#5 – CRS Montagne : l’entraînement d’une policière secouriste à Chamonix

Comment devenir CRS secouriste en montagne quand personne, dans son entourage, n’est policier ? En 2021, Défense Zone est monté au Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski (CNEAS), à Chamonix, pour rencontrer Nadège Dubois, alors âgée de 25 ans. Venue de Maurienne, en Savoie, titulaire d’un BTS environnement et monitrice de ski alpin, elle a découvert l’existence du secours en montagne de la Police nationale par un ami moniteur de ski, effectué un service civique au CNEAS, puis passé le concours de gardien de la paix pour y revenir en uniforme. Elle y est alors en formation et encadre déjà les futurs équipiers secouristes sur le module ski. L’entretien suit ce parcours pas à pas : les tests de sélection, les modules d’alpinisme et de secourisme, le niveau de ski exigé, la nivologie, la gestion du risque d’avalanche et la réalité d’un métier de police exercé en haute montagne.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • Le secours en montagne de la Police nationale relève des compagnies républicaines de sécurité. Nadège Dubois explique avoir choisi les CRS à la sortie de l’école de police pour cette raison précise : « le secours en montagne, ça dépend des CRS et pas d’une autre direction ».
  • Il n’existe pas de voie directe depuis le civil. Le concours de gardien de la paix est le passage obligé : « je me suis lancée dans le concours de gardien de la paix pour devenir secouriste CRS ».
  • Le CNEAS de Chamonix est le lieu d’apprentissage des équipiers secouristes. Il forme aussi d’autres services de la Police nationale à la manipulation des cordes, dont les unités d’intervention.
  • La formation est saisonnée : l’été l’alpinisme et les modules de secourisme PSE1 et PSE2, l’hiver le ski technique puis le ski-alpinisme, auxquels s’ajoutent la spéléologie et le canyon.
  • Un policier affecté en unité de montagne qui échoue au module hiver dispose de trois ans pour le valider. Sans ce module, il ne fait pas de secours à skis.
  • Hors des pistes, l’avalanche reste le risque numéro un. Selon Météo-France, la très grande majorité des avalanches se produisent sur des pentes comprises entre 25 et 45 degrés, et l’échelle européenne de risque d’avalanche compte cinq niveaux.

Devenir CRS secouriste en montagne : le parcours

Le secours en montagne de la Police nationale est assuré par les unités de montagne des compagnies républicaines de sécurité, implantées dans les Alpes et dans les Pyrénées. Les CRS ont été créées par décret du 8 décembre 1944 ; le site de la Police nationale, à l’occasion des 80 ans du corps en 2024, fait état de 13 520 policiers répartis en 63 compagnies, et situe l’apparition des missions de secours en montagne dans les années 1950. La spécialité montagne est donc une branche d’un corps dont le grand public connaît surtout le maintien de l’ordre.

Nadège Dubois n’y est pas arrivée par le hasard d’une affectation. Elle a commencé la montagne vers 15 ans, en Savoie : ski-alpinisme, ski de randonnée, puis deux années passées dans les équipes jeunes de la Fédération française de la montagne et de l’escalade, encadrées par des guides de haute montagne, sur les techniques d’alpinisme estivales et hivernales. Ce cycle s’est achevé par une expédition de deux mois au Pérou. Elle obtient ensuite un BTS environnement et devient monitrice de ski alpin.

Elle raconte avoir longtemps ignoré que la Police nationale faisait du secours en montagne. Elle connaissait la gendarmerie et les sapeurs-pompiers, pas les CRS. C’est un ami moniteur de ski, formateur au CNEAS, qui lui apprend l’existence de la filière. Le centre ouvrait alors des postes de service civique : elle postule et demande Chamonix. La vallée l’impressionne, mais la période est décisive, parce qu’elle y croise des femmes qui viennent d’ouvrir la voie, dont Marion Poitevin, première femme CRS de haute montagne. « Je me suis dit, bon, il faut essayer. »

La suite est administrative et elle est incontournable : pour devenir CRS secouriste en montagne, il faut d’abord devenir policier. Nadège Dubois prépare et réussit le concours de gardien de la paix, fait son année d’école de police, puis choisit les CRS au moment de l’affectation plutôt que la police secours. Elle sert d’abord dans une compagnie de service général, où elle est la seule femme de son groupe, avant de revenir vers la spécialité montagne. Entre le moment où l’idée se forme et celui où elle encadre à Chamonix, il s’est écoulé plusieurs années.

Le CNEAS de Chamonix, centre de formation

Le CNEAS, ou Centre national d’entraînement à l’alpinisme et au ski, est l’établissement de la Police nationale chargé de sélectionner et de former les policiers secouristes en montagne. Il est installé à Chamonix, au pied du massif du Mont-Blanc. Nadège Dubois le décrit comme « vraiment le lieu d’apprentissage pour les futurs secouristes » : c’est là que passent les candidats aux tests de sélection, puis les stagiaires, puis les policiers qui reviennent valider un module.

Les formateurs du CNEAS sont, selon elle, soit guides de haute montagne, soit moniteurs de ski, soit formateurs en secourisme. Elle y a été affectée au titre de sa qualification de monitrice de ski alpin, pour encadrer le module ski technique des équipiers secouristes ayant déjà franchi les qualifications précédentes. Au moment de l’entretien, c’est la seule formation qu’elle a encadrée en autonomie, et elle se décrit encore comme stagiaire pour tout le reste.

Le centre ne travaille pas que pour la montagne. Le CNEAS forme également des personnels d’autres directions de la Police nationale à la manipulation des cordes, en particulier les unités d’intervention qui progressent en milieu vertical. Nadège Dubois a participé à une de ces semaines comme plastron, ce qui lui a permis d’observer un autre type d’encadrement et de réviser ses propres manipulations. C’est un point rarement connu : le savoir-faire corde de la police passe par un centre de montagne.

La formation : alpinisme, secourisme, ski

La formation d’équipier secouriste en montagne suit le rythme des saisons, parce que le terrain le commande. L’été, ce sont les guides qui prennent la main : fondamentaux de l’alpinisme et, surtout, autonomie en alpinisme. Un secouriste qui ne sait pas se déplacer seul et en sécurité sur un glacier ou dans une paroi ne peut pas secourir quelqu’un d’autre. Viennent ensuite les modules de secourisme proprement dits.

Nadège Dubois cite les « gros modules secourisme PSE1, PSE2, premiers secours en montagne ». Le PSE1, ou premiers secours en équipe de niveau 1, et le PSE2, de niveau 2, sont les unités d’enseignement de la sécurité civile française définies par les référentiels nationaux de compétences ; elles constituent le socle de toute intervention de secours à personne en équipe constituée. Le module « premiers secours en montagne » y ajoute ce que le milieu impose : le froid, l’altitude, le relief, le délai d’acheminement.

L’hiver est consacré au ski. La progression va du ski purement technique au ski associé à l’alpinisme, avec l’usage des cordes en descente. S’ajoutent la spéléologie et le canyon, deux milieux sur lesquels les unités de montagne peuvent être engagées. La formation n’est donc pas un stage unique mais un empilement de qualifications, chacune validée séparément, ce qui explique qu’un policier puisse être affecté en unité de montagne tout en n’ayant pas encore le droit d’intervenir à skis.

Le ski, première compétence opérationnelle

Le ski n’est pas un agrément dans ce métier, c’est un moyen d’accès à la victime. Nadège Dubois énumère les situations : arriver jusqu’à une personne blessée sur une piste sans se mettre soi-même en difficulté, progresser en pente raide, évoluer en cordée sur un glacier, tirer un traîneau. « Il faut savoir arriver jusqu’aux personnes en étant efficace et en étant sûr de soi », résume-t-elle. La neige du secours n’est presque jamais la neige lissée par les dameuses.

Le ski est aussi le module le plus sélectif. Nadège Dubois explique qu’un policier peut réussir tous les modules d’été, être affecté dans une unité de montagne, puis échouer au module hiver faute du niveau demandé. Il retourne alors dans son unité, sans faire de secours à skis, et dispose de trois ans pour valider le stage. « Généralement, au bout des trois ans, on arrive à sortir des bons skieurs quand même. » L’encadrement de la section et l’entraînement quotidien font le reste.

Sur la fréquence opérationnelle, elle nuance. L’hiver, les interventions sur les domaines skiables sont l’une des principales activités des sections implantées près des grandes stations, en appui des pisteurs secouristes qui interviennent en premier. Les interventions réalisées réellement à skis, elles, restent rares : la règle est l’hélicoptère et le treuillage. On ne convoie à skis que lorsque l’aéronef ne peut pas voler, c’est-à-dire par mauvais temps, avec beaucoup de matériel à porter. Marginal en volume, ce cas de figure est justement le plus exigeant.

L’avalanche, le risque le plus travaillé

Interrogée sur le risque dominant, Nadège Dubois répond sans hésiter pour ce qui concerne son domaine, le ski : hors piste, c’est l’avalanche. Sur piste, la traumatologie domine, fractures et blessures, mais elle la juge peu fréquente rapportée à une saison entière. Cette hiérarchie structure toute la formation hivernale.

La nivologie occupe donc une part importante du dernier module, celui où l’on demande aux stagiaires de l’expérience personnelle et une liste de courses en ski de randonnée et en hors-piste. L’exercice consiste à apprendre à lire un itinéraire avant de s’y engager : quelle pente je vais emprunter, quelle est son inclinaison, qu’y a-t-il au-dessus de moi. Elle cite explicitement le seuil qui sert de repère à tous les pratiquants, celui des pentes de plus de 30 degrés. Météo-France rappelle de son côté que la très grande majorité des avalanches se déclenchent sur des pentes comprises entre 25 et 45 degrés.

Les paramètres à intégrer sont nombreux et elle les énumère comme une liste de contrôle : la météo, les dernières chutes de neige, la présence de vent et donc de transport de neige, l’accumulation qui en résulte, et l’existence de couches fragiles dans le manteau neigeux. S’y ajoute la conduite de groupe, c’est-à-dire l’adaptation de la descente au niveau réel des participants. L’échelle européenne de risque d’avalanche, qui compte cinq niveaux allant de « faible » à « très fort », donne le cadre commun de cette lecture.

Le rapport au risque personnel, elle le formule sans dramatisation. Le risque existe, il est accepté, et il se réduit par l’entraînement plutôt que par la chance. « On minimise au maximum. On ne va pas faire des opérations où on va prendre des risques : on va tout faire pour rentrer chez soi. » Elle ajoute que ce sont souvent les proches, plus que les secouristes eux-mêmes, qui portent la part difficile.

DVA, pelle et sonde : le trio de sécurité

Le détecteur de victime d’avalanche, ou DVA, est un appareil émetteur-récepteur que chaque pratiquant porte sur lui en ski de randonnée et en hors-piste. Nadège Dubois en donne la définition la plus simple : si son porteur est enseveli, l’appareil émet un signal que les autres membres du groupe, passés en mode recherche, peuvent suivre pour le localiser sous la neige. Il se vérifie avant chaque départ. Il s’utilise avec une pelle et une sonde, et les trois ne servent à rien sans entraînement.

Son argument est chronologique. Les chances de survie d’une victime d’avalanche diminuent très vite, et les secours organisés mettent du temps à arriver : ce sont donc les compagnons de course qui font la recherche et le dégagement. « Il faut commencer les recherches tout de suite », insiste-t-elle, en rappelant que le pelletage lui-même est long dès que la victime est profonde. C’est la raison pour laquelle la manipulation du DVA doit être un automatisme et non une notice lue la veille.

Le conseil qu’elle donne aux skieurs qui se mettent au hors-piste tient en trois étapes. D’abord être à l’aise à skis en tout terrain. Ensuite savoir se servir du DVA, de la pelle et de la sonde, et avoir réalisé de vraies recherches de victime à l’entraînement. Enfin savoir lire un bulletin d’estimation du risque d’avalanche, puis, avec l’expérience, observer le manteau neigeux et les avalanches déjà parties. Elle rappelle que les formations ne passent pas nécessairement par un guide ou un moniteur : des associations proposent des week-ends à des tarifs plus accessibles.

Au-delà du secours : spéléologie, canyon, judiciaire

Un policier des unités de montagne n’intervient pas uniquement sur des accidents de ski. Nadège Dubois cite la spéléologie et le canyon comme deux milieux couverts par la spécialité. Les engagements en spéléologie sont rares, mais quand ils surviennent il s’agit en général d’opérations lourdes. Le canyon pèse davantage dans certaines implantations que dans d’autres : elle oppose une unité savoyarde, où l’hiver et le ski dominent, à une unité des Alpes-Maritimes, où l’activité canyon est plus présente.

S’ajoute une dimension que le grand public associe mal au secours : la mission judiciaire. Les unités de montagne interviennent dans le cadre d’enquêtes, notamment pour la récupération de corps en milieu difficile. Nadège Dubois précise avoir suivi le droit pénal en école de police, mais pas encore les spécificités montagne de cette mission. Le rappel est utile : un CRS de montagne reste un policier, avec les prérogatives et les obligations qui vont avec.

La réversibilité existe également. Un policier de montagne peut demander à rejoindre un service sans lien avec le secours, et certains l’ont fait. Elle en donne les raisons les plus fréquentes : l’entraînement permanent que réclame la montagne, et les absences de plusieurs jours, en poste ou en refuge, qui pèsent sur la vie familiale. « Ça ne peut pas forcément plaire à tout le monde », résume-t-elle, sans en faire un échec.

Affectation, rémunération et contraintes

L’affectation en sortie de formation fonctionne au classement. Chaque unité fait connaître le nombre de postes disponibles, un classement est établi parmi les candidats ayant réussi les sélections, et le choix se fait dans cet ordre : le premier choisit, puis le deuxième, jusqu’à épuisement des places. Nadège Dubois indique viser en priorité le détachement d’Albertville, en Savoie, parce qu’elle connaît le territoire et que sa famille et ses amis y vivent, tout en se disant prête à découvrir un autre massif.

Sur la rémunération, l’entretien est explicite sur un point : au moment de l’enregistrement, elle indique qu’aucune prime spécifique ne s’attache à la spécialité montagne, malgré une demande ancienne en ce sens, et qu’un policier de montagne est payé comme un gardien de la paix. Le contrepoint qu’elle avance est la sécurité du statut de fonctionnaire. Comparée à un guide indépendant ou à un moniteur de ski, dont les mois peuvent être creux faute de clientèle ou faute de neige, elle juge ce confort « pas négligeable », d’autant plus visible pendant les hivers où les remontées mécaniques étaient fermées.

Une femme chez les CRS de montagne

La question de la place des femmes traverse l’épisode sans jamais le saturer. Nadège Dubois rappelle qu’elle est arrivée au CNEAS à un moment charnière, quand les premières femmes accédaient à la spécialité, Marion Poitevin ayant ouvert la voie comme première femme CRS de haute montagne. Cette présence a joué un rôle concret dans sa propre décision de passer le concours.

Son expérience en compagnie de service général, où elle était la seule femme de son groupe, s’est selon elle « plutôt bien passée ». Elle ne décrit pas d’obstacle spécifique mais une exigence commune : le niveau technique et physique se construit, et le collectif fonctionne parce que chacun apporte des compétences différentes. « Il faut pouvoir compter sur ses collègues », dit-elle en décrivant le travail d’équipe comme la première condition de sécurité.

Sa conclusion sur ce point est directe et elle répond à l’objection qu’elle entend le plus souvent, celle de la rusticité exigée par le métier : « un homme, une femme, on est tout à fait apte à être rustique ». Le message qu’elle adresse aux candidates est le même que celui qu’elle adresse aux candidats : la filière est ouverte, et l’obstacle réel est le niveau de préparation, pas le sexe.

Se préparer aux tests de sélection

Le premier conseil de Nadège Dubois n’est pas physique, il est informatif. Elle raconte avoir vu des amis renoncer parce qu’on leur avait dit que l’accès au secours en montagne était impossible, alors qu’ils avaient le niveau. « Il faut savoir se renseigner auprès des bonnes personnes », dit-elle, et elle invite à appeler directement le CNEAS : les formateurs du centre sont mieux placés que quiconque pour donner des axes de progression avant l’inscription aux tests, qui se déroulent au printemps.

La préparation physique qu’elle décrit est simple et transposable : beaucoup d’escalade, de la course à pied, et de la marche avec un sac lourd sur le dos. Elle insiste sur la variété du terrain plutôt que sur la performance pure : marcher sur des blocs, sur des rochers, s’habituer aux petites arêtes, apprendre à être à l’aise là où le pied n’est pas posé à plat. C’est cette aisance, plus que la puissance, qui se voit le jour des tests.

Elle répond enfin à l’objection géographique, celle du candidat qui n’habite pas en montagne. Vivre à Paris ne ferme pas la porte : il faut s’organiser, consacrer des week-ends à la montagne, prendre quelques cours de ski avec un moniteur ou une sortie avec un guide. Elle y voit un double intérêt, progresser techniquement et vérifier qu’on aime réellement la montagne, y compris par mauvais temps, sous la neige et dans le vent. « On voit le côté où on sort quand il fait beau », prévient-elle : le métier, lui, se pratique aussi quand il fait moins vingt sur une arête.

Questions fréquentes

Comment devenir CRS secouriste en montagne ?

Devenir CRS secouriste en montagne suppose d’être d’abord policier. Le candidat passe le concours de gardien de la paix, suit sa scolarité en école de police, puis choisit la direction des compagnies républicaines de sécurité au moment de l’affectation, parce que c’est d’elle que relève le secours en montagne pour la Police nationale. Il se présente ensuite aux tests de sélection organisés par le CNEAS de Chamonix, au printemps selon le témoignage de Nadège Dubois, avant d’enchaîner les modules de formation d’été puis d’hiver. Un service civique au CNEAS, comme celui qu’elle a effectué, permet de découvrir la filière avant de s’engager.

Faut-il être guide de haute montagne pour entrer aux CRS montagne ?

Non. Nadège Dubois le dit d’emblée dans l’entretien : « je ne suis pas guide de haute montagne ». Le diplôme de guide n’est pas une condition d’accès à la spécialité montagne des CRS. Ce qui est attendu à la sélection est une pratique réelle et autonome de la montagne, en ski comme en escalade, et une condition physique adaptée. Le diplôme de guide intervient plutôt ensuite, dans le déroulement de carrière : elle indique souhaiter le passer dans les années suivantes, et observe que plusieurs de ses collègues s’y engagent une fois équipiers secouristes.

Quel matériel emporter pour skier hors piste en sécurité ?

Le matériel minimal du hors-piste et du ski de randonnée est le détecteur de victime d’avalanche, la pelle et la sonde, portés par chaque membre du groupe. Le DVA est un émetteur-récepteur qui permet de localiser une personne ensevelie ; il se vérifie avant chaque départ et il ne sert que si son porteur sait s’en servir sous pression. Nadège Dubois souligne que les chances de survie diminuent très vite et que les secours organisés mettent du temps à arriver : la recherche est donc faite par les compagnons de course. S’y ajoute une compétence non matérielle, la lecture du bulletin d’estimation du risque d’avalanche avant de partir.

Le métier de secouriste en montagne des CRS est-il ouvert aux femmes ?

Oui, la spécialité montagne des CRS est ouverte aux femmes, et Nadège Dubois le confirme par son propre parcours. Elle rappelle avoir rejoint le CNEAS au moment où les premières femmes y accédaient, Marion Poitevin ayant été la première femme CRS de haute montagne. Elle témoigne d’une intégration sans difficulté particulière dans une compagnie où elle était la seule femme de son groupe. À l’objection de la rusticité exigée par le métier, elle répond que le sexe n’y change rien et que l’enjeu réel est la préparation technique et physique.

À écouter également

Pour aller plus loin sur Défense Zone


Défense Zone est un média indépendant consacré aux questions de défense et de sécurité. Ce podcast est disponible sur toutes les plateformes audio, Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que sur notre chaîne YouTube. Pour soutenir notre travail, retrouvez notre magazine papier trimestriel et notre espace premium sur defense-zone.com.

Laisser un commentaire