militaire de Saint-Cyr puis par le 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy et par l’état-major de la 27e brigade d’infanterie de montagne, il décrit ici une maison qui ne se contente pas d’enseigner l’alpinisme militaire : elle fixe la doctrine du combat en montagne, teste les matériels de grand froid et a formé, au fil des décennies, des stagiaires venus de dizaines d’armées étrangères. L’entretien a été enregistré en 2021, alors que l’armée de Terre venait d’afficher son horizon de préparation à un engagement majeur en 2030.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • L’École militaire de haute montagne a été créée en 1932 à Chamonix, sous le nom d’école de haute montagne. Elle prend son appellation actuelle en 1964 et est rattachée à la 27e brigade d’infanterie de montagne en 2012.
  • Le chef de corps résume la mission en une formule : l’EMHM est « la maison mère des troupes de montagne ». Tout l’encadrement, officiers et sous-officiers, passe par elle avant de commander un détachement en montagne.
  • Quatre fonctions structurent l’école selon son chef de corps : la formation, l’expertise, le rayonnement et, plus récemment, l’innovation pour tout ce qui touche au domaine montagne.
  • La section d’éclaireurs de montagne forme environ 60 élèves sous-officiers par promotion, pour moitié issus de la vie civile, pour moitié militaires du rang déjà en corps de troupe. Au moment de l’entretien, l’école en était à sa 83e promotion, avec des élèves de 18 à 25 ans.
  • Sa lecture du combat en montagne est tactique avant d’être sportive : un combat des flancs et des marges, sur des zones refuges à circonscrire ou des zones réputées infranchissables à contourner pour créer la surprise.
  • Son conseil aux futurs candidats tient en une phrase : « savoir renoncer aussi pour mieux contourner ». Les troupes de montagne, insiste-t-il, ne recrutent pas des têtes brûlées.

L’École militaire de haute montagne, maison mère des troupes de montagne

L’École militaire de haute montagne est l’école de l’armée de Terre qui qualifie les cadres appelés à vivre, se déplacer et combattre en montagne. Implantée à Chamonix, au pied du massif du Mont-Blanc, elle a été créée en 1932 sous le nom d’école de haute montagne, a repris son activité en 1945 après l’interruption de la Seconde Guerre mondiale, a pris son nom actuel en 1964 et a été intégrée à la 27e brigade d’infanterie de montagne en 2012. Selon le portail de l’armée de Terre, elle a formé plus de 50 000 stagiaires depuis sa création, dont environ 1 800 étrangers issus de 28 nations.

L’expression employée par le chef de corps, « maison mère des troupes de montagne », n’est pas un slogan de communication. Elle décrit un passage obligé : l’encadrement des unités de la 27e brigade d’infanterie de montagne, mais aussi celui des régiments rattachés à ce que l’armée de Terre appelle l’inter-domaine montagne, vient se qualifier à l’EMHM. Le chef de corps cite les fantassins et chasseurs alpins, les artilleurs, les cavaliers, les légionnaires, les transmetteurs de montagne, et au-delà de la brigade des unités du matériel et du train susceptibles d’être employées dans le milieu montagneux.

Le choix de Chamonix remonte à la création de l’école et reste, pour le chef de corps de l’EMHM, un avantage décisif. La vallée est la capitale mondiale de l’alpinisme et du ski, et les contreforts qui la dominent imposent, selon lui, près de 3 800 mètres de dénivelé. Mais il refuse d’en faire l’essentiel : « ce n’est pas tant de savoir si on va aller dans la montagne à Chamonix ou juste autour, c’est dans la pratique de la montagne » que se joue la formation. L’école déplace ses stages en fonction de la météorologie, recherchant parfois délibérément le mauvais temps quand l’objectif pédagogique l’exige.

Les missions de l’EMHM : former, expertiser, rayonner, innover

La première mission de l’École militaire de haute montagne est la formation technique et tactique des cadres. Elle repose sur ce que l’école appelle une trame de compétences : un ensemble de qualifications réparties dans un détachement, qui lui donne l’autonomie nécessaire pour se déplacer, vivre et combattre en montagne. Le chef de corps insiste sur ce point : la qualification n’est pas individuelle par plaisir, elle est collective par nécessité. Un détachement de montagne n’est autonome que si les bonnes compétences y sont réparties aux bons endroits.

La deuxième mission est celle de centre expert. L’EMHM est l’organisme de référence de l’armée de Terre, et plus largement des armées françaises, pour la pratique de la montagne : elle contribue aux règlements et à la doctrine, capitalise les retours d’expérience et donne son avis sur les matériels. La troisième est le rayonnement, à travers les entités localisées à Chamonix, au premier rang desquelles le groupe militaire de haute montagne. La quatrième, la plus récente au moment de l’entretien, est une mission de coordination de l’innovation pour tout ce qui concerne le domaine montagne.

Quelles formations montagne l’école dispense aux cadres

Le parcours de qualification montagne s’organise par niveaux successifs. Le brevet d’alpiniste militaire et le brevet de skieur militaire constituent les premières marches, l’un pour la saison estivale, l’autre pour la saison hivernale. Le brevet de qualification des troupes de montagne, que le chef de corps présente comme le premier tronçon commun à tous, vient ensuite : il se prépare en deux stages de quatre semaines, un en été et un en hiver, et s’adresse aux cadres déjà titulaires des brevets d’alpiniste ou de skieur militaire. Au-delà, l’école forme des instructeurs et des chefs de détachement capables de conduire une manœuvre en autonomie dans le milieu.

À ces qualifications de milieu s’ajoutent des stages dédiés au combat en montagne, où la technique cesse d’être une fin en soi. Le chef de corps de l’EMHM décrit un exercice type : rejoindre un point fixe dans un délai donné, avec le matériel nécessaire pour tenir ensuite ce point. « Ce n’est pas une course de ski alpinisme, c’est un vrai challenge », résume-t-il, parce que l’objectif n’est pas d’arriver le premier mais d’arriver en état de combattre.

L’école accueille aussi des unités qui ne sont pas des troupes de montagne au sens organique du terme. Le chef de corps confirme que des unités des forces spéciales rattachées à l’inter-domaine montagne suivent des formations à l’EMHM, sans s’étendre davantage sur le sujet. Il note au passage un parcours fréquent : un jeune formé à Chamonix, puis employé dans la 27e brigade d’infanterie de montagne, peut ensuite rejoindre les forces spéciales avec ces qualifications en poche.

La section d’éclaireurs de montagne, école de sous-officiers de Chamonix

La section d’éclaireurs de montagne est la filière par laquelle l’EMHM forme directement ses propres sous-officiers. C’est ce que le chef de corps appelle « une petite pépite » : une école de sous-officiers logée dans une école de spécialité, ce qui est rare dans l’armée de Terre. Une promotion compte environ 60 élèves, répartis en deux filières. La première regroupe une trentaine de candidats venus de la vie civile, qui postulent pour entrer directement à Chamonix. La seconde réunit une trentaine de militaires du rang déjà servant en corps de troupe, sur un cursus plus court.

Au moment de l’entretien, le chef de corps annonce une durée de 11 mois pour la filière civile et de 8 mois pour celle des militaires du rang, et situe l’école à sa 83e promotion. Le calendrier publié depuis par l’EMHM porte ces deux parcours à 12 et 9 mois, la filière civile courant de fin août à fin août et celle des militaires du rang de décembre à fin août. Le contenu, lui, n’a pas changé de nature : formation militaire générale, passage à l’École nationale des sous-officiers d’active, qualification hiver, qualification été, puis formation commando au Centre national d’entraînement commando avant l’arrivée en régiment.

L’intérêt opérationnel de cette filière est direct. Les jeunes sergents qui en sortent arrivent dans leur corps de troupe déjà titulaires du premier niveau de qualification montagne, ce qui leur permet, selon le chef de corps, d’acquérir très vite les compétences de conduite d’un détachement en montagne et à ski. La moyenne d’âge est basse : il cite des élèves de 18 ans pour les plus jeunes et de 25 ans pour les plus anciens, et parle d’une formation conduite « dans un esprit très familial ».

Le recrutement et le profil recherché dans les troupes de montagne

Interrogé sur les qualités attendues d’un candidat aux troupes de montagne, le chef de corps de l’EMHM cite d’abord l’humilité. « Quand on aborde la montagne, c’est toujours un milieu qui vous dominera », rappelle-t-il, et cette humilité conditionne la capacité à s’adapter. Vient ensuite le goût de l’effort, puis l’engagement, mot qu’il tient pour le plus fort du vocabulaire de la maison : engagement au sens du sacrifice pour son pays, mais aussi au sens alpin du terme, celui d’une voie dont on ne se retire pas facilement.

Il ajoute une nuance qui distingue l’école d’une image d’Épinal : « savoir renoncer aussi pour mieux contourner ». Les troupes de montagne ne cherchent pas des têtes brûlées mais des militaires capables de raisonner avec prudence et tempérance. Il parle enfin d’un métier de passionnés, en décrivant sans romantisme ce que représentent 1 000 mètres de dénivelé avec un sac lourd et un armement, très loin du plaisir du ski hors-piste, mais en reconnaissant que c’est justement ce goût-là qui permet d’avancer quand la météorologie se dégrade.

L’esprit de groupe complète ce portrait, et le chef de corps le présente comme une qualité qui se forge à l’école plutôt qu’une condition d’entrée. Sa formule sur ce point est frappante : « on ne ment pas sur la corde ». L’encordement met à nu les moments de force comme les moments de faiblesse, et c’est cette connaissance mutuelle qui fonde ensuite la confiance au combat.

Le combat en montagne, un combat des flancs et des marges

Le combat en montagne est, pour le chef de corps de l’EMHM, un combat des flancs et des marges du combat majeur. Il l’inscrit explicitement dans l’orientation affichée par l’armée de Terre à l’époque de l’entretien, celle du retour à une capacité d’engagement de haute intensité à l’horizon 2030. Dans ce cadre, la montagne joue trois rôles : zone refuge pour un adversaire qui s’appuie sur le terrain, zone à bloquer ou à circonscrire, ou zone de contournement permettant de franchir là où l’adversaire juge le passage impossible et de créer un effet de surprise.

La nature de l’adversaire change avec le rôle. Dans l’hypothèse du contournement, les troupes de montagne surprennent une force plutôt dure sur un point de fragilité. Dans l’hypothèse du combat en montagne proprement dit, elles affrontent des combattants qui maîtrisent parfaitement leur terrain, pas nécessairement technologiques mais très résilients. Le chef de corps cite l’Afghanistan comme expérience vécue et évoque des théâtres comme le Yémen ou la zone himalayenne entre l’Inde et le Pakistan pour rappeler que le combat en altitude n’a rien d’une hypothèse d’école.

Ce qui fait la spécificité tactique du milieu, selon lui, c’est la valeur du temps. En montagne, un choix engage durablement : une articulation ne se modifie pas rapidement, un itinéraire ne se corrige pas en quelques minutes. L’environnement pèse simultanément sur la technique, sur les qualités humaines et sur la tactique, ce qui justifie une formation spécifique plutôt qu’un simple entraînement complémentaire.

Le grand froid et le Grand Nord, champ d’effort de l’école

Le domaine grand froid est le second champ de compétence de l’École militaire de haute montagne, et le chef de corps le présente comme un effort en cours de montée en puissance. La logique est la même que pour la montagne : un milieu qui contraint les hommes, les matériels et la manœuvre, et qui exige une formation dédiée. L’école développe un module grand froid, s’appuie sur ses experts et recherche des partenariats avec les armées nordiques, dont l’expérience du froid extrême est ancienne.

L’illustration opérationnelle de cet effort est l’exercice Cold Response 2020 en Norvège, cité dans l’entretien. Selon Zone militaire, qui rendait compte de l’exercice en mars 2020, la 27e brigade d’infanterie de montagne y a engagé 400 militaires, autour d’un bataillon constitué principalement sur le 27e bataillon de chasseurs alpins et complété par des unités d’artillerie et du génie de montagne, déployé à Bardufoss dans le nord de la Norvège. L’exercice réunissait alors 16 000 militaires de quatorze nations et visait l’entraînement au combat de haute intensité en conditions hivernales.

Le chef de corps relie cette montée en compétence à une évolution géographique. La fonte des glaces ouvre des espaces, modifie les routes maritimes et déplace les ambitions politiques, et il estime que les tactiques devront s’adapter aux terrains qui s’ouvriront. Sa réponse à la question des conflits de demain reste prudente : le métier militaire consiste à être prêt à répondre à une menace « d’où qu’elle vienne », ce qui suppose une ouverture large plutôt qu’un pari sur un théâtre précis.

Le GMHM et l’équipe de France militaire de ski, les autres entités de Chamonix

Le groupe militaire de haute montagne, le GMHM, est l’une des entités de l’École militaire de haute montagne. Le chef de corps le décrit comme une petite structure au recrutement très sélectif, qui puise dans les bataillons et les unités de la 27e brigade d’infanterie de montagne. Sa mission n’est pas seulement l’expédition : c’est la mise en autonomie loin de tout, la confrontation directe au milieu, puis la transmission des savoirs acquis vers le reste des troupes de montagne, notamment au profit de la formation des commandos montagne.

Le chef de corps emploie le mot de ruissellement pour décrire ce mécanisme. Les techniques mises au point par le groupe lors de ses expéditions redescendent vers les unités par l’intermédiaire des experts de l’école, qui les intègrent aux modules de formation. Il cite en particulier les techniques de déplacement avec des charges lourdes, développées à partir de 2012 lors des expéditions du groupe et désormais enseignées dans l’ensemble des unités de la brigade de montagne.

L’équipe de France militaire de ski est également implantée à Chamonix. Le chef de corps précise qu’elle est localisée à l’école sans lui appartenir organiquement, ce qui contribue néanmoins au rayonnement de la maison.

Une école reconnue à l’international

L’École militaire de haute montagne se présente comme la plus ancienne école de montagne institutionnelle au monde, et le chef de corps décrit ce statut avec la même réserve que le reste : « on porte sur nos épaules le choix de nos pères ». Concrètement, cette ancienneté se traduit par une densité de relations bilatérales. L’école entretient des rapports étroits avec ses homologues italiens, avec des échanges d’instructeurs, et avec les Suisses, tous pays de l’arc alpin dont les frontières furent longtemps des lignes d’affrontement.

L’EMHM est par ailleurs à l’origine de l’Association internationale des écoles militaires de montagne, connue sous son sigle anglais IAMMS, dont l’armée de Terre situe la création en 1966. L’association réunit aujourd’hui seize écoles, d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud, et organise des séminaires d’échange sur la doctrine, les matériels et les techniques. Au moment de l’entretien, le chef de corps annonçait la tenue du séminaire suivant à Chamonix en 2022, année du quatre-vingt-dixième anniversaire de l’école.

Ce que la montagne apporte au combattant

La conviction que le chef de corps de l’EMHM défend le plus nettement est que la formation en montagne dépasse son objet technique. « La montagne est un milieu suffisamment abrasif, merveilleux aussi, attirant, qui permet à nos soldats de s’éprouver », dit-il. Tous ceux qui sont passés par l’école, affirme-t-il, ont une histoire à raconter où ils se sont trouvés en déséquilibre, hors de leur zone de confort, et le plus souvent sans l’avoir prémédité.

Les bénéfices qu’il identifie en opération sont l’autonomie, la capacité à appréhender les responsabilités de l’échelon supérieur et l’aptitude à franchir un obstacle que d’autres jugeraient impraticable. Il donne l’exemple d’une pente raide qu’un pratiquant de loisir éviterait, mais qu’une mission impose de franchir pour gagner un observatoire ou installer un relais radio. C’est cette compétence de passage, développée à l’école, qui se retrouve ensuite sur le terrain.

Le milieu impose aussi de regarder en face une réalité que l’entretien n’esquive pas. Le chef de corps rappelle que la montagne peut coûter la vie, y compris à l’entraînement, et que chaque promotion de la section d’éclaireurs de montagne perdra statistiquement un camarade au cours de sa carrière. Sa conclusion revient au premier mot du portrait qu’il dresse : « ce n’est pas l’humilité qui se transforme en humiliation, c’est l’humilité qui nous permet d’avancer ».

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’École militaire de haute montagne ?

L’École militaire de haute montagne est l’organisme de l’armée de Terre chargé de former les cadres des troupes de montagne françaises et d’expertiser tout ce qui touche à l’emploi militaire du milieu montagneux. Elle est implantée à Chamonix depuis sa création en 1932 et rattachée à la 27e brigade d’infanterie de montagne depuis 2012. Son chef de corps la désigne comme « la maison mère des troupes de montagne », parce que l’ensemble de l’encadrement des unités de montagne y acquiert ses qualifications. Elle abrite également le groupe militaire de haute montagne, et l’équipe de France militaire de ski est localisée à Chamonix.

Comment entrer à l’École militaire de haute montagne ?

Deux voies mènent à l’École militaire de haute montagne. La première est celle de la section d’éclaireurs de montagne, qui recrute directement des candidats civils pour une formation de sous-officier d’environ un an, à l’issue de laquelle l’élève est nommé sergent et affecté dans une unité de montagne. La seconde est ouverte aux militaires du rang déjà en corps de troupe, sélectionnés pour un cursus plus court de quelques mois. Les cadres déjà en service, eux, ne s’engagent pas à l’école mais y viennent en stage pour acquérir les qualifications de la trame montagne, du brevet d’alpiniste militaire au brevet de qualification des troupes de montagne.

Quelle différence entre l’EMHM et le GMHM ?

L’EMHM est l’école, le GMHM est l’une de ses entités. L’École militaire de haute montagne forme et qualifie les cadres des troupes de montagne, produit la doctrine et coordonne l’innovation dans le domaine. Le groupe militaire de haute montagne est une structure beaucoup plus réduite, au recrutement très sélectif parmi les unités de la 27e brigade d’infanterie de montagne, dont la mission consiste à repousser les limites techniques par des expéditions puis à transmettre les savoir-faire acquis au reste des troupes de montagne. Les deux sont implantés à Chamonix et travaillent sur le même objet, mais l’un forme en masse et l’autre explore.

Faut-il être alpiniste pour servir dans les troupes de montagne ?

Non, et le chef de corps de l’EMHM est explicite sur ce point : l’école recrute des jeunes de 18 à 25 ans venus de la vie civile ou du rang, et c’est elle qui les qualifie. Les qualités attendues sont l’humilité devant un milieu qui domine toujours celui qui l’aborde, le goût de l’effort, le sens de l’engagement et la capacité à renoncer pour contourner plutôt qu’à forcer le passage. La compétence alpine s’acquiert dans le cursus, par étapes, alors que ces dispositions se vérifient à la sélection. Le chef de corps met d’ailleurs en garde contre le profil inverse, celui de la tête brûlée, qui n’a pas sa place dans un détachement encordé.

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