#88 – L’avenir de la formation commando de l’armée de Terre

La formation commando de l’armée de Terre se conçoit dans une citadelle des Pyrénées-Orientales. Le Centre national d’entraînement commando, le CNEC, qui porte aussi le nom de 1er régiment de choc, forme les cadres chargés d’aguerrir ensuite le reste de l’armée de Terre. Défense Zone s’y est rendu pour un entretien avec le commandant Christophe, chef de bataillon au CNEC et adjoint du chef du bureau instruction, chargé à ce titre des études et de la prospective. L’entretien porte moins sur les épreuves que sur l’architecture de la formation : quatre domaines d’instruction, deux emprises, un public qui déborde largement l’armée de Terre, et une équation simple, former des formateurs pour que l’aguerrissement se pratique dans les régiments. Cet épisode étant prospectif, nous datons ci-dessous ce que dit l’invité et vérifions en source ouverte officielle où en est chaque dispositif aujourd’hui.

Cet entretien a été enregistré au Centre national d’entraînement commando entre l’été 2021 et l’automne 2022. Deux repères le datent : l’invité désigne comme « aujourd’hui chef d’état-major des armées » le général qui dirigeait auparavant l’armée de Terre, or le commandement de l’armée de Terre a changé de titulaire en juillet 2021 ; et il cite le Sahel comme théâtre d’engagement en cours, alors que la fin de l’opération Barkhane a été annoncée le 9 novembre 2022. Ce qu’il annonce comme « à venir » a donc eu près de quatre ans pour aboutir. L’état actuel du dispositif est précisé plus bas, à partir de sources officielles consultées en septembre 2026.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le CNEC, ou 1er régiment de choc, a été créé le 1er janvier 1964 et hérite des traditions du bataillon de choc constitué le 22 mai 1943, selon la fiche du ministère des Armées. Sa devise est « En pointe toujours ».
  • Capacité d’accueil citée par l’invité au moment de l’entretien : environ 2 500 stagiaires par an. Le ministère des Armées affiche toujours ce même ordre de grandeur sur la page du centre en septembre 2026.
  • Le groupement d’instruction des stagiaires, cœur de la formation commando au CNEC, comptait 44 instructeurs commando lorsque l’entretien a été enregistré.
  • Toute l’instruction tient en quatre domaines : entraînement physique et psychologique au combat, instruction technique, instruction tactique, adaptation au milieu. Faire évoluer la formation commando consiste, pour l’invité, à déplacer les volumes horaires entre ces quatre domaines, pas à en ajouter un cinquième.
  • Le pari du centre est démultiplicateur : plus on forme de cadres au CNEC, plus on peut aguerrir de militaires dans les régiments, avec des stages d’initiation de cinq à quinze jours conduits en unité.
  • Sur les techniques d’optimisation du potentiel, la réponse est datée : des séances existent pour les cadres, sur volontariat, mais elles ne sont pas intégrées aux stages, car « ajouter un volume dédié au TOP nécessiterait de supprimer quelque chose ».

Le CNEC, héritier des bataillons de choc

Le Centre national d’entraînement commando est le centre de l’armée de Terre chargé de former les cadres aux techniques et aux tactiques commando. Selon la fiche officielle du ministère des Armées, le CNEC a été créé le 1er janvier 1964 à partir de la 11e demi-brigade parachutiste de choc et il reprend les traditions des unités de choc et de commandos de la Seconde Guerre mondiale, au premier rang desquelles le bataillon de choc constitué le 22 mai 1943 à Staoueli, en Algérie. De là viennent la seconde appellation du centre, 1er régiment de choc, et sa devise.

L’invité replace cette filiation dans une habitude générale de l’armée de Terre : quand une unité est créée, elle reprend les traditions de la formation disparue dont elle se rapproche le plus. Le centre, implanté à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales depuis le début des années 1960, s’est ainsi rattaché aux bataillons de choc, qu’il associe à la guerre d’Indochine.

Le CNEC relève du commandement de l’entraînement au combat interarmes, le COMECIA, créé le 1er juillet 2018 par la fusion des commandements des centres de préparation des forces et des écoles du combat interarmes. Ce rattachement est toujours celui qu’indique le ministère des Armées en septembre 2026 : le centre commando y figure parmi les centres d’entraînement du pôle Alpes-Pyrénées. Les missions officielles du CNEC sont au nombre de trois : former les cadres aux techniques et tactiques commando, contribuer à l’entraînement et à l’aguerrissement des unités terrestres, entraîner les unités opérant en profondeur tactique.

Mont-Louis et Collioure, deux emprises et deux milieux

Le CNEC fonctionne sur deux sites, la citadelle de Mont-Louis en montagne et le fort Miradou de Collioure sur la façade maritime. L’invité relie cette dualité aux quatre domaines d’instruction. Mont-Louis, en altitude, offre le terrain montagneux qui permet de dispenser l’essentiel des activités du domaine commando à terre. Collioure appuie l’instruction sur le milieu nautique : navigation en kayak et en embarcation pneumatique, palmage et activités associées, sans renoncer aux techniques de franchissement. La spécificité de chaque emprise tient donc au milieu, non à une séparation des cursus.

Cette organisation n’a pas changé. La page que le ministère des Armées consacre au centre en septembre 2026 mentionne toujours les deux implantations et décrit une unité d’environ 150 militaires répartis en deux compagnies, l’une dédiée à l’instruction nautique et à l’appui à la formation, l’autre constituant le groupement d’instruction des stagiaires.

Qui suit une formation commando au CNEC

La formation commando du CNEC ne s’adresse pas aux seuls fantassins. Aucune unité de l’armée de Terre n’est exclue du dispositif, insiste l’invité, et tout cadre peut présenter sa candidature, de l’initiation jusqu’à la qualification d’instructeur des techniques commando, en passant par l’aguerrissement et le monitorat. Le centre accueille également des cadres des autres armées et de la gendarmerie nationale.

Les origines des stagiaires sont donc très diverses. L’infanterie fournit les plus gros contingents, parce que le stage commando fait partie des cursus de formation, notamment pour les officiers, mais le CNEC reçoit aussi des artilleurs, des cavaliers et des transmetteurs. Les formations plus spécialisées, comme celles qui portent sur la survie et l’extraction ou sur les détachements d’accompagnement d’autorité, attirent des profils venus d’unités elles-mêmes spécialisées.

Le même raisonnement vaut pour le recrutement des instructeurs du centre : un cadre passe d’abord par le CNEC comme stagiaire, part encadrer de l’aguerrissement dans son régiment ou dans un centre d’instruction outre-mer, puis revient y servir comme formateur si la gestion des ressources humaines le permet. Plus les instructeurs viennent d’horizons différents, estime-t-il, plus l’instruction s’enrichit de retours d’expérience variés.

Son propre parcours l’illustre : formateur des techniques commando, passé par les stages du centre au milieu des années 2000, il a commandé un centre d’aguerrissement outre-mer après avoir servi dans un régiment du service militaire adapté à La Réunion, en charge de la formation professionnelle.

Les quatre domaines de l’instruction commando

L’aguerrissement est la préparation qui consiste à endurcir un militaire physiquement et moralement en le confrontant à des situations exigeantes et à un milieu difficile, de manière progressive et encadrée. Au CNEC, cette préparation est structurée en quatre domaines d’instruction, que l’invité énumère comme la matrice de tout ce qui se fait au centre : l’entraînement physique et psychologique au combat, l’instruction technique, l’instruction tactique et l’adaptation au milieu.

Dans ces quatre cases se rangent les disciplines concrètes de la formation commando : le franchissement de coupure humide et le franchissement terrestre, le rappel, l’escalade, le passage à gué, l’emploi des moyens de navigation, le combat corps à corps adapté au combat de haute intensité, la survie. Une activité nouvelle peut ressembler à une innovation, observe l’invité, mais elle se rattache systématiquement à l’un des quatre domaines.

C’est ce qui donne à l’entretien sa réponse la plus contre-intuitive sur l’avenir de la formation commando. Interrogé sur ce qui va changer, l’invité répond qu’il sort d’une revue de programme et que l’évolution y est surtout une affaire de dosage : ce qui bouge, c’est le volume horaire consacré à chacun des quatre domaines, jamais leur existence. L’aguerrissement, dit-il, est intemporel, quelle que soit l’époque, parce que sa finalité, aller toucher ou repousser ses limites, ne dépend pas de l’état de la technique.

Comment le CNEC enseigne : démonstration et progressivité

Interrogé sur la manière dont on amène des stagiaires jusqu’à leurs limites sans les y abandonner, l’invité ramène la réponse à une méthode simple : la démonstration. Toute séance d’instruction, des tests d’entrée au déroulé d’une piste, commence par une exécution faite par le formateur, les stagiaires pratiquant ensuite pas à pas. Il y voit moins une particularité du CNEC que le mode de fonctionnement de l’armée de Terre en général.

La progressivité s’applique aussi au cycle jour et nuit : tout ce qui est enseigné au CNEC est d’abord répété de jour, puis rejoué de nuit une fois le geste maîtrisé. L’objectif affiché n’est pas la réussite de tous. L’invité reconnaît que tout le monde ne réussit pas et défend plutôt l’idée que chacun progresse dans sa propre marge, un stagiaire excellent dans un domaine croisant un camarade exactement inverse.

Les instructeurs du centre sont eux-mêmes formés à cette pédagogie. Tout cadre affecté au CNEC est déjà passé par un stage sur place et suit à son arrivée un stage interne, le stage formateur, qui reprend la théorie et la pratique des séances d’instruction et remet à niveau les cours tactiques. Le but recherché est une parole unie : que tous les formateurs enseignent la même chose de la même manière, conformément aux manuels d’emploi des actions commando.

Former des formateurs pour aguerrir les régiments

C’est le cœur de l’épisode, et le point sur lequel l’invité est le plus explicite. Le CNEC accueille environ 2 500 stagiaires par an, un volume qui ne permettra jamais de faire passer l’armée de Terre entière par Mont-Louis et Collioure. La réponse retenue est démultiplicatrice : le centre forme des cadres qui iront eux-mêmes dispenser l’aguerrissement dans leurs unités. « Plus on va former de cadres au CNEC, plus on pourra former de militaires dans notre institution », résume-t-il en rapportant l’orientation fixée par le chef d’état-major de l’armée de Terre de l’époque.

Cette orientation s’appuie sur une directive d’aguerrissement qui fixe, selon l’invité, le nombre d’instructeurs, de moniteurs et d’aide-instructeurs à détenir dans les régiments et dans les centres. L’objectif est que chaque régiment dispose d’une cellule, ou à défaut des cadres brevetés nécessaires, pour monter un stage d’initiation à l’aguerrissement de l’ordre de cinq à dix jours, quinze au maximum, au lieu d’envoyer tout le monde à Mont-Louis. C’est en cela, dit-il, que le CNEC concourt à la montée en puissance de l’armée de Terre vers le combat de haute intensité.

Le cadre de cette politique est antérieur à l’entretien et documenté. Le site spécialisé Zone Militaire indiquait le 30 juillet 2019 que l’armée de Terre venait de mettre en vigueur une directive d’aguerrissement des forces terrestres, déclinée en trente mesures sur trois ans, et que la part des stages du CNEC consacrée à la formation des moniteurs et instructeurs commando devait passer de 54 % à 80 % en 2020, soit plus de 350 stagiaires supplémentaires par an.

Où en est l’aguerrissement en régiment aujourd’hui

Le dispositif annoncé dans cet épisode comme un objectif s’est concrétisé. Le magazine de l’armée de Terre, TerreMag, décrivait en décembre 2022 des initiations commando conduites directement en régiment et indiquait que les régiments pouvaient organiser ces sessions depuis l’été 2022. Le reportage détaille un stage d’une douzaine de jours mené dans un régiment d’infanterie, encadré par une cellule aguerrissement créée sur place en juillet 2022, et mentionne des initiations plus courtes, de six jours.

Autrement dit, ce que l’invité annonçait, un aguerrissement pratiqué « directement plutôt que de venir ici », est devenu une réalité documentée moins d’un an après l’enregistrement, et dans l’ordre de grandeur qu’il donnait, cinq à quinze jours.

Le CNEC, lui, n’a ni changé de nom, ni changé de format. En septembre 2026, le ministère des Armées présente toujours le Centre national d’entraînement commando sous son appellation de 1er régiment de choc, sur ses deux emprises de Mont-Louis et de Collioure, rattaché au COMECIA, avec une capacité d’environ 2 500 stagiaires par an. Le chiffre cité par l’invité pendant l’entretien est donc resté valable.

Le combat corps à corps, du CNEC aux régiments

Le combat corps à corps, désigné dans l’armée de Terre par le sigle C4, est la discipline qui prépare le combattant aux engagements à très courte portée. L’invité en donne une définition opérationnelle : un homme équipé de son sac de combat et de son armement de dotation, qui emploie tous les moyens nécessaires pour neutraliser l’adversaire qu’il a en face de lui. Il l’oppose aux missions de protection sur le territoire national, qui relèvent d’une autre logique.

Le C4 est aussi, dans cet entretien, l’exemple type de la décentralisation. L’invité explique que si les techniques commando classiques n’exigent pas le déplacement d’instructeurs du CNEC, puisque les cadres formés sont autonomes pour les enseigner en régiment, le combat corps à corps fait exception : des formateurs du centre se déplacent pour valider avec les unités la mise en place d’un moniteur C4. La décentralisation de ce domaine, précise-t-il, avait été officialisée quelques années plus tôt.

Sur ce point, la trajectoire s’est prolongée au-delà de ce que décrivait l’invité. Le portail de l’armée de Terre rappelle que le C4 vise à « offrir une réponse rapide et efficace lors d’engagements à très courte portée, entre 0 et 5 mètres ». Un article publié sur ce même portail le 21 janvier 2026 décrit une formation conduite au Centre national des sports de la Défense, où une centaine de futurs moniteurs d’entraînement physique militaire et sportif se répartissaient entre une filière C4 pour l’armée de Terre et une filière techniques d’intervention opérationnelle rapprochée pour la Marine et l’armée de l’Air. Le combat corps à corps est donc aujourd’hui enseigné bien au-delà du seul centre commando.

La sécurité, condition du dépassement de soi

Interrogé sur l’idée reçue selon laquelle les normes de sécurité brideraient l’aguerrissement, l’invité répond par un refus de principe : « il ne faut jamais considérer la sécurité comme un handicap ». Il dit n’avoir pas le sentiment d’être entravé, et n’avoir pas observé de changement radical depuis sa propre formation au centre, sinon que tous les obstacles sont désormais franchis selon des normes éprouvées.

Son argument est même inverse de l’idée reçue : c’est l’existence d’une assurance qui permet de faire dépasser leurs limites à des stagiaires qui, sans elle, refuseraient l’obstacle. Il cite un saut horizontal d’un mètre avec un décroché vertical de cinquante à soixante centimètres, franchi presque par tous avec une assurance, refusé par beaucoup sans elle. La sécurité est donc un outil pédagogique autant qu’une obligation.

Les normes du CNEC se construisent par l’observation : lorsqu’un obstacle d’une piste d’audace se révèle trop accidentogène, le centre revoit la manière dont il doit être franchi ou l’aménagement de sa sécurité. Une cellule montagne travaille par ailleurs sur la résistance des cordes, des nœuds et des matériels employés, ces travaux débouchant sur des normes d’emploi internes.

Les techniques d’optimisation du potentiel, une porte entrouverte

Les techniques d’optimisation du potentiel, abrégées en TOP, sont une méthode de préparation mentale reposant sur la respiration, l’imagerie mentale, le dialogue interne et la relaxation. Elles ont été mises au point dans les années 1990 par un médecin du sport et introduites dans les armées françaises pour prévenir et gérer le stress et la fatigue opérationnels, avant de se diffuser largement hors du cadre militaire.

Interrogé sur la place des TOP dans les stages du CNEC, l’invité distingue deux volets dans la méthode, se relaxer et, à l’inverse, se mobiliser avant une mission, et se garde d’en parler en spécialiste : il n’est pas formé dans ce domaine et n’a suivi lui-même qu’un stage. Sa réponse sur la doctrine d’emploi est en revanche sans ambiguïté et mérite d’être datée.

Au moment de l’entretien, les TOP n’étaient pas intégrées aux stages du CNEC. L’argument avancé est celui du volume horaire : le programme étant déjà lourd, « ajouter un volume dédié au TOP nécessiterait de supprimer quelque chose ». Le centre proposait toutefois des séances aux cadres, sur la base du volontariat, pour qu’ils puissent en éprouver l’intérêt et éventuellement s’en servir dans leur pédagogie. Aucune source officielle consultée en septembre 2026 ne permet d’affirmer que cette position a changé au CNEC, alors même que les TOP sont par ailleurs largement diffusées dans les armées.

Coopérations étrangères et conseil aux futurs stagiaires

Le CNEC reçoit des stagiaires étrangers dans le cadre d’accords et de partenariats, principalement des cadres de pays européens voisins et de pays africains partenaires. Ils viennent en général suivre les stages de niveau moniteur, plus exceptionnellement les stages instructeur. Des échanges existent aussi avec des écoles commando étrangères.

Ces coopérations butent sur une difficulté qui n’est ni doctrinale ni diplomatique : les normes d’engagement et de sécurité diffèrent d’une armée à l’autre, qu’il s’agisse de matériels ne portant pas la certification française ou de longueurs de franchissement admises. Faire passer des militaires français sur les installations d’une école étrangère suppose donc un travail d’équivalence préalable.

L’entretien se ferme sur un conseil aux candidats à un stage commando. Le premier point est la préparation physique : les tests d’entrée du CNEC ne sont pas, selon l’invité, insurmontables, mais il y a des échecs à chaque stage, et il recommande de viser une condition physique permettant de tenir quatre semaines.

Quant à ce que retiennent les stagiaires, sa réponse rejoint l’effet final recherché par le centre : s’être confronté à soi-même et avoir touché ou repoussé ses limites. Chacun gardera un souvenir différent, le rappel, la piste d’audace ou la navigation, mais le bénéfice réel est ailleurs : « je sais de quoi je suis capable », résume-t-il. Au-delà de la technique, ce que valide un stage commando relève selon lui du mental.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CNEC, centre national d’entraînement commando ?

Le CNEC est le Centre national d’entraînement commando de l’armée de Terre, qui porte également l’appellation de 1er régiment de choc. Créé le 1er janvier 1964, il est implanté sur deux emprises des Pyrénées-Orientales, la citadelle de Mont-Louis et le fort Miradou de Collioure, et relève du commandement de l’entraînement au combat interarmes, le COMECIA. Ses trois missions officielles sont de former les cadres aux techniques et tactiques commando, de contribuer à l’entraînement et à l’aguerrissement des unités terrestres et d’entraîner les unités opérant en profondeur tactique. Sa devise est « En pointe toujours ».

Qui peut suivre une formation commando au CNEC ?

La formation commando du CNEC s’adresse aux cadres de l’armée de Terre, quelle que soit leur arme d’origine, et le centre accueille également des cadres des autres armées et de la gendarmerie nationale. L’adjoint du chef du bureau instruction interrogé par Défense Zone souligne qu’aucune unité n’est exclue du dispositif : l’infanterie fournit les plus gros contingents parce que le stage commando figure dans ses cursus, mais des artilleurs, des cavaliers et des transmetteurs y sont également formés. Les cursus vont de l’initiation à la qualification d’instructeur des techniques commando, en passant par l’aguerrissement et le monitorat.

Qu’est-ce que l’aguerrissement dans l’armée de Terre ?

L’aguerrissement est la préparation qui endurcit un militaire physiquement et moralement en le confrontant, de façon progressive et encadrée, à un milieu difficile et à des situations exigeantes. Au CNEC, il est structuré en quatre domaines : entraînement physique et psychologique au combat, instruction technique, instruction tactique, adaptation au milieu. L’aguerrissement ne se pratique pas qu’au centre commando : depuis l’été 2022, les régiments organisent eux-mêmes des initiations commando, encadrées par leurs propres cadres brevetés, comme l’a documenté le magazine de l’armée de Terre en décembre 2022.

Comment se préparer à un stage commando au CNEC ?

Le conseil donné dans cet épisode par l’adjoint du chef du bureau instruction du CNEC porte d’abord sur la condition physique. Les tests d’entrée ne sont pas décrits comme insurmontables, mais il y a des échecs à chaque stage, et il recommande de ne pas se préparer aux seules épreuves d’entrée : il faut viser une endurance permettant de tenir quatre semaines. Le second conseil porte sur la confiance en soi, pour laquelle il renvoie aux techniques d’optimisation du potentiel. L’entretien ne détaille ni le contenu des tests ni les critères de sélection, qui ne sont pas publics.

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