Comment commande-t-on une grande unité entière, quand on a passé sa carrière à commander des sections, des compagnies puis un régiment ? Dans cet épisode enregistré en juillet 2024, Défense Zone reçoit le général Frédéric Danigo, commandant la 11e brigade parachutiste depuis l’été 2023. Officier des troupes de marine, il a servi dans cette brigade depuis son premier poste de lieutenant, chef de section au 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine en 1997, avant d’y revenir comme commandant de compagnie, puis comme chef de corps d’un de ses régiments parachutistes. L’entretien ne porte pas sur un métier ni sur une unité, mais sur un échelon : ce que fait un général à la tête de neuf unités, comment cette brigade est organisée, à quoi elle sert dans la guerre telle qu’elle se dessine, et ce qui la distingue des autres brigades interarmes de l’armée de Terre.
Entretien enregistré en juillet 2024. Les appréciations opérationnelles et géopolitiques qui y figurent sont celles de cette date.
Ce qu’il faut retenir de cet épisode
- La 11e brigade parachutiste est définie par l’armée de Terre comme « une des brigades interarmes des forces terrestres, spécialisée dans l’engagement par la 3e dimension », c’est à dire l’aérolargage, l’aéroportage et le largage de matériel.
- Elle rassemble neuf unités : l’École des troupes aéroportées, quatre régiments d’infanterie parachutiste, et les régiments de cavalerie, d’artillerie, du génie et du train parachutistes.
- La première mission que le général Danigo dit recevoir du chef d’état-major de l’armée de Terre est d’organiser, entraîner et préparer un système de combat, sur un spectre de missions qu’il décrit comme plus large que celui des autres brigades.
- Il refuse l’image du parachutiste réduit au saut et au combat de mêlée : la brigade sait aussi combattre sous blindage sur la ligne de contact et agir dans la profondeur du dispositif adverse, en combat très décentralisé.
- Sur le champ de bataille de demain, il ne croit pas à la déshumanisation : « on va voir la conjonction des deux », des soldats rustiques capables d’encaisser et de maîtriser en même temps des technologies très avancées.
- La devise qu’il avait fait broder sur son fanion de chef de corps tient en un mot, « servir », et c’est ce mot qu’il propose comme boussole aux jeunes parachutistes.
Le parcours du général Frédéric Danigo
Le général Frédéric Danigo commande la 11e brigade parachutiste depuis l’été 2023, après une carrière presque entièrement construite autour des troupes aéroportées et des troupes de marine. Il arrive en 1997 comme lieutenant, chef de section de combat au 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine, à Carcassonne, où il sert trois ans. Il part ensuite deux ans en Polynésie française comme chef du centre d’aguerrissement du régiment d’infanterie de marine du Pacifique, avant de revenir au 3e RPIMa pour y commander sa première compagnie.
La deuxième partie de son parcours alterne les corps de troupe et les états-majors. Instructeur en région parisienne, il prépare des détachements avant leur départ en mission en Afrique centrale puis en Afghanistan. Reçu au concours de l’École de guerre, il passe une année d’études dans le corps des Marines, à Quantico, en Virginie. Il rejoint ensuite un second régiment parachutiste d’infanterie de marine comme chef du bureau opérations instruction, puis occupe trois ans un poste interministériel consacré aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, à l’époque où sont mises sur pied la mission des Nations unies au Mali et celle en République centrafricaine.
De 2015 à 2017, il commande ce même régiment parachutiste, un commandement marqué par l’opération Sentinelle et son adaptation progressive après les attentats de 2015. Il rejoint ensuite le cabinet du directeur général de la gendarmerie nationale comme conseiller pour les questions de défense, suit la scolarité du Centre des hautes études militaires et l’Institut des hautes études de défense nationale, puis prend pendant trois ans la tête des équipes de planification du Centre de planification et de conduite des opérations. Il y suit la réorganisation du dispositif français en Afrique, la fin de l’opération Barkhane, puis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Revenir commander la 11e brigade parachutiste était, dit-il, une ambition assumée : « vous trouverez personne qui a occupé ce poste qui vous dira que ce n’était pas une aspiration profonde ».
Composition de la 11e brigade parachutiste
La 11e brigade parachutiste est une brigade interarmes, c’est à dire une grande unité qui réunit sous un même commandement toutes les fonctions opérationnelles nécessaires au combat : l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie, le génie, la logistique et le commandement. Selon la fiche publiée par l’armée de Terre, elle est spécialisée dans l’engagement par la 3e dimension, l’aérolargage, l’aéroportage et le largage de matériel, et compte neuf unités subordonnées. Son état-major est implanté à Toulouse, et ses régiments sont stationnés dans le sud-ouest et le sud de la France.
- L’École des troupes aéroportées, à Pau, qui forme les parachutistes des trois armées et de la gendarmerie.
- Quatre régiments d’infanterie parachutiste : le 1er régiment de chasseurs parachutistes à Pamiers, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine à Carcassonne, le 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine à Castres et le 2e régiment étranger de parachutistes, l’unité aéroportée de la Légion étrangère, à Calvi.
- Le 1er régiment de hussards parachutistes, à Tarbes, seule cavalerie capable d’être mise à terre par la 3e dimension.
- Le 35e régiment d’artillerie parachutiste, l’artillerie aéroportée de l’armée de Terre.
- Le 17e régiment du génie parachutiste, à Montauban, seul régiment de génie parachutiste français.
- Le 1er régiment du train parachutiste, spécialiste de la livraison par air.
Chacun de ces régiments a fait l’objet d’un épisode du podcast, et les liens en fin d’article renvoient vers ces pages plutôt que de répéter ici leur métier. Ce qui intéresse le général Danigo au niveau brigade, c’est l’assemblage : la capacité à produire un groupement tactique interarmes complet, avec sa mêlée, ses appuis, son commandement, sa logistique adaptée et sa capacité de ravitaillement et de livraison par air, le tout pris à l’intérieur de la brigade elle-même.
Les trois caractères de la brigade
Interrogé sur la façon dont il définit sa brigade à quelqu’un qui ne la connaît pas, le général Danigo commence par écarter l’image d’Épinal. Le parachutiste qui saute d’un avion et rejoint aussitôt le coeur du combat relève, dit-il, d’une « mythologie » qui ne rend pas compte d’une organisation et d’une mission bien plus complexes. Il propose à la place trois déterminants.
Le premier est que la 11e brigade parachutiste reste une brigade interarmes de l’armée de Terre, employée comme telle. Elle est légère par construction, avec une empreinte logistique volontairement réduite, mais elle est aussi capable de combattre sous blindage sur la ligne de contact, aux côtés des autres brigades. Le deuxième tient à la réactivité : la brigade occupe une place récurrente dans les dispositifs d’alerte des armées françaises, ce qui structure selon lui non seulement son organisation et ses matériels, mais aussi le rythme de vie de ses régiments et jusqu’à la mentalité de ses unités élémentaires. Le troisième est l’emploi dans la profondeur, loin derrière la ligne de contact, avec des procédés d’exécution particuliers et un combat très décentralisé qu’il décrit comme « l’essence même du combat des troupes aéroportées ».
Commander un grand échelon
Commander une brigade n’est pas commander des opérations. Le général Danigo décrit son rôle en termes de préparation : sa première mission, reçue du chef d’état-major de l’armée de Terre, est d’organiser, d’entraîner et de préparer en permanence un système de combat capable de travailler pour le compte d’un échelon supérieur, sur un spectre de missions plus large que celui des autres brigades. Autrement dit, il fournit un outil, il ne l’emploie pas lui-même.
Il l’illustre à propos des largages d’aide humanitaire conduits au-dessus de Gaza en 2024 : la brigade n’a ni déclenché ni commandé cette opération. Son rôle, dit-il, était de s’assurer que les éléments fournis soient équipés, entraînés et formés. Le déclenchement et la conduite relèvent du Centre de planification et de conduite des opérations, l’organisme interarmées qui pilote les opérations françaises. Le commandant de la 11e brigade parachutiste n’entre dans une chaîne de commandement opérationnelle que si son état-major y est lui-même désigné, ce qui n’était pas le cas.
Le travail du niveau brigade est donc largement un travail intellectuel et organisationnel, conduit dans la durée. Depuis environ deux ans au moment de l’entretien, explique le général Danigo, la brigade reprend l’ensemble de ses schémas d’emploi pour un engagement majeur : quels effets produire sur le terrain, quels problèmes tactiques ils font naître, quelle opposition l’adversaire opposera, et quelle organisation, quel entraînement et quels matériels permettent malgré tout de l’emporter. Ces travaux sont ensuite mis à l’épreuve par des exercices ciblés, du niveau compagnie jusqu’aux grands exercices interarmées comme ORION, dont l’édition de 2023 avait déjà servi à tester des thèmes aéroportés.
Combattre dans la profondeur
L’emploi dans la profondeur est le coeur de la réflexion tactique de la brigade. Le général Danigo en décrit deux grandes familles. La première est la saisie d’un point particulier du terrain dans la profondeur du dispositif adverse : une plateforme aéroportuaire, ou tout autre point dont la possession ouvre une ligne de débouché à une unité amie. L’objectif est alors de s’emparer du point et de le sécuriser pour permettre l’arrivée de renforts, et tous les modes d’action sont recevables selon la situation, assaut héliporté, parachutage ou posé d’assaut si la plateforme n’est pas tenue. Il insiste sur un point : cette saisie ne se suffit jamais à elle-même, elle ouvre la porte à une opération plus complexe.
La seconde famille consiste à désorganiser l’adversaire dans sa profondeur, en étant « le caillou dans la chaussure ». Cela passe soit par du combat très décentralisé destiné à perturber et à créer des dilemmes tactiques au chef adverse, soit par la concentration de forces sur un point qui fait peser une menace sur ses arrières et l’oblige à détourner des moyens de son axe principal. Interrogé sur la tentative russe de s’emparer d’une plateforme aéroportuaire au début de l’invasion de l’Ukraine, en 2022, le général Danigo confirme que ce schéma tactique est étudié et planifié en France.
Ce combat isolé n’est jamais autonome sur le plan de la manoeuvre. La 11e brigade parachutiste est, selon son commandant, un système de combat autonome par ses capacités, mais employé dans le cadre du combat de la division, voire d’un échelon supérieur. Le passage d’un modèle expéditionnaire, celui des opérations en Afrique, à un engagement de coalition en Europe impose selon lui un travail de coordination beaucoup plus lourd, avec des paramètres plus contraignants, et l’obligation de se réapproprier des plans et des cadres d’emploi partagés avec les alliés.
Les troupes aéroportées ailleurs
L’existence d’une grande unité organisée autour de la mise à terre par la 3e dimension est, pour le général Danigo, « un marqueur des grandes armées modernes ». Il cite les États-Unis, le Royaume-Uni avec la 16e brigade d’assaut aérien, partenaire de la 11e brigade parachutiste, l’Allemagne qui a maintenu une capacité aéroportée, et l’Espagne qui entretient selon lui une belle capacité aéroportée. Ailleurs en Europe, les unités existent mais à une échelle plus réduite. Du côté des compétiteurs, il relève que la Russie a maintenu des capacités aéroportées importantes et que d’autres en développent.
Ce qui distingue la brigade française, selon lui, n’est pas le saut mais la complétude : la capacité à projeter un groupement tactique interarmes entier, avec toutes ses fonctions opérationnelles réunies dans un module cohérent, ravitaillement et livraison par air compris. C’est aussi ce qui explique la participation de ses régiments à des exercices interalliés conduits jusqu’en Roumanie : porter des forces là où on les attend moins, pour créer un rapport de force favorable ou gêner la concentration des efforts adverses.
Drones, cyber et combat futur
Interrogé sur un champ de bataille qui serait déshumanisé par les drones, le cyber et l’intelligence artificielle, le général Danigo répond par la conjonction. L’Ukraine montre selon lui la coexistence d’une très haute technicité et de tranchées où des soldats tiennent la ligne dans des conditions extrêmement difficiles. Il en tire une exigence double : des soldats rustiques, capables d’endurance et d’encaissement, et en même temps capables de maîtriser des technologies très avancées.
Cette exigence descend jusqu’à la planification tactique. Une opération se conçoit désormais aussi dans ses dimensions immatérielles, en travaillant les effets sur les perceptions de l’adversaire autant que les effets cinétiques. Les systèmes d’information et de communication deviennent un point clé, parce qu’il faut pouvoir faire passer des flux vidéo et d’images tout en sachant que tout émetteur déployé produit une signature électromagnétique décelable. Le général Danigo décrit une manoeuvre pensée face à deux menaces simultanées, celle des obus et des balles, et celle de son propre rayonnement.
Sur les drones, il assigne trois objectifs à la brigade : observer et déclencher un tir à partir de l’observation d’un drone, tirer depuis un drone avec des munitions téléopérées, et se défendre des drones adverses. Il explique l’aisance des unités parachutistes dans ce domaine par une acculturation ancienne à la 3e dimension : les étapes de préparation, d’exécution et de compte rendu d’un vol de drone sont selon lui en miroir de celles d’un saut, si bien que la culture est déjà en place. Sa consigne aux chefs de corps tient en trois mots répétés, « il faut voler », avec la conviction que tout chef tactique devra un jour comprendre les principes du vol d’un drone comme tout soldat sait tirer au fusil. La brigade a organisé un challenge drone ouvert à des industriels et à des ingénieurs, et signé une convention avec une école d’ingénieurs toulousaine. Le général Danigo décrit l’implantation toulousaine comme un atout, entre l’industrie aérospatiale, les grandes écoles et le Commandement de l’espace, avec lequel la brigade échange sur les services spatiaux utiles à une manoeuvre aéroterrestre.
Les engagements récents
Le général Danigo revient sur les largages d’aide humanitaire conduits en 2024 au-dessus de Gaza depuis la Jordanie, auxquels a participé le régiment du train parachutiste de la brigade. L’opération a imposé, dit-il, d’employer toute la palette des savoir-faire : d’abord des colis guidés, les aéronefs devant rester à haute altitude, puis, à mesure que les conditions le permettaient, des techniques plus simples, jusqu’à des largages de petits colis en chapelet qui n’avaient plus été mis en oeuvre depuis les Balkans, dans les années 1990. Il y voit une démonstration de maîtrise technique et de coordination avec les partenaires jordaniens et alliés.
La brigade n’a pas pour autant de vocation humanitaire, précise-t-il aussitôt. Si ses unités se retrouvent souvent sur ce type de mission, c’est parce qu’une catastrophe impose des délais de réaction très contraints et une empreinte logistique très légère, deux caractéristiques des troupes aéroportées. C’est ce qui explique la présence de parachutistes de la brigade après l’ouragan Irma en 2017, ou la projection d’unités en Nouvelle-Calédonie en mai 2024 pour renforcer les forces de sécurité intérieure au début de la crise. La brigade a également contribué à la sécurisation des Jeux olympiques de Paris 2024, avec un état-major tactique fourni par son régiment d’artillerie et des unités venues de plusieurs de ses régiments.
Recruter et former les paras
Ce qui attire les jeunes engagés vers les troupes aéroportées, observe le général Danigo, ce sont d’abord l’esprit de corps et l’épreuve du saut. Il décrit le saut comme une activité singulière et égalisatrice : quel que soit son niveau dans la hiérarchie de la brigade, « il y a qu’un moyen de sauter, passer la porte », et chacun porte son matériel. De là naît une forme de cohésion qu’il juge extrêmement forte. Le rythme de vie propre aux unités de la brigade, lui, se découvre ensuite, et façonne un état d’esprit qu’il résume par une formule : être prêt en permanence.
Sur la nouvelle génération, il refuse le procès facile. Les jeunes parachutistes arrivent de la société civile tels qu’ils ont été éduqués et instruits, et le travail consiste à les amener là où ils doivent être, en discutant régulièrement de pédagogie et de programmes d’instruction avec le chef du centre de formation initiale des militaires du rang qui alimente la brigade. Ce qui le frappe, dans ses échanges hebdomadaires avec la garde du quartier général, c’est un besoin de reconnaissance et une réelle générosité dans l’effort. La difficulté, selon lui, est de leur faire comprendre qu’ils sont acteurs de leur parcours, alors même que le ressort principal de l’institution est la détection des potentiels, du militaire du rang vers le galon de caporal, puis vers le corps des sous-officiers.
Reste la question du sens, dans une période où le rythme des opérations extérieures n’offre plus la même perspective d’engagement qu’au temps du Sahel. Le général Danigo formule sa réponse à partir de sa propre expérience de chef de corps : la tradition veut que le chef de corps fasse broder une devise personnelle sur le fanion qui signale sa présence au quartier, et il avait fait broder un seul mot, « servir ». C’est la boussole qu’il propose, quand il faut partir comme quand il faut s’entraîner sans relâche pour un départ qui ne vient pas. Il regrette au passage que les campagnes de recrutement mettent en avant un individu sur une photo, alors que c’est la force du collectif qu’il faudrait montrer.
Questions fréquentes
Quels régiments composent la 11e brigade parachutiste ?
La 11e brigade parachutiste compte neuf unités subordonnées selon la fiche publiée par l’armée de Terre : l’École des troupes aéroportées à Pau, le 1er régiment de chasseurs parachutistes à Pamiers, le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine à Carcassonne, le 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine à Castres, le 2e régiment étranger de parachutistes à Calvi, le 1er régiment de hussards parachutistes à Tarbes, le 35e régiment d’artillerie parachutiste, le 17e régiment du génie parachutiste à Montauban et le 1er régiment du train parachutiste. Cet ensemble réunit l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie, le génie et la livraison par air, ce qui en fait une grande unité interarmes complète et non une addition de régiments d’infanterie.
À quoi sert une brigade parachutiste aujourd’hui ?
Une brigade parachutiste sert à engager des forces par la 3e dimension, c’est à dire par aérolargage, aéroportage et largage de matériel, là où l’accès terrestre est impossible ou trop lent. Le général Frédéric Danigo décrit trois cadres d’emploi pour la 11e brigade parachutiste : combattre comme brigade interarmes sur la ligne de contact, y compris sous blindage, fournir des forces réactives pour les engagements où le temps compte, et agir dans la profondeur du dispositif adverse en combat décentralisé. Ce troisième emploi couvre aussi bien la saisie d’un point clé, comme une plateforme aéroportuaire, que la désorganisation de l’arrière adverse. Dans tous les cas, la brigade agit dans le cadre de la manoeuvre d’un échelon supérieur, division ou coalition.
Que fait le général qui commande une brigade ?
Le général qui commande une brigade de l’armée de Terre est responsable de la préparation opérationnelle de ses unités, pas de la conduite des opérations dans lesquelles elles sont engagées. Le général Frédéric Danigo résume sa première mission, reçue du chef d’état-major de l’armée de Terre, par trois verbes : organiser, entraîner, préparer un système de combat. Concrètement, cela couvre les schémas d’emploi, l’entraînement jusqu’aux grands exercices interarmées, l’expression des besoins en matériels et le suivi des régiments. La conduite des opérations relève du Centre de planification et de conduite des opérations, et le commandant de brigade n’entre dans la chaîne de commandement que si son état-major y est désigné.
Comment devient-on parachutiste dans l’armée de Terre ?
On devient parachutiste de l’armée de Terre en s’engageant dans un régiment de la 11e brigade parachutiste, puis en suivant la formation initiale du militaire du rang avant d’obtenir le brevet parachutiste. La formation parachutiste elle-même est dispensée par l’École des troupes aéroportées, à Pau, qui forme les parachutistes des trois armées et de la gendarmerie. Le général Frédéric Danigo souligne que le saut reste la première épreuve formatrice et, avec l’esprit de corps, le premier facteur de motivation cité par les jeunes engagés.
À écouter également
- #249 : Former les télépilotes drone de l’armée de Terre (avec la 11e brigade parachutiste)
- #212 : Commander la 27e brigade d’infanterie de montagne
- #74 : Le régiment de cavalerie de la brigade parachutiste
- #116 : Les missions du génie parachutiste (17e RGP)
- #44 : La livraison par air au 1er RTP
Pour aller plus loin sur Défense Zone
- Les troupes parachutistes françaises, guide complet de la 11e BP
- Les régiments de la 11e brigade parachutiste, organisation et spécialités
- Des premières unités aéroportées à la 11e BP moderne
- Les troupes parachutistes, avant-garde des conflits futurs
- ORION, l’exercice majeur vu par un photographe des armées
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