#197 – Investir en Bourse dans les valeurs Défense

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les valeurs de la défense en Bourse sont sorties de la confidentialité : des épargnants qui ne s’étaient jamais intéressés aux marchés financiers se demandent comment ce secteur fonctionne, qui le finance et ce qui fait bouger le cours de ses entreprises. Pour cet épisode, Défense Zone a reçu Romain Daubry, analyste de marchés financiers chez Bourse Direct, où il travaille depuis plus de vingt ans et où il a rejoint le service d’analyse en 2014. L’entretien, enregistré en 2024, ne porte pas sur des titres à acheter mais sur un mécanisme : comment la Bourse finance des entreprises, pourquoi l’industrie de défense y occupe une place à part, et quels risques pèsent sur ce secteur. C’est cette grille de lecture que restitue cet article, sans reprendre aucune des appréciations chiffrées de l’époque.

Les analyses développées dans cet épisode sont celles de Romain Daubry, analyste de marchés financiers chez Bourse Direct, et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré en 2024. Défense Zone entretient un partenariat commercial avec ce courtier, ce que l’épisode indique lui-même.

Avertissement

Cet article est un compte rendu éditorial d’un entretien. Il ne constitue pas un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à recourir à un intermédiaire financier particulier. Défense Zone ne recommande aucune valeur, aucun fonds indiciel, aucun courtier et aucune répartition de portefeuille. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement en Bourse comporte un risque de perte en capital. Toute décision d’investissement relève d’un professionnel agréé : l’Autorité des marchés financiers (AMF) publie les listes des sociétés et sites non autorisés et permet de vérifier qu’un intermédiaire est habilité à exercer en France.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • L’invité pose d’emblée une distinction que tout le reste de l’entretien exploite : investir et faire du trading sont deux métiers différents, qui ne demandent ni le même temps, ni les mêmes compétences, ni la même connaissance des entreprises.
  • Selon Romain Daubry, en 2024, l’industrie de défense est classée parmi les secteurs dits défensifs plutôt que cycliques, en raison de carnets de commandes longs, d’une visibilité sur les calendriers de livraison et de clients étatiques.
  • Cette même structure produit l’effet inverse à la hausse : le lissage vaut aussi pour les bonnes surprises, un point que l’invité formule sans en tirer de conclusion pour l’épargnant.
  • Il identifie quatre familles de risques propres au secteur : géopolitique, politique et budgétaire, technologique, et d’image. Aucune n’est neutralisée par la taille des groupes concernés.
  • Sur le rapport des Français aux marchés, sa formule est nette : « ça, c’est français ». Il décrit une culture de l’immobilier et une méfiance envers la Bourse que la comparaison avec les États-Unis, où la retraite dépend davantage de l’épargne individuelle, rend plus lisible.
  • Son dernier avertissement porte sur le consensus : quand tout le monde est d’accord sur une idée en Bourse, dit-il, c’est que tout le monde a déjà acheté, et qu’il ne reste plus d’acheteurs.

Le métier de courtier en Bourse

Un courtier en Bourse est un intermédiaire financier qui transmet aux places de cotation les ordres d’achat et de vente de ses clients, et qui en assure le dénouement. Romain Daubry commence l’entretien par cette définition parce que, dit-il, le grand public se représente mal ce qui se passe entre le clic et la détention effective d’un titre. Un particulier ne peut pas acheter directement les actions d’un autre particulier : il faut être membre d’une place de marché, router l’ordre par voie électronique, puis faire enregistrer le transfert de titres par une chambre de compensation.

Le courtier assume donc, selon l’invité, une chaîne de contrôles rarement visible du client : vérifier que le vendeur détient bien les titres et que l’acheteur dispose des liquidités, bloquer puis restituer les sommes correspondantes, tenir l’historique fiscal des opérations, et traiter ce que le métier appelle les opérations sur titres. Une augmentation de capital, par exemple, suppose de proposer l’opération aux actionnaires existants, d’enregistrer leur réponse et de leur livrer les titres nouveaux, avec les conséquences fiscales associées. Romain Daubry y voit une technicité spécifique, distincte du métier bancaire.

La différence avec une banque tient précisément là, explique-t-il. Une banque reçoit des dépôts et propose la Bourse comme un service parmi d’autres, souvent sous forme de fonds maison. Un courtier spécialisé n’exerce que ce métier et donne accès à un éventail de marchés plus large. Cette description est celle d’un professionnel qui parle de son propre secteur d’activité : elle est reproduite ici comme telle, et Défense Zone ne se prononce pas sur le choix d’un intermédiaire.

Actions, obligations et dividendes

L’entretien rappelle la fonction première de la Bourse : permettre à une entreprise qui a besoin de capitaux de s’adresser à des investisseurs qu’elle ne connaît pas, plutôt qu’à son entourage ou à son banquier. Romain Daubry distingue deux grandes voies. Le marché action, d’abord : l’investisseur entre au capital, reçoit des actions, et le cours de Bourse suit l’évolution des résultats de l’entreprise, à la hausse comme à la baisse. Le marché obligataire ensuite, moins accessible aux particuliers, où l’investisseur prête de l’argent à l’entreprise contre un rendement connu à l’avance, sans bénéficier de sa croissance ni subir directement ses revers tant qu’elle rembourse.

Un dividende est la part du bénéfice qu’une société reverse à ses actionnaires, une ou plusieurs fois par an, en espèces ou en actions nouvelles selon l’option retenue. L’invité précise que ce choix fait partie des opérations que le courtier doit recueillir et enregistrer. Ce point compte pour la suite de l’entretien : c’est par le dividende que Romain Daubry rattache l’industrie de défense aux secteurs générateurs de trésorerie.

Pourquoi un secteur dit défensif

En analyse de marché, un secteur cyclique est un secteur dont l’activité suit de près les phases d’expansion et de ralentissement de l’économie ; un secteur défensif est un secteur dont la demande varie moins avec le cycle. Le vocabulaire est trompeur : le mot défensif ne renvoie pas ici à la défense nationale, mais à la sensibilité au cycle économique. Romain Daubry classe l’industrie de défense du côté défensif, aux côtés de la santé, et en donne trois raisons.

La première tient aux carnets de commandes. Les programmes d’armement s’étalent sur des années, parfois des décennies, ce qui donne aux industriels une visibilité sur leur calendrier de production que peu de secteurs connaissent. La deuxième tient à la nature du client : les États, dont les engagements sont d’une autre échelle et d’une autre durée que ceux d’un client privé. La troisième tient à la taille des groupes concernés, que l’invité décrit comme de grosses machines industrielles. L’ensemble produit, selon lui, un effet de lissage de la performance.

Romain Daubry insiste aussitôt sur la contrepartie, et c’est la partie la plus utile de son raisonnement : le lissage joue dans les deux sens. Un secteur qui absorbe les chocs absorbe aussi les accélérations, y compris celles que produirait une innovation technologique majeure. Le classement défensif n’est donc pas un jugement de valeur sur l’industrie de défense, encore moins une garantie : c’est une description de son comportement par rapport au cycle économique, à la date où l’entretien a été enregistré.

Les risques du secteur

L’invité consacre la fin de l’entretien à un inventaire des risques propres à l’industrie de défense, et cet inventaire est le passage le plus durable de l’épisode. Il en distingue quatre.

  • Le risque géopolitique. Il joue dans les deux sens. Une dégradation de la situation internationale peut soutenir l’activité du secteur, une détente peut la freiner. Romain Daubry note que ce risque est souvent présenté à l’envers, comme si seule la paix constituait un aléa pour l’industrie de défense.
  • Le risque politique et budgétaire. Les budgets militaires sont des décisions publiques, révisables à chaque alternance et à chaque loi de finances. Un industriel dont le carnet de commandes dépend d’un État dépend aussi des arbitrages de cet État.
  • Le risque technologique. C’est celui que l’invité juge le plus structurant : manquer un virage technologique, ou se laisser distancer par un concurrent qui creuse un écart de capacité. Il cite aussi la panne informatique mondiale de juillet 2024, causée par une mise à jour défectueuse chez un éditeur de cybersécurité, pour montrer qu’un simple incident d’exploitation peut peser sur une entreprise cotée du secteur.
  • Le risque d’image. Une partie des investisseurs refuse par principe l’armement, ou certaines catégories d’armes. Romain Daubry indique avoir vu des investisseurs écarter des groupes en raison de leurs activités dans des segments qu’ils considéraient comme non conventionnels.

À ces quatre familles s’ajoute une mise en garde plus générale, que l’invité formule à propos d’un groupe français de services numériques reconnu pour son savoir-faire en cybersécurité : un savoir-faire critique pour un État ne met pas une entreprise cotée à l’abri de ses contraintes financières. La question de sa rentabilité reste posée indépendamment de son importance stratégique, et l’intérêt national peut même limiter les solutions disponibles, puisqu’un investisseur étranger ne sera pas laissé libre d’entrer au capital d’une société sensible.

Les valeurs de la défense en Bourse

Interrogé sur ce que recouvre l’expression valeurs de la défense, Romain Daubry commence par la décomposer. La défense, rappelle-t-il, n’est pas un bloc : elle rassemble des métiers industriels très différents, dont les modèles économiques et les cycles n’ont pas grand-chose en commun. L’entretien distingue l’aéronautique et le spatial, l’armement terrestre et naval, la surveillance, la cybersécurité et les drones. Une société de cybersécurité cotée et un constructeur de bâtiments de combat appartiennent au même secteur au sens des classements boursiers, sans partager ni la durée de leurs contrats, ni leur exposition à la concurrence internationale.

Il distingue ensuite trois grandes zones : l’Europe, les États-Unis et l’Asie. Il précise avoir d’abord regardé le marché français, celui qu’il connaît le mieux, puis s’être penché sur le marché américain à l’occasion de la préparation de cet épisode, et découvert alors l’importance des acteurs allemands et italiens. Cette précision compte : elle situe son propos comme celui d’un analyste généraliste qui s’est documenté sur un secteur, et non comme celui d’un spécialiste de l’industrie de défense.

Romain Daubry cite au fil de l’entretien des noms d’entreprises cotées, en répétant à chaque fois qu’il ne s’agit pas d’un conseil mais d’exemples d’acteurs existants. Ces listes ne sont pas reprises ici. Elles datent de 2024, la situation des sociétés concernées a pu changer depuis, et les republier sous forme d’article reviendrait à fabriquer une liste de titres que Défense Zone n’a ni la qualité ni l’intention d’établir.

Le PEA, une enveloppe française

Le plan d’épargne en actions, ou PEA, est une enveloppe fiscale française qui permet de loger des titres d’entreprises européennes dans un compte soumis à un régime d’imposition particulier. C’est, dit Romain Daubry, une spécificité française, conçue pour orienter l’épargne vers les entreprises du continent et pour récompenser la durée de détention. L’invité reconnaît en direct ne pas avoir les taux exacts en tête et renonce à les donner.

Les règles applicables sont publiques. Selon service-public.gouv.fr, les versements sur un PEA bancaire sont plafonnés à 150 000 euros, hors gains réalisés depuis l’ouverture. Les titres éligibles sont des actions de sociétés européennes, détenues directement ou via des fonds investis à plus de 75 % en actions de sociétés de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Côté fiscalité, l’administration indique qu’un retrait avant cinq ans entraîne en principe la clôture du plan et une imposition des gains, tandis qu’après cinq ans les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus dans tous les cas.

Le compte-titres ordinaire, que l’invité mentionne en regard, n’offre pas cet avantage fiscal mais ne connaît pas les mêmes restrictions : il donne accès à des marchés et à des classes d’actifs que le PEA exclut, matières premières comprises. Ces deux enveloppes sont décrites ici pour ce qu’elles sont, des régimes juridiques et fiscaux. Savoir laquelle convient à une situation donnée relève d’un conseil personnalisé que cet article ne délivre pas.

Ce qu’est un ETF

Un ETF, aussi appelé tracker, est un produit coté qui reproduit l’évolution d’un panier de valeurs en un seul ordre de Bourse. Romain Daubry en donne l’explication la plus concrète de l’épisode. Un indice boursier est une moyenne pondérée : reproduire soi-même un indice national supposerait d’acheter chaque société qui le compose, dans la proportion exacte de son poids, et de rééquilibrer cette répartition à chaque mouvement de cours. Le tracker fait ce travail à la place de l’investisseur.

Ces produits existent, précise-t-il, depuis une vingtaine d’années à la date de l’entretien, et ne se limitent pas aux indices nationaux. Il en existe sur des indices sectoriels, dont l’industrie de défense, et sur des thématiques comme l’intelligence artificielle ou l’immobilier. L’invité décrit leur logique en une phrase : un panier répartit l’exposition sur plusieurs sociétés au lieu d’une seule, et atténue dans les mêmes proportions l’effet d’une progression isolée. Défense Zone ne recommande aucun fonds indiciel, sectoriel ou thématique.

Patriotisme, éthique et investissement

C’est le passage le plus proche des préoccupations habituelles de Défense Zone. L’animateur demande si le patriotisme entre dans les motivations de ceux qui achètent des valeurs de la défense françaises. La réponse de Romain Daubry est prudente : il dit ne pas savoir ce qui motive les choix de chacun et refuse de généraliser. Il observe en revanche deux mécanismes distincts.

Le premier est une préférence déclarée pour le marché local, que l’invité ne conteste pas. Le second est ce que la finance comportementale appelle le biais de familiarité : la tendance à investir dans ce que l’on croit connaître parce qu’on en connaît le nom ou le logo. Romain Daubry le qualifie de gros piège. Connaître le nom d’une entreprise, insiste-t-il, n’est pas connaître son modèle économique, et il prend pour exemple une chaîne de restauration mondialement identifiée dont l’essentiel de l’activité relève en réalité de l’immobilier.

Sur l’éthique, l’invité constate un basculement. L’investissement dans l’armement était mal vu ; la guerre en Ukraine a, selon lui, rebattu les cartes, comme l’avait fait avant elle le retournement de discours observé sur les grands groupes énergétiques à propos de la transition énergétique. Il met toutefois en garde contre le greenwashing, cette pratique consistant à présenter comme durable un produit financier qui ne l’est pas, et considère que le tri reste à faire par l’épargnant lui-même. Il ajoute un point rarement formulé aussi directement : une société sympathique sur le plan patriotique mais durablement déficitaire reste une société déficitaire.

Les biais de l’investisseur

Une part importante de l’entretien porte sur la psychologie, et c’est là que Romain Daubry est le plus affirmatif. Il décrit un comportement observé de longue date sur les marchés financiers : les investisseurs particuliers conservent leurs positions perdantes en espérant un retour au point d’entrée, et vendent leurs positions gagnantes pour sécuriser un gain. Autrement dit, ils gardent les mauvaises et se séparent des bonnes, ce qu’il tient pour le réflexe inverse de celui qu’appelle la situation.

Il en donne l’explication classique, en termes de satisfaction décroissante. Les premiers euros gagnés procurent un plaisir plus vif que les suivants, ce qui pousse à encaisser tôt ; les premiers euros perdus font plus mal que les suivants, ce qui pousse à laisser filer une perte déjà installée. Romain Daubry relie ce mécanisme à la dynamique des mouvements de marché : le particulier vend rarement le premier, il vend quand le cours repasse sous son prix d’achat, et c’est cette bascule qui alimente les phases de panique.

Il aborde enfin la spéculation, sans la condamner ni la défendre. La vente à découvert, qui consiste à vendre un titre que l’on ne détient pas pour le racheter ensuite, permet de gagner de l’argent à la baisse d’une entreprise ; l’invité présente les deux lectures du procédé, celle qui y voit un acharnement sur une société fragilisée et celle qui y voit un mécanisme de détection des sociétés en difficulté, et refuse explicitement de trancher. Il rappelle à l’inverse le cas d’un distributeur américain de jeux vidéo devenu le support d’un mouvement d’achat coordonné sur les réseaux sociaux : la présentation héroïque de l’épisode, les petits porteurs contre les grands fonds, lui paraît fausse, parce qu’un fonds en difficulté a été renfloué tandis que les particuliers entrés en fin de mouvement ne l’ont pas été.

Ce que l’épisode ne dit pas

Il faut le souligner, parce que le titre de l’épisode peut laisser croire l’inverse : Romain Daubry ne délivre pas de recommandation. Il interrompt son propre raisonnement à plusieurs reprises pour préciser qu’il donne un exemple et non un conseil, il renonce à citer un rendement moyen en jugeant le chiffre faussé une fois l’inflation et la fiscalité retirées, et il corrige en direct un chiffre qu’il venait de donner de mémoire. Interrogé sur ce qu’il ferait en cas de conflit mondial, il répond que la question des portefeuilles ne se poserait plus dans ces termes.

Sa position la plus constante est celle-ci : se méfier de ceux qui ont l’air de savoir, lui compris. Il la formule ainsi dans l’entretien, en invitant chaque auditeur à se faire son propre avis plutôt qu’à suivre une opinion extérieure. Défense Zone applique la même règle à cet article. Les cours, les valorisations et les appréciations chiffrées exprimés en 2024 ne sont pas repris : ils sont périmés, et les republier en 2026 serait trompeur. Ce qui reste, et qui garde sa valeur, c’est le mécanisme : comment la Bourse finance une industrie, pourquoi celle de la défense y occupe une position particulière, et quels risques l’accompagnent.

Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on les valeurs de la défense en Bourse ?

L’expression valeurs de la défense désigne les actions de sociétés cotées dont une part significative de l’activité relève de l’industrie de défense et de sécurité. Elle recouvre des métiers très différents : aéronautique et spatial, armement terrestre et naval, surveillance, drones, cybersécurité. Ces entreprises partagent une caractéristique économique, la place des commandes publiques dans leur chiffre d’affaires, mais pas nécessairement les mêmes cycles ni la même exposition à la concurrence internationale. Le périmètre exact varie selon les classifications sectorielles retenues par les fournisseurs d’indices.

Pourquoi dit-on que la défense est un secteur défensif ?

Le mot défensif n’a rien à voir ici avec la défense nationale : en analyse financière, un secteur défensif est un secteur dont la demande dépend peu des phases d’expansion et de ralentissement de l’économie, par opposition à un secteur cyclique. Dans cet entretien enregistré en 2024, Romain Daubry, analyste de marchés financiers chez Bourse Direct, classe l’industrie de défense de ce côté en raison de carnets de commandes pluriannuels, d’une visibilité sur les calendriers de production et de clients étatiques. Il précise dans le même mouvement que ce lissage joue aussi à la hausse et ne constitue en rien une garantie.

Qu’est-ce qu’un ETF ou tracker ?

Un ETF, ou tracker, est un produit coté en Bourse qui reproduit l’évolution d’un panier de valeurs, le plus souvent un indice, et qui s’achète ou se vend en un seul ordre. Il existe des ETF sur des indices nationaux, sur des indices sectoriels, dont l’industrie de défense, et sur des thématiques. Leur principe, tel que l’explique l’invité de cet épisode, est de répartir l’exposition sur plusieurs sociétés au lieu d’une seule ; leur contrepartie mécanique est que l’évolution d’une valeur isolée y pèse moins. Comme tout instrument financier, un ETF comporte un risque de perte en capital.

Peut-on détenir des valeurs de la défense dans un PEA ?

La question n’est pas sectorielle mais géographique. Le PEA n’accepte que des titres de sociétés européennes, détenus directement ou via des fonds investis à plus de 75 % en actions de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, dans la limite de 150 000 euros de versements pour un PEA bancaire, selon service-public.gouv.fr. Une entreprise de défense européenne peut donc y figurer, une entreprise non européenne non, sauf à passer par un fonds éligible. Cette règle d’éligibilité ne dit rien du bien-fondé d’un tel placement, qui relève d’un professionnel agréé.

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