Au printemps 2023, un ancien militaire français franchit à pied, de nuit, la frontière polono-ukrainienne, avec un sac de matériel médical et quelques dizaines d’euros en poche. Il vient de terminer un contrat d’éducateur, il a servi deux ans dans l’infanterie de montagne des années plus tôt, et il part combattre. Quinze mois plus tard, il raconte au micro de Défense Zone ce qu’il a trouvé sur place : un recrutement improvisé, un encadrement qu’il juge défaillant, puis, début juillet 2023, une roquette qui lui traverse l’abdomen sur une position au sud de Bakhmout. Il survit, reste une semaine dans le coma, rentre en France en ambulance après vingt-cinq heures de route, et découvre qu’aucun dispositif d’accompagnement ne le concerne. Cet entretien a été enregistré en juillet 2024 : tout ce qu’il décrit du front renvoie à l’été 2023 et ne dit rien de la situation présente.
Les appréciations portées dans cet épisode sur l’armée française, sur la politique de la France à l’égard de l’Ukraine et sur l’engagement des volontaires étrangers sont celles de l’invité et n’engagent que lui.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- Ancien engagé de l’armée de terre, réformé au bout de deux ans après une maladie contractée en opération, il part pour l’Ukraine en avril 2023, un an après le début de l’invasion russe à grande échelle.
- Il décrit un parcours d’entrée informel : une ambassade incapable de le renseigner, une frontière franchie à pied, un recruteur croisé par hasard, puis trois semaines d’instruction qu’il juge sommaires.
- Après un conflit ouvert avec un officier d’encadrement, son groupe quitte la Légion internationale pour rejoindre une unité d’assaut de l’armée ukrainienne, une bascule rendue possible par une évolution législative ukrainienne du printemps 2023.
- Il est blessé au début de juillet 2023 par une roquette antichar : abdomen ouvert, bassin fracassé, jambe gauche déchiquetée. L’évacuation, par brancard puis par véhicule blindé, dure selon lui quatre à cinq heures.
- Une semaine de coma, quatre hôpitaux ukrainiens, un mois sur place, puis un rapatriement financé par une association, l’hôpital militaire ayant d’abord refusé son dossier.
- Un an après, il reste sans statut : ni pension, ni suivi institutionnel, ni solde versée par l’unité qui l’employait. « Je savais en partant que s’il m’arrivait quelque chose, je serais seul. »
Un contrat qui s’arrête trop tôt
L’histoire commence par une frustration ancienne. Engagé à dix-huit ans dans l’infanterie de montagne pour trois ans, il contracte une méningite lors d’un séjour en Afrique de l’Est. La prise en charge est mauvaise et les séquelles s’installent : une jambe paralysée un mois, le dos bloqué, une atteinte lombaire qu’on ne peut pas traiter sur place. Déclaré inapte, il quitte l’armée en 2017, au bout de deux ans, sans être allé au terme de son engagement.
Suivent les métiers que l’on trouve en sortant de l’institution : la sécurité privée, un peu de transport routier. En 2021, il devient éducateur auprès de mineurs étrangers isolés, des adolescents arrivés seuls de pays en guerre. Il décrit ce travail comme une impasse affective : des jeunes qui s’intègrent, trouvent un emploi, et que l’on entend pleurer le soir dans leur chambre. « Je me suis dit qu’aller à la source, c’était peut-être plus efficace. Peut-être que c’est illusoire, je ne sais pas. »
Son contrat s’achève en février 2023, un an après le début de l’invasion. Il se donne six semaines pour préparer ses affaires et prévenir ses proches, puis il part. Sa famille sait exactement où il va et pourquoi : il insiste sur ce point, en le reliant au cas d’un camarade mort au combat sans avoir rien dit chez lui.
Une frontière franchie à pied
La préparation tient en peu de choses. Il tente d’abord d’appeler l’ambassade d’Ukraine en France, qui ne sait pas lui répondre et le renvoie vers Internet, lequel le renvoie vers l’ambassade. Il abandonne. Reste un contact sur place, qui lui indique par où passer et quoi emporter : pour l’essentiel du matériel de secourisme individuel. Pas d’armement.
Il prend l’avion pour la Pologne, puis le train jusqu’à la frontière, qu’il franchit à pied vers vingt-trois heures. Les gardes-frontières, dit-il, ne contrôlent même pas ses sacs. De l’autre côté, un homme chargé du recrutement de la Légion internationale le rattrape en le voyant passer. Le processus commence là, dans une guérite, sans dossier ni entretien préalable.
Suivent une nuit dans une école vide, des formalités d’enregistrement dans un théâtre désaffecté, puis un camp d’instruction dans l’ouest du pays. La durée du séjour dépend d’un seul facteur, la date de la visite médicale, qui conditionne la délivrance du livret militaire et donc le départ vers l’est : trois semaines pour les uns, trois mois pour les autres.
« Un entraînement complètement bidon »
Son jugement sur cette instruction est sans appel. Il la résume à quelques fondamentaux, et rien de plus en trois semaines. Ce qui le frappe surtout, c’est le niveau de certains candidats : des hommes écartés au bout de plusieurs semaines parce qu’ils ne parviennent pas à prendre une position de tir couchée.
Le constat a une conséquence directe. Puisque le tri se fait mal en amont, chacun cherche à rejoindre une unité où il connaît du monde. Il apprend qu’une compagnie regroupe alors un contingent important de francophones et demande à y être affecté, pour la qualité du travail autant que pour la langue.
Le litige qui fait tout basculer
Le passage de la Légion internationale à une unité ukrainienne ne relève pas d’un choix de carrière mais d’une rupture. Les Français déjà présents dans son groupe reprochent à leur officier d’encadrement, très jeune, une série de manquements : absence de plan de bataille, points d’évacuation non communiqués, ravitaillement non assuré pendant plusieurs jours sur une zone qui n’était pourtant pas isolée, et le fait qu’il se tenait lui-même à distance du front.
Les hommes posent une condition : tant que ces points ne sont pas réglés, ils ne repartent pas. En tant qu’étrangers, ils estiment n’y être pas tenus. Le bras de fer dure vingt-quatre heures et se solde par la restitution du paquetage et le départ de la Légion.
Le groupe monte à Kiev sans savoir où aller. La possibilité pour un étranger d’intégrer une unité régulière ukrainienne venait d’être ouverte ; personne, y compris côté ukrainien, ne savait encore comment la mettre en œuvre. Un contact au commandement des forces terrestres finit par les orienter, et par lever la menace de mise sur liste noire brandie par l’officier avec lequel ils venaient de rompre. La condition posée est simple : trouver une unité dotée d’un officier anglophone et capable d’encadrer des étrangers.
Il souligne la différence de traitement : dans la Légion internationale, dit-il, les étrangers étaient rarement engagés sur les missions les plus dures ; dans l’unité qu’il rejoint, ils le sont comme les autres. C’était ce qu’il cherchait.
Volontaires, conscrits, professionnels
Il consacre un long passage à une nuance souvent perdue dans les commentaires français : la composition réelle de l’armée ukrainienne telle qu’il l’a côtoyée. L’essentiel des effectifs, explique-t-il, est formé de volontaires et de conscrits ; les militaires de métier sont minoritaires, concentrés dans l’encadrement ou parmi ceux qui combattent depuis 2014.
Il revient aussi sur l’origine de certaines brigades d’assaut, nées de formations de volontaires antérieures à l’invasion, parfois marquées politiquement, et rattachées depuis à l’armée régulière. Les intéressés, note-t-il, n’apprécient guère qu’on les ramène à cette filiation : pour eux, ce sont désormais des unités militaires ordinaires.
Sur l’équipement, son témoignage contredit l’imagerie du matériel occidental omniprésent. Il décrit une dotation de qualité inégale et une répartition qu’il juge incohérente : des unités d’assaut moins bien équipées que des unités appelées à tenir des positions. Le seul matériel occidental qu’il aura vu de près, dit-il, est le véhicule blindé qui l’a évacué. Il note que les dons, pour arriver à destination, devaient généralement être adressés nominativement à une personne ou à une unité identifiée.
Ce qu’il dit de la corruption
Interrogé sur les affaires de détournement, il répond que le phénomène est réel, en ajoutant aussitôt qu’il est commun aux pays en guerre et qu’il vaut aussi pour l’adversaire. Il rapporte des dépôts de matériel de donation qui ne redescendaient pas vers les combattants, des matériels sortis du front pour être revendus, des officiers payés pour dispenser un homme de monter en ligne. Ces éléments relèvent de son témoignage et, pour certains, de ce que des camarades lui ont rapporté ; ils n’ont pas été vérifiés de façon indépendante.
Sa position sur l’opportunité d’en parler est nette. Il estime qu’il faut nommer le problème plutôt que le taire, et ajoute que la plupart des Ukrainiens qu’il a fréquentés dirigent leur colère contre les fraudeurs, non contre ceux qui les dénoncent. Il pose toutefois une limite : ne parler que de ce que l’on sait.
Juillet 2023, au sud de Bakhmout
La mission commence le 1er juillet 2023 dans le secteur situé au sud de Bakhmout, ville détruite par des mois de combats et devenue le symbole de cette séquence de la guerre. Son groupe n’est pas chargé de l’assaut mais de la protection d’un flanc, afin qu’une autre unité puisse progresser sans être prise de côté.
Le premier jour tourne court : ordre d’avancer, puis annulation, puis un repli sous un tir d’artillerie ajusté par un drone thermique, sans couvert. Le lendemain, la mission reprend, marquée par deux heures d’immobilisation sous le feu, une progression en forêt dense, et l’assaut principal qui se déclenche plus tôt que prévu. Il évoque des pertes lourdes en quelques minutes, chiffre qu’il donne de mémoire.
C’est le lendemain matin, alors qu’il vient de signaler à son chef de groupe qu’une relève arrivait trop groupée et trop à découvert, que tout s’arrête. Il entend un départ de roquette, et n’a pas le souvenir de tomber.
« Je lève la tête et je vois mes intestins au sol. » La roquette l’a traversé du flanc gauche jusqu’au bas-ventre avant d’exploser plus loin, blessant trois autres combattants. Le bassin est fracassé, la jambe gauche ouverte. Il demande de l’aide à un soldat posté à quelques mètres, qui lui fait non de la tête. Croyant alors qu’aucun secours ne viendrait, il cherche son arme pour en finir lui-même, et ne la trouve pas. Ses camarades arrivent dans la foulée : antalgique, abdomen protégé, brancard. « Ils savaient ce qu’ils faisaient. En trois mouvements, j’étais prêt à partir. »
Quatre à cinq heures d’évacuation
Ce qui suit dit l’essentiel de ce qu’est une blessure de guerre loin d’un bloc opératoire. Le brancardage se fait par cinq hommes, sous trente-huit degrés, avec des pauses qui lui sont plus douloureuses que la marche. Au point de dépose, il a la présence d’esprit de demander qu’on le tire à l’abri, quelques instants avant qu’un tir ne tombe à l’emplacement qu’il occupait. Le véhicule blindé arrive ensuite. Du moment de la blessure à l’hôpital, il compte quatre à cinq heures.
Il attribue sa survie à une chose simple, et il y revient à la fin de l’entretien : il est resté calme, et il n’a pas parlé. Un rythme cardiaque emballé aurait accéléré l’hémorragie. C’est le seul conseil qu’il formule sur le fond, et il se garde d’en faire une leçon.
Suivent une semaine de coma, quatre établissements successifs à mesure qu’il devient transportable, des opérations quotidiennes pendant une dizaine de jours, et un réveil à Kiev. Sa mère, prévenue par l’ambassade, a été informée qu’il avait peu de chances de survivre, puis qu’il se réveillerait sans ses jambes. Elle est restée une semaine sans nouvelles.
Le retour, et l’angle mort
Le rapatriement est la partie la plus révélatrice de son récit. On lui annonce en Ukraine qu’il sera renvoyé en France ; arrivé dans l’ouest du pays, il apprend que rien n’est prévu. Les démarches, il les mène lui-même, depuis un lit d’hôpital. C’est finalement une association qui finance une ambulance. Vingt-cinq heures de route, l’abdomen ouvert.
À l’arrivée, l’hôpital d’instruction des armées Percy refuse son dossier, au motif, lui dit-on, que sa prise en charge est politiquement impossible. Il est orienté vers un hôpital civil qui n’a pas l’habitude de ce type de lésions. Le dossier sera finalement accepté six mois plus tard, pour la seule dimension médicale. « Le seul droit que j’ai eu, c’est celui d’être hospitalisé gratuitement. Tout le reste, non. »
Il ne présente pas cela comme une injustice mais comme une conséquence assumée : il savait en partant qu’il ne relèverait d’aucun dispositif. Ce qu’il conteste, c’est la cohérence d’ensemble. Il observe que la France soutient l’Ukraine, envoie du matériel, forme des soldats ukrainiens, et laisse dans un angle mort les ressortissants partis se battre. Il note aussi que le retour d’expérience des Français ayant combattu dans les tranchées n’a, à sa connaissance, jamais été recueilli à des fins de formation. Ce sont ses appréciations, énoncées comme telles.
Un an après la blessure
Au moment de l’enregistrement, en juillet 2024, il en est à environ six mois d’hospitalisation cumulée, complète puis à domicile, et à des opérations toutes les six à huit semaines. Les sutures abdominales ont lâché, la paroi n’a pas pu être reconstituée, et une dernière intervention de couverture était programmée. Il évoque des douleurs persistantes, une mobilité en partie retrouvée, et l’impossibilité de se projeter avant plusieurs années.
Sur le plan matériel, la solde due par l’unité qui l’employait n’avait pas été versée et une procédure était en cours. Un projet d’activité indépendante, calibré pour son handicap, en dépendait.
Le point le plus consistant de cette fin d’entretien concerne l’isolement. Il décrit un décalage constant avec les civils, qui n’ont pas de repère pour situer ce qu’il raconte, et le soulagement d’avoir été mis en contact avec la Fondation Résilience, qui accompagne les militaires blessés et qui l’a invité à encadrer une activité avec des collégiens. Il y voit une sortie possible, en lien avec son ancien métier d’éducateur. Son groupe, lui, a été presque entièrement mis hors de combat : plusieurs blessés graves, un mort, des survivants dispersés depuis dans d’autres unités et avec lesquels il reste en contact, ainsi qu’avec la famille du camarade tué.
Il faut redire ici ce que cet épisode est et ce qu’il n’est pas. Enregistré en juillet 2024, il documente une expérience individuelle de l’été 2023 dans un secteur donné du front. Le recrutement, l’équipement, l’évacuation et la situation militaire ont évolué depuis : rien de ce qui est décrit ici ne vaut pour la situation actuelle.
Ce que dit la loi française
Cet épisode soulève une question que l’entretien n’aborde pas sous l’angle juridique : que prévoit exactement le droit français pour un ressortissant qui sert dans une force armée étrangère ? Les éléments ci-dessous ont été établis à partir des sources officielles seules, Légifrance et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ils décrivent l’état du droit, sans recommandation ni mise en garde.
- Pas de régime d’autorisation préalable identifié. Les textes officiels consultés ne font apparaître aucune disposition soumettant à autorisation administrative préalable l’engagement d’un civil français dans une armée étrangère, ni aucune incrimination générale de cet engagement. Ce point n’étant pas confirmé par une source officielle explicite, il convient de se reporter aux codes sur Légifrance plutôt qu’à des synthèses secondaires.
- Le mécanisme existant intervient après l’engagement, et il porte sur la nationalité. L’article 23-8 du code civil dispose que « perd la nationalité française le Français qui, occupant un emploi dans une armée ou un service public étranger […] ou plus généralement leur apportant son concours, n’a pas résigné son emploi ou cessé son concours nonobstant l’injonction qui lui en aura été faite par le Gouvernement ».
- La perte de nationalité suppose donc une injonction préalable et un délai. Le même article prévoit que l’intéressé est déclaré avoir perdu la nationalité française par décret en Conseil d’État s’il n’a pas mis fin à son activité dans le délai fixé par l’injonction, délai « qui ne peut être inférieur à quinze jours et supérieur à deux mois ». Si l’avis du Conseil d’État est défavorable, la mesure ne peut être prise que par décret en conseil des ministres.
- L’activité de mercenaire est un délit distinct, défini restrictivement. Les articles 436-1 à 436-5 du code pénal, issus de la loi n° 2003-340 du 14 avril 2003, punissent la participation à une activité de mercenaire de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, et le fait de diriger ou d’organiser un groupement de mercenaires de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.
- La définition retenue exclut le membre des forces armées d’un État partie au conflit. L’article 436-1 vise la personne spécialement recrutée pour combattre qui n’est « ni ressortissante d’un État partie audit conflit armé, ni membre des forces armées de cet État », et qui prend part aux hostilités en vue d’obtenir une rémunération « nettement supérieure » à celle des combattants de rang et de fonctions analogues. L’article 436-3 rend la loi française applicable aux faits commis à l’étranger par un Français.
- Le cas des militaires d’active et des réservistes est différent et relève du code de la défense et de leur contrat d’engagement. Aucune source officielle consultée ne le traite spécifiquement pour l’Ukraine : se reporter à la partie 4 du code de la défense, relative au personnel militaire.
- Position du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sur les déplacements. Dans ses conseils aux voyageurs mis à jour le 15 septembre 2026, le ministère indique que l’intégralité du territoire ukrainien est formellement déconseillée, en raison de la guerre engagée en février 2022, et signale un couvre-feu appliqué sur l’ensemble du pays.
- Sur l’engagement de volontaires, aucune position formelle spécifique n’a pu être trouvée sur le site du ministère à la date de rédaction. La seule doctrine publique accessible est celle des conseils aux voyageurs cités ci-dessus, auxquels il convient de se reporter.
- Liens officiels : article 23-8 du code civil (Légifrance), articles 436-1 à 436-5 du code pénal (Légifrance), loi n° 2003-340 du 14 avril 2003 (Légifrance), conseils aux voyageurs pour l’Ukraine et volet sécurité (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères).
Informations vérifiées en septembre 2026.
Questions fréquentes
Un Français peut-il s’engager dans l’armée ukrainienne ?
Les textes officiels consultés ne contiennent ni incrimination générale du fait de servir dans une armée étrangère, ni régime d’autorisation préalable pour un civil. Le mécanisme existant est postérieur à l’engagement : l’article 23-8 du code civil permet au Gouvernement d’enjoindre à un Français employé par une armée étrangère de cesser son concours, et prévoit la perte de la nationalité française, par décret en Conseil d’État, s’il ne s’exécute pas dans un délai compris entre quinze jours et deux mois. Par ailleurs, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement tout déplacement en Ukraine.
Un volontaire étranger est-il un mercenaire au sens du droit français ?
Pas automatiquement. L’article 436-1 du code pénal définit le mercenaire comme une personne spécialement recrutée pour combattre dans un conflit armé, qui n’est ni ressortissante d’un État partie à ce conflit ni membre des forces armées de cet État, et qui y prend part pour obtenir une rémunération nettement supérieure à celle des combattants de rang et de fonctions comparables. Un volontaire régulièrement incorporé dans les forces armées d’un État partie au conflit, et soldé comme ses camarades, se trouve hors de cette définition. Le délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, la loi française s’appliquant aux faits commis à l’étranger par un Français.
Qu’est-ce que la Légion internationale de défense de l’Ukraine ?
Il s’agit de la formation créée par les autorités ukrainiennes au début de l’invasion russe de février 2022 pour accueillir les volontaires étrangers souhaitant combattre aux côtés de l’armée ukrainienne. Le témoin de cet épisode y est entré au printemps 2023 avant de la quitter pour une unité d’assaut de l’armée régulière, une possibilité ouverte aux étrangers par une évolution de la législation ukrainienne la même année. Il décrit deux régimes distincts : une Légion où les étrangers étaient, selon lui, moins souvent engagés sur les missions les plus exposées, et des unités régulières où ils l’étaient au même titre que les Ukrainiens.
Un Français blessé en combattant en Ukraine est-il pris en charge par la France ?
Le témoignage recueilli en juillet 2024 décrit une absence de dispositif dédié. Le rapatriement sanitaire n’a pas été assuré par l’État mais financé par une association ; l’accès à l’hôpital d’instruction des armées a d’abord été refusé, puis accordé six mois plus tard pour le seul volet médical ; le suivi psychologique relevait d’un praticien civil. L’intéressé résume en disant que le seul droit dont il a bénéficié est celui de l’hospitalisation, comme tout assuré social. Cette description vaut pour son cas et pour cette période ; elle ne constitue pas un état du droit, la question n’étant pas traitée par les sources officielles consultées.
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