#27 – Entreprendre dans l’univers de la Défense (avec Erwan Grimaud, MC-Clic)

Entreprendre dans la défense quand on sort d’une faculté de biologie et qu’on a commencé dans un garage de modéliste ressemble longtemps à une mauvaise idée. En juillet 2021, Défense Zone recevait Erwan Grimaud, fondateur de MC-Clic, société monégasque spécialisée dans la conception et la fabrication de drones aériens, de robots terrestres et d’engins nautiques. L’entretien a été enregistré quelques semaines après le SOFINS, le salon des forces spéciales organisé par le Cercle de l’Arbalète au camp de Souge, en Gironde, où l’entreprise exposait ses machines. Erwan Grimaud y décrit sans détour le quotidien d’une PME de défense : l’impression 3D devenue outil de production, les essaims de drones, un marché de la lutte anti-drone qu’il juge encombré de promesses excessives, les règles d’exportation qui encadrent un fabricant installé à Monaco et les arbitrages éthiques qu’impose la robotique de sécurité.

Les appréciations portées dans cet épisode sur les produits concurrents et sur le marché de la lutte anti-drone sont celles d’Erwan Grimaud et n’engagent que lui. L’entretien a été enregistré en juillet 2021 : l’état des technologies décrit y est celui de cette date.

Ce qu’il faut retenir de cet épisode

  • MC-Clic est une société monégasque qui conçoit et fabrique des drones aériens, des robots terrestres et des engins nautiques. Au moment de l’entretien, elle a une dizaine d’années d’existence et a commencé par la prise de vue aérienne.
  • L’entreprise appartient au Cercle de l’Arbalète, l’association qui organise le salon SOFINS et qui réunit les fournisseurs reconnus des forces spéciales françaises. Erwan Grimaud décrit cette appartenance comme « un honneur » plus que comme un label commercial.
  • La production repose sur l’impression 3D : selon son fondateur, 99 % des pièces plastiques de MC-Clic sortent de ses propres machines, en rigide, en souple, en composite chargé fibre de carbone ou fibre de verre.
  • Sur les essaims, il revendique une architecture où chaque drone communique avec les autres et où un nouveau leader prend le relais si le premier disparaît, contre des essaims classiques qui exécutent une cartographie chargée avant le décollage.
  • Son jugement sur la lutte anti-drone est sans nuance : « la personne qui peut dire que son système anti-drone marche à 100 %, déjà, est un menteur ». La parade, selon lui, passe par la combinaison de plusieurs capteurs.
  • La politique interne de l’entreprise exclut les biens à double usage, les systèmes classifiés et les robots armés, et s’interdit les pays susceptibles d’être liés au terrorisme ou hostiles à la France.

Du modélisme à l’entreprise de défense

Erwan Grimaud n’arrive pas dans la défense par l’armée ni par une grande école d’ingénieurs. Il raconte une faculté de biologie, une passion pour les nanotechnologies et l’idée, à l’époque jugée sans débouché en France, de concevoir des micro-robots médicaux. En parallèle, il pratique le modélisme : les drones, dans les années où il commence, sont encore des hélicoptères radiocommandés. C’est son grand-père, photographe passionné, qui lui souffle l’usage qui deviendra le premier métier de l’entreprise : accrocher un appareil photo sous la machine.

MC-Clic démarre donc dans un garage, puis dans un magasin, sur la prise de vue aérienne. La bascule vers la sécurité et la défense se fait par glissements successifs, au gré des demandes : des vols pour les pompiers, de la reconnaissance, de la recherche de personnes disparues. Erwan Grimaud résume ce parcours comme une montée crescendo, qui aboutit à l’exposition au SOFINS puis à l’admission au Cercle de l’Arbalète. Il précise n’être pas français et tenir pour un honneur de fournir des unités françaises.

Cette trajectoire explique une méthode : MC-Clic ne clôt jamais un produit. Un client qui achète une génération donnée reçoit la suivante quand elle sort. L’arbitrage est assumé : « sur le plan financier ce n’est pas vraiment intéressant », mais chaque nouvelle version signifie que l’entreprise a fait mieux que la précédente.

Le SOFINS et le Cercle de l’Arbalète

Le SOFINS est le salon des forces spéciales françaises et de leurs partenaires industriels, organisé tous les deux ans par le Cercle de l’Arbalète au camp de Souge, en Gironde. L’édition évoquée dans cet épisode s’est déroulée du 29 juin au 1er juillet 2021. Sa particularité, souligne Erwan Grimaud, est qu’on y croise décideurs et opérateurs, ce qui permet de confronter la vision de l’ingénieur à la réalité tactique : « peut-être que l’ingénieur mettrait un bouton à un endroit parce que ça lui semble plus judicieux, et qu’en réel l’opérateur le préférerait ailleurs ».

Le Cercle de l’Arbalète est une association qui rassemble les sociétés reconnues comme fournisseurs des forces spéciales et des entités relevant du commandement des opérations spéciales. Interrogé sur les critères d’entrée, Erwan Grimaud renvoie au Cercle lui-même plutôt que d’improviser une réponse. Pour une PME, l’appartenance vaut surtout comme accès : celui d’un retour d’expérience opérationnel direct, difficile à obtenir autrement.

Cette édition du SOFINS a été, de son propre aveu, la première où MC-Clic a montré autre chose que du volant : la gamme terrestre, les robots quadrupèdes, un robot marcheur à six pattes inspiré des mygales et un véhicule d’intervention modulaire capable de déposer une charge et de rapporter de l’information.

Ce que fabrique MC-Clic : drones, robots et engins nautiques

Un drone est un aéronef, un engin terrestre ou une embarcation sans équipage à bord, piloté à distance ou programmé pour exécuter seul une partie de sa mission. MC-Clic en produit dans les trois milieux. Sa gamme aérienne propre est conçue en interne, en impression 3D et en carbone. L’entreprise revend par ailleurs des matériels du marché sur lesquels elle ajoute sa couche de durcissement, de tropicalisation et de performance, activité qu’Erwan Grimaud compare au travail d’un préparateur automobile.

La gamme terrestre se décline en trois tailles pour les robots quadrupèdes comme pour le robot à six pattes, du modèle compact au modèle lourd, ce dernier provenant d’un fournisseur extérieur et retravaillé par MC-Clic sur l’autonomie et l’endurance. Le robot marcheur à six pattes, lui, est intégralement développé à Monaco, de la vis au code, et en était à sa cinquième génération au moment de l’entretien. Chaque itération corrige un défaut observé : la version décrite ici sait se remettre à l’endroit quelle que soit sa position et remonter un escalier après une chute, ce qui a demandé de redessiner châssis et pattes puis de calculer l’équilibre du corps marche par marche.

Le catalogue comprend aussi un nano-drone de reconnaissance destiné aux unités d’intervention, pensé comme un consommable que l’opérateur transporte en plusieurs exemplaires dans une poche. Son intérêt tient moins à ses performances qu’à sa simplicité : selon Erwan Grimaud, trois heures suffisent pour qu’un opérateur sache le mettre en vol, entrer dans une pièce et ouvrir un angle. Maîtriser le passage d’une fenêtre entrouverte demande en revanche environ un mois d’entraînement régulier. L’engin est étanche au point de survivre à une chute dans l’eau, correctif né d’un accident d’entraînement.

Cette obsession de la simplicité est présentée comme la partie la plus difficile du métier. « Ce qui est compliqué, c’est de faire quelque chose d’ultra technologique qui a énormément de capacités et d’être capable de simplifier cette commande pour qu’elle soit à la portée de n’importe qui. » Un ingénieur accepte cinquante boutons parce qu’il a écrit le code ; l’opérateur qui intervient parce qu’il y a un problème ne s’en souviendra pas le jour venu.

L’impression 3D, colonne vertébrale de la production

L’impression 3D n’est pas, chez MC-Clic, un outil de prototypage : c’est l’outil de production. Erwan Grimaud avance que 99 % des plastiques de l’entreprise sont imprimés en interne, du rigide au souple, avec des matières conductrices d’électricité et des composites chargés en fibre de carbone ou en fibre de verre. L’atelier réunit plusieurs technologies, du dépôt de fil au frittage de poudre en passant par la stéréolithographie, chacune répondant à un besoin différent. L’état de finition obtenu approche selon lui celui de l’injection plastique.

L’intérêt militaire est immédiat et Erwan Grimaud le formule comme la vraie rupture des dix dernières années : réimprimer une pièce sur place, loin de tout, et réparer tout de suite, qu’il s’agisse d’un drone, d’un organe de visée ou d’une pièce de véhicule. Il y voit un cas d’école de transfert du civil vers le militaire, à rebours du sens habituel.

Le procédé a ses limites, apprises sur le terrain. Certains plastiques se déforment au soleil, comme l’ont montré les premiers essais du véhicule d’intervention : par quarante degrés en plein soleil, sur un engin de couleur sombre, la matière lâche. L’entreprise sélectionne depuis ses plastiques en fonction du milieu d’emploi.

Essaims de drones et autonomie des robots

Un essaim de drones est un groupe d’appareils volant en formation coordonnée sous une commande unique. Erwan Grimaud affirme que MC-Clic sait en gérer jusqu’à un millier simultanément, et faire voler en essaim piloté par un leader une cinquantaine d’appareils, sur un démonstrateur qui n’est pas commercialisé. Les machines concernées sont, selon lui, entièrement fabriquées par l’entreprise, cartes mères comprises, pèsent 300 grammes et volent 25 minutes.

La différence qu’il revendique porte sur l’architecture. Dans la plupart des essaims qu’il dit avoir observés, une cartographie est envoyée avant le vol, chaque drone l’enregistre puis l’exécute de façon autonome : si l’un quitte la formation, aucun autre ne le sait, seul le logiciel au sol en a conscience. L’architecture décrite par MC-Clic fait au contraire communiquer les drones entre eux, avec un leader remplacé automatiquement s’il disparaît. Il souligne au passage une fragilité commune à tous : un essaim qui vole au GPS se disloque sous brouillage, et l’entreprise travaille à s’affranchir de cette dépendance.

Sur la robotique terrestre, Erwan Grimaud situe l’état de l’art aux balbutiements. Les robots perçoivent la profondeur par caméras stéréoscopiques, avec des résultats inférieurs à la vision humaine, et l’apprentissage se fait par répétition : un robot qui bute toujours au même endroit finit par modifier sa trajectoire. Le verrou est la puissance de calcul, aujourd’hui déportée en partie sur les serveurs de l’entreprise. Le vrai saut viendra du jour où elle tiendra dans un volume miniature, ce qui suppose de la recherche et développement, de l’argent et de grosses équipes d’ingénieurs.

La lutte anti-drone, un marché qu’il juge plein de promesses excessives

La lutte anti-drone désigne l’ensemble des moyens de détecter, d’identifier puis de neutraliser un aéronef sans équipage hostile. MC-Clic occupe une position rare sur ce marché : l’entreprise fabrique les deux côtés, le drone et le système qui l’abat. Erwan Grimaud y voit une condition d’efficacité plutôt qu’un paradoxe, avec une comparaison automobile : pour être bon en anti-drone, il faut connaître la mécanique interne du drone, comme un pilote de course connaît la mécanique de sa voiture.

Son verdict sur l’état du marché est tranché. Aucun système, y compris le sien, ne couvre l’intégralité des menaces, et il applique la même exigence à lui-même qu’aux autres : il dispose d’un fusil brouilleur qui traite une grande partie des cas, pas la totalité. Ses propres équipes passent leur temps à contourner leurs systèmes, une moitié pilotant pendant que l’autre tente de la neutraliser. La détection par analyse des fréquences radio, qui consiste à rétro-concevoir la signature d’un appareil, est selon lui la plus fragile, parce qu’une simple mise à jour logicielle du drone suffit à la rendre caduque. Les systèmes conçus par un constructeur pour reconnaître ses propres appareils fonctionnent, pour la raison évidente qu’il en détient les codes.

La seule voie qu’il tient pour sérieuse est la fusion de capteurs : mêler radar, optronique, détection acoustique et détection radiofréquence pour limiter les faux positifs. Encore cette combinaison ne règle-t-elle pas tout, car un drone conçu pour ne pas être vu n’émet presque rien et ne laisse que le radar et quelques technologies pour le détecter. S’y ajoute une contrainte d’emploi souvent oubliée des salons : par quarante degrés, un système porté en sac à dos de trente kilogrammes est inutilisable, ce qui a conduit l’entreprise à compacter ses antennes.

Exporter depuis Monaco : contrôle, embargos et garde-fous

Exporter du matériel classé armement est compliqué partout, et Erwan Grimaud répond ici avec sa casquette d’armurier plus qu’avec celle de dirigeant de MC-Clic. Monaco est lié à la France par une convention de voisinage qui rend la loi française applicable dans ce domaine, et la principauté dispose de son propre échelon d’autorisation, le département de l’Intérieur. Rien ne s’y fait sans validation, dans un territoire de deux kilomètres carrés qu’il décrit comme un village doté d’un État, où l’information circule en quelques minutes.

La réponse de l’entreprise à cette contrainte est d’abord commerciale : ne pas y entrer. MC-Clic ne fabrique aucun produit susceptible d’être catégorisé comme armement ou comme bien à double usage. Si un robot doit servir à une opération de brèche, l’entreprise fournit les supports destinés à recevoir la charge, jamais l’ensemble. Le calcul est explicite : conserver la facilité de vente qui va avec une gamme non classifiée.

À cela s’ajoutent des garde-fous que l’entreprise s’impose seule. Elle s’interdit les pays susceptibles d’être liés au terrorisme comme ceux dont les relations avec la France seraient hostiles. Elle refuse également de vendre à des clients civils les matériels qu’elle considère comme étatiques ou sécuritaires, même lorsque aucune réglementation ne l’y oblige : un drone particulièrement durci ou doté d’une portée accrue n’est cédé que dans un cadre justifié, exploration scientifique ou sécurisation d’une emprise portuaire, sur demande écrite. L’objectif affiché est double, éviter que ces produits circulent n’importe comment et savoir qui est le client.

Le marché : Monaco comme laboratoire, l’international comme débouché

Interrogé sur la répartition de son activité, Erwan Grimaud reconnaît répondre volontairement dans le flou : la part internationale est importante, la part monégasque aussi, et il ne dira pas laquelle l’emporte. La logique est arithmétique. Sur deux kilomètres carrés, la clientèle locale est civile à 99 %, le reste relevant de la force publique, c’est-à-dire des pompiers et des carabiniers du Prince, et de la Sûreté publique, la police monégasque. Une entreprise industrielle installée dans la principauté est donc structurellement condamnée à vendre au-delà de ses frontières.

Monaco offre en revanche deux avantages. Le premier est un effet de vitrine : il est plus simple d’y faire venir un client pour une démonstration que dans une zone industrielle ordinaire. Le second est un terrain d’essais compact. Sur ce territoire minuscule cohabitent un héliport, des zones militaires, un stand de tir, la mer, des ports, des tunnels et un stade où l’entreprise observe le comportement de ses drones dans les mouvements de foule. S’y ajoutent un terrain d’essais en vol en Italie et, à l’époque de l’entretien, de nouveaux locaux avec une zone d’entraînement mixte robot et humain.

Quant à la diffusion des technologies militaires vers le civil, Erwan Grimaud la tient pour inéluctable et déjà engagée : caméras thermiques sur les yachts contre la piraterie, ingénierie des batteries, textiles techniques. Il doute en revanche que les engins les plus lourds franchissent un jour cette frontière.

Robots armés et robots humanoïdes : où l’entreprise place la limite

MC-Clic ne développe pas de robot humanoïde, pour une raison technique et une raison de principe. Faire marcher un quadrupède est déjà difficile, reproduire la marche humaine l’est bien davantage, et l’entreprise juge que le résultat ne vaudrait pas l’investissement. Erwan Grimaud ajoute une intuition de conception : la machine animale dérange, et c’est l’effet recherché avec le robot quadrupède et le robot à six pattes.

Sur l’armement des robots, la position est explicite. L’entreprise n’a pas l’intention de produire des machines armées ni de laisser un système prendre seul une décision d’engagement, et elle ne souhaite pas fabriquer de matériels classifiés. Si un humanoïde devait voir le jour chez MC-Clic, il serait destiné aux pompiers ou à la première ligne des forces de l’ordre, avec de la protection balistique plutôt qu’un armement.

La question éthique, telle qu’il la pose, tient en une phrase : si un robot armé engage seul, qui est responsable, celui qui a codé la décision ou la machine qui a appris seule ? Il constate déjà que ses robots apprennent par répétition et modifient leur comportement sans intervention. Sur ce terrain, il renvoie aussi au programme Red Team du ministère des Armées, qui fait travailler des auteurs de science-fiction sur les conflits futurs, une initiative dont il avait entendu parler et qui l’amuse.

D’où viennent les idées, et quels conseils pour se lancer

L’inspiration de MC-Clic vient d’abord du vivant, et accessoirement du jeu vidéo, dont Erwan Grimaud dit s’être inspiré pour la face avant de son engin d’intervention. Le robot à six pattes est né d’une passion pour les mygales, et le zoo de Monaco prête à l’entreprise une tarentule femelle que les équipes observent pour coder la gestuelle de la machine. Erwan Grimaud décrit l’araignée comme un modèle mécanique remarquable : déplacement silencieux, vision à 360 degrés, détection des vibrations à plusieurs mètres, aptitude à fonctionner après la perte d’un membre.

Ses conseils à qui veut créer une entreprise au service de la défense ou de la sécurité tiennent en quelques lignes. Aller au bout de son idée même quand l’entourage la juge absurde, oser se lancer en acceptant que les échecs et les moments de doute fassent partie du parcours, s’entourer d’une équipe avec laquelle on partage autre chose qu’un contrat, rester humble parce qu’il y a toujours meilleur que soi, et continuer d’apprendre y compris hors de son domaine. Il y ajoute un conseil moins attendu : savoir arrêter. Quand on n’est pas bon dans un domaine, insister ne sert à rien, et le jour où l’activité devient une corvée, il faut changer.

Questions fréquentes

Comment entreprendre dans la défense sans venir du milieu militaire ?

Entreprendre dans la défense sans passé militaire est possible, et le parcours d’Erwan Grimaud en est un exemple : faculté de biologie, modélisme, puis prise de vue aérienne par drone avant de basculer vers la sécurité. L’entrée s’est faite par des missions civiles voisines, appui aux pompiers et recherche de personnes disparues, qui ont validé la fiabilité des machines. L’étape suivante a été l’exposition dans un salon professionnel spécialisé, puis l’admission dans une association reconnue par les forces spéciales. La leçon de l’épisode est qu’un fournisseur de défense se juge sur la robustesse de ses produits et sur le retour des opérateurs, pas sur l’origine de son dirigeant.

Qu’est-ce que le Cercle de l’Arbalète et le salon SOFINS ?

Le Cercle de l’Arbalète est l’association qui réunit les industriels reconnus comme fournisseurs des forces spéciales françaises et des entités relevant du commandement des opérations spéciales. Il organise le SOFINS, salon professionnel qui se tient tous les deux ans au camp de Souge, en Gironde, et dont l’édition évoquée dans cet épisode s’est déroulée du 29 juin au 1er juillet 2021. L’intérêt du salon, pour une PME comme MC-Clic, tient à la présence simultanée des décideurs et des opérateurs, qui permet de corriger un produit à partir d’un retour d’emploi réel. Pour Erwan Grimaud, appartenir au Cercle vaut d’abord comme reconnaissance professionnelle.

Un système de lutte anti-drone est-il efficace à 100 % ?

Non, et Erwan Grimaud le formule brutalement : celui qui prétend le contraire ment. Un drone conçu pour ne pas être détecté émet très peu, ce qui prive les systèmes fondés sur l’analyse des fréquences radio de leur principal indice, et une simple mise à jour logicielle suffit à rendre obsolète une signature apprise. La seule approche qu’il juge sérieuse consiste à combiner plusieurs capteurs, radar, optronique, acoustique et radiofréquence, afin de réduire les faux positifs. À cette limite technique s’ajoute une contrainte d’emploi : un équipement anti-drone doit rester assez léger et simple pour être porté et utilisé sur le terrain, y compris par forte chaleur.

Une société installée à Monaco peut-elle vendre du matériel de défense à l’étranger ?

Oui, mais sous double contrainte. Monaco est lié à la France par une convention de voisinage qui rend la réglementation française applicable en matière d’armement, et la principauté ajoute son propre niveau d’autorisation à travers son département de l’Intérieur. MC-Clic a choisi de rester hors du champ le plus contraignant en ne produisant ni matériel classé armement ni bien à double usage, ce qui lui conserve une liberté commerciale. L’entreprise s’impose en outre ses propres restrictions de destination, notamment vis-à-vis des pays susceptibles d’être liés au terrorisme ou hostiles à la France.

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